



{"id":3191,"date":"2010-07-13T18:23:34","date_gmt":"2010-07-13T16:23:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3191"},"modified":"2011-12-02T15:31:08","modified_gmt":"2011-12-02T13:31:08","slug":"divertissement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3191","title":{"rendered":"F\u00eates et festivals, les mod\u00e8les \u00e9conomiques gagnants"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.largeur.com\/wp-content\/uploads\/072010\/festivals_image.jpg\" alt=\"festivals_image.jpg\" title=\"festivals_image.jpg\" width=\"468\" border=\"0\" height=\"286\" \/>Il n\u2019y a pas que des montres et du chocolat en Suisse, il y a aussi des f\u00eates! Plus de 300 festivals sont organis\u00e9s chaque \u00e9t\u00e9 dans le pays et certains jouissent m\u00eame d\u2019une r\u00e9putation qui d\u00e9passe les fronti\u00e8res. Derri\u00e8re ce succ\u00e8s, des mod\u00e8les \u00e9conomiques tr\u00e8s diff\u00e9rents selon les manifestations. Celui du Pal\u00e9o Festival repose par exemple sur des b\u00e9n\u00e9voles, fonctionne sans subvention et carbure aux recettes de la billetterie. A l\u2019inverse, les F\u00eates de Gen\u00e8ve d\u00e9pendent de professionnels salari\u00e9s, tirent leurs revenus de la location des emplacements et b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019aides de l\u2019Etat.<\/p>\n<p>Le Pal\u00e9o Festival de Nyon est une machine bien rod\u00e9e qui draine chaque juillet plus de 35&rsquo;000 spectateurs quotidiens encadr\u00e9s par 4&rsquo;400 b\u00e9n\u00e9voles. La lourde t\u00e2che de l\u2019organisation est assum\u00e9e conjointement par l\u2019Association culturelle Pal\u00e9o Arts et Spectacles, pr\u00e9sid\u00e9e par Daniel Rossellat, et par un comit\u00e9 d\u2019organisation qui g\u00e8re les diff\u00e9rents secteurs, comme l\u2019administration, la s\u00e9curit\u00e9 et la programmation. Enfin, un bureau permanent d\u2019une quarantaine de postes \u00e0 temps plein se charge du soutien administratif et op\u00e8re un suivi quotidien de la logistique des diff\u00e9rents secteurs.<\/p>\n<p>Au total, le budget du festival s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 22,2 millions de francs, dont 27% sont d\u00e9di\u00e9s aux frais de spectacle, 19% aux frais de fonctionnement et 17% aux frais de construction. Ce budget serait bien plus \u00e9lev\u00e9 sans le mod\u00e8le \u00e9conomique particulier qui repose sur les b\u00e9n\u00e9voles. M\u00eame les 43 soci\u00e9t\u00e9s culturelles et sportives qui tiennent des stands fonctionnent avec des volontaires, 1&rsquo;300 au total, et re\u00e7oivent en compensation une r\u00e9trospection du chiffre d\u2019affaire de 8&rsquo;000 francs en moyenne. \u00abLe b\u00e9n\u00e9volat fait partie de l\u2019histoire du festival, il a \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9 au d\u00e9part pour des raisons financi\u00e8res, souligne Daniel Rossellat. Sur le plan \u00e9conomique, il est ind\u00e9niable que ce syst\u00e8me permet de maintenir des prix de places plus bas. Mais c\u2019est surtout un \u00e9tat d\u2019esprit diff\u00e9rent, car les collaborateurs parlent du festival comme notre festival.\u00bb<\/p>\n<p>Et la source ne se tarit pas, chaque ann\u00e9e les demandes affluent. En contrepartie de leur engagement, les b\u00e9n\u00e9voles b\u00e9n\u00e9ficient de l\u2019acc\u00e8s gratuit au festival et concerts, de tickets de nourriture ou boissons, d\u2019invitations et d\u2019indemnit\u00e9s d\u2019environ 150 francs. Seule l&rsquo;installation de certaines grosses infrastructures (sc\u00e8nes, chapiteaux et tentes, notamment) requiert le renfort de professionnels. Tony Lerch, directeur du Caribana festival, bas\u00e9 sur une organisation similaire \u00e0 celle du Pal\u00e9o, reconna\u00eet cette n\u00e9cessit\u00e9 du savoir-faire: \u00abIl y a des secteurs qui exigent la comp\u00e9tence de professionnels, comme la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re et le domaine artistique. Chez nous, la tendance actuelle consiste \u00e0 trouver des professionnels qui font du b\u00e9n\u00e9volat.\u00bb<\/p>\n<p>Pour r\u00e9duire les frais, les organisateurs du Pal\u00e9o se passent d\u2019assurance annulation, qui co\u00fbterait environ 200&rsquo;000 francs par jour. Par contre, les b\u00e9n\u00e9fices accumul\u00e9s au fil des \u00e9ditions ont permis de constituer un fond d\u2019assurance de deux millions. Seul grain de sable dans la machine: le terrain de 85 hectares occup\u00e9 par le festival est agricole et ne peut \u00eatre achet\u00e9 par l\u2019Association du Pal\u00e9o. A terme, celle-ci court le risque d\u2019un refus de location, comme explique Daniel Rossellat: \u00abLa r\u00e9gion se d\u00e9veloppe et les voisins, toujours plus proches du terrain, pourraient devenir un probl\u00e8me. Il ne faut pas oublier que pendant une semaine, la plaine de l\u2019Asse se transforme en une ville \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de 50&rsquo;000 habitants!\u00bb<\/p>\n<p>Le Festival ne touche aucune subvention publique et la majorit\u00e9 de ses recettes provient de la vente des billets et abonnements (environ 50%). Viennent ensuite les recettes des bars et restaurants (20%) qui doivent verser une redevance, avec un minimum garanti fix\u00e9 selon le type de produits propos\u00e9s. Aux sommes g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par le festival s\u2019ajoutent celles de la location de mat\u00e9riel appartenant \u00e0 l\u2019Association Pal\u00e9o Arts et Spectacles. Elle rapporte environ 100&rsquo;000 francs par ann\u00e9e. Cet argent, tout comme le b\u00e9n\u00e9fice d\u00e9gag\u00e9 par le festival en 2009, qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 237&rsquo;000 francs, sert au renouvellement du stock, au lancement de nouveaux projets et \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration du contenu artistique. L\u2019Association fait fructifier ses b\u00e9n\u00e9fices en \u00e9tant actionnaire majoritaire de quatre entreprises commerciales: Opus One, Belino Boissons, SI Lasse (immobilier) et Disques Services. Puisque le festival r\u00e9alise des b\u00e9n\u00e9fices, pourquoi ne paie-t-il pas ses collaborateurs? La question est souvent pos\u00e9e aux organisateurs de manifestations qui s\u2019appuient sur des b\u00e9n\u00e9voles. Tony Lerch du Caribana, partage l\u2019avis de Daniel Rosselat: \u00abLes b\u00e9n\u00e9voles repr\u00e9sentent l\u2019\u00e9l\u00e9ment central d\u2019un festival, sans eux la manifestation n\u2019a plus d\u2019\u00e2me. Les transformer en salari\u00e9s changera cet esprit car d\u00e8s qu\u2019on parle d\u2019argent, la motivation est diff\u00e9rente.\u00bb<\/p>\n<p>Les F\u00eates de Gen\u00e8ve fonctionnent selon un mod\u00e8le diff\u00e9rent, et reposent sur des salari\u00e9s. Avec succ\u00e8s puisqu\u2019elles attirent chaque \u00e9t\u00e9 pr\u00e8s de 2 millions de visiteurs sur trois semaines. La r\u00e9mun\u00e9ration des collaborateurs p\u00e8se lourd dans le budget, mais le b\u00e9n\u00e9volat n\u2019est pas envisageable selon Christian Colquhoun, directeur des F\u00eates: \u00abDans notre cas, ce syst\u00e8me ne fonctionnerait pas. Nous n\u2019avons que peu de compensations \u00e0 offrir puisque l\u2019entr\u00e9e et les prestations sont gratuites pour la plupart.\u00bb L\u2019organisation de la manifestation s\u2019appuie donc sur 80 entreprises ext\u00e9rieures, des agences artistiques aux entreprises de construction. Les F\u00eates de Gen\u00e8ve n\u2019ont pas d\u2019entit\u00e9 juridique propre mais appartiennent \u00e0 Gen\u00e8ve Tourisme et Bureau des congr\u00e8s (GT et BC) qui coordonne la gestion et l\u2019administration. Aux commandes de la manifestation, un comit\u00e9 d\u2019organisation compos\u00e9 de quinze personnes s\u2019appuie sur un bureau permanent de quatre collaborateurs appartement \u00e0 Gen\u00e8ve Tourisme.<\/p>\n<p>Les F\u00eates visent l\u2019\u00e9quilibre mais GT et BC prend en charge les \u00e9ventuelles pertes. Le budget s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 4 millions de francs, mais atteindrait 7 millions sans l\u2019aide de la Ville, de l\u2019Etat et de quelques communes genevoises. En effet, ces administrations mettent gratuitement \u00e0 disposition de nombreuses prestations, dont la gendarmerie et la police de la navigation, la Protection civile et le service des espaces verts et environnement. \u00abAu total, ces prestations repr\u00e9sentent environ 2 millions non factur\u00e9s, souligne le directeur. Sans cette aide pr\u00e9cieuse, les F\u00eates de Gen\u00e8ve ne fonctionneraient pas.\u00bb Les h\u00f4teliers partenaires de la manifestation contribuent \u00e0 diminuer les d\u00e9penses de 100&rsquo;000 francs, en offrant des chambres d\u2019h\u00f4tel offertes aux artistes, aux invit\u00e9s d\u2019honneur et \u00e0 certains membres de l\u2019organisation. Les d\u00e9penses les plus lourdes concernent l\u2019organisation g\u00e9n\u00e9rale (dont la voirie et l\u2019\u00e9lectricit\u00e9) pour 1,2 million de francs et la mise en place des infrastructures pour 1 million (tentes, planchers, g\u00e9n\u00e9ratrices, etc\u2026). Enfin, les animations artistiques, 200 spectacles et concerts, co\u00fbtent 860&rsquo;000 francs, et les feux 700&rsquo;000 francs.<\/p>\n<p>Les revenus proviennent essentiellement de la location des emplacements pour les stands. La Ville octroie \u00e0 Gen\u00e8ve Tourisme un usage accru du domaine public et l\u2019autorise \u00e0 louer ses emplacements. Cette utilisation est normalement soumise \u00e0 une taxe, mais les F\u00eates de Gen\u00e8ve en sont exempt\u00e9es, en vertu de leur attrait touristique et leur contribution \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat de Gen\u00e8ve. Les revenus engendr\u00e9s par les 230 emplacements couvrent les deux tiers du budget. \u00abNous avons beaucoup de demandes car sur la dur\u00e9e, les locataires y trouvent leur compte. Certains me disent qu\u2019au bout de trois jours, ils ont couvert les frais de location et font du b\u00e9n\u00e9fice\u00bb, d\u00e9taille Christian Colquhoun.<\/p>\n<p>Le dernier tiers des revenus provient du sponsoring, de la billetterie du spectacle pyrotechnique et des dons. \u00abGen\u00e8ve Tourisme et Bureau des congr\u00e8s est une association priv\u00e9e qui n\u2019a pas de but lucratif, poursuit le directeur. S\u2019il y avait des b\u00e9n\u00e9fices, ils devraient \u00eatre revers\u00e9s \u00e0 la Fondation pour le tourisme. Les F\u00eates de Gen\u00e8ve d\u00e9clarent plut\u00f4t de l\u00e9g\u00e8res pertes, qui sont couvertes par GT et BC.\u00bb Pas de b\u00e9n\u00e9fices, certes, mais la manifestation gratuite occasionne des retomb\u00e9es directes (travail des entreprises) et indirectes (h\u00f4tellerie, transport, commerces) qui d\u00e9passent les 122 millions, selon une \u00e9tude de l\u2019Institut b\u00e2lois BAK r\u00e9alis\u00e9e en 2005.<\/p>\n<p>Ces exemples illustrent les millions que brassent l\u2019\u00e9conomie des f\u00eates et festivals en Suisse. Si le Pal\u00e9o et les F\u00eates de Gen\u00e8ve font figure de mod\u00e8le de r\u00e9ussite et d\u2019exemple de p\u00e9rennit\u00e9, d\u2019autres \u00e9v\u00e8nements ne survivent pas, comme les d\u00e9funts Morgins jazz, le Bex Rock festival ou encore le Leysin Rock, disparu apr\u00e8s sept \u00e9ditions. Pour Fran\u00e7ois Xavier Paccaud, ancien membre du comit\u00e9 de Pal\u00e9o, il manquait \u00e0 ce festival une r\u00e9elle implication locale. \u00abCet \u00e9v\u00e8nement \u00e9tait un produit d\u2019exportation, les organisateurs n\u2019\u00e9taient pas de la r\u00e9gion et ils n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 susciter un engouement local. La plus grande r\u00e9ussite du Pal\u00e9o, c\u2019est justement d\u2019avoir impliqu\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9part la population pour faire du festival un produit du terroir et faciliter les relations avec le voisinage.\u00bb. Autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments \u00e9motionnels d\u00e9terminants, qui n\u2019apparaissent pas forc\u00e9ment lors de la cr\u00e9ation et de l\u2019\u00e9tablissement du business plan d\u2019un \u00e9v\u00e9nement culturel\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les festivals se livrent une concurrence acharn\u00e9e au sein du paysage \u00e9v\u00e8nementiel romand. 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Enqu\u00eate sur les forces de leur organisation.<\/p>\n","protected":false},"author":19811,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3191","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3191","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19811"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3191"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3191\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3191"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3191"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3191"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}