



{"id":3225,"date":"2010-08-27T15:41:41","date_gmt":"2010-08-27T13:41:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3225"},"modified":"2010-08-30T00:03:32","modified_gmt":"2010-08-29T22:03:32","slug":"confiserie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3225","title":{"rendered":"Comment Ricola a converti le monde aux herbes alpines"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large300810_1.jpg\" alt=\"large300810_1.jpg\" title=\"large300810_1.jpg\" width=\"468\" height=\"302\" border=\"0\" \/>Une douce odeur de menthol flotte autour du b\u00e2timent industriel de la Baselstrasse \u00e0 Laufon (BL). A l\u2019int\u00e9rieur, l\u2019effluve s\u2019intensifie et se m\u00eale \u00e0 l\u2019incessant bruit des machines. Des petites bo\u00eetes aux couleurs bigarr\u00e9es d\u00e9filent sur les tapis roulants et se remplissent de pastilles estampill\u00e9es d\u2019un \u00abR\u00bb. Des ouvri\u00e8res les r\u00e9cup\u00e8rent \u00e0 un rythme soutenu pour les r\u00e9unir dans des cartons. C\u2019est sur ce site que les produits de l\u2019embl\u00e9matique maison Ricola sont emball\u00e9s et stock\u00e9s.<\/p>\n<p>A quelques kilom\u00e8tres de l\u00e0, l\u2019usine du groupe fabrique chaque ann\u00e9e pr\u00e8s de 18&rsquo;000 tonnes de confiserie \u00e0 base de plantes. Pour assurer une telle production, 250 tonnes d\u2019herbes cultiv\u00e9es et s\u00e9ch\u00e9es par des agriculteurs ind\u00e9pendants suisses sont achemin\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 Laufon. \u00abIl s\u2019agit de la principale mati\u00e8re premi\u00e8re de tous nos produits, pr\u00e9cise Adrian Kohler, actuel CEO de la soci\u00e9t\u00e9 qui a d\u00e9but\u00e9 chez Ricola il y a vingt trois ans. Nous r\u00e9unissons les plantes pour r\u00e9aliser notre m\u00e9lange de base. Ensuite, nous ajoutons, entre autres ingr\u00e9dients, les ar\u00f4mes naturels. A l\u2019aide des machines, quelques minutes suffisent pour produire les bonbons.\u00bb<\/p>\n<p>Voil\u00e0 80 ans que Ricola grandit dans cette commune du canton de B\u00e2le-Campagne au point de s\u2019imposer comme une marque culte du folklore alimentaire helv\u00e9tique. En misant d\u00e8s le d\u00e9part sur les valeurs traditionnelles v\u00e9hicul\u00e9es par la Suisse, et gr\u00e2ce \u00e0 ses bonbons aux herbes, l\u2019entreprise familiale a trouv\u00e9 son march\u00e9. En 2009, la soci\u00e9t\u00e9 a enregistr\u00e9 un chiffre d\u2019affaires de 316 millions de francs, ce qui repr\u00e9sente une hausse de 3,6% par rapport \u00e0 2008. \u00abSans la chute des taux de change, l\u2019augmentation aurait \u00e9t\u00e9 de plus de 6%, pr\u00e9cise le CEO. Les premiers mois de l\u2019ann\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 difficiles, les commandes ont chut\u00e9 \u00e0 cause de la crise. Les ventes ont ensuite red\u00e9marr\u00e9, notamment gr\u00e2ce \u00e0 la grippe (A)H1N1. Au final, ce fut une ann\u00e9e record pour Ricola.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abNos principaux march\u00e9s sont la Suisse, l\u2019Italie, la France, l\u2019Allemagne et les Etats-Unis, d\u00e9taille le CEO. Nous sommes \u00e9galement pr\u00e9sents \u00e0 Hong Kong et Singapour depuis trente ans. L\u2019Asie repr\u00e9sente un r\u00e9el d\u00e9fi pour nous. Car nos produits restent trop chers pour le pouvoir d\u2019achat local. Nous avons par exemple essay\u00e9 de proposer des paquets plus petits, et donc plus accessibles.\u00bb Les r\u00e9sultats n\u2019ont jusqu\u2019ici pas \u00e9t\u00e9 significatifs.<\/p>\n<p>Ricola vise \u00e9galement d\u2019autres r\u00e9gions. \u00abSi nous voulons continuer de cro\u00eetre, nous devons trouver des consommateurs dans d\u2019autres pays, dit Adrian Kohler. Nous devons renforcer notre pr\u00e9sence au Japon et dans les pays de l\u2019Europe de l\u2019Est.\u00bb Des actions concr\u00e8tes ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9es, telles que des publicit\u00e9s et des tests aupr\u00e8s des consommateurs locaux ainsi que des partenariats avec des c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s, telle l\u2019actrice japonaise Koyuki, la partenaire de Tom Cruise dans Le dernier Samoura\u00ef.<\/p>\n<p>Car pour optimiser ses ventes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, Ricola adapte les parfums de ses drag\u00e9es, parfois de mani\u00e8re exclusive, aux go\u00fbts et tendances de chaque pays. Par exemple, on ne trouvera des Ricola \u00e0 la sauge qu\u2019en Allemagne. Point fort de la marque \u00e9galement: ses bonbons sont doublement positionn\u00e9s &#8212; \u00e0 la fois friandises et pastilles contre les refroidissements. C\u2019est ainsi que, aux Etats-Unis, ils sont enregistr\u00e9s en tant que produits m\u00e9dicinaux alors que, en France, ils figurent sur la liste des confiseries.<\/p>\n<p>La diversification fait \u00e9galement partie de la strat\u00e9gie de l\u2019entreprise. Apr\u00e8s les infusions instantan\u00e9es et en sachet, la marque a lanc\u00e9 l\u2019an dernier des chewing-gums, toujours \u00e0 base de plantes, qui sont pour l\u2019instant \u00aben phase test\u00bb uniquement en Suisse. Ricola n\u2019envisage pas de travailler sur d\u2019autres d\u00e9clinaisons que les infusions et le chewing-gum. \u00abMais nous allons innover en mati\u00e8re de formes et d\u2019ar\u00f4mes\u00bb, dit le CEO.<\/p>\n<p>L\u2019entreprise b\u00e2loise doit aussi une bonne partie de son succ\u00e8s \u00e0 ses campagnes publicitaires dr\u00f4les et efficaces. Depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, Ricola s\u2019est d\u00e9fait de son image d\u00e9su\u00e8te pour un positionnement r\u00e9solument fun et d\u00e9cal\u00e9, gr\u00e2ce aux services de l\u2019agence allemande Jung von Matt. Le budget marketing de l\u2019entreprise reste confidentiel, mais repr\u00e9sente une \u00abpart significative des investissements\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abNous tenons \u00e0 garder notre image s\u00e9rieuse et traditionnelle, explique Felix Richterich, actuel repr\u00e9sentant de la troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de la famille fondatrice, et pr\u00e9sident du conseil d\u2019administration. Mais nous avons pris conscience qu\u2019il fallait moderniser certains aspects de notre communication.\u00bb L\u2019entreprise annonce d\u2019ailleurs vouloir renforcer sa pr\u00e9sence dans les nouveaux m\u00e9dias, notamment sur les r\u00e9seaux sociaux tels que Facebook et Twitter.<\/p>\n<p>Une p\u00e9rennit\u00e9 certainement inesp\u00e9r\u00e9e pour Emil Richterich qui, en 1930, avait cr\u00e9\u00e9 la confiserie \u00abRichterich &#038; Co. Laufon\u00bb, nom dont sera tir\u00e9 l\u2019acronyme Ricola. \u00abMon grand-p\u00e8re, qui poss\u00e9dait une petite boulangerie dans le village de Laufon, s\u2019est lanc\u00e9 dans cette activit\u00e9 pour s\u2019assurer un meilleur revenu, raconte Felix Richterich. A l\u2019\u00e9poque, son premier enfant &#8212; mon p\u00e8re &#8212; venait de na\u00eetre. Il a emprunt\u00e9 de l\u2019argent \u00e0 ses proches et a commenc\u00e9 avec une cuisini\u00e8re chauff\u00e9e au charbon, quelques chaudrons en cuivre et des tambours \u00e0 drag\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>Ce fils a\u00een\u00e9, Hans Peter, int\u00e9grera l\u2019entreprise familiale en 1951 pour en reprendre la direction en 1968. Il aura lui-m\u00eame trois enfants. \u00abNous avons grandi dans la maison qui jouxte l\u2019actuel b\u00e2timent administratif, mais qui \u00e0 l\u2019\u00e9poque abritait l\u2019usine et l\u2019appartement de mes grands-parents, se souvient Felix Richterich. Mon fr\u00e8re fait aujourd\u2019hui partie du conseil d\u2019administration. Quant \u00e0 ma s\u0153ur, elle s\u2019occupe du jardin de l\u2019entreprise qui cultive des plantes pour nos recherches.\u00bb Qu\u2019en est-il de la succession? \u00abNous y r\u00e9fl\u00e9chissons, mais il est encore trop t\u00f4t pour prendre une d\u00e9cision. Nous esp\u00e9rons que la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration s\u2019int\u00e9ressera \u00e0 l\u2019entreprise, qui appartient enti\u00e8rement \u00e0 notre famille.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Leader des confiseurs helv\u00e9tiques<\/strong><\/p>\n<p>En Suisse, 14 entreprises fabriquent industriellement des bonbons. La production de Ricola (18 000 tonnes) repr\u00e9sente plus de la moiti\u00e9 de celle de l\u2019ensemble de ses concurrents helv\u00e9tiques. Le confiseur Hunziker par exemple, qui est bas\u00e9 \u00e0 Dietikon, fabrique 5000 tonnes de bonbons par ann\u00e9e, et 1000 tonnes sortent de l\u2019usine argovienne de la maison Halter. De m\u00eame, pr\u00e8s de 50% des employ\u00e9s de ce secteur travaillent pour l\u2019entreprise de Laufon.<\/p>\n<p>Si Ricola a augment\u00e9 son chiffre d\u2019affaires en 2009, toute l\u2019industrie de la confiserie ne peut en dire autant. Selon Biscosuisse, l\u2019association helv\u00e9tique des industries de biscuits et de confiserie, le chiffre d\u2019affaires moyen des fabricants de bonbons suisses a baiss\u00e9 de 1,7% en 2009. \u00abGr\u00e2ce \u00e0 son vaste portefeuille de clients sur le plan international, Ricola s\u2019en est sorti audessus de la moyenne, constate le directeur de l\u2019association, Franz Schmid. Ricola est connu et reconnu partout dans le monde gr\u00e2ce \u00e0 sa ligne directrice tr\u00e8s claire. Ses produits aux herbes, facilement reconnaissables, lui garantissent la fid\u00e9lit\u00e9 de ses clients depuis de nombreuses ann\u00e9es.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Ricola en chiffres<\/strong><\/p>\n<p>316 millions de francs: le chiffre d\u2019affaires de Ricola en 2009.<\/p>\n<p>400 employ\u00e9s travaillent pour l\u2019entreprise, dont 370 en Suisse. 100 agriculteurs ind\u00e9pendants cultivent des herbes pour les produits Ricola.<\/p>\n<p>18 000 tonnes produites chaque ann\u00e9e, dont 90% de bonbons. Les 10% restant repr\u00e9sentent la production de tisanes et de chewing-gums.<\/p>\n<p>20%: la part de Ricola dans le march\u00e9 de la confiserie en Suisse.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans l&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis 80 ans, l&rsquo;entreprise b\u00e2loise impose sa marque sur les march\u00e9s internationaux en tablant sur les clich\u00e9s suisses. R\u00e9ussira-t-elle \u00e0 s\u00e9duire l&rsquo;Asie? Reportage dans ses quartiers g\u00e9n\u00e9raux de Laufon.<\/p>\n","protected":false},"author":19078,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3225","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3225","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19078"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3225"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3225\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3225"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3225"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3225"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}