



{"id":3236,"date":"2010-09-09T17:33:23","date_gmt":"2010-09-09T15:33:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3236"},"modified":"2010-09-10T00:22:20","modified_gmt":"2010-09-09T22:22:20","slug":"tendance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3236","title":{"rendered":"Slow life: vers de beaux lents demains"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/SlowlifeB.jpg\" alt=\"SlowlifeB.jpg\" title=\"SlowlifeB.jpg\" width=\"426\" height=\"281\" border=\"0\" \/>C\u2019est s\u00fbr, le temps nous est compt\u00e9. Faut-il pour autant aller toujours plus vite, \u00e0 l\u2019image de Nicolas Sarkozy qui, l\u2019an dernier, r\u00e9ussissait le tour de force de visiter six pays africains en l\u2019espace de 36 heures? Depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, diff\u00e9rents mouvements regroup\u00e9s sous l\u2019\u00e9tiquette slow militent au contraire pour lever le pied. Cette fronde antispeed est n\u00e9e avec le d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre mouvement Slow Food en 1986. A l\u2019\u00e9poque, des gourmets italiens s\u2019\u00e9taient r\u00e9unis pour protester contre l\u2019installation d\u2019une enseigne McDonald\u2019s dans le centre historique de Rome. L\u2019op\u00e9ration s\u2019est ensuite structur\u00e9e autour d\u2019actions de mise en valeur des produits et du patrimoine gastronomiques, de la diversit\u00e9, de l\u2019\u00e9cologie et du plaisir des papilles.<\/p>\n<p>Cette dimension \u00e9picurienne distingue le mouvement d\u2019autres activistes alimentaires, souvent dogmatiques. C\u2019est l\u2019une des cl\u00e9s du succ\u00e8s de cette initiative qui revendique aujourd\u2019hui plus de 100&rsquo;000 membres dans 132 pays, dont la Suisse, par l\u2019interm\u00e9diaire de cercles baptis\u00e9s convivia. Slow Food a aussi inspir\u00e9 une s\u00e9rie d\u2019autres initiatives qui cherchent \u00e0 transmettre le go\u00fbt de la lenteur. On parle aujourd\u2019hui de slow parenting, de slow management, de slow travel, de slow money, de slow art, de slow book ou encore de slow sex.<\/p>\n<p>Alors que nous sommes plong\u00e9s, selon l\u2019expression du philosophe Paul Virilio, dans le \u00abfuturisme de l\u2019instant\u00bb, que les progr\u00e8s technologiques nous font agir en nanosecondes, que nos d\u00e9placements sont toujours plus rapides, que nos pauses d\u00e9jeuners se r\u00e9sument \u00e0 des sandwichs face \u00e0 un \u00e9cran: ces mouvements ont-ils une chance de s\u2019imposer, ou ne sont-ils qu\u2019un grain de sable sur la pente savonneuse de l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration? \u00abIl ne faut pas voir la slow life comme l\u2019unique solution \u00e0 nos probl\u00e8mes actuels, mais on peut esp\u00e9rer qu\u2019elle aide \u00e0 prendre conscience de nos limites, qu\u2019il y a des standards \u00e0 ne pas d\u00e9passer comme, par exemple, ceux qui sont d\u2019ordre physiologique. A un moment donn\u00e9, il faut bien dormir et s\u2019alimenter correctement\u00bb, rappelle le professeur Dominique Steiler, sp\u00e9cialiste du stress \u00e0 l\u2019Ecole de management de Grenoble et coauteur du livre Eloge du bien-\u00eatre au travail (Presses Universitaires de Grenoble).<\/p>\n<p>Crise financi\u00e8re et inqui\u00e9tudes climatiques ont servi de catalyseur aux diagnostics d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en surchauffe. Jean-Louis Servan-Schreiber, l\u2019ancien directeur de Psychologies Magazine, a publi\u00e9 ce printemps Trop vite chez Albin Michel, critique du court-termisme qui domine un champ politique \u00e9peronn\u00e9 par les sondages, une \u00e9conomie soumise au bilan trimestriel et nos actions quotidiennes: repas sur le pouce, speed dating, consommation fr\u00e9n\u00e9tique, etc. Face \u00e0 ce diktat de la vitesse, l\u2019id\u00e9alisme slow ne joue pas la rigidit\u00e9. \u00abJe le compare \u00e0 un m\u00e9dicament hom\u00e9opathique, affirme Carlo Petrini le journaliste gastronomique qui a fond\u00e9 Slow Food. C\u2019est l\u2019anti-futurisme dans le sens o\u00f9 nous nous opposons au culte de la vitesse, mais aussi parce que nous ne professons pas une philosophie absolutiste. Le but de la slow life, c\u2019est de permettre aux gens de se r\u00e9approprier le droit de choisir leur rythme de vie.\u00bb Opter pour la vitesse, ou la lenteur de la r\u00e9flexion, en toute conscience, sans \u00eatre conditionn\u00e9 par les circonstances, tel est le message de la slow life qui cherche \u00e0 nous offrir une libert\u00e9 par rapport au temps. Ne plus \u00eatre d\u00e9bord\u00e9 ou stress\u00e9. Un changement qui fait forc\u00e9ment r\u00eaver.<\/p>\n<p><strong>Slow management<\/strong><\/p>\n<p>Comment peut-on en arriver \u00e0 se donner la mort sur son lieu de travail? La vague de suicides professionnels qui a d\u00e9ferl\u00e9 sur la France l\u2019an dernier a pouss\u00e9 le professeur de management Lo\u00efck Roche, de l\u2019Ecole de management de Grenoble, \u00e0 publier le livre Eloge du bien-\u00eatre au travail avec son coll\u00e8gue sp\u00e9cialiste du stress Dominique Steiler et le professeur de marketing am\u00e9ricain John Sadowsky. L\u2019ouvrage introduit le concept de slow management, un mod\u00e8le qui a pour but assez bateau de remettre l\u2019humain au centre des pr\u00e9occupations des managers. \u00abAu lieu de traiter le mal par des s\u00e9ances de massage offertes aux employ\u00e9s, il s\u2019agit d\u2019en traiter les causes en prenant le temps d\u2019aller \u00e0 leur rencontre, de diffuser les valeurs de l\u2019entreprise et de montrer par l\u2019exemple que tout le monde est dans la m\u00eame barque\u00bb, explique Lo\u00efck Roche.<\/p>\n<p>Lib\u00e9rer du temps dans son agenda pour discuter autour de la machine \u00e0 caf\u00e9, prendre les escaliers plut\u00f4t que l\u2019ascenseur, visiter les ateliers, faire le tour des succursales et enjoindre ses coll\u00e8gues de faire pareil sont des petits gestes \u00e0 la base de ce management, non plus seulement index\u00e9 au profit, mais aussi aux ressources humaines. \u00abSi l\u2019on ne veut que le profit \u00e0 court terme, on peut l\u2019obtenir, mais on laissera des morts sur la route\u00bb, met en garde le professeur. Pas si \u00e9loign\u00e9 d\u2019une vision paternaliste du XIXe si\u00e8cle, le slow management, ou management by walking around (management de couloir), est appliqu\u00e9 par divers CEO am\u00e9ricains, comme Robert Eckert chez Mattel.<\/p>\n<p><strong>Slow money<\/strong><\/p>\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 la crise financi\u00e8re, des voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent pour proposer des mod\u00e8les d\u2019investissement socialement responsables. C\u2019est le cas de Woody Tasch, fondateur de l\u2019organisation Slow Money Alliance en 2008, dont le but est de r\u00e9unir des capitaux pour investir dans de petites entreprises alimentaires ou des entreprises qui respectent une charte sociale, mais aussi de trouver des syst\u00e8mes de financements durables comme des obligations municipales destin\u00e9es \u00e0 l\u2019alimentaire. Dans son livre Inquiries into the Nature of Slow Money: Investing as if Food, Farms and Fertility Mattered, (Enqu\u00eate sur la nature de l\u2019argent lent: investir comme si la nourriture, les exploitations agricoles et la fertilit\u00e9 avaient de l\u2019importance, non traduit en fran\u00e7ais), il compare l\u2019argent \u00e0 une poign\u00e9e de terre. Selon lui, la finance industrielle, \u00e0 l\u2019image de l\u2019agriculture productiviste qui gorge le sol d\u2019engrais, consid\u00e8re les entreprises comme des supports permettant le gavage de capitaux et la maximisation du rendement.<\/p>\n<p>L\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la circulation de l\u2019argent autour de la plan\u00e8te &#8212; des statistiques montrent qu\u2019il s\u2019\u00e9changeait 100 millions de titres par jour \u00e0 la Bourse de New York en 1982 pour 5 milliards en 2007 &#8212; impose une complexification de ces \u00e9changes culminant dans \u00abl\u2019abstraction ultime\u00bb des produits d\u00e9riv\u00e9s. L\u2019investissement dans des entreprises locales plut\u00f4t que dans des multinationales se con\u00e7oit \u00e0 l\u2019inverse comme une fa\u00e7on de reconnecter l\u2019argent \u00e0 la vie r\u00e9elle et \u00e0 son rythme plus lent. L\u2019hebdomadaire Newsweek a salu\u00e9 l\u2019initiative comme l\u2019une des grandes id\u00e9es pour 2010.<\/p>\n<p><strong>Slow art<\/strong><\/p>\n<p>Multiplication des espaces d\u2019exposition, des biennales et des foires, jeunes artistes grill\u00e9s en cinq ans, tendances qui se succ\u00e8dent comme des collections de mode: l\u2019art subit un \u00e9norme ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration depuis les ann\u00e9es 80. Certains s\u2019inqui\u00e8tent de ce trop-plein, de ce trop-vite, o\u00f9 quantit\u00e9 ne rime pas avec qualit\u00e9. C\u2019est le cas de Grayson Perry, performeur et c\u00e9ramiste anglais vainqueur du prestigieux Turner Prize. Dans une tribune du Sunday Times en 2005, il d\u00e9clarait officiellement le lancement du mouvement Slow Art en ces mots ironiques: \u00abArtistes, je vous exhorte \u00e0 passer du temps \u00e0 d\u00e9velopper votre travail avec un carnet de croquis avant de filmer depuis votre voiture. R\u00e9fl\u00e9chissez longuement et s\u00e9rieusement, discutez \u00e9ventuellement de vos id\u00e9es avec vos coll\u00e8gues au lieu d\u2019appeler un fabricant et de commander tout de go une sculpture. Adoptez m\u00eame cette attitude rebelle et toujours plus tendance qui consiste \u00e0 r\u00e9aliser vous-m\u00eames vos pi\u00e8ces.\u00bb<\/p>\n<p>On ne sait pas si l\u2019appel a \u00e9t\u00e9 entendu, mais la notion fait son chemin, tout en prenant diverses significations. L\u2019association am\u00e9ricaine Reading Odyssey engage pour sa part le spectateur \u00e0 ralentir la cadence. Elle organise des Slow Art Days, qui consistent en des visites r\u00e9duites de mus\u00e9es. Les b\u00e9n\u00e9voles de l\u2019association s\u00e9lectionnent une dizaine d\u2019\u0153uvres d\u2019une collection que les inscrits peuvent prendre le temps d\u2019admirer avant d\u2019en discuter en commun.<\/p>\n<p>Sans se labelliser Slow Art, la performeuse Marina Abramovic d\u00e9fend elle aussi une approche de la lenteur. Elle a r\u00e9alis\u00e9 ce printemps un marathon de plusieurs centaines d\u2019heures, assise, immobile et muette, sur une chaise dans une salle d\u2019exposition du MoMA de New York. Les spectateurs pouvaient se poser un \u00e0 un et aussi longtemps qu\u2019ils le d\u00e9siraient face \u00e0 elle. Certains ont soutenu son regard plusieurs heures alors que, en moyenne, selon des pointages, un spectateur ne reste que huit secondes face \u00e0 une \u0153uvre d\u2019art. D\u2019une grande intensit\u00e9, la performance a donn\u00e9 lieu \u00e0 des sc\u00e8nes d\u2019\u00e9motion et de sanglots tout aussi inhabituelles dans un mus\u00e9e. Autre approche quasi artistique de la lenteur, celle de l\u2019association austro-suisse Verein zur Verz\u00f6gerung der Zeit (Association pour le ralentissement du temps) qui emploie des m\u00e9thodes proches du situationnisme pour, par exemple, organiser des siestes collectives dans des lieux publics. \u00abEn soi l\u2019id\u00e9e de perdre du temps nous irrite, affirme Mark Riklin, le fondateur saint-gallois de l\u2019association. Quand on essaie de vivre les choses de mani\u00e8re consciente, je crois qu\u2019on parvient \u00e0 allonger le temps et \u00e0 ralentir son rythme. Au quotidien, \u00e7a peut \u00eatre par exemple marcher lentement, fl\u00e2ner.\u00bb C\u2019est encore en Italie, patrie du slow food, qu\u2019est n\u00e9 le Slow Book, qui part en guerre pacifique contre la dictature du best-seller. Slowbook Farm est ainsi une librairie en ligne qui se donne pour mission de vendre des livres pass\u00e9s inaper\u00e7us dans les m\u00e9dias ou aupr\u00e8s des lecteurs, mais qui valent d\u2019\u00eatre sauv\u00e9s, selon le jury de passionn\u00e9s de lettres qui les d\u00e9fend, du pilon ou du retour \u00e0 l\u2019\u00e9diteur apr\u00e8s quelques semaines seulement de mise en vente en librairie.<br \/>\n<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.slowartday.com\">www.slowartday.com<\/a><\/p>\n<p><strong>Slow city<\/strong><\/p>\n<p>Mettre en valeur le patrimoine b\u00e2ti plut\u00f4t que construire de nouveaux \u00e9difices, multiplier les zones pi\u00e9tonnes et les espaces verts, r\u00e9duire la consommation \u00e9nerg\u00e9tique, promouvoir les technologies vertes, d\u00e9velopper le r\u00e9seau de transports publics, diminuer les d\u00e9chets, soutenir la production locale et l\u2019installation de commerces de proximit\u00e9, tels sont quelques-unes des 70 recommandations et obligations du manifeste du r\u00e9seau Cittaslow. But de ce catalogue de mesures: d\u00e9velopper l\u2019identit\u00e9 locale aux d\u00e9pens de l\u2019homog\u00e9n\u00e9isation globale, \u0153uvrer pour un d\u00e9veloppement durable et pour le bien-\u00eatre de la population.<\/p>\n<p>Mendrisio (TI) est la premi\u00e8re commune suisse \u00e0 avoir adh\u00e9r\u00e9, \u00e0 la fin de 2008, \u00e0 ce r\u00e9seau international qui regroupe des villes dans quatorze pays. Premier effort de la Municipalit\u00e9 tessinoise, la densification de son r\u00e9seau de transports publics: \u00abCertains lieux non desservis en p\u00e9riph\u00e9rie sont aujourd\u2019hui raccord\u00e9s au r\u00e9seau en direction du centre-ville, ce qui permet de diminuer le trafic\u00bb, d\u00e9taille Fabrizio Mecatti, responsable du projet Cittaslow \u00e0 Mendrisio. Le Conseil communal a \u00e9galement vot\u00e9 un cr\u00e9dit pour subventionner jusqu\u2019\u00e0 hauteur de 800 francs l\u2019achat par des particuliers de v\u00e9los \u00e9lectriques. Mais l\u2019objectif principal de la commune est la mise en place rapide d\u2019un r\u00e9seau suisse de Slow Cities, avec des partenaires al\u00e9maniques et romands. \u00abIl ne faut pas forc\u00e9ment une certification pour mettre en \u0153uvre les projets du manifeste Cittaslow, mais ce label est un engagement aupr\u00e8s des citoyens, \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019une norme ISO pour les entreprises. Cela d\u2019autant plus qu\u2019elle n\u2019est pas attribu\u00e9e ad aeternum. Tous les cinq ans, des inspecteurs examinent les progr\u00e8s des communes\u00bb, explique Fabrizio Mecatti.<\/p>\n<p>Condition pr\u00e9alable \u00e0 une certification, les communes candidates ne doivent pas compter plus de 50&rsquo;000 habitants. Dans l\u2019esprit des pionniers du projet, les quatre villes italiennes Greve, Bra, Orvieto et Positano, autoproclam\u00e9es slow cities en 1999, l\u2019\u00e9loge de la lenteur doit conduire \u00e0 une relocalisation et \u00e0 un d\u00e9veloppement de la d\u00e9mocratie participative, impensable dans une m\u00e9galopole.<\/p>\n<p><strong>Slow food<\/strong><\/p>\n<p>Face \u00e0 la standardisation et \u00e0 l\u2019industrialisation des go\u00fbts g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les fast-foods, la riposte est venue d\u2019Italie. L\u2019ann\u00e9e o\u00f9 le premier McDonald\u2019s a ramen\u00e9 ses frites \u00e0 Rome, en 1986, le sociologue et critique gastronomique italien Carlo Petrini d\u00e9clare la guerre \u00e0 la restauration rapide. Il cr\u00e9e Slow Food, une association \u00e0 but non lucratif qui repose sur trois objectifs: le retour \u00e0 une alimentation diversifi\u00e9e, le respect de la biodiversit\u00e9 ainsi que des traditions gastronomiques, et le contact entre consommateurs et petits producteurs. \u00abLe slow food, ce n\u2019est pas m\u00e2cher lentement ou faire cuire les aliments longtemps!, plaisante Alessandra Roversi, pr\u00e9sidente de la section L\u00e9man du mouvement. C\u2019est un plaisir responsable et convivial, o\u00f9 on a l\u2019opportunit\u00e9 de rencontrer de nouvelles personnes. Le slow food ouvre l\u2019app\u00e9tit et l\u2019esprit!\u00bb Pour promouvoir sa philosophie, l\u2019association organise des activit\u00e9s et des \u00e9v\u00e9nements internationaux, comme le Salon du go\u00fbt \u00e0 Turin.<\/p>\n<p>A une plus petite \u00e9chelle, les convivia, ou sections locales, lancent des initiatives originales r\u00e9unissant consommateurs, agriculteurs ou sp\u00e9cialiste gastronomiques. Entre conf\u00e9rences, ateliers et d\u00e9gustations, orties, algues et vari\u00e9t\u00e9s de pommes de terre, les activit\u00e9s du convivium misent sur la diversit\u00e9. Elles accueillent membres et non-membres pour un prix variable, une fois par mois. Pour Alessandra Roversi, \u00abces rencontres sont notamment l\u2019occasion de go\u00fbter des produits introuvables en grande surface, et de discuter directement avec les producteurs.\u00bb Les motivations des participants varient: on retrouve dans les convivia des amoureux de gastronomie, des militants pour une alimentation de proximit\u00e9 ou simplement des curieux.<\/p>\n<p><strong>Slow tourisme<\/strong><\/p>\n<p>Descendre du car, prendre une photo et remonter. Et au prochain point panoramique, on recommence! Faire ces visites \u00e0 la cha\u00eene, ce n\u2019est pas voyager, estiment les adeptes du slow tourisme. Ils pr\u00e9f\u00e8rent d\u00e9laisser les guides pour suivre les conseils des habitants locaux, s\u2019impr\u00e9gner d\u2019un lieu et privil\u00e9gier le trajet \u00e0 la destination. Pour eux, le voyageur d\u2019aujourd\u2019hui consomme des clich\u00e9s, voit mais n\u2019exp\u00e9rimente rien. \u00abLe but du slow tourisme consiste \u00e0 s\u2019immerger dans un milieu, \u00e0 prendre le temps d\u2019aller \u00e0 la rencontre de la population locale et se laisser guider par son instinct, explique Rafael Matos-Wasem, professeur HES et chercheur \u00e0 l\u2019Institut de tourisme suisse. Car d\u00e8s qu\u2019on utilise un guide, on perd en spontan\u00e9it\u00e9, ce n\u2019est plus une d\u00e9marche personnelle.\u00bb Ne pas planifier \u00e0 outrance, se laisser porter par les impr\u00e9vus et prendre le temps de l\u2019observation et de la contemplation sont les cl\u00e9s d\u2019un slow tourisme r\u00e9ussi. Mais le mouvement se d\u00e9finit aussi par un certain mode de d\u00e9placement, bas\u00e9 sur des valeurs \u00e9cologiques. \u00abC\u2019est l\u2019antith\u00e8se du voyage d\u2019aujourd\u2019hui o\u00f9 l\u2019on part de plus en plus loin et de plus en plus rapidement. Le mouvement pr\u00e9conise des excursions de proximit\u00e9 et respectueuses de l\u2019environnement.\u00bb Les slow touristes prendront le train ou le bateau plut\u00f4t que l\u2019avion, et peu importe la dur\u00e9e du trajet, cela fait partie de l\u2019exp\u00e9rience du voyage. Et plut\u00f4t que de partir sur un autre continent, pourquoi ne pas prendre le bus et simplement explorer la ville voisine? Des sites internet ont embo\u00eet\u00e9 le pas au slow tourisme et conseillent des itin\u00e9raires inspir\u00e9s du mouvement, comme partir \u00e0 pied le long des sentiers historiques suisses et s\u2019arr\u00eater dans quelques \u00e9tablissements, proposant du slow food, bien s\u00fbr!<\/p>\n<p><strong>Slow parenting<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9ducation des enfants ressemble de plus en plus \u00e0 un marathon. Il faut entra\u00eener sa prog\u00e9niture pour qu\u2019elle deviennent la meilleure. Cette recherche de perfection met les parents sous pression, un stress qu\u2019ils r\u00e9percutent sur leurs enfants. Carl Honor\u00e9, journaliste canadien auteur du best-seller In Praise of Slow (Eloge de la lenteur), a prolong\u00e9 sa r\u00e9flexion sur le slow avec Under Pressure (Manifeste pour une enfance heureuse). Son but: inverser la vapeur de l\u2019\u00e9ducation. \u00abL\u2019enfance n\u2019est pas une course, les parents doivent laisser aux enfants le temps et l\u2019espace pour explorer le monde \u00e0 leur propre rythme, souligne le journaliste. Il faut leur donner des moments de pause pour qu\u2019ils puissent d\u00e9couvrir qui ils sont plut\u00f4t que ce que les parents veulent qu\u2019ils soient.\u00bb Adepte d\u2019une \u00e9ducation moins \u00e9touffante, Carl Honor\u00e9 d\u00e9nonce naturellement les \u00abparents h\u00e9licopt\u00e8res\u00bb qui \u00abplanent\u00bb continuellement sur leur prog\u00e9niture, la surprot\u00e8gent et la surchargent d\u2019activit\u00e9s. Selon lui, plusieurs signes avertissent les parents de leur tendance \u00e0 h\u00e9lice. C\u2019est le cas lorsque la t\u00e9l\u00e9vision devient le seul moment de partage en famille, ou que l\u2019enfant a tout juste le temps d\u2019avaler son repas dans la voiture, avant une \u00e9ni\u00e8me activit\u00e9.<\/p>\n<p>Lenore Skenazy, auteure du livre et blog Free-range Kids (Les enfants sans corde au cou) milite \u00e9galement pour le slow parenting. Celle qui avait cr\u00e9\u00e9 la pol\u00e9mique pour avoir laiss\u00e9 son enfant de 9 ans rentrer seul en m\u00e9tro \u00e0 New York a r\u00e9alis\u00e9 que les parents devaient lever le pied. \u00abIl faut qu\u2019ils essaient de donner autant de libert\u00e9 \u00e0 leurs enfants qu\u2019ils en avaient pendant leur enfance. Ils doivent accepter qu\u2019il n\u2019y a pas cinquante fois plus de pr\u00e9dateurs que quand ils \u00e9taient eux-m\u00eames jeunes!\u00bb<\/p>\n<p><strong>Slow sex<\/strong><\/p>\n<p>Tour \u00e0 tour tabou, puis lib\u00e9r\u00e9, l\u2019acte sexuel est aujourd\u2019hui stress\u00e9 et b\u00e2cl\u00e9. Us\u00e9s par leur train de vie, obnubil\u00e9s par l\u2019exigence de rapidit\u00e9 et d\u2019efficacit\u00e9, les couples ne prennent plus le temps de construire leurs \u00e9bats, devenus une affaire de quelques minutes. Alors, pour retrouver le plaisir sensuel de l\u2019effeuillage, prendre le temps pour tester des nouveaut\u00e9s, \u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9coute de son partenaire et faire durer ou r\u00e9tablir les pr\u00e9liminaires, le sexe se fait slow. L\u2019italien Alberto Vitale a pos\u00e9 les bases du slow sex en 2002. \u00c9couter davantage les sens et prendre le temps sont devenus son credo. Faire l\u2019amour ne doit pas se r\u00e9duire \u00e0 l\u2019orgasme, c\u2019est un processus de partage et de d\u00e9couverte. \u00abCe mouvement est l\u2019\u00e9loge de la lenteur transpos\u00e9e \u00e0 la sexualit\u00e9, analyse le Christian Rollini, psychiatre et sexologue \u00e0 Gen\u00e8ve, qui conseille le slow sex \u00e0 ses patients. Le fast-food pourquoi pas, mais les petits plats qu\u2019on cuisine \u00e0 deux, en s\u2019appliquant, c\u2019est bien aussi! Il faut faire les choses moins rapidement, en savourant et en prenant le temps de (re)d\u00e9couvrir son corps et celui de l\u2019autre.\u00bb<\/p>\n<p>Alors, il faut prendre son temps pour mieux prendre son pied, mais surtout cesser d\u2019associer le sexe \u00e0 une performance. \u00abLe probl\u00e8me aujourd\u2019hui est que la sexualit\u00e9 ressemble \u00e0 un exploit sportif. D\u2019ailleurs, la raison principale des consultations est l\u2019angoisse de la performance. Le slow sex se veut une sorte d\u2019anti-coaching, le contraire du culte de l\u2019exploit. Il faut r\u00e9apprendre \u00e0 ne pas se fixer d\u2019objectif trop haut.\u00bb <\/p>\n<p>Collaboration: Aur\u00e9lie Toninato<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans l&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Slow art, slow management, slow money&#8230; A la suite du mouvement Slow Food se d\u00e9veloppent quantit\u00e9 de nouveaux concepts. 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