



{"id":3324,"date":"2011-01-10T11:39:53","date_gmt":"2011-01-10T09:39:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3324"},"modified":"2012-02-10T16:57:43","modified_gmt":"2012-02-10T14:57:43","slug":"3d","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3324","title":{"rendered":"Les recherches de Walt Disney \u00e0 Zurich"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large100111.jpg\" alt=\"large100111.jpg\" title=\"large100111.jpg\" height=\"295\" width=\"468\" border=\"0\" \/>C\u2019est a priori un couple improbable, Walt Disney et l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Zurich. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, le plus grand groupe de m\u00e9dias et de divertissement au monde, qui spontan\u00e9ment \u00e9voque Mickey Mouse, Blanche-Neige et des parcs d\u2019attractions monumentaux. De l\u2019autre, la v\u00e9n\u00e9rable haute \u00e9cole helv\u00e9tique. Mais en automne 2008, c\u2019est bien l\u2019EPFZ qui devient la premi\u00e8re universit\u00e9 au monde \u00e0 accueillir un laboratoire Disney.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi Zurich?<\/strong><br \/>\nC\u2019est apr\u00e8s le rachat en 2006 du studio d\u2019animation Pixar, tr\u00e8s actif dans la recherche sur les images de synth\u00e8se, que Disney d\u00e9cide de cr\u00e9er deux laboratoires externes. \u00abDisney a compris qu\u2019un environnement universitaire \u00e9tait n\u00e9cessaire pour recruter les meilleurs scientifiques, indique Robert Sumner, directeur associ\u00e9 du Disney Research Center de Zurich (DRZ). Le prestige de l\u2019EPFZ a jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans le choix de Disney.\u00bb Ainsi, qu\u2019une connexion personnelle: l\u2019\u00e9quipe du directeur actuel du DRZ, le professeur d\u2019informatique Markus Gross, collaborait d\u00e9j\u00e0 avec Joe Marks, un scientifique de Mitsubishi Research qui fut plus tard engag\u00e9 pour fonder les laboratoires Disney. Peu apr\u00e8s, un deuxi\u00e8me laboratoire a \u00e9t\u00e9 mis sur pied \u00e0 la Carnegie Mellon University de Pittsburgh, aux Etats-Unis.<\/p>\n<p>L\u2019EPFZ fournit deux villas au centre-ville et met \u00e0 disposition ses centres de calculs. Disney finance la recherche et s\u2019implique dans l\u2019enseignement. \u00abLes brevets d\u2019invention sont partag\u00e9s entre le DRZ et l\u2019EPFZ d\u00e8s qu\u2019elle finance en partie l\u2019un des chercheurs, comme par exemple les doctorants, explique Robert Sumner. Disney veut \u00e9galement encourager la cr\u00e9ation de start-up et c\u00e9der, si n\u00e9cessaire, ses droits \u00e0 des conditions favorables.\u00bb<\/p>\n<p>Diversifi\u00e9 dans le cin\u00e9ma (Pixar, Disney Pictures, Disney Animation Studios), les m\u00e9dias (ABC Family, ESPN), le tourisme (Disney Resorts) et de nombreux produits d\u00e9riv\u00e9s, le g\u00e9ant am\u00e9ricain se doit d\u2019investir dans l\u2019innovation technologique. A Zurich, les chercheurs planchent sur des probl\u00e8mes vari\u00e9s: de la vid\u00e9o 3D \u00e0 domicile au d\u00e9veloppement de projecteurs miniatures, en passant par les communications sans fil et les effets sp\u00e9ciaux. Le laboratoire, qui compte d\u00e9j\u00e0 une quarantaine de chercheurs, ne cesse d\u2019augmenter ses effectifs.<\/p>\n<p><strong>Sp\u00e9cialit\u00e9 jeux vid\u00e9o <\/strong><br \/>\nLa division jeux vid\u00e9o de Disney rassemble huit \u00e9diteurs, qui lancent principalement des jeux d\u00e9riv\u00e9s de dessins anim\u00e9s (\u00abLe livre de la jungle\u00bb, \u00abRatatouille\u00bb), de films (\u00abPirates des Cara\u00efbes\u00bb) ou encore de s\u00e9ries TV (\u00abDesperate Houswives\u00bb, \u00abHannah Montana\u00bb). Pour Disney, le laboratoire de l\u2019EPFZ travaille en particulier sur le graphisme 3D. Son partenaire principal est Black Rock, un studio anglais sp\u00e9cialis\u00e9 dans les courses automobiles.<\/p>\n<p>Concurrence oblige, la plupart des recherches en cours sont tenues secr\u00e8tes. Robert Sumner pr\u00e9sente volontiers les r\u00e9sultats d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9s. Une premi\u00e8re technique d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 Zurich rend la cin\u00e9matographie des jeux 3D davantage r\u00e9aliste et prenante. \u00abDans de nombreux jeux, la trajectoire de la cam\u00e9ra suit une ligne droite. La vue passe \u00e0 travers les obstacles du monde virtuel, ce qui d\u00e9truit l\u2019illusion cin\u00e9matographique.\u00bb Les chercheurs ont donc mis au point un algorithme qui d\u00e9termine une trajectoire intelligente en temps r\u00e9el. Il assure que la cam\u00e9ra garde la cible le plus longtemps possible dans le champ de vision, tout en contournant les obstacles.<\/p>\n<p><strong>Donner le pouvoir aux cr\u00e9ateurs d\u2019images<\/strong><br \/>\nRobert Sumner se d\u00e9crit comme un scientifique dont les inventions donnent plus de pouvoir aux cr\u00e9ateurs d\u2019images de synth\u00e8se: \u00abLa cin\u00e9matographie permet d\u2019injecter de l\u2019adr\u00e9naline dans les jeux. L\u2019aspect visuel reste tr\u00e8s limit\u00e9 par la technologie \u00e0 la disposition des designers, explique-t-il. Nous d\u00e9veloppons pour eux des outils informatiques qui leur permettent de cr\u00e9er des effets sp\u00e9ciaux auparavant impossibles \u00e0 r\u00e9aliser.\u00bb<\/p>\n<p>Un nouvel outil sert par exemple \u00e0 rendre les mouvements plus vivants. L\u2019utilisateur peut cr\u00e9er l\u2019apparence d\u2019une trace laiss\u00e9e temporairement par le passage d\u2019un objet. Apr\u00e8s avoir d\u00e9fini un type de trace, l\u2019effet peut \u00eatre automatiquement appliqu\u00e9 aux diff\u00e9rentes parties de l\u2019objet. \u00abLes graphistes peuvent ainsi consid\u00e9rer ces effets dynamiques comme un aspect du design, au m\u00eame titre que la couleur ou la texture d\u2019une surface.\u00bb<\/p>\n<p>Autre projet du laboratoire Disney: la mod\u00e9lisation r\u00e9aliste du visage humain, \u00abl\u2019un des plus grands challenges de l\u2019animation sur ordinateur\u00bb, selon Rober Sumner. La t\u00e2che est d\u2019autant plus complexe que notre syst\u00e8me visuel, habitu\u00e9 \u00e0 analyser les expressions faciales, d\u00e9tecte instantan\u00e9ment la moindre anomalie. Pour finement num\u00e9riser le visage, les scientifiques ont construit un scanner dot\u00e9 de sept appareils photo haute d\u00e9finition. Chacun enregistre la physionomie du mod\u00e8le sous un angle diff\u00e9rent, avant qu\u2019elle ne soit reconstruite en trois dimensions.<\/p>\n<p>Mais pour Robert Sumner, le r\u00e9alisme n\u2019est pas le but final: \u00abNotre ambition, ce sont les \u00e9motions. Nos outils devraient permettre aux designers de cr\u00e9er des personnages avec qui les joueurs se sentent li\u00e9s.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Dessins anim\u00e9s \u00e0 la main high-tech<\/strong><\/p>\n<p>Pionnier du domaine, Walter Elias Disney fut le premier \u00e0 introduire le son et la couleur dans les dessins anim\u00e9s. Alors que tous les regards se tournent vers l\u2019image de synth\u00e8se, \u00abDisney continue \u00e0 d\u00e9fendre le travail \u00e0 la main\u00bb, souligne Robert Sumner. Pour r\u00e9aliser un long m\u00e9trage, l\u2019artiste cr\u00e9e une s\u00e9rie de dessins \u00abcl\u00e9s\u00bb, entre lesquels des images interm\u00e9diaires sont n\u00e9cessaires pour un rendu fluide. \u00abLa production n\u00e9cessite plus de deux millions d\u2019images, dont la moiti\u00e9 ne servent qu\u2019\u00e0 remplir les trous.\u00bb<\/p>\n<p>Le laboratoire Disney a d\u00e9velopp\u00e9 un outil informatique pour faciliter cette \u00e9tape. Les lignes de crayon retrouv\u00e9es sur deux dessins cl\u00e9s cons\u00e9cutifs sont automatiquement reli\u00e9es \u00e0 l\u2019aide d\u2019un algorithme d\u2019interpolation. Le syst\u00e8me connecte les extr\u00e9mit\u00e9s des lignes en suivant un arc qui correspond \u00e0 une partie de spirale logarithmique, cette courbe ayant l\u2019avantage de bien pr\u00e9server la forme des objets lors d\u2019un changement de perspective. Mais la situation se complique quand une nouvelle ligne de crayon appara\u00eet d\u2019un dessin cl\u00e9 au suivant: il est alors n\u00e9cessaire que l\u2019artiste intervienne manuellement. Appliqu\u00e9 au dessin anim\u00e9 \u00abLa Princesse et la grenouille\u00bb, ce syst\u00e8me a permis de produire une sc\u00e8ne 16 fois plus rapidement.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Un jeu en un semestre  <\/strong><\/p>\n<p>Combat multijoueur de sous-marins, course sur la muraille de Chine ou encore poursuite \u00e0 travers un labyrinthe urbain: les \u00e9tudiants du cours de programmation de jeux vid\u00e9o donn\u00e9 par Robert Sumner \u00e0 l\u2019EPFZ doivent cr\u00e9er un jeu complet pour Xbox en un semestre. \u00abLes r\u00e9sultats atteints sont \u00e9patants\u00bb, se r\u00e9jouit le chercheur, qui lui-m\u00eame a programm\u00e9 son premier jeu \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 12 ans. Les travaux sont \u00e9valu\u00e9s par un groupe d\u2019experts venu de Disney Interactive, la division jeux vid\u00e9o de l\u2019entreprise.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Reflex.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Disney a choisi l\u2019EPFZ pour son laboratoire de recherche. Plus de 40 scientifiques y d\u00e9veloppent les technologies pour les jeux vid\u00e9o et les films d\u2019animation de demain. Visite.<\/p>\n","protected":false},"author":19858,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-3324","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3324","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19858"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3324"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3324\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3324"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3324"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3324"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}