



{"id":3340,"date":"2011-01-28T17:21:58","date_gmt":"2011-01-28T15:21:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3340"},"modified":"2011-01-31T10:51:20","modified_gmt":"2011-01-31T08:51:20","slug":"votations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3340","title":{"rendered":"Stands de tir: une facture \u00e0 900 millions"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large310111.jpg\" alt=\"large310111.jpg\" title=\"large310111.jpg\" width=\"468\" height=\"300\" border=\"0\" \/>Lorsqu\u2019un tireur amateur ou un citoyen-soldat appuie sur la g\u00e2chette, il n\u2019imagine pas les cons\u00e9quences environnementales de son acte. Une grande partie des balles qu\u2019il envoie vers la cible finiront dans la terre, polluant ainsi les terrains avoisinants. Cette pollution sera surtout occasionn\u00e9e par le plomb et l\u2019antimoine (m\u00e9tal permettant de \u00abdurcir\u00bb le projectile) contenus dans les munitions. Des m\u00e9taux lourds qui, une fois incrust\u00e9s en terre, se dispersent et contaminent les plantes, puis les animaux qui les mangent (voir encadr\u00e9).<\/p>\n<p>Selon les estimations du Service de l\u2019environnement du canton de Fribourg, particuli\u00e8rement concern\u00e9 avec pr\u00e8s de 150 stands de tir, environ 90 millions de \u00abcoups\u00bb ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s en 2007 dans l\u2019ensemble de la Suisse, dans un peu plus de 2000 installations encore op\u00e9rationnelles. Cela repr\u00e9sente un d\u00e9p\u00f4t annuel de 400 \u00e0 500 tonnes de plomb, et de 20 tonnes d\u2019antimoine.<\/p>\n<p>Alors que les Suisses s\u2019appr\u00eatent \u00e0 se prononcer le 13 f\u00e9vrier sur l\u2019initiative \u00abPour la protection face \u00e0 la violence des armes\u00bb, la question de ces nuisances indirectes m\u00e9rite d\u2019\u00eatre abord\u00e9e. D\u2019autant que l\u2019assainissement des sites concern\u00e9s co\u00fbtera selon les pr\u00e9visions de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019environnement (OFEV) pr\u00e8s de 900 millions de francs, et prendra pr\u00e8s de 25 ans.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quation est simple: en vertu de l\u2019Ordonnance sur les sites contamin\u00e9s du 26 ao\u00fbt 1998, la Suisse doit assainir environ 6000 stands de tir (en activit\u00e9 ou abandonn\u00e9s), avec une moyenne de six cibles par stand, pour un co\u00fbt par cible de 20 000 \u00e0 30 000 francs. \u00abCette somme de 900 millions est \u00e0 mettre en perspective avec les 5 milliards de francs pr\u00e9vus sur la m\u00eame p\u00e9riode pour l\u2019assainissement de tous les sites pollu\u00e9s du pays, notamment les d\u00e9charges\u00bb, rel\u00e8ve Christiane Wermeille, de la section sites contamin\u00e9s \u00e0 l\u2019OFEV. En r\u00e9sum\u00e9, la d\u00e9pollution des stands de tir repr\u00e9sente pr\u00e8s d\u2019un cinqui\u00e8me des d\u00e9penses totales de la Conf\u00e9d\u00e9ration en mati\u00e8re d\u2019assainissement de sites contamin\u00e9s.<\/p>\n<p>La Conf\u00e9d\u00e9ration participe \u00e0 ces frais par le biais d\u2019un fonds sp\u00e9cial, l\u2019OTAS (Ordonnance relative \u00e0 la taxe pour l\u2019assainissement des sites contamin\u00e9s), aliment\u00e9 lui-m\u00eame par une taxe pr\u00e9lev\u00e9e sur les d\u00e9chets mis en d\u00e9charge. Jusqu\u2019\u00e0 septembre 2009, cette subvention s\u2019\u00e9levait \u00e0 40% des frais occasionn\u00e9s, puis elle s\u2019est \u00e9tablie \u00e0 une somme forfaitaire de 8000 francs par cible. Les demandes formul\u00e9es avant cette date b\u00e9n\u00e9ficient encore de l\u2019ancien statut. \u00abC\u2019est pourquoi nous nous sommes empress\u00e9s de r\u00e9aliser les d\u00e9marches n\u00e9cessaires \u00e0 temps\u00bb, explique Patrice Jordan, syndic de Vaulruz (FR), commune qui a assaini cet automne son ancien stand de tir de 6 cibles, ferm\u00e9 depuis dix ans. Un assainissement qui a co\u00fbt\u00e9 250 000 francs, dont 140 000 francs pay\u00e9s en taxes d\u2019\u00e9limination et de recyclage.<\/p>\n<p>\u00abLes co\u00fbts d\u2019assainissement ont tendance \u00e0 augmenter\u00bb, remarque Martin Kuhn, g\u00e9ologue au bureau Geotest, qui se consacre aux probl\u00e8mes li\u00e9s au sous-sol et \u00e0 l\u2019environnement. C\u2019est notamment le cas pour les stands situ\u00e9s dans des zones recul\u00e9es, o\u00f9 il est alors n\u00e9cessaire de construire une route, sp\u00e9cifiquement pour \u00e9vacuer les \u00e9l\u00e9ments excav\u00e9s: \u00e0 Vaulruz, cette d\u00e9pense s\u2019est chiffr\u00e9e \u00e0 60 000 francs (soit plus du quart de la facture totale).<\/p>\n<p>A l\u2019avenir, il s\u2019agit de mettre en place des cibles \u00abz\u00e9ro \u00e9mission\u00bb, c\u2019est-\u00e0dire munies de caissons r\u00e9cup\u00e9rant les projectiles (sortes de pare-balles artificiels co\u00fbtant entre 5000 et 6000 francs par cible). \u00abLa subvention de la Conf\u00e9d\u00e9ration ne sera vers\u00e9e pour l\u2019assainissement des installations de tir que si aucun d\u00e9chet n\u2019a plus \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 &#8212; donc qu\u2019il n\u2019y a plus eu de tirs dans le sol &#8211; apr\u00e8s le 31 d\u00e9cembre 2012 dans le cas de sites situ\u00e9s dans une zone de protection des eaux souterraines et apr\u00e8s le 31 d\u00e9cembre 2020 dans le cas des autres sites\u00bb, r\u00e9sume Christiane Wermeille. Les communes ont donc deux possibilit\u00e9s: arr\u00eater les tirs ou installer ces fameux pare-balles.<\/p>\n<p>Dans le deuxi\u00e8me cas, un partage des t\u00e2ches semble d\u00e9j\u00e0 s\u2019\u00eatre \u00e9tabli: \u00abEn g\u00e9n\u00e9ral, les frais d\u2019assainissement reviennent aux communes, alors que la pose des caissons est prise en charge par les soci\u00e9t\u00e9s de tir\u00bb, observe Martin Kuhn, qui a particip\u00e9 \u00e0 une quinzaine d\u2019assainissements dans le canton de Fribourg.<\/p>\n<p>Pour sa part, le D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral de la d\u00e9fense (DDPS), rel\u00e8ve participer \u00e0 \u00abune partie des nettoyages\u00bb dans le cas de tirs effectu\u00e9s par ses troupes en exercice, mais pas dans le cas des tirs obligatoires. \u00abLes stands de tir et l\u2019application de la l\u00e9gislation sur les sites contamin\u00e9s sont soumis \u00e0 la souverainet\u00e9 des cantons\u00bb, dit le porte-parole Martin B\u00fchler.<\/p>\n<p>Au final, il revient donc aux communes d\u2019assumer ces charges, puisqu\u2019elles sont tenues par la loi de mettre \u00e0 disposition de l\u2019arm\u00e9e les infrastructures n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019exercice des tirs. Elles disposent d\u2019encore un peu de temps pour d\u00e9buter les travaux, et le processus semble d\u00e9j\u00e0 bien entam\u00e9: \u00e0 Fribourg une trentaine de stands (sur environ 150) sont d\u00e9j\u00e0 assainis.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>En chiffres<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019assainissement total des stands de tir suisses co\u00fbtera entre 700 et 900 millions de francs.<\/p>\n<p>Une balle contient en moyenne 5 grammes de plomb et 0,25 gramme d\u2019antimoine.<\/p>\n<p>Il faut excaver entre 150 et 200 tonnes de terre lors de l\u2019assainissement d\u2019un stand de tir.<\/p>\n<p>La Suisse compte pr\u00e8s de 6000 stands de tir, dont 2000 sont encore actifs. Le d\u00e9p\u00f4t annuel de pollution s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ 400 tonnes de plomb, pour 20 tonnes d\u2019antimoine.<\/p>\n<p>90 millions de coups ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s en Suisse en 2007.<\/p>\n<p>La F\u00e9d\u00e9ration sportive suisse de tir compte 175 000 membres.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Eviter une contamination \u00e0 long terme<\/strong><\/p>\n<p>\u00abLe dispersement de la pollution des balles d\u00e9pend de la nature des sols, souligne Martin Kuhn, du bureau Geotest. Sur des sols argileux, la pollution reste plus localis\u00e9e que sur des sols sableux, o\u00f9 le d\u00e9placement des m\u00e9taux lourds est plus important.\u00bb En fonction de l\u2019humidit\u00e9, le plomb et l\u2019antimoine peuvent facilement se retrouver dans les plantes et donc \u00eatre ingurgit\u00e9s par des animaux qui se trouvent \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019un terrain de tir. La transmission est plus marqu\u00e9e dans le cas de moutons ou de ch\u00e8vres, qui \u00abtirent\u00bb l\u2019herbe jusqu\u2019\u00e0 la racine, les vaches ayant plut\u00f4t tendance \u00e0 l\u2019arracher.<\/p>\n<p>En surface, la contamination reste g\u00e9n\u00e9ralement limit\u00e9e \u00e0 la zone de tir. Des d\u00e9placements sont cependant possibles, \u00abnotamment lorsque la cible se trouve au-dessus d\u2019un drain de captage des eaux souterraines et que l\u2019on se trouve en pr\u00e9sence de molasse\u00bb, souligne Martin Kuhn.<\/p>\n<p>Afin de pr\u00e9venir les risques de contamination \u00e0 long terme, l\u2019assainissement se d\u00e9roule en plusieurs phases. Il s\u2019agit d\u2019abord de d\u00e9terminer la teneur en plomb et en antimoine autour de la butte en effectuant des mesures et des pr\u00e9l\u00e8vements sur un diam\u00e8tre de 5 \u00e0 10 m\u00e8tres et jusqu\u2019\u00e0 1, 5 m\u00e8tre de profondeur.<\/p>\n<p>Il faut ensuite estimer les volumes \u00e0 excaver, puis \u00e9vacuer. En fonction de la teneur en plomb, ces volumes seront exp\u00e9di\u00e9s en d\u00e9charge ou en recyclage. \u00abUne balle tir\u00e9e se d\u00e9sagr\u00e8ge tr\u00e8s lentement une fois en terre\u00bb, pr\u00e9cise Martin Kuhn. Il n\u2019est ainsi pas rare de d\u00e9couvrir des restes de balles datant d\u2019il y a 50 ou 60 ans, \u00e9poque \u00e0 laquelle ont d\u00e9but\u00e9 en Suisse le gros des tirs. Point positif, mis en avant par l\u2019OFEV (Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019environnement): depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, les balles deviennent plus l\u00e9g\u00e8res et donc moins polluantes.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans l&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des centaines de tonnes de m\u00e9taux lourds contaminent les abords des stands suisses. Leur assainissement co\u00fbtera pr\u00e8s de 900 millions de francs aux autorit\u00e9s. Explications.<\/p>\n","protected":false},"author":18920,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-3340","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-glocal","glocal"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3340","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/18920"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3340"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3340\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3340"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3340"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3340"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}