



{"id":3420,"date":"2011-05-18T10:18:58","date_gmt":"2011-05-18T08:18:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3420"},"modified":"2011-05-19T00:12:34","modified_gmt":"2011-05-18T22:12:34","slug":"entreprises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3420","title":{"rendered":"Le CEVA co\u00fbtera 1,5 milliard. Une manne pour les PME?"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large190511.jpg\" alt=\"large190511.jpg\" title=\"large190511.jpg\" width=\"468\" height=\"286\" border=\"0\" \/>C\u2019est le plus gros chantier de ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 Gen\u00e8ve.\u00bb Nicolas Rufener, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration genevoise des m\u00e9tiers du b\u00e2timent (FMB) mesure bien l\u2019ampleur de la construction du CEVA (Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse), la ligne ferroviaire qui reliera Gen\u00e8ve \u00e0 Annemasse en moins de vingt minutes. \u00abEn plus de la voie ferr\u00e9e, des quartiers entiers seront redynamis\u00e9s et de nouvelles infrastructures verront le jour. Cela va \u00e9videmment cr\u00e9er une manne tr\u00e8s importante pour le secteur de la construction.\u00bb<\/p>\n<p>La r\u00e9alisation de l\u2019ouvrage &#8212; qui regroupe cinq gares, deux tunnels, plusieurs ponts et une tranch\u00e9e couverte sur 16 km &#8212; est pr\u00e9vue sur six ans. Co\u00fbt total de l\u2019op\u00e9ration estim\u00e9 aujourd\u2019hui: 1,5 milliard de francs, que les ma\u00eetres d\u2019ouvrage, le canton de Gen\u00e8ve et les CFF, r\u00e9partiront entre une centaine de soci\u00e9t\u00e9s qui participeront au chantier.<\/p>\n<p>\u00abJusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, nous avons d\u00e9sign\u00e9 pr\u00e8s de 70 entreprises et bureaux d\u2019\u00e9tudes, notamment pour le gros \u0153uvre, pr\u00e9cise Caroline Monod, porte-parole du projet CEVA. Pour les recruter, nous avons lanc\u00e9 des appels d\u2019offres, comme le stipule la loi f\u00e9d\u00e9rale sur les march\u00e9s publics (LMP).\u00bb Le gros \u0153uvre repr\u00e9sente pr\u00e8s de 780 millions de francs. Les appels d\u2019offres pour le second \u0153uvre (peinture, vitrage, \u00e9lectricit\u00e9\u2026) n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s. Quels crit\u00e8res pour s\u00e9lectionner les mandataires?<\/p>\n<p>\u00abLe prix, l\u2019exp\u00e9rience, le respect des conventions collectives et l\u2019impact environnemental, d\u00e9taille Ren\u00e9 Leutwyler, ing\u00e9nieur cantonal. La proximit\u00e9 repr\u00e9sentait un avantage pour les entreprises locales qui \u00e9taient en comp\u00e9tition avec des concurrents internationaux. Ou alors, si un groupe est leader mondial d\u2019une technologie particuli\u00e8re, il pouvait se distinguer ainsi.\u00bb<\/p>\n<p>Ren\u00e9 Leutwyler indique que, sur les 16 lots, \u00ab12 ont \u00e9t\u00e9 remport\u00e9s par des consortiums form\u00e9s par des entreprises suisses &#8212; la  plupart ayant par ailleurs une succursale \u00e0 Gen\u00e8ve &#8212; pour un total de 460 millions de francs, soit 59% du gros \u0153uvre\u00bb. Ainsi, la holding bernoise Marti, charg\u00e9e du tunnel qui traversera la commune de Champel, pour 120 millions de francs, a uni ses comp\u00e9tences \u00e0 celles d\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s pour former le consortium baptis\u00e9 \u00abGTC\u00bb. Ce dernier a remport\u00e9 plusieurs lots, dont la mise sur pied du pont sur l\u2019Arve (15 millions) et de la gare de Champel-H\u00f4pital (48 millions).<\/p>\n<p>Le zurichois Walo a obtenu pr\u00e8s de 30% du gros \u0153uvre, comprenant notamment la construction du tunnel de Pinchat. Quant au groupe fran\u00e7ais Vinci, num\u00e9ro un mondial des travaux publics, il se chargera, \u00e9paul\u00e9 en partie par des entreprises valaisannes, de plusieurs lots, pour un montant total de 340  millions de francs. Cette attribution est d\u2019ailleurs contest\u00e9e par la FMB et les syndicats.<\/p>\n<p>\u00abNous regrettons le manque de transparence lors des n\u00e9gociations entre les ma\u00eetres d\u2019ouvrage et les diff\u00e9rents  soumissionnaires, explique Nicolas Rufener, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la FMB. Une entreprise suisse comme Implenia (qui a obtenu un lot repr\u00e9sentant moins de 2% du gros \u0153uvre, ndlr) aurait pu se charger du mandat confi\u00e9 \u00e0 Vinci, qui a certainement propos\u00e9 un tarif meilleur march\u00e9. Aujourd\u2019hui, nous craignons la sous-traitance en cascade et le travail au noir.\u00bb<\/p>\n<p>Le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9pond qu\u2019une commission a \u00e9t\u00e9 mise en place \u00abpour s\u2019assurer du respect des r\u00e8gles de fonctionnement de la part de tous les prestataires\u00bb. La dur\u00e9e des contrats et aussi le  b\u00e9n\u00e9fice de r\u00e9putation d\u2019un tel chantier ont motiv\u00e9 les entreprises \u00e0 r\u00e9pondre aux appels d\u2019offres. \u00abCe secteur est tr\u00e8s concurrentiel, note Nicolas Rufener. Une mission comme le CEVA permet de remplir son cahier de commandes sur plusieurs ann\u00e9es, ce n\u2019est pas n\u00e9gligeable.\u00bb Pour les bureaux d\u2019ing\u00e9nieurs notamment, de tels contrats peuvent s\u2019entendre au-del\u00e0 des six ans de construction: pour \u00e9tablir des calculs en amont, et suivre le bon fonctionnement de l\u2019ouvrage une fois le train mis en route.<\/p>\n<p>Ce mandat pr\u00e9sente aussi une particularit\u00e9 consid\u00e9rable: les ma\u00eetres d\u2019ouvrage ne peuvent fixer avec certitude la date du d\u00e9but des travaux. En novembre 2009, plus de 60% des Genevois se pronon\u00e7aient en faveur d\u2019un cr\u00e9dit compl\u00e9mentaire pour la construction du CEVA. Mais en 2011, des recours bloquent encore le d\u00e9but des travaux, conditionn\u00e9 au jugement du Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral. \u00abD\u00e8s que nous aurons l\u2019accord d\u00e9finitif, nous d\u00e9marrerons progressivement sur l\u2019ensemble du parcours, dit Caroline Monod. Et nous laisserons le temps aux entreprises d\u00e9sign\u00e9es de mobiliser leurs forces.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abLa plupart des mandataires nous ont confirm\u00e9 avoir besoin de deux ou trois mois pour \u00eatre pr\u00eats, ajoute Ren\u00e9 Leutwyler, ing\u00e9nieur cantonal. Nous leur accorderons ce temps, nous n\u2019avons pas le choix.\u00bb Selon la porte-parole du CEVA, aucun prestataire n\u2019a renonc\u00e9 au mandat \u00e0 cause des retards et incertitudes li\u00e9s au projet: \u00abDes contrats de base ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s avec chaque mandataire; si leurs prestations d\u00e9passent les d\u00e9lais pr\u00e9vus initialement, leur r\u00e9mun\u00e9ration sera ajust\u00e9e en prenant en compte le rench\u00e9rissement du co\u00fbt de la vie. M\u00eame si 22 recours doivent encore \u00eatre r\u00e9gl\u00e9s, nous sommes confiants. A nos yeux, la proc\u00e9dure a avanc\u00e9 de mani\u00e8re significative et nous esp\u00e9rons une d\u00e9cision d\u2019ici au d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e de relier Gen\u00e8ve \u00e0 Annemasse remonte au milieu du XIXe si\u00e8cle. Relanc\u00e9e s\u00e9rieusement au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, le projet a d\u00fb faire face \u00e0 de nombreux obstacles. Des recours surtout (pr\u00e8s de 1600, un record!), en provenance principalement des habitants des quartiers concern\u00e9s, pr\u00e9occup\u00e9s par les nuisances li\u00e9es aux travaux, puis au train lui-m\u00eame. Une majorit\u00e9 des oppositions proviennent de Champel, o\u00f9 devrait \u00eatre construit un tunnel de 1,5 km. Sur les 22 recours restants, 20 proviendraient de ce quartier qui demande depuis longtemps une modification du trac\u00e9. L\u2019autre point de discorde concerne le cr\u00e9dit. Estim\u00e9 \u00e0 940 millions de francs au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, le budget s\u2019\u00e9l\u00e8ve aujourd\u2019hui \u00e0 1,5 milliard. Les opposants crient au mensonge, affirmant qu\u2019au final, le co\u00fbt du CEVA d\u00e9passera les 2 milliards.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Fran\u00e7ois Pernet, directeur de Gilbert Henchoz: \u00abDes consignes strictes, notamment au niveau \u00e9cologique\u00bb<\/strong><br \/>\nLe bureau d\u2019architectes-paysagistes Gilbert Henchoz dessinera la grande partie du paysage qui entourera le parcours du CEVA. Un mandat qui s\u2019\u00e9tale sur pr\u00e8s de dix ans pour cette PME fond\u00e9e en 1988. \u00abNos solides connaissances dans le domaine ferroviaire ont certainement convaincu les ma\u00eetres d\u2019ouvrage, note le directeur Fran\u00e7ois Pernet. Nous avons effectivement d\u00e9j\u00e0 \u0153uvr\u00e9 sur les parcours de quatre trams \u00e0 Gen\u00e8ve.\u00bb Des premiers croquis de l\u2019am\u00e9nagement du futur trac\u00e9 du CEVA (mobilier y compris) ont \u00e9t\u00e9 fournis par Gilbert Henchoz. \u00abNous avons re\u00e7u des consignes notamment au niveau \u00e9cologique. Il faut par exemple que nous parvenions \u00e0 compenser les arbres abattus. En mati\u00e8re de design, nous jouissons d\u2019une grande libert\u00e9.\u00bb Son mandat se poursuivra  lors des trois ann\u00e9es qui suivront la fin de la r\u00e9alisation. \u00abNous suivrons les entreprises en charge de l\u2019entretien.\u00bb Bas\u00e9e \u00e0 Ch\u00eane  Bougeries, l\u2019entreprise compte 20 employ\u00e9s &#8212; pour un chiffre d\u2019affaires de 3 millions &#8212; et n\u2019envisage pas d\u2019engager du personnel sp\u00e9cialement pour le projet CEVA. \u00abNous sommes un assez grand bureau, nos ressources \u00e0 l\u2019interne nous permettent d\u2019avoir un bon roulement et de pouvoir g\u00e9rer ce type de projet sur le long terme. Soit en mettant un peu de pression quand il faut, soit en diluant le travail dans le temps.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Matthieu Raeis, responsable des travaux, CSD Ing\u00e9nieurs: \u00abNous sommes les garants du respect des normes\u00bb<\/strong><br \/>\nLa succursale genevoise du groupe suisse CSD Ing\u00e9nieurs a d\u00e9croch\u00e9 un mandat de sept ans sur le chantier du CEVA. \u00abDe la protection contre le bruit \u00e0 la protection de l\u2019air et des eaux en passant par les mat\u00e9riaux d\u2019excavation, nous sommes les garants du respect des normes environnementales\u00bb, pr\u00e9cise Matthieu Raeis, ing\u00e9nieur-chimiste et responsable des travaux. L\u2019entreprise, et ses 25 collaborateurs, n\u2019est toutefois pas seule prestataire sur la question. \u00abPour augmenter nos chances, nous avons r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019appel d\u2019offres en association avec le bureau d\u2019ing\u00e9nieurs Ecotec, qui r\u00e9unit lui aussi des sp\u00e9cialistes de l\u2019environnement.\u00bb L\u2019ensemble du mandat s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ 800 000 fr.<\/p>\n<p>La PME recourra \u00e9galement aux services de sous-traitants pour certains aspects sp\u00e9cifiques tels que la probl\u00e9matique des vibrations. \u00abNous pouvons aussi compter, si n\u00e9cessaire, sur nos coll\u00e8gues sp\u00e9cialis\u00e9s travaillant dans d\u2019autres succursales du groupe.\u00bb R\u00e9unissant plus de 30 bureaux en Europe (en Suisse principalement), CSD affiche un chiffre d\u2019affaires de 50 millions pour 400 collaborateurs actifs dans le conseil en ing\u00e9nierie au service de la qualit\u00e9 de la vie et de l\u2019environnement.<\/p>\n<p>A Gen\u00e8ve, l\u2019entreprise intervient \u00e9galement sur l\u2019assainissement de l\u2019ancien site d\u2019Artamis, sur le chantier du tram Cornavin-Meyrin-CERN (TCMC) ou celui achev\u00e9 de la station d\u2019\u00e9puration du Bois-de-Bay.<\/p>\n<p><strong>Christophe D\u00e9riaz, pr\u00e9sident de GADZ: \u00abLe CEVA est un projet particuli\u00e8rement complexe\u00bb<\/strong><br \/>\nDeux mandats lient la soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9otechnique appliqu\u00e9e Deriaz (GADZ) au projet CEVA. L\u2019un en hydrog\u00e9ologie (\u00e9tude des eaux souterraines) pour l\u2019ensemble du trac\u00e9, l\u2019autre en g\u00e9otechnique (connaissance de la g\u00e9ologie du sous-sol) au niveau du tunnel de Pinchat. Elle fait partie du consortium \u00abGE-Pinchat\u00bb qui r\u00e9unit tous les sp\u00e9cialistes du projet.<\/p>\n<p>\u00abNous travaillons sur cette construction depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, note Christophe D\u00e9riaz, pr\u00e9sident du conseil d\u2019administration. C\u2019est un long &#8212; et r\u00e9jouissant &#8212; mandat pour nous, qui repr\u00e9sente plus d\u2019un million de francs sur une vingtaine d\u2019ann\u00e9es. Ce mandat ne repr\u00e9sente que de 5 \u00e0 10% de notre chiffre d\u2019affaires annuel, et nous parvenons donc \u00e0 le remplir avec nos forces internes, sans devoir engager ni mobiliser du personnel sp\u00e9cifique.\u00bb<\/p>\n<p>Fond\u00e9e en 1960, GADZ emploie 15 personnes. Ses sp\u00e9cialistes sont intervenus sur des ouvrages tels que les tunnels de Vernier ou de Carouge, le tram Cornavin-Onex-Bernex (TCOB), et actuellement la r\u00e9novation de la gare de Cornavin. \u00abLe CEVA est un projet  particuli\u00e8rement complexe d\u2019un point de vue administratif car il implique plusieurs acteurs, pr\u00e9cise Christophe D\u00e9riaz. Ce long mandat a aussi impliqu\u00e9 de constantes n\u00e9gociations d\u2019un point de vue financier. Comme le trac\u00e9 a subi plusieurs modifications, nous avons d\u00fb adapter nos \u00e9tudes, ce qui a n\u00e9cessit\u00e9 du travail suppl\u00e9mentaire par rapport au contrat initial.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plus d\u2019une centaine d\u2019entreprises seront impliqu\u00e9es dans la construction de la future ligne ferroviaire genevoise. 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