



{"id":3342,"date":"2011-02-01T17:21:01","date_gmt":"2011-02-01T15:21:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3342"},"modified":"2011-02-07T22:33:13","modified_gmt":"2011-02-07T20:33:13","slug":"entreprises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3342","title":{"rendered":"Pourquoi les PME fran\u00e7aises choisissent la Suisse"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large030211.jpg\" alt=\"large030211.jpg\" title=\"large030211.jpg\" width=\"468\" height=\"291\" border=\"0\" \/>\u00abIl y a tout ici, la paix sociale, des mati\u00e8res premi\u00e8res de qualit\u00e9, de l\u2019air pur!\u00bb David Holder, patron de la c\u00e9l\u00e8bre enseigne de p\u00e2tisserie Ladur\u00e9e, r\u00e9sumait ainsi son enthousiasme pour la Suisse, apr\u00e8s avoir d\u00e9cid\u00e9 d\u2019installer son futur site de production et de recherche pr\u00e8s du ch\u00e2teau de Gruy\u00e8re.<\/p>\n<p>Son point de vue est partag\u00e9 par d\u2019autres entrepreneurs fran\u00e7ais, qui choisissent la Suisse pour d\u00e9velopper leurs affaires: \u00abNous constatons un int\u00e9r\u00eat de plus en plus marqu\u00e9 des patrons fran\u00e7ais pour la Suisse, confirme Romain Duriez, directeur de la Chambre France-Suisse pour le commerce et l\u2019industrie. En quatre ans, nous sommes pass\u00e9s de 400 \u00e0 plus de 550 entreprises implant\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>Ces PME choisissent d\u2019exiler leur activit\u00e9 pour des raisons vari\u00e9es, qui d\u00e9pendent des secteurs d\u2019activit\u00e9. Contrairement \u00e0 ce que l\u2019on pense souvent, la fiscalit\u00e9 ne constitue pas le crit\u00e8re d\u00e9cisif d\u2019un d\u00e9m\u00e9nagement. \u00abElle n\u2019intervient qu\u2019en cinqui\u00e8me position sur une dizaine de facteurs, observe Philippe Monnier, du Greater Geneva Berne Area (GGBa). Parfois, nous constatons un afflux d\u2019entreprises d\u2019un pays suite \u00e0 un changement de loi ou \u00e0 une situation de crise politique. Et le plus souvent, il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9cision qui s\u2019int\u00e8gre dans une strat\u00e9gie \u00e0 long terme.\u00bb<\/p>\n<p>Ce que viennent chercher les patrons fran\u00e7ais, c\u2019est avant tout un environnement politique et social favorable \u00e0 l\u2019entreprenariat. Comme Philip Slomian, fondateur de Toowup \u00e0 Boncourt (JU), ils sont s\u00e9duits par l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019administration: \u00abLes autorit\u00e9s du Jura se sont montr\u00e9es particuli\u00e8rement dynamiques et accueillantes. Les formalit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la cr\u00e9ation de mon entreprise, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019obtention des autorisations n\u00e9cessaires pour s\u2019implanter, ont \u00e9t\u00e9 obtenues en un mois.\u00bb<\/p>\n<p>La proximit\u00e9 des administrations, cons\u00e9quence du f\u00e9d\u00e9ralisme, repr\u00e9sente \u00e9galement un atout. \u00abLorsque j\u2019explique aux entrepreneurs qu\u2019ici j\u2019obtiens un rendez-vous rapidement avec le ministre de l\u2019Economie Jean-Claude Mermoud en personne, ils n\u2019en croient pas leurs oreilles! En France, ce serait impensable\u00bb, raconte Michel Conne, du D\u00e9veloppement \u00e9conomique vaudois.<\/p>\n<p>Fabrice Lelouvier, directeur d\u2019Ubifrance, la mission \u00e9conomique fran\u00e7aise \u00e0 Zurich et coauteur du guide S\u2019implanter en Suisse, fait le m\u00eame constat: \u00abC\u2019est un comble, mais certains entrepreneurs fran\u00e7ais me disent qu\u2019ils se d\u00e9brouillent mieux avec l\u2019administration f\u00e9d\u00e9rale qu\u2019avec celle de leur propre pays.\u00bb<\/p>\n<p>Flexibilit\u00e9. \u00abGr\u00e2ce \u00e0 la flexibilit\u00e9 de l\u2019administration, j\u2019ai pu mettre de c\u00f4t\u00e9 de nombreux soucis et ai pu enti\u00e8rement me consacrer au d\u00e9veloppement de mon activit\u00e9\u00bb, poursuit Philip Slomian. Le patron de Toowup appr\u00e9cie \u00e9galement son nouveau cadre de vie: \u00abAvec ma famille, nous profitons de la nature, de la s\u00e9curit\u00e9, ainsi que d\u2019un syst\u00e8me scolaire de qualit\u00e9 avec des classes peu charg\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>Les entrepreneurs fran\u00e7ais ne sont pas les seuls \u00e0 \u00eatre attir\u00e9s par la Suisse. \u00abNous avons de plus en plus de demandes d\u2019Italiens, de Grecs, de Portugais ou de Belges\u00bb, raconte Laurent Borella, responsable du TechnoArk de Sierre. Thierry Delaunois, fondateur de la PME belge Telecomwatchers Reporting Services est un exemple. Il a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019abandonner toute activit\u00e9 \u00e0 Bruxelles, si\u00e8ge de son entreprise cr\u00e9\u00e9e en 2002, pour se concentrer depuis l\u2019\u00e9t\u00e9 pass\u00e9 \u00e0 Sierre.<\/p>\n<p>Ses motivations tiennent avant tout \u00e0 l\u2019environnement positif qu\u2019il a trouv\u00e9 en Suisse: \u00abComme certains Fran\u00e7ais, je suis tr\u00e8s inquiet du climat \u00e9conomique qui r\u00e8gne actuellement dans mon pays. Ici, on ne me reproche pas d\u2019\u00eatre patron, il r\u00e8gne un consensus positif entre entrepreneurs et collaborateurs. Les autorit\u00e9s valaisannes nous ont aid\u00e9s de fa\u00e7on remarquable. Le tout selon une taxation d\u00e9cente qui ne p\u00e9nalise pas l\u2019entreprise et le travail.\u00bb<\/p>\n<p>Tout n\u2019est \u00e9videmment pas rose en Suisse et les patrons fran\u00e7ais n\u2019y connaissent pas toujours le succ\u00e8s. \u00abL\u2019entrepreneur d\u00e9sireux de s\u2019implanter en Suisse doit bien s\u2019entourer et m\u00fbrir sa d\u00e9cision\u00bb, t\u00e9moigne Philip Slomian. Malgr\u00e9 la proximit\u00e9 g\u00e9ographique, il s\u2019agit d\u2019un vrai changement culturel: \u00abLa Suisse est un pays dynamique tout en \u00e9tant rigoureux et hyper-pragmatique, accueillant et s\u00e9lectif, ajoute le fondateur de Toowup. Le rythme de travail est tr\u00e8s soutenu: ici pas de 35 heures hebdomadaires, la semaine a 45 heures l\u00e9gales, avec des journ\u00e9es qui commencent t\u00f4t. Il n\u2019est pas rare que les premiers rendez-vous soient fix\u00e9s \u00e0 7 h.\u00bb<\/p>\n<p>Les patrons fran\u00e7ais ont souvent du mal \u00e0 appr\u00e9hender le f\u00e9d\u00e9ralisme. \u00abLa Suisse peut vite appara\u00eetre complexe avec ses 26 cantons et autant de particularit\u00e9s, r\u00e8gles et codes\u00bb, commente Ma\u00ebl Guillemot, directeur de Klewel \u00e0 Martigny (VS). \u00abNous effectuons tout un travail d\u2019explication et d\u2019\u00e9ducation, ajoute Romain Duriez. Les entrepreneurs doivent aussi comprendre que la mani\u00e8re de mener les affaires est diff\u00e9rente: le Fran\u00e7ais louvoie davantage, alors que le Suisse est tr\u00e8s pragmatique et va droit au but. Il n\u2019appr\u00e9cie la convivialit\u00e9 et la familiarit\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s un certain temps.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abJ\u2019ai obtenu toutes les autorisations en un mois\u00bb <\/strong><\/p>\n<p><em>Philip Slomian, fondateur de Toowup \u00e0 Boncourt (JU)<\/em><\/p>\n<p>Avec sa PME Toowup qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9e en 2007, le Fran\u00e7ais Philip Slomian veut transformer le march\u00e9 de la mobilit\u00e9: \u00abNotre offre Toowup City propose un abonnement \u00e0 69 francs qui permet \u00e0 un particulier ou \u00e0 une entreprise de disposer d\u2019un v\u00e9hicule sans r\u00e9servation. Nous avons calcul\u00e9 qu\u2019un de nos v\u00e9hicules remplace environ sept voitures particuli\u00e8res en ville.\u00bb<br \/>\nGr\u00e2ce \u00e0 un syst\u00e8me in\u00e9dit de g\u00e9olocalisation, l\u2019usager sait o\u00f9 se trouve la voiture disponible la plus proche. \u00abL\u2019abonn\u00e9 re\u00e7oit une cl\u00e9 qui ouvre n\u2019importe laquelle de nos voitures. A partir du moment o\u00f9 il l\u2019a ouverte, elle est \u00e0 lui jusqu\u2019au moment o\u00f9 il la replace sur une place Toowup.\u00bb<br \/>\nAlors qu\u2019il \u00e9tait bas\u00e9 en Franche-Comt\u00e9, Philip Slomian a \u00e9t\u00e9 approch\u00e9 par le bureau de la promotion \u00e9conomique du Jura.<\/p>\n<p>\u00abJe me suis senti tr\u00e8s \u00e9cout\u00e9, encourag\u00e9 et soutenu par les autorit\u00e9s. Les formalit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 obtenues en un mois. Dans ce laps de temps, j\u2019ai pu rencontrer l\u2019administration fiscale et les banques de la place, puis trouver des locaux adapt\u00e9s. Notre choix de s\u2019\u00e9tablir \u00e0 Boncourt a \u00e9t\u00e9 directement influenc\u00e9 par la proximit\u00e9 imm\u00e9diate de la gare TGV, qui place notre si\u00e8ge social au c\u0153ur de l\u2019Europe, \u00e0 2 h 20 de Paris. L\u2019a\u00e9roport international de B\u00e2le Mulhouse se trouve \u00e0 proximit\u00e9. C\u2019est donc un emplacement de choix pour le d\u00e9veloppement de mon activit\u00e9.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abJ\u2019ai trouv\u00e9 un environnement id\u00e9al pour l\u2019entreprenariat\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Ma\u00ebl Guillemot, directeur de Klewel \u00e0 Martigny (VS)<\/em><\/p>\n<p>Le Breton Ma\u00ebl Guillemot ne s\u2019est jamais pos\u00e9 la question de cr\u00e9er son entreprise ailleurs qu\u2019en Suisse. \u00abLes choses se sont faites naturellement. Je n\u2019aurais pas eu l\u2019id\u00e9e de m\u2019implanter dans un autre pays, car j\u2019ai trouv\u00e9 un environnement id\u00e9al pour l\u2019entreprenariat ici.\u00bb Apr\u00e8s des \u00e9tudes en France et en Angleterre, Ma\u00ebl Guillemot a travaill\u00e9 dans un centre de recherche de l\u2019EPFL o\u00f9 il a mis au point les technologies qui lui ont permis de lancer Klewel en 2007. Son entreprise d\u00e9m\u00e9nage ensuite \u00e0 Martigny \u00abcar la Promotion \u00e9conomique du Valais m\u2019a approch\u00e9 pour me proposer un tr\u00e8s bon emplacement\u00bb.<\/p>\n<p>Klewel, qui emploie 7 personnes en Suisse et poss\u00e8de une succursale en France, propose \u00e0 ses clients des solutions pour enregistrer et mettre en ligne rapidement des \u00e9v\u00e9nements. Une interface Web et une recherche par mots cl\u00e9s permettent \u00e0 l\u2019utilisateur de retrouver ensuite une information cibl\u00e9e. Comme les demandes de multinationales et d\u2019organisations internationales ne cessent de cro\u00eetre, Ma\u00ebl Guillemot envisage d\u2019engager plusieurs collaborateurs en 2011.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des centaines d&rsquo;entreprises hexagonales se sont implant\u00e9es en Suisse, et ce chiffre continue d&rsquo;augmenter. Des d\u00e9localisations motiv\u00e9es par l&rsquo;attrait fiscal? Pas vraiment. Enqu\u00eate et t\u00e9moignages.<\/p>\n","protected":false},"author":19538,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3342","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3342","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19538"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3342"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3342\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3342"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3342"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3342"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}