



{"id":3366,"date":"2011-03-03T19:21:41","date_gmt":"2011-03-03T17:21:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3366"},"modified":"2011-03-05T00:00:25","modified_gmt":"2011-03-04T22:00:25","slug":"entreprise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3366","title":{"rendered":"Bien davantage qu&rsquo;un artisan"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large040311.jpg\" alt=\"large040311.jpg\" title=\"large040311.jpg\" width=\"468\" height=\"313\" border=\"0\" \/>En quinze ans, le Genevois Fran\u00e7ois Wolfisberg a donn\u00e9 un tout autre visage \u00e0 sa petite boulangerie familiale. \u00abJ\u2019ai commenc\u00e9 par en doubler le chiffre d\u2019affaires. J\u2019ai ainsi pu agrandir la surface de vente de 17 \u00e0 280 m2 et investir dans un laboratoire de 500 m2.\u00bb Pour y parvenir, Fran\u00e7ois Wolfisberg remplit quotidiennement sa double mission: celle d\u2019artisan boulanger et d\u2019entrepreneur aguerri (lire le t\u00e9moignage ci-dessous).<\/p>\n<p>Il fait partie de ces Romands, form\u00e9s tr\u00e8s jeunes \u00e0 un m\u00e9tier artisanal, qui sont parvenus \u00e0 d\u00e9velopper un mod\u00e8le d\u2019affaires suffisamment rentable pour cr\u00e9er une entreprise qui emploie des dizaines de personnes.<\/p>\n<p>\u00abLe clich\u00e9 de l\u2019artisan qui \u0153uvre tout seul dans son petit atelier est clairement \u00e0 revoir, explique Marion Polge, ma\u00eetre de conf\u00e9rence \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montpellier qui se sp\u00e9cialise dans la gestion des entreprises artisanales. Le monde de l\u2019artisanat conna\u00eet un nouveau souffle depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es et fait preuve d\u2019un remarquable dynamisme.\u00bb Selon la chercheuse, les artisans b\u00e9n\u00e9ficient aujourd\u2019hui d\u2019un avantage suppl\u00e9mentaire: \u00abLes consommateurs montrent une certaine lassitude face \u00e0 l\u2019industrie de masse.\u00bb<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 d\u2019autres PME, les entreprises artisanales ne doivent pas investir en priorit\u00e9 sur les strat\u00e9gies marketing. Pour se d\u00e9velopper, les artisans misent sur leur point fort: un produit \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e. \u00abLes artisans ma\u00eetrisent parfaitement leur mati\u00e8re, poursuit Marion Polge. Ces connaissances leur permettent d\u2019am\u00e9liorer constamment leurs techniques et donc leur produit. Du coup, ils excellent dans ce qu\u2019ils savent faire.\u00bb L\u2019artisan-entrepreneur est ainsi celui \u00abqui a la capacit\u00e9 de conjuguer tradition et innovation\u00bb.<\/p>\n<p>Autre atout \u00e0 savoir mettre en avant: l\u2019unicit\u00e9 de leur produit, parce qu\u2019il est rare ou fait sur mesure. \u00abSi l\u2019artisan du XXIe si\u00e8cle travaille avec des machines, sa main et son \u0153il restent ses outils d\u00e9cisifs, note Georges Rossique, patron de l\u2019entreprise de ferblanterie Rossique. Aucun de nos ouvrages n&rsquo;est identique \u00e0 un autre, il n\u2019y a aucune possibilit\u00e9 de pr\u00e9fabrication, nous sommes uniquement dans la confection et le sur-mesure.\u00bb<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Wolfisberg avance les m\u00eames arguments: \u00abNous sommes l\u2019une des rares boulangeries \u00e0 Gen\u00e8ve \u00e0 proposer du pain au levain naturel, un ingr\u00e9dient plus compliqu\u00e9 \u00e0 travailler que la levure.\u00bb L\u2019entreprise vaudoise de sertissage Sertinergy se d\u00e9marque en proposant \u00abdes techniques personnalis\u00e9es, explique son fondateur Ruben Notario. Nous travaillons actuellement sur un type de sertissage novateur que nous d\u00e9voilerons courant 2011.\u00bb<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement d\u2019une entreprise artisanale oblige le fondateur \u00e0 red\u00e9finir son travail quotidien: \u00eatre \u00e0 la production, \u00e0 la gestion ou partager son temps entre les deux. Un choix de positionnement n\u2019est pas plus un gage de r\u00e9ussite qu\u2019un autre. \u00abChaque artisan est singulier, note Marion Polge. Cela va d\u00e9pendre de la personnalit\u00e9 de l\u2019entrepreneur, s\u2019il se sent \u00e0 l\u2019aise ou pas dans les relations commerciales ou s&rsquo;il pr\u00e9f\u00e8re se faire seconder pour l\u2019administratif.\u00bb Pour Pierre-Alain Kaufmann, fondateur en 1984 de la menuiserie qui porte son nom \u00e0 La Cibourg (NE), rester \u00e0 la production repr\u00e9sente un pr\u00e9cieux avantage. \u00abEn travaillant aux c\u00f4t\u00e9s de mes 20 employ\u00e9s, je pense leur montrer l\u2019exemple et les motiver. C\u2019est ainsi que j\u2019envisage mon r\u00f4le de patron.\u00bbPeu importe sa fonction, l\u2019artisan-entrepreneur reste g\u00e9n\u00e9ralement proche de ses employ\u00e9s et de sa client\u00e8le.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Wolfisberg confie se mettre r\u00e9guli\u00e8rement au service dans son tea-room. \u00abCela me permet d\u2019\u00e9changer avec les habitu\u00e9s, et aussi de recueillir leurs envies et leur feedback.\u00bb Pierre-Alain Kaufmann, qui fabrique du mobilier pour les grandes marques horlog\u00e8res notamment, remarque qu\u2019en prenant lui-m\u00eame les commandes, les co\u00fbts sont minimis\u00e9s. \u00abNous \u00e9vitons les interm\u00e9diaires, contrairement aux grandes entreprises. Cela nous permet par ailleurs d\u2019\u00eatre plus r\u00e9actifs.\u00bb<\/p>\n<p>Pour ce faire, une entreprise artisanale doit garder une taille limit\u00e9e. \u00abLa majorit\u00e9 des artisans-entrepreneurs n\u2019ont pas l\u2019ambition de se d\u00e9velopper ind\u00e9finiment, constate la sociologue fran\u00e7aise Caroline Mazaud qui a \u00e9crit une th\u00e8se sur le renouvellement de l\u2019artisanat. Ils veulent vivre de leur activit\u00e9, sans viser \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des grandes richesses suppl\u00e9mentaires.\u00bb<\/p>\n<p>Valeur ajout\u00e9e, produits personnalis\u00e9s et proximit\u00e9 sont donc les points cl\u00e9s de la r\u00e9ussite d\u2019une entreprise artisanale. Reste \u00e0 valoriser ces qualit\u00e9s et \u00e0 structurer l\u2019entreprise, car lors de son apprentissage, un artisan n\u2019apprend ni techniques commerciales ni gestion des comptes ou des employ\u00e9s. \u00abSouvent, les artisans ne savent pas tr\u00e8s bien se vendre, constate Michelle Bergada\u00e0, professeure en marketing \u00e0 la HEC Gen\u00e8ve. Ils pensent que la qualit\u00e9 de leur produit parle d\u2019elle-m\u00eame.\u00bb<\/p>\n<p>La sociologue Caroline Mazaud note aussi que \u00ables artisans ont du mal \u00e0 d\u00e9laisser la production. Ils vouent une passion \u00e0 leur activit\u00e9 et n\u2019envisagent pas de consacrer du temps aux relations commerciales.\u00bb<\/p>\n<p>Selon Marion Polge, ces lacunes ne les emp\u00eachent pas de trouver de nouveaux clients. \u00abLes artisans-entrepreneurs ne sont pas des entrepreneurs comme les autres. Ils n\u2019aiment pas l\u2019expression \u00abressources humaines\u00bb, et pr\u00e9f\u00e8rent parler de \u00abrelations humaines\u00bb. Ils n\u2019int\u00e8grent pas les techniques et les discours commerciaux traditionnels. Ils travaillent \u00e0 l\u2019affect, ce sont des passionn\u00e9s qui vendent leurs produits avec leur c\u0153ur.\u00bb<\/p>\n<p>Ce qui entra\u00eene un risque. \u00abRester trop focalis\u00e9 sur soi-m\u00eame, sur son histoire, sans penser suffisamment aux int\u00e9r\u00eats de l\u2019autre, estime Rapha\u00ebl Cohen, directeur du dipl\u00f4me d\u2019entrepreneuriat et business development \u00e0 la HEC Gen\u00e8ve. L\u2019entrepreneur ne doit pas oublier que l\u2019autre doit y trouver son compte. Si un artisan m\u00eale son savoir-faire et sa passion \u00e0 cet esprit entrepreneurial, il est condamn\u00e9 \u00e0 r\u00e9ussir.\u00bb<\/p>\n<p>Tous les artisans-entrepreneurs interrog\u00e9s expliquent avoir appris \u00e0 g\u00e9rer leur entreprise \u00absur le tas\u00bb. Curieux, cr\u00e9atifs et ambitieux, ils parviennent \u00e0 trouver d\u2019eux-m\u00eames conseils et solutions. Fran\u00e7ois Wolfisberg se dit par exemple lecteur assidu de journaux qui traitent de ces sujets. \u00abAu d\u00e9part, j\u2019ai rencontr\u00e9 quelques difficult\u00e9s avec des employ\u00e9s, puis j\u2019ai appris progressivement \u00e0 g\u00e9rer ces relations, je me suis rendu compte qu\u2019il fallait faire des r\u00e9unions avec les collaborateurs, les \u00e9couter, tout en sachant aussi se montrer strict.\u00bb<\/p>\n<p>Le technicien-orthop\u00e9diste Christian Lenoir a ressenti le besoin d\u2019aller chercher ces comp\u00e9tences en suivant une formation en entrepreneurship \u00e0 la HEC Gen\u00e8ve pendant une ann\u00e9e. \u00abMon objectif est de reprendre l\u2019entreprise fond\u00e9e par mon p\u00e8re en lui donnant des chances dans un environnement de plus en plus difficile. Je souhaite aussi \u00e9largir le business traditionnel du technicien orthop\u00e9diste.\u00bb Actif depuis quinze ans dans la soci\u00e9t\u00e9 familiale de 10 employ\u00e9s, Christian Lenoir constate un manque de soutien des personnes amput\u00e9es, apr\u00e8s leur hospitalisation. \u00abJ\u2019ai cr\u00e9\u00e9 une S\u00e0rl pour d\u00e9velopper ces services.\u00bb<\/p>\n<p>Son nouveau dipl\u00f4me l\u2019a-t-il aid\u00e9? \u00abCes nouvelles connaissances m\u2019ont permis de mieux structurer et concr\u00e9tiser les choses. Et il me manquait des comp\u00e9tences en communication.\u00bb Dans le secteur th\u00e9rapeutique, l\u2019artisan doit communiquer avec ses clients, les m\u00e9decins et les assureurs. \u00abDans nos produits, les \u00e9l\u00e9ments essentiels ne sont pas pr\u00e9fabriqu\u00e9s. Notre travail sur mesure et personnalis\u00e9 explique leur prix, ce qui n\u2019est pas toujours \u00e9vident \u00e0 faire comprendre.\u00bb<\/p>\n<p>Ph\u00e9nom\u00e8ne encore marginal, mais en progression: les universitaires qui choisissent de se tourner, apr\u00e8s leur dipl\u00f4me, vers l\u2019artisanat. Les comp\u00e9tences apprises dans les auditoires deviennent alors un atout suppl\u00e9mentaire pour g\u00e9rer une entreprise. Nicolas Taillens a, par exemple, obtenu une licence en HEC avant d\u2019entreprendre deux apprentissages, l\u2019un de p\u00e2tissier-confiseur, l\u2019autre de boulanger. Il dirige aujourd\u2019hui, avec l\u2019aide de sa s\u0153ur, l\u2019entreprise familiale et ses 70 employ\u00e9s, \u00e0 Crans-Montana (VS). \u00abSi on ne trouve pas de solutions \u00e0 tous les probl\u00e8mes dans les livres, ces cours m\u2019ont offert des bases solides\u00bb, reconna\u00eet l\u2019artisan.<\/p>\n<p>Michelle Bergada\u00e0 explique ce ph\u00e9nom\u00e8ne par \u00abl\u2019envie d\u2019avoir un vrai m\u00e9tier en main\u00bb. Apr\u00e8s l\u2019obtention d\u2019un master en relations internationales, la Genevoise Laure Leyvraz, 28 ans, a aussi choisi de se lancer dans une telle activit\u00e9. \u00abJ\u2019ai travaill\u00e9 pendant pr\u00e8s de trois ans dans le d\u00e9partement marketing d\u2019une banque. M\u00eame si je gagnais tr\u00e8s bien ma vie, ce quotidien ne me convenait pas.\u00bb<\/p>\n<p>De retour de voyage, elle passe deux semaines dans le domaine viticole de sa famille. \u00abJe ne suis plus jamais repartie! Les rapports humains y sont, \u00e0 mon sens, plus simples.\u00bb En charge de la partie administrative du lieu pour l\u2019instant, la jeune femme vient de terminer une formation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e en \u0153nologie et envisage d\u2019apprendre progressivement \u00e0 produire du vin. \u00abSuivre et comprendre la fabrication du produit permet de mieux le d\u00e9fendre.\u00bb<\/p>\n<p>Est-ce que tout type d\u2019artisanat peut r\u00e9ussir \u00e0 s\u2019imposer face \u00e0 l\u2019industrie? \u00abCertains secteurs sont plus porteurs que d\u2019autres, estime Rapha\u00ebl Cohen. Les m\u00e9tiers de bouche (boulanger, chocolatier, etc.) ont l\u2019avantage de ne pas avoir de r\u00e9els gros concurrents, outre les supermarch\u00e9s dont les produits sont de qualit\u00e9 moindre. En revanche, les artisans du textile, par exemple, doivent rivaliser avec de grandes enseignes qui offrent un choix tr\u00e8s vaste, y compris dans le haut de gamme.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est d\u2019ailleurs dans la boulangerie que des artisans ont r\u00e9ussi \u00e0 donner naissance \u00e0 de v\u00e9ritables cha\u00eenes: par exemple, les Genevois Gilles Desplanches et ses 18 points de vente, ou Aim\u00e9 Pouly et ses 480 employ\u00e9s.<\/p>\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les artisans de l\u2019horlogerie et de la construction ont l\u2019avantage de pouvoir s\u2019appuyer sur de grosses industries, pouvant ainsi devenir de pr\u00e9cieux sous-traitants. \u00abCar le propre de l\u2019artisan, conclut la chercheuse Marion Polge, reste celui de se d\u00e9marquer en visant l\u2019excellence dans les espaces que l\u2019industrie ne peut conqu\u00e9rir.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abJe ne vis que pour relever des d\u00e9fis\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Fran\u00e7ois Wolfisberg, patron des boulangeries Wolfisberg<\/em><\/p>\n<p>Un nouveau d\u00e9fi attend Fran\u00e7ois Wolfisberg en ce d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e 2011: l\u2019inauguration d\u2019une boutique suppl\u00e9mentaire en plein quartier des banques \u00e0 Gen\u00e8ve. L\u2019arcade de 100 m2 porte ainsi au nombre de quatre les adresses g\u00e9r\u00e9es par le boulanger de 48 ans. \u00abL\u2019entreprise compte aujourd\u2019hui 50 employ\u00e9s et a r\u00e9alis\u00e9 un chiffre d\u2019affaires de 4,5 millions de francs en 2010.\u00bb<\/p>\n<p>La journ\u00e9e de Fran\u00e7ois Wolfisberg est savamment organis\u00e9e. Elle commence \u00e0 3 h 30 au milieu de croissants, de miches de pain et de g\u00e2teaux.<\/p>\n<p>Une fois leur cuisson termin\u00e9e, il file rendre visite aux employ\u00e9s de ses trois boutiques, avant de s\u2019attabler \u00e0 son bureau pour surveiller les comptes et imaginer des services qui pourraient s\u00e9duire de nouveaux clients. Il parvient n\u00e9anmoins \u00e0 terminer quotidiennement sa journ\u00e9e \u00e0 16 h pour endosser sa casquette de papa. \u00abJ\u2019ai 7 enfants, de 2 \u00e0 10 ans. Bien s\u00fbr, ma femme a toujours \u00e9t\u00e9 une aide tr\u00e8s pr\u00e9cieuse autant pour mon entreprise qu\u2019\u00e0 la maison.\u00bb<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement et la r\u00e9putation de l\u2019entreprise sont dus au savoir-faire de l\u2019artisan (il a obtenu le Prix de champion d\u2019Europe de boulangerie), \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 innover (il fabrique 35 sortes de pain diff\u00e9rentes), et aussi aux diverses comp\u00e9tences de gestion que Fran\u00e7ois Wolfisberg a acquises en passant un brevet f\u00e9d\u00e9ral et une ma\u00eetrise f\u00e9d\u00e9rale.<\/p>\n<p>Son parcours lui a aussi permis d\u2019apprendre des langues et d\u2019\u00e9toffer son r\u00e9seau: \u00abApr\u00e8s deux apprentissages, l\u2019un de boulanger-p\u00e2tissier, l\u2019autre de p\u00e2tissier-confiseur, j\u2019ai entrepris un troisi\u00e8me apprentissage d\u2019employ\u00e9 de commerce.\u00bb Il travaille par la suite dans de prestigieux h\u00f4tels, \u00e0 Gstaad et \u00e0 Locarno. \u00abCes exp\u00e9riences m\u2019ont permis, au-del\u00e0 de l\u2019apport linguistique, de prendre go\u00fbt au service et \u00e0 une d\u00e9coration soign\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, l\u2019artisan participe aux jurys de concours internationaux et a lanc\u00e9 le prix \u00abF. Wolfisberg\u00bb qui r\u00e9compense des pi\u00e8ces artistiques de boulangerie. \u00abJe ne vis que pour relever des d\u00e9fis, j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 comme \u00e7a! Je pratiquais beaucoup de sport auparavant, mon objectif \u00e9tait toujours d\u2019am\u00e9liorer mes r\u00e9sultats.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abJe me sens tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise dans la communication\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Georges Rossique, patron et fondateur de la ferblanterie Rossique<\/em><\/p>\n<p>Install\u00e9e \u00e0 Carouge, la soci\u00e9t\u00e9 Rossique emploie aujourd\u2019hui 15 personnes et r\u00e9alise un chiffre d\u2019affaires de 2,5 millions de francs. \u00abD\u00e8s l\u2019engagement de mon premier employ\u00e9, j\u2019ai pris conscience de mon statut de patron et de ses responsabilit\u00e9s. Dont celle d\u2019assurer \u00e0 mon salari\u00e9 du travail du lundi au vendredi.\u00bb Georges Rossique, 45 ans, a d\u00e9marr\u00e9 avec une caisse \u00e0 outils et une camionnette en 1987. \u00abJ\u2019ai effectu\u00e9 mon apprentissage de ferblantier-installateur sanitaire \u00e0 15 ans. A 22 ans, j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 sept ans d\u2019exp\u00e9rience dans le m\u00e9tier, j\u2019ai ainsi d\u00e9cid\u00e9 de me lancer.\u00bb Un pr\u00eat bancaire de 100 000 francs lui permet d\u2019investir dans ses premi\u00e8res machines et la location d\u2019un hangar.<\/p>\n<p>\u00abLes mandats d\u00e9croch\u00e9s devenaient toujours plus importants. Il a fallu que j\u2019apprenne \u00e0 fixer des prix, \u00e0 tenir des comptes\u2026\u00bb L\u2019artisan d\u00e9cide de suivre plusieurs formations en cours du soir, notamment sur la psychologie de la vente ou la gestion des ressources humaines. \u00abCes cours m\u2019ont notamment permis d\u2019acqu\u00e9rir de l\u2019assurance.\u00bb Depuis, la ferblanterie Rossique compte parmi ses clients les banques UBS, Pictet ou HSBC ainsi que la TSR. Actuellement, elle \u0153uvre sur les toits des grandes tours de Carouge. \u00abPour assurer du travail \u00e0 tous mes employ\u00e9s, nous devons compter sur 25 chantiers ouverts. Cela repr\u00e9sente beaucoup de coups de t\u00e9l\u00e9phone et de dossiers au quotidien.\u00bb<\/p>\n<p>Progressivement, Georges Rossique a ainsi d\u00fb renoncer \u00e0 pratiquer son m\u00e9tier d\u2019artisan pour g\u00e9rer son entreprise. \u00abJ\u2019ai certes perdu le contact \u00e0 la mati\u00e8re, mais cela a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s largement compens\u00e9 par les rencontres que je cr\u00e9e au quotidien et qui me satisfont pleinement. Je me suis toujours senti tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise en mati\u00e8re de communication.\u00bb<br \/>\n_______<br \/>\n<strong><br \/>\n\u00abJ\u2019aime la difficult\u00e9\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Ruben Notario associ\u00e9 de l\u2019entreprise de sertissage Sertinergy<\/em><\/p>\n<p>Ruben Notario et Camille Jolimay dirigent ensemble Sertinergy, une entreprise sp\u00e9cialis\u00e9e dans le sertissage haut de gamme bas\u00e9e \u00e0 Gland. Le duo dit devoir le succ\u00e8s de cette collaboration \u00e0 leur \u00abbelle compl\u00e9mentarit\u00e9\u00bb. \u00abRuben \u00e9tant un v\u00e9ritable passionn\u00e9, raconte la jeune femme de 31 ans. Il peut passer des heures pour fabriquer un outil, cherchant toujours \u00e0 atteindre le meilleur r\u00e9sultat possible. Moi, je suis plus terre \u00e0 terre, je lui rappelle les d\u00e9lais et les imp\u00e9ratifs, pour le bien-\u00eatre de l\u2019entreprise.\u00bb<\/p>\n<p>Leur collaboration d\u00e9bute en 2005, alors que le sertisseur cherche un bras droit pour le seconder dans la gestion de l\u2019entreprise qu\u2019il a fond\u00e9e quatre ans auparavant. D\u00e8s le d\u00e9part, Camille Jolimay, sertisseuse chez Sertinergy, prend en main la gestion administrative de l\u2019entreprise et des plannings des employ\u00e9s, au nombre de six aujourd\u2019hui. \u00abNotre mani\u00e8re de g\u00e9rer le personnel est bas\u00e9e sur la proximit\u00e9. Nous avons d\u00e9cid\u00e9 de ne pas imposer trop de r\u00e8gles, de laisser \u00e0 chacun la possibilit\u00e9 d\u2019exprimer sa personnalit\u00e9. D\u2019o\u00f9 l\u2019envie de ne pas trop grandir.\u00bb<\/p>\n<p>Pour le recrutement des collaborateurs, la ma\u00eetrise du m\u00e9tier ne repr\u00e9sente pas une priorit\u00e9 pour les deux entrepreneurs. \u00abNous appr\u00e9cions de les former nous-m\u00eames. L\u2019\u00e9tat d\u2019esprit d\u2019une personne, et aussi le fait qu\u2019elle ait une passion dans la vie comptent beaucoup pour nous.\u00bb<\/p>\n<p>Les services de l\u2019entreprise ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9s par les grandes marques horlog\u00e8res. Les contacts avec les clients sont g\u00e9r\u00e9s \u00e0 deux. Ruben Notario, sertisseur depuis plus de vingt ans, intervient sur les aspects techniques; Camille Jolimay davantage sur l\u2019administratif. \u00abJe tiens \u00e0 rester du c\u00f4t\u00e9 de la production, confie l\u2019artisan. Le sertissage est une pratique qui s\u2019entra\u00eene et s\u2019am\u00e9liore chaque jour. J\u2019aime la difficult\u00e9, car elle permet de se surpasser, et donc d\u2019innover.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nombreux sont les artisans ambitieux. Mais seuls quelques uns d&rsquo;entre eux r\u00e9ussissent \u00e0 devenir de v\u00e9ritables entrepreneurs. Quel est leur secret? 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