



{"id":3322,"date":"2011-01-06T11:22:29","date_gmt":"2011-01-06T09:22:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3322"},"modified":"2011-01-06T14:56:22","modified_gmt":"2011-01-06T12:56:22","slug":"innovation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3322","title":{"rendered":"Start-up: qui deviendra le prochain Logitech?"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large060111.jpg\" alt=\"large060111.jpg\" title=\"large060111.jpg\" border=\"0\" width=\"468\" height=\"298\" \/>Il n\u2019aura pas fallu plus d\u2019une d\u00e9cennie pour que la Suisse devienne un terreau particuli\u00e8rement fertile pour les start-up. Encore \u00e0 la tra\u00eene dans les ann\u00e9es 1990 en mati\u00e8re d\u2019innovation, le pays figure aujourd\u2019hui en t\u00eate dans les classements internationaux, nettement devant ses voisins fran\u00e7ais, allemand ou italien. D\u2019apr\u00e8s les chiffres de la Commission technologie et innovation \u00e0 Berne, il se cr\u00e9e chaque ann\u00e9e en Suisse plus de 150 entreprises dans des domaines d\u2019activit\u00e9s \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e, tels que le medtech ou le biotech.<\/p>\n<p>La volont\u00e9 politique de miser sur la recherche et l\u2019innovation a donc pay\u00e9, comme le souligne Jean-Pierre Vuilleumier, directeur de CTI Invest, plateforme d\u2019aide aux jeunes entreprises: \u00abLes programmes de soutien et de coaching se sont multipli\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Les start-up suisses profitent aujourd\u2019hui d\u2019un environnement absolument exceptionnel, sans comparaison dans le monde. De plus, une collaboration tr\u00e8s efficace s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e entre les milieux acad\u00e9miques et l\u2019\u00e9conomie.\u00bb<\/p>\n<p>Pas \u00e9tonnant, donc, que les jeunes entreprises suisses naissent tr\u00e8s souvent sur les campus des \u00e9coles polytechniques ou des universit\u00e9s.<\/p>\n<p>S\u2019il reste \u00e9videmment difficile d\u2019identifier la start-up suisse id\u00e9ale, celle qui deviendra une success story, certains domaines d\u2019activit\u00e9s ont les faveurs des investisseurs. Actuellement, les regards se tournent en premier lieu vers le medtech, un secteur \u00e0 tr\u00e8s fort potentiel. \u00abPour cr\u00e9er de bonnes conditions d\u2019investissements dans un secteur donn\u00e9, il faut ce que l\u2019on appelle des masses critiques, soit une certaine quantit\u00e9 de savoir-faire \u00e0 tous les niveaux, avec des gens qui connaissent le m\u00e9tier, explique Alain Nicod, directeur du fonds de capital-risque Venture Incubator. En Suisse, ces conditions sont parfaitement remplies dans les domaines du medtech.<\/p>\n<p><strong>Potentiel<\/strong><\/p>\n<p>Les investisseurs s\u2019engagent sur des mod\u00e8les \u00e9prouv\u00e9s et qui r\u00e9pondent \u00e0 un besoin; ils savent que le lancement d\u2019un produit va co\u00fbter plusieurs dizaines de millions. En revanche, ils entrevoient la possibilit\u00e9 qu\u2019il en rapporte des centaines de millions.\u00bb<\/p>\n<p>Parmi les entreprises qui ont ouvert la voie, on peut citer Sensimed, spin-off de l\u2019EPFL lanc\u00e9e en 2003, qui fabrique et commercialise des microsyst\u00e8mes int\u00e9gr\u00e9s pour les dispositifs m\u00e9dicaux; et aussi la lausannoise Symetis (lanc\u00e9e en 2005), qui d\u00e9veloppe des valves cardiaques, ou encore la genevoise Endosense (2003), sp\u00e9cialis\u00e9e dans la fabrication de cath\u00e9ters. Plus r\u00e9cente (\u00e9t\u00e9 2008), la soci\u00e9t\u00e9 A\u00efmago, \u00e9galement une spin-off de l\u2019EPFL, fait d\u00e9j\u00e0 parler d\u2019elle. Ses fondateurs ont d\u00e9velopp\u00e9 un laser qui permet de visualiser en temps r\u00e9el la circulation sanguine.<\/p>\n<p><strong>Convaincre <\/strong><\/p>\n<p>Cette effervescence cr\u00e9e un cercle vertueux, si bien que le medtech devient en Suisse un \u00e9cosyst\u00e8me toujours plus complet, avec des atouts qui permettent de rayonner \u00e0 l\u2019international: \u00abDans ce domaine, la r\u00e9putation d\u2019excellence des entreprises suisses est faite, observe Christian Waldvogel, associ\u00e9-g\u00e9rant de Vinci Capital, soci\u00e9t\u00e9 de private equity bas\u00e9e \u00e0 Lausanne. Les meilleures conditions sont r\u00e9unies avec la pr\u00e9sence en Suisse de grands groupes tels que Medtronic, leader dans les technologies m\u00e9dicales, et aussi un tissu tr\u00e8s riche de sous-traitants en microm\u00e9canique et micro\u00e9lectronique qui \u00e9manent de l\u2019industrie horlog\u00e8re de tr\u00e8s haute pr\u00e9cision. Ce savoir-faire apporte une forte valeur ajout\u00e9e. Prenez le cas de la start-up lausannoise Endoart, sp\u00e9cialis\u00e9e dans les implants t\u00e9l\u00e9m\u00e9triques; elle a \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9e en 2007 par le g\u00e9ant am\u00e9ricain Allergan, leader mondial dans le traitement de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, qui en a fait son centre de d\u00e9veloppement et de fabrication d\u2019anneaux gastriques.\u00bb<\/p>\n<p>Par rapport aux start-up qui se lancent dans le biotech (science du vivant), les jeunes pousses du medtech (instruments m\u00e9dicaux) ont plus de facilit\u00e9 \u00e0 convaincre les investisseurs: \u00abDans le medtech, les montants restent raisonnables, souligne Christian Waldvogel, de l\u2019ordre de 30 ou 40 millions de francs pour la commercialisation d\u2019un produit sur le march\u00e9, contre plus de 100 millions dans le biotech. En outre, on peut esp\u00e9rer un retour sur investissement plus rapidement dans le medtech, soit apr\u00e8s trois ans en moyenne.\u00bb<\/p>\n<p><strong>R\u00e9seaux <\/strong><\/p>\n<p>Dans un tout autre registre, des start-up suisses se distinguent \u00e9galement, depuis quelques ann\u00e9es, dans un domaine o\u00f9 on ne les attendait pas forc\u00e9ment: les services sur Internet et les technologies qui surfent sur la vague des r\u00e9seaux sociaux. Tout le monde ne le sait pas, mais la c\u00e9l\u00e8bre application en ligne Doodle, qui permet de trouver facilement la meilleure date pour un \u00e9v\u00e9nement entre amis, est le produit d\u2019une start-up zurichoise lanc\u00e9e en 2007.<\/p>\n<p>Il faut aussi citer l\u2019entreprise lausannoise Poken, qui commercialise de petites figurines destin\u00e9es \u00e0 remplacer les traditionnelles cartes de visite (les donn\u00e9es enregistr\u00e9es s\u2019\u00e9changent par simple contact entre les figurines). Lanc\u00e9e \u00e9galement en 2007, Poken compte aujourd\u2019hui plus de 20 employ\u00e9s et des bureaux de repr\u00e9sentation dans une cinquantaine de pays. Et le d\u00e9veloppement devrait s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer puisqu\u2019au d\u00e9but du mois de novembre, Poken a lev\u00e9 2,5 millions de francs aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 de capital-risque SVC-SA.<\/p>\n<p>Housetrip.com figure parmi les autres exemples inattendus, dans le secteur du tourisme. Cette plateforme lanc\u00e9e \u00e0 Lausanne en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e rend la r\u00e9servation d\u2019un appartement de vacances aussi facile que celle d\u2019une chambre d\u2019h\u00f4tel. Le concept a s\u00e9duit les investisseurs, ce qui a permis au fondateur Arnaud Bertrand de lever r\u00e9cemment un million de francs. Un montant qui, m\u00eame au moment le plus fr\u00e9n\u00e9tique de la new economy, aurait \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme un exploit&#8230;<\/p>\n<p><strong>Proph\u00e9tie <\/strong><\/p>\n<p>Et il faut bien s\u00fbr mentionner Paper.li, le nouveau venu qui agite la toile depuis quelques semaines, en transformant Twitter en journal (Paper.li agr\u00e8ge, classe et r\u00e9pertorie les messages dans des rubriques sp\u00e9cifiques). Le site attire plus de 1000 nouveaux abonn\u00e9s par jour. Son fondateur, Edouard Lambelet, a d\u00e9j\u00e0 lev\u00e9 2,5 millions de francs, dont une bonne partie aupr\u00e8s de business angels et du fonds Kima Ventures.<\/p>\n<p>Si ces investissements n\u2019ont certes rien de commun avec les sommes consacr\u00e9es au d\u00e9marrage de soci\u00e9t\u00e9s de medtech ou de biotech, ils n\u2019en demeurent pas moins spectaculaires dans un secteur o\u00f9 il reste difficile de mon\u00e9tiser son produit, notamment \u00e0 l\u2019international. \u00abCe que r\u00e9alisent ces nouvelles start-up, \u00e0 l\u2019instar de Paper.li, est assez remarquable, souligne \u00e0 ce propos Alain Nicod. Leur business model ne correspond pourtant pas au code g\u00e9n\u00e9tique habituel des start-up suisses.\u00bb<\/p>\n<p>Pour Jordi Montserrat, directeur de l\u2019agence pour la promotion de l\u2019innovation Venturelab, la vague des r\u00e9seaux sociaux pr\u00e9sente un nouveau potentiel \u00e0 ne pas sous-estimer: \u00abLes entreprises telles que Poken ou Paper.li ont su rep\u00e9rer la bonne opportunit\u00e9 au bon moment. Elles peuvent tirer parti de l\u2019effervescence qui r\u00e8gne dans leur domaine d\u2019activit\u00e9. Lorsque tout le monde est persuad\u00e9 qu\u2019un secteur va d\u00e9coller, la proph\u00e9tie finit souvent par se r\u00e9aliser.\u00bb<\/p>\n<p>D\u2019autres domaines d\u2019activit\u00e9s peuvent \u00e9galement r\u00e9server de bonnes surprises. C\u2019est le cas du cleantech, o\u00f9 la Suisse compte par ailleurs des repr\u00e9sentants d\u2019envergure internationale, comme la soci\u00e9t\u00e9 cot\u00e9e en Bourse Meyer Burger Technology, sp\u00e9cialis\u00e9e dans la d\u00e9coupe de panneaux solaires.<\/p>\n<p><strong>Prudence<\/strong><\/p>\n<p>Christian Waldvogel, de Vinci Capital, estime toutefois que la multiplicit\u00e9 de soci\u00e9t\u00e9s dans ce domaine invite aujourd\u2019hui les investisseurs \u00e0 la prudence: \u00abLe march\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 bien mature avec des entreprises tr\u00e8s bien implant\u00e9es. Pour les nouvelles start-up, il devient difficile de se diff\u00e9rencier de la concurrence.\u00bb Au plan local, on assiste toutefois \u00e0 de belles r\u00e9ussites, comme celle de la soci\u00e9t\u00e9 lausannoise Quantis, par exemple, sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019analyse de l\u2019\u00e9cobilan de produits et d\u2019entreprise. La soci\u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e en 2006 emploie 26 collaborateurs.<\/p>\n<p>Faut-il enfin rappeler qu\u2019un business model, aussi convaincant soit-il, ne fait pas tout. Reste encore aux nouveaux entrepreneurs \u00e0 prendre les bonnes d\u00e9cisions en termes de management. \u00abSouvent les scientifiques ont tendance \u00e0 s\u2019entourer uniquement d\u2019autres scientifiques, note Christian Waldvogel; c\u2019est une erreur strat\u00e9gique car on renforce ainsi un aspect qui est d\u00e9j\u00e0 bon, au d\u00e9triment d\u2019autres comp\u00e9tences\u2026 Les start-up qui r\u00e9ussissent le mieux combinent g\u00e9n\u00e9ralement l\u2019excellence scientifique et les qualit\u00e9s manag\u00e9riales.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les jeunes pousses se d\u00e9veloppent comme jamais en Suisse romande. Mais lesquelles ont vraiment le potentiel pour devenir des piliers de notre \u00e9conomie? 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