



{"id":3298,"date":"2010-12-02T20:59:47","date_gmt":"2010-12-02T18:59:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3298"},"modified":"2010-12-03T11:29:33","modified_gmt":"2010-12-03T09:29:33","slug":"innovation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3298","title":{"rendered":"Science: les visages de l&rsquo;excellence suisse"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large031210.jpg\" alt=\"large031210.jpg\" title=\"large031210.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p><strong>Smartvote \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne<\/strong><\/p>\n<p>Les recherches du politologue suisse <strong>Alexander Trechsel<\/strong>, 38 ans, ont largement d\u00e9pass\u00e9 les fronti\u00e8res nationales pour rev\u00eatir une port\u00e9e europ\u00e9enne. Aujourd\u2019hui, le premier d\u00e9tenteur de la \u00abChaire suisse sur le f\u00e9d\u00e9ralisme et la d\u00e9mocratie\u00bb \u00e0 l\u2019Institut universitaire europ\u00e9en de Florence incarne la r\u00e9ussite d\u2019une vision postnationale de la politique. S\u2019inspirant de <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.smartvote.ch\">Smartvote<\/a>, qui permet \u00e0 chaque \u00e9lecteur suisse de visualiser le parti ou la personnalit\u00e9 politique qui lui est le plus proche en r\u00e9pondant \u00e0 une s\u00e9rie de questions, le Bernois a eu l\u2019id\u00e9e d\u2019appliquer ce mod\u00e8le \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019Union europ\u00e9enne. R\u00e9sultat: \u00abEU Profiler\u00bb.<\/p>\n<p>Ce syst\u00e8me a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour la premi\u00e8re fois lors de l\u2019\u00e9lection du Parlement europ\u00e9en le 7 juin 2009. R\u00e9sultat: 2,5 millions de visiteurs dans les six semaines pr\u00e9c\u00e9dant le scrutin. Il permet, par exemple, \u00e0 un \u00e9lecteur fran\u00e7ais de r\u00e9aliser qu\u2019il poss\u00e8de le plus d\u2019affinit\u00e9s politiques avec un candidat letton ou encore irlandais. \u00abA terme, ce syst\u00e8me facile d\u2019utilisation pourrait d\u00e9boucher sur une prise de conscience plus grande chez les citoyens europ\u00e9ens que les positions th\u00e9matiques d\u00e9passent le seul fait national.\u00bb EU Profiler a remport\u00e9 en octobre 2009 le Prix du Forum mondial sur la e-d\u00e9mocratie.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Des chants d\u2019oiseaux pour comprendre le cerveau<br \/>\n<\/strong><br \/>\nComment les oiseaux m\u00e9morisent-ils le chant de leur p\u00e8re? Pour le Suisse <strong>Richard Hahnloser<\/strong>, l\u2019\u00e9tude des chants d\u2019oiseaux permet de comprendre le cerveau. A l\u2019\u00e2ge de 34 ans, il a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 professeur ordinaire \u00e0 l\u2019Institut de neuroinformatique de Zurich, \u00e0 cheval entre l\u2019EPFZ et l\u2019Universit\u00e9 de Zurich.   <\/p>\n<p>Depuis quatre ans, il y dirige un groupe de recherche unique en Europe sur les cerveaux des oiseaux, principalement des pinsons et mandarins. \u00abOn peut \u00e9tablir des parall\u00e8les avec les stades de d\u00e9veloppement cognitifs chez l\u2019enfant\u00bb, explique le chercheur. Les oiseaux sont capables d\u2019intercompr\u00e9hension entre esp\u00e8ces. \u00abNous voulons comprendre comment l\u2019ensemble des neurones sont capables d\u2019interagir.\u00bb Pour ce faire, le physicien programme un ordinateur qui permet la reconnaissance vocale des chants d\u2019oiseaux apr\u00e8s stimulation du cerveau.   <\/p>\n<p>Et le futur? \u00abJe souhaite me concentrer sur l\u2019anatomie des circuits neuronaux \u00e0 l\u2019aide de logiciels de visualisation 3D\u00bb, pr\u00e9cise le chercheur.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e2ge de la croissance<\/strong><\/p>\n<p>Le vieillissement est un probl\u00e8me majeur de la soci\u00e9t\u00e9 occidentale. Mais certains chercheurs en notent aussi les effets positifs. Quelle incidence a l\u2019allongement de l\u2019esp\u00e9rance de vie sur la croissance \u00e9conomique? \u00abTout d\u00e9pend de l\u2019\u00e9volution d\u00e9mographique de la soci\u00e9t\u00e9\u00bb, r\u00e9pond <strong>Uwe Sunde<\/strong>, 36 ans, \u00e9conomiste \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Saint-Gall. \u00abSi le pays a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9 le seuil de transition d\u00e9mographique, soit une basse natalit\u00e9, l\u2019effet sera positif, car il y aura un investissement cons\u00e9quent dans l\u2019\u00e9ducation, explique le chercheur d\u2019origine allemande. Dans le cas contraire, cela signifiera moins de revenu par habitant.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conomiste veut apporter des nuances aux th\u00e9ories g\u00e9n\u00e9rales de la croissance, qui se restreignent souvent au r\u00f4le des institutions politiques. \u00abIl ne faut pas n\u00e9gliger l\u2019impact de l\u2019esp\u00e9rance de vie, souligne Uwe Sunde, tout comme celui de l\u2019environnement sanitaire et du changement climatique.\u00bb Pour cette recherche, il appara\u00eet parmi les meilleurs \u00e9conomistes germanophones relev\u00e9s par le Handelsblatt Forscher Ranking.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Promenade virtuelle<\/strong><\/p>\n<p>A 38 ans, <strong>Marc Pollefeys<\/strong>, sp\u00e9cialiste de la vision 3D, dirige le laboratoire \u00abComputer vision and geometry\u00bb de l\u2019EPFZ. Sa fonction: \u00abopticien\u00bb pour robots. \u00abNous d\u00e9veloppons des algorithmes pour les robots de Honda, afin que ceux-ci puissent se localiser gr\u00e2ce \u00e0 leurs yeux-cam\u00e9ras\u00bb, explique le chercheur d\u2019origine belge. Les cam\u00e9ras explorent leur environnement et essaient d\u2019en construire une carte.\u00bb<\/p>\n<p>Un autre projet occupe le scientifique qui a pass\u00e9 par l\u2019Universit\u00e9 de Leuven et l\u2019Universit\u00e9 de Caroline du Nord: le d\u00e9veloppement d\u2019une vision \u00abintelligente\u00bb pour les t\u00e9l\u00e9phones de Nokia. \u00abLe but consiste pour le t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 localiser automatiquement ce qui a \u00e9t\u00e9 pris en photo.\u00bb Le chercheur, boursier de l\u2019ERC, se consacre \u00e9galement aux sc\u00e8nes dynamiques. \u00abEn combinant les vid\u00e9os prises de diff\u00e9rents angles, on parvient \u00e0 mod\u00e9liser la sc\u00e8ne en 3D, ce qui permet de se promener librement d\u2019un point de vue \u00e0 l\u2019autre.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Le g\u00e9nie du vivant<\/strong><\/p>\n<p>A la fronti\u00e8re entre biologie et ing\u00e9nierie, les recherches de <strong>Melody Swartz<\/strong> s\u2019attaquent au mal du si\u00e8cle: le cancer. \u00abNous voulons comprendre comment les tumeurs se propagent, et utiliser nos r\u00e9sultats dans le traitement contre cette maladie, explique l\u2019Am\u00e9ricaine de 40 ans, qui dirige le Laboratoire de bio-ing\u00e9nierie du cancer et du syst\u00e8me lymphatique de l\u2019EPFL. Nous nous concentrons sur le syst\u00e8me lymphatique pour mod\u00e9liser l\u2019invasion canc\u00e9reuse.\u00bb   <\/p>\n<p>D\u00e9sign\u00e9e comme l\u2019une des scientifiques les plus brillantes de sa g\u00e9n\u00e9ration par le magazine am\u00e9ricain \u00abPopular Science\u00bb, Melody Swartz est arriv\u00e9e en 2003 sur les rives du L\u00e9man. En 2005, elle met au jour le r\u00f4le de la microcirculation dans l\u2019irrigation des tissus et son importance dans leur croissance. Mais ce n\u2019est encore qu\u2019une \u00e9tape: prometteuse, elle ouvre la voie \u00e0 la conception et au d\u00e9veloppement futur de tissus fonctionnels.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Les g\u00e8nes de tous les mammif\u00e8res<\/strong><\/p>\n<p>\u00abCe qui distingue notre laboratoire, c\u2019est notre vision d\u2019ensemble des processus \u00e9volutifs.\u00bb <strong>Henrik Kaessmann<\/strong>, 38 ans, travaille sur la question de l\u2019origine de l\u2019\u00eatre humain et son \u00e9volution. Le chercheur d\u2019origine allemande dirige un laboratoire de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9volution des g\u00e9nomes de mammif\u00e8res. Et cumule les prix pour ses recherches: la distinction de l\u2019Institut Friedrich Miescher cette ann\u00e9e, qui fait suite \u00e0 plusieurs bourses europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>\u00abNotre collection comprend des \u00e9chantillons g\u00e9n\u00e9tiques de tous les mammif\u00e8res, de la souris \u00e0 l\u2019ornithorinque\u00bb, explique le chercheur. En passant bien s\u00fbr par l\u2019homme et les primates. \u00abNous \u00e9tudions l\u2019activit\u00e9 de ces g\u00e8nes pour mieux comprendre les changements des ph\u00e9notypes, comme les caract\u00e9ristiques morphologiques et les capacit\u00e9s cognitives des mammif\u00e8res.\u00bb Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019analyse de ces donn\u00e9es, Henrik Kaessmann esp\u00e8re notamment pouvoir expliquer ce qui distingue l\u2019homme du primate: la complexit\u00e9 de son cerveau.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Un film sur les prot\u00e9ines<\/strong><\/p>\n<p>\u00abNous utilisons une nouvelle m\u00e9thode de spectroscopie de mol\u00e9cules unique pour mieux conna\u00eetre la dynamique mol\u00e9culaire des prot\u00e9ines\u00bb, explique <strong>Ben Schuler<\/strong>. A 38 ans, il est professeur au d\u00e9partement de biochimie de l\u2019Universit\u00e9 de Zurich et a obtenu une bourse de l\u2019Union europ\u00e9enne de 2 millions de francs. Le but de cette recherche est en quelque sorte \u00abcin\u00e9matographique\u00bb: obtenir un film, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mol\u00e9culaire, du processus de repliement de prot\u00e9ines. \u00abNotre objectif consiste \u00e0 suivre la vie d\u2019une prot\u00e9ine au sein de la cellule, de sa synth\u00e8se jusqu\u2019\u00e0 sa d\u00e9gradation\u00bb, poursuit le chercheur d\u2019origine autrichienne. Pour mener \u00e0 bien cette recherche, il est n\u00e9cessaire de combiner une question biologique avec des m\u00e9thodes d\u2019analyses physiques. \u00abNotre \u00e9quipe est tr\u00e8s multidisciplinaire: elle regroupe des biologistes, des biochimistes, des chimistes et des physiciens.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Le fil de l\u2019histoire<\/strong><\/p>\n<p>La peinture n\u2019est pas le seul support artistique par lequel se soit exprim\u00e9 le g\u00e9nie humain. Mais il en est certainement un des plus connus. L\u2019objectif de <strong>Tristan Weddigen<\/strong>, professeur d\u2019histoire de l\u2019art \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Zurich, consiste \u00e0 remettre en question la pr\u00e9pond\u00e9rance traditionnelle de la peinture, au profit des tissus. \u00abLes textiles sont traditionnellement consid\u00e9r\u00e9s comme un produit m\u00e9canique, reproductif et f\u00e9minin, explique le chercheur suisse \u00e2g\u00e9 de 40 ans. Cela a jusqu\u2019ici entrav\u00e9 les recherches.\u00bb<\/p>\n<p>Quelle signification historique a rev\u00eatue le textile dans l\u2019art et l\u2019architecture du Moyen Age au pr\u00e9sent? \u00abNous voulons d\u00e9gager la signification que poss\u00e8dent les images n\u00e9es d\u2019une des plus importantes techniques culturelles de l\u2019humanit\u00e9\u00bb, poursuit le chercheur, actuellement invit\u00e9 au prestigieux Getty Research Institute de Los Angeles. A lui maintenant de retrouver le fil d\u2019Ariane.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Un touche-\u00e0-tout \u00e0 la rescousse des malvoyants<\/strong><\/p>\n<p>A tout juste 40 ans, <strong>Botond Roska<\/strong> s\u2019est d\u00e9j\u00e0 frott\u00e9 \u00e0 beaucoup de domaines, de la m\u00e9decine aux math\u00e9matiques, en passant par la physiologie, la g\u00e9n\u00e9tique et l\u2019ing\u00e9nierie. \u00abJe changeais de domaine tous les cinq ans: aujourd\u2019hui, je suis tr\u00e8s heureux de pouvoir enfin les combiner!\u00bb confie le dipl\u00f4m\u00e9 de Berkeley d\u2019origine hongroise.   <\/p>\n<p>Il dirige d\u00e9sormais un groupe de recherche consacr\u00e9 \u00e0 la r\u00e9tine au sein de l\u2019Institut Friedrich Miescher (FMI) \u00e0 B\u00e2le. \u00abTrois objectifs me motivent, explique-t-il. Fournir une th\u00e9rapie bas\u00e9e sur la g\u00e9n\u00e9tique pour aider les patients souffrant de malvoyance, mieux comprendre le fonctionnement des circuits neuronaux, et d\u00e9velopper des technologies pour stimuler ces circuits.\u00bb Pourquoi le FMI? \u00abDans un institut priv\u00e9, il y a plus de temps pour la recherche, car pas d\u2019obligation d\u2019enseignement, explique-t-il. Il faut dire que je travaille \u00e9norm\u00e9ment!\u00bb Et le futur? \u00abNous irons plus loin: nous chercherons \u00e0 savoir ce qui se passe apr\u00e8s l\u2019\u0153il. C\u2019est-\u00e0-dire dans le cerveau.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Des brevets en s\u00e9rie<\/strong><\/p>\n<p>A 33 ans seulement, <strong>Tobias Kippenberg<\/strong>, directeur du laboratoire de photonique et de mesures quantiques de l\u2019EPFL, a plusieurs brevets \u00e0 son actif. Au coll\u00e8ge d\u00e9j\u00e0, il gagne le premier prix d\u2019une comp\u00e9tition scientifique de l\u2019Union europ\u00e9enne. En l\u2019occurrence, il s\u2019agissait d\u2019un capteur \u00e0 micro-ondes servant \u00e0 \u00e9valuer l\u2019\u00e9tat des routes: une premi\u00e8re recherche qui est toujours en d\u00e9veloppement chez Daimler Benz. Car pour ce scientifique pr\u00e9coce pass\u00e9 par les bancs du Caltech et de l\u2019Institut Max Planck, le but de la recherche fondamentale demeure l\u2019application pratique.   <\/p>\n<p>\u00abActuellement, notre recherche porte sur l\u2019observation de ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9caniques quantiques sur des objets macroscopiques, souligne le d\u00e9tenteur du Prix Fresnel 2009 de physique. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, cela n\u2019a \u00e9t\u00e9 possible que sur des atomes et mol\u00e9cules.\u00bb Ce qui pourra conduire \u00e0 de nouveaux capteurs &#8212; et \u00e0 un nouveau brevet prometteur pour le jeune chercheur allemand.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>DIX LABORATOIRES<\/p>\n<p><strong>Industrie et recherche fondamentale<\/strong><\/p>\n<p>Le <strong>laboratoire d\u2019IBM<\/strong> en Suisse est un campus \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine implant\u00e9 dans la banlieue zurichoise &#8212; et qui a rapport\u00e9 deux Prix Nobel de physique \u00e0 la Suisse: Gerd Binnig et Heinrich Rohrer en 1986 pour l\u2019invention du microscope \u00e0 effet tunnel, et Georg Bednorz et Alex M\u00fcller un an plus tard pour la d\u00e9couverte de la superconductivit\u00e9 \u00e0 haute temp\u00e9rature. Le d\u00e9veloppement de la nanotechnologie doit donc beaucoup au laboratoire zurichois. Et si l\u2019on sait que la firme am\u00e9ricaine a d\u00e9pens\u00e9 6 milliards de dollars en recherche et d\u00e9veloppement pour la seule ann\u00e9e 2008, autant dire que le centre de Zurich, avec ses 350 employ\u00e9s, est un poids lourd de la recherche fondamentale.   <\/p>\n<p>Le futur? La cr\u00e9ation d\u2019un nouveau Nanotech Center en 2011. \u00abCe projet sera effectu\u00e9 en partenariat avec l\u2019EPFZ. Nous sommes particuli\u00e8rement int\u00e9ress\u00e9s par l\u2019utilisation de la nanoscience pour l\u2019industrie \u00e9lectronique\u00bb, explique le directeur de communication du centre, Christopher P. Sciacca.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Mission: pr\u00e9vention d\u2019avalanches<\/strong><\/p>\n<p>\u00abPar rapport aux autres pays alpins, nous proposons une formule unique: la recherche sur les avalanches et les services de pr\u00e9vision travaillent sous le m\u00eame toit\u00bb, explique Julia Wessels, charg\u00e9e de la communication de l\u2019<strong>Institut pour l\u2019\u00e9tude de la neige et des avalanches<\/strong> (WSL). Celui-ci fournit quotidiennement des estimations des risques d\u2019avalanche aux responsables de la s\u00e9curit\u00e9 des stations de sport d\u2019hiver et aux touristes. Pour cela, il se base non seulement sur des capteurs install\u00e9s en haute montagne, mais aussi sur des observateurs. \u00abCe sont par exemple des agriculteurs, des guides de montagne et des employ\u00e9s de stations de ski sur des champs d\u2019observation particuliers, qui re\u00e7oivent une formation au pr\u00e9alable\u00bb, dit Jakob Rhyner, directeur de l\u2019unit\u00e9 de recherche alerte et pr\u00e9vention. Le premier laboratoire a \u00e9t\u00e9 construit en 1936.   <\/p>\n<p>\u00abLa Premi\u00e8re Guerre mondiale a vu de nombreuses victimes d\u2019avalanches dans les Alpes, explique Julia Wessels. Comme l\u2019arm\u00e9e craignait les coul\u00e9es blanches, un service militaire sur les avalanches a \u00e9t\u00e9 mis en place.\u00bb Apr\u00e8s la guerre, la pr\u00e9vision d\u2019avalanche est pass\u00e9e des mains militaires \u00e0 celles des scientifiques.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Quelles villes dans trente ans?<\/strong><\/p>\n<p>Comment \u00e9volue une ville? Quelles forces politiques, \u00e9conomiques ou culturelles d\u00e9terminent le d\u00e9veloppement futur d\u2019une agglom\u00e9ration? Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, l\u2019EPFZ s\u2019est d\u00e9plac\u00e9e \u00e0 B\u00e2le pour cr\u00e9er le <strong>Studio Basel<\/strong> en 1999 avec les stars de l\u2019architecture suisse Herzog, de Meuron et Diener. \u00abNous ne faisons pas de propositions, mais nous \u00e9valuons, en nous basant sur le pass\u00e9, \u00e0 quoi ressemblera la ville de demain\u00bb, explique Ying Zhou, qui a consacr\u00e9 sa th\u00e8se \u00e0 MetroBasel, le projet d\u2019agglom\u00e9ration b\u00e2loise. Pour montrer l\u2019aspect de cette ville dans trente ans et vulgariser les principes d\u2019urbanisme, le Studio a sorti une bande dessin\u00e9e. Autre originalit\u00e9: la configuration des cours. Les \u00e9tudiants s\u2019attellent avec leurs professeurs \u00e0 l\u2019\u00e9tude urbanistique d\u2019une ville, sur une p\u00e9riode de six mois. \u00abNous avons d\u00e9j\u00e0 men\u00e9 des projets \u00e0 Nairobi, Belgrade, ou sur les \u00eeles Canaries\u00bb, pr\u00e9cise Ying Zhou. Les processus urbanistiques y sont savamment d\u00e9cortiqu\u00e9s par les chercheurs du Studio Basel.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Les d\u00e9tectives du dopage<\/strong><\/p>\n<p>\u00abDepuis qu\u2019une collaboration a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e en 2004 entre les laboratoires antidopage et l\u2019industrie pharmaceutique, nous n\u2019avons plus quinze ans de retard sur les tricheurs!\u00bb Faisant r\u00e9f\u00e9rence au d\u00e9calage entre les premi\u00e8res utilisations de l\u2019EPO (\u00e9rythropo\u00ef\u00e9tine) en 1986 et la premi\u00e8re d\u00e9tection d\u2019un cas positif en 2001 au <strong>Laboratoire suisse d\u2019analyse du dopage<\/strong> (LAD) \u00e0 Lausanne, Robinson Neil, superviseur, se veut confiant sur les possibilit\u00e9s de d\u00e9masquer rapidement les sportifs dop\u00e9s.   <\/p>\n<p>\u00abInitialement, les mol\u00e9cules vendues par les compagnies pharmaceutiques pouvaient \u00eatre d\u00e9tourn\u00e9es \u00e0 des fins de dopage, pr\u00e9cise le responsable. Mais gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9change d\u2019information avec cette industrie, nous d\u00e9veloppo\u00adns simultan\u00e9ment des tests adapt\u00e9s \u00e0 ces mol\u00e9cules.\u00bb La tortue a aussi rattrap\u00e9 le li\u00e8vre gr\u00e2ce \u00e0 une volont\u00e9 politique, qui a abouti \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019Agence mondiale antidopage en 1999. Le LAD, qui est l\u2019un des laboratoires antidopage de pointe accr\u00e9dit\u00e9s par cette agence, compte 25 collaborateurs. Aux Jeux Olympiques d\u2019Hiver \u00e0 Vancouver, il a collabor\u00e9 avec un laboratoire canadien s\u00e9lectionn\u00e9 par le Comit\u00e9 international olympique.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>En lutte contre le cancer<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019<strong>Institut Friedrich Miescher<\/strong> (FMI) de B\u00e2le a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019un des p\u00e8res de l\u2019ADN: le scientifique b\u00e2lois qui a le premier purifi\u00e9 les acides nucl\u00e9iques. Lanc\u00e9 par Ciba et Geigy en 1970, ce centre de recherche biom\u00e9dicale est aujourd\u2019hui financ\u00e9 par la Fondation Novartis pour la recherche. Situ\u00e9 \u00ab\u00e0 l\u2019interface de la recherche acad\u00e9mique et de l\u2019application biom\u00e9dicale\u00bb, le FMI est associ\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de B\u00e2le et poursuit aussi de multiples collaborations avec les chercheurs de Novartis.  <\/p>\n<p>Reconnu mondialement dans la lutte contre le cancer, il symbolise l\u2019excellence de la recherche fondamentale issue du secteur priv\u00e9 en Suisse. Et ce dans trois domaines: l\u2019\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique, le contr\u00f4le de croissance cellulaire et la neurobiologie. \u00abLorsque notre institut fait une d\u00e9couverte, nous essayons d\u2019en vendre la licence. En contrepartie de son financement, le groupe Novartis a la priorit\u00e9 pour revendiquer le rachat du brevet\u00bb, explique Nicolas Favre, charg\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle de l\u2019institut.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>L\u2019encyclop\u00e9die des prot\u00e9ines<\/strong><\/p>\n<p>En 1986, le professeur Amos Bairoch de l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve cr\u00e9e la banque de donn\u00e9es <strong>Swiss-Prot<\/strong>, v\u00e9ritable encyclop\u00e9die d\u00e9di\u00e9e aux prot\u00e9ines et utilis\u00e9e par des centaines de milliers de chercheurs de par le monde. Plus de 30\u2019000 personnes y acc\u00e8dent quotidiennement. \u00abNotre principale mission consiste \u00e0 v\u00e9rifier manuellement les s\u00e9quences de prot\u00e9ines, provenant de milliers d\u2019organismes diff\u00e9rents, et \u00e0 mettre \u00e0 la disposition de la communaut\u00e9 les informations biologiques qui leur sont associ\u00e9es\u00bb, explique Marie-Claude Blatter, charg\u00e9e de la vulgarisation scientifique du groupe.<\/p>\n<p>Depuis 2003, Swiss-Prot (Institut suisse de bioinformatique) fait partie du consortium UniProt avec l\u2019Institut europ\u00e9en de bioinformatique au Royaume-Uni et la Protein Information Resource aux Etats-Unis. \u00abNous essayons de r\u00e9pondre \u00e0 un besoin pressant pour tous les chercheurs: acc\u00e9der rapidement \u00e0 des donn\u00e9es de bonne qualit\u00e9. Un travail passionnant\u2026 de fourmis\u00bb, r\u00e9sume Marie-Claude Blatter.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>La recherche au service de la paix<\/strong><\/p>\n<p>Neutralit\u00e9 ne veut pas dire rester les bras crois\u00e9s. Pour accompagner ses nombreux efforts en mati\u00e8re de m\u00e9diation et de r\u00e9solution de conflits, la Suisse s\u2019est dot\u00e9e d\u2019un centre de recherche sur la paix. \u00abNotre plus grand projet \u00e0 ce jour a \u00e9t\u00e9 la mise en place d\u2019un forum pour le renforcement de la soci\u00e9t\u00e9 civile \u00e0 Kaboul, sur mandat de l\u2019ONU\u00bb, explique Laurent Goetschel, 44 ans, politologue et directeur de la Fondation suisse pour la paix.   <\/p>\n<p>Mieux connu sous le nom de <strong>SwissPeace<\/strong>, l\u2019institut \u00e9tabli \u00e0 Berne en 1988 se consacre \u00e0 l\u2019analyse de conflits et aux strat\u00e9gies de promotion de la paix. Mandat\u00e9e par le D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral des affaires \u00e9trang\u00e8res (DFAE), la Commission europ\u00e9enne ou encore CARE International, SwissPeace contribue notamment \u00e0 des projets de f\u00e9d\u00e9ralisation en Ethiopie et de d\u00e9veloppement institutionnel en C\u00f4te d\u2019Ivoire.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Sortir de son corps<\/strong><\/p>\n<p>Une personne sur dix conna\u00eetrait durant sa vie une \u00abexp\u00e9rience extracorporelle\u00bb &#8212; soit la sensation de sortir de son corps et de le voir de l\u2019ext\u00e9rieur. Survenant dans certains cas d\u2019\u00e9pilepsie ou de consommation de drogues, elle peut aussi \u00eatre provoqu\u00e9e chez des personnes en bonne sant\u00e9.   <\/p>\n<p>Unique en son genre, le <strong>Laboratoire de neurosciences cognitives<\/strong> de l\u2019EPFL \u00e9tudie ces ph\u00e9nom\u00e8nes chez des volontaires, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019utilisation de casques virtuels. \u00abNous mesurons ce qui s\u00e9pare le corps r\u00e9el du corps virtuel, explique le physicien Par Bjorklund. Les participants doivent par exemple estimer o\u00f9 ils se trouvent. Ils marchent syst\u00e9matiquement trop loin, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 se projette leur image virtuelle.\u00bb Mobilisant des ing\u00e9nieurs, biologistes, informaticiens, m\u00e9decins, psychologues et physiciens, ces travaux visent \u00e0 comprendre comment le cerveau produit le sentiment de spatialit\u00e9. En milieu hospitalier, ces techniques permettent notamment d\u2019\u00e9tablir la cartographie c\u00e9r\u00e9brale de patients atteints d\u2019\u00e9pilepsie.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>En guerre contre le paludisme<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019<strong>Institut tropical et de sant\u00e9 publique<\/strong> de B\u00e2le place la Suisse \u00e0 la t\u00eate de la lutte contre le paludisme. \u00abCe probl\u00e8me n\u2019est pas r\u00e9solu en Afrique, explique le directeur, Marcel Tanner. Notre but est de l\u2019\u00e9radiquer totalement de certaines r\u00e9gions.\u00bb   <\/p>\n<p>Mais en plus de la recherche, le p\u00f4le de comp\u00e9tence fournit aussi des services gouvernementaux. \u00abNous sommes par exemple en train de restructurer le syst\u00e8me de la sant\u00e9 au Tadjikistan\u00bb, poursuit le directeur. Sans oublier le sujet qui peut tout bouleverser en mati\u00e8re de sant\u00e9 publique dans les pays en d\u00e9veloppement: le climat. \u00abAvec l\u2019int\u00e9gration en 2009 de l\u2019Institut pour la m\u00e9decine sociale et pr\u00e9ventive de l\u2019Universit\u00e9 de B\u00e2le, nous allons nous concentrer sur les cons\u00e9quences du changement climatique pour les maladies tropicales\u00bb, pr\u00e9cise-t-il. Comment expliquer la fondation en 1943 du seul institut tropical qui ne soit pas issu de la colonisation? A l\u2019\u00e9poque, la Conf\u00e9d\u00e9ration est une \u00eele au milieu de l\u2019Europe. Les missionnaires suisses pr\u00e9sents dans des pays tropicaux n\u2019ont plus acc\u00e8s aux instituts des pays voisins: ils invitent alors le sp\u00e9cialiste de la parasitologie Rudolph Geigy, de la grande famille des fondateurs de Ciba-Geigy, \u00e0 venir sur le terrain. Ses recherches sur la mouche ts\u00e9-ts\u00e9 feront la renomm\u00e9e de l\u2019institut.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>La t\u00eate dans les plan\u00e8tes extrasolaires<\/strong><\/p>\n<p>\u00abJe suis tr\u00e8s optimiste quant \u00e0 la d\u00e9couverte de la vie sur d\u2019autres plan\u00e8tes\u00bb, annonce Michel Mayor, chercheur \u00e0 l\u2019<strong>Observatoire astronomique de l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve<\/strong>. L\u2019observation, en 1995, de la premi\u00e8re plan\u00e8te extrasolaire, a mis la ville de Calvin au centre de la carte de l\u2019astronomie mondiale. Depuis quinze ans, les chercheurs ont continu\u00e9 sur leur lanc\u00e9e et d\u00e9couvert 400 nouvelles plan\u00e8tes.   <\/p>\n<p>\u00abNous visons des plan\u00e8tes de tr\u00e8s petite masse &#8212; \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9quivalentes \u00e0 la Terre &#8212; situ\u00e9es dans des zones o\u00f9 la vie pourrait se d\u00e9velopper\u00bb, poursuit l\u2019astronome. Des milliers d\u2019autres scientifiques s\u2019attellent \u00e0 la d\u00e9couverte de la vie dans l\u2019univers, \u00abentre partenariat et concurrence\u00bb. \u00abL\u2019Observatoire m\u00e8ne un travail pr\u00e9alable n\u00e9cessaire: \u00e9tablir une liste d\u2019\u00e9toiles pour les satellites qui chercheront \u00e0 d\u00e9tecter la vie depuis l\u2019espace, pr\u00e9cise le chercheur. Il faut d\u2019abord savoir o\u00f9 regarder!\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans Reflex Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tous les indicateurs l\u2019attestent: la Suisse brille dans les domaines li\u00e9s \u00e0 la recherche. 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