



{"id":3126,"date":"2010-04-21T18:56:02","date_gmt":"2010-04-21T16:56:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3126"},"modified":"2010-04-22T09:43:58","modified_gmt":"2010-04-22T07:43:58","slug":"finance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3126","title":{"rendered":"Ces \u00e9motions qui gouvernent les march\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large220410.jpg\" alt=\"large220410.jpg\" title=\"large220410.jpg\" width=\"468\" height=\"300\" border=\"0\" \/>L\u2019investisseur a ses raisons que la raison ne conna\u00eet pas. Ses choix sont influenc\u00e9s par des facteurs multiples comme l\u2019interpr\u00e9tation des donn\u00e9es \u00e0 disposition, la gestion de ses propres \u00e9motions et la relation avec les autres. C\u2019est ce que prouvent plusieurs exp\u00e9riences qui ont \u00e9branl\u00e9 la notion d\u2019un \u00abHomo \u0153conomicus\u00bb totalement rationnel dans ses d\u00e9cisions d\u2019ordre \u00e9conomique.  <\/p>\n<p>L\u2019investisseur classique a peur de perdre. Une exp\u00e9rience a d\u00e9montr\u00e9 que pour accepter de prendre le risque de perdre 100 francs, la plupart des gens veulent une possibilit\u00e9 de gain de 200 \u00e0 300 francs, soit deux \u00e0 trois fois sup\u00e9rieure \u00e0 la somme susceptible d\u2019\u00eatre perdue, m\u00eame si les chances de gagner ou de perdre sont \u00e9quivalentes. De plus, une partie des investisseurs pr\u00e9f\u00e8rent perdre avec les autres plut\u00f4t que d\u2019avoir raison tout seul, tandis que d\u2019autres surestiment leurs capacit\u00e9s \u00e0 g\u00e9rer leurs placements.  <\/p>\n<p>Ces fa\u00e7ons de prendre des d\u00e9cisions, incompatibles avec le concept d\u2019Homo \u0153conomicus sont nombreuses. Certaines sont qualifi\u00e9es de biais psychologiques. Elles touchent tellement d\u2019investisseurs qu\u2019elles finissent par influencer les march\u00e9s sous la forme d\u2019actions au prix sur\u00e9valu\u00e9, d\u2019opportunit\u00e9s de gain boud\u00e9es, ou encore de bulles \u00e9conomiques.  <\/p>\n<p>La finance comportementale, une discipline apparue dans les ann\u00e9es 1960 \u00e9tudie ces biais, et ces anomalies du march\u00e9. D\u2019abord consid\u00e9r\u00e9e comme marginale, elle a petit \u00e0 petit gagn\u00e9 en cr\u00e9dibilit\u00e9. L\u2019un de ses pr\u00e9curseurs, le chercheur Daniel Kahneman a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 par le Prix Nobel d\u2019\u00e9conomie en 2002.   <\/p>\n<p>En Suisse, Behavioural Finance Solutions, une jeune pousse du Swiss Banking Institute de l\u2019Universit\u00e9 de Zurich et Quanteviour, une soci\u00e9t\u00e9 de conseil bas\u00e9e \u00e0 Lausanne, sont \u00e9galement sp\u00e9cialis\u00e9es dans cette discipline. Toutefois, leurs approches diff\u00e8rent. \u00abNous cherchons \u00e0 aider l\u2019investisseur \u00e0 mieux contr\u00f4ler ses \u00e9motions et \u00e0 dominer ses biais en nous basant sur les exp\u00e9riences de psychologie et d\u2019\u00e9conomie comportementale\u00bb, dit Enrico De Giorgi, professeur assistant de finance \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lugano et de math\u00e9matiques \u00e0 celle de Saint-Gall et partenaire de Behavioural Finance Solutions, qui publie les <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.bhfs.ch\/TheBhFSway.aspx\">dix fautes les plus fr\u00e9quentes<\/a> des investisseurs sur son site (en anglais). Parmi les biais classiques: l\u2019ancrage mental qui pousse \u00e0 s\u2019attacher \u00e0 des chiffres ou des \u00e9v\u00e9nements marquants pour prendre une d\u00e9cision, m\u00eame s\u2019ils n\u2019ont aucune pertinence dans un cas pr\u00e9cis, l\u2019instinct gr\u00e9gaire qui m\u00e8ne \u00e0 imiter les d\u00e9cisions d\u2019autres investisseurs pour se sentir rassur\u00e9 par la pr\u00e9sence du groupe, ou le d\u00e9ni de r\u00e9alit\u00e9 qui fait que l\u2019on rejette des informations mettant en doute nos convictions plut\u00f4t que de r\u00e9agir face \u00e0 un changement.  <\/p>\n<p>\u00abNous avons mis au point \u00abun profileur de risques\u00bb, un outil qui consiste en deux questionnaires d\u00e9taill\u00e9s et adapt\u00e9s \u00e0 chaque investisseur. Il permet de d\u00e9terminer les biais \u00e9ventuels du sujet et de comprendre sa d\u00e9finition du risque pour pouvoir ensuite lui faire une proposition d\u2019investissement optimale\u00bb, poursuit Enrico De Giorgi. Cette proposition comprendra surtout des obligations pour quelqu\u2019un avec une forte aversion au risque, tandis qu\u2019elle comportera plus d\u2019actions si la personne est pr\u00eate \u00e0 risquer des pertes pour gagner plus. \u00abNous insistons sur l\u2019importance de donner au client un retour tr\u00e8s clair sur les particularit\u00e9s de son profil de risque. S\u2019il comprend pourquoi on lui fait ces recommandations, il arrivera \u00e0 mieux r\u00e9agir dans une situation de march\u00e9 difficile.\u00bb   <\/p>\n<p>Behavioural Finance Solutions ne conseille pas directement les investisseurs, mais vend son mod\u00e8le et ses conseils aux gestionnaires de fonds. Elle compte UBS, Credit Suisse et la Deutsche Bank parmi ses clients. En Suisse romande, Quanteviour cherche plut\u00f4t \u00e0 \u00abtirer profit des tendances g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par la psychologie\u00bb. La soci\u00e9t\u00e9 s\u2019adresse aux g\u00e9rants de fortune et \u00e0 des institutionnels comme des caisses de pension, des assurances et de petites banques. \u00abNous ne nous int\u00e9ressons pas aux biais du comportement ni \u00e0 leurs causes, explique Nicolas Barile, fondateur partenaire de Quanteviour, mais nous cherchons \u00e0 reconna\u00eetre des comportements qui se rapprochent de ceux d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9s dans le pass\u00e9 afin de nous extraire au maximum de ces biais.\u00bb  <\/p>\n<p>Pour cela, la soci\u00e9t\u00e9 analyse quantitativement toutes les donn\u00e9es possibles (notamment les actes des investisseurs) sur le march\u00e9 des d\u00e9riv\u00e9s depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es. Elle a mis au point un mod\u00e8le permettant de \u00abqualifier l\u2019\u00e9tat psychologique du march\u00e9\u00bb. \u00abLa logique d\u2019analyse nous donne une vision claire d\u2019une situation euphorique ou pessimiste, dont les cons\u00e9quences se reproduisent syst\u00e9matiquement. Par exemple, lors d\u2019une euphorie sur un titre, \u00e0 la fin il n\u2019y a plus suffisamment de bonnes nouvelles \u00e0 donner, donc la tendance s\u2019inverse, alors qu\u2019elle serait rest\u00e9e stable sans cette euphorie.\u00bb   <\/p>\n<p>Quanteviour propose notamment un abonnement pour un suivi strat\u00e9gique trimestriel comprenant des donn\u00e9es multiples, dont des donn\u00e9es comportementales. Cet abonnement donne aussi droit \u00e0 des alertes e-mail. \u00abD\u00e9but octobre, nous avons envoy\u00e9 une alerte comportementale parce que ces variables s\u2019\u00e9taient d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es. Elles \u00e9taient entr\u00e9es dans une zone d\u2019euphorie qui implique une r\u00e9mun\u00e9ration insuffisante des risques pris\u00bb, raconte Nicolas Barile.  <\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 aimerait encore perfectionner son mod\u00e8le en incluant une analyse syst\u00e9matique des analystes financiers et des m\u00e9dias. \u00abCes derniers souffrent \u00e9galement des biais qu\u2019on retrouve chez les investisseurs: si tous commencent \u00e0 parler d\u2019un m\u00eame sujet et que tous partagent le m\u00eame avis, c\u2019est que le cycle est arriv\u00e9 \u00e0 son terme.\u00bb<\/p>\n<p>Tant Nicolas Barile qu\u2019Enrico De Giorgi sont convaincus du r\u00f4le grandissant que la finance comportementale tiendra dans le futur. Pour conclure, le second cite le professeur Richard Thaler, un autre pr\u00e9curseur de la discipline. \u00abDans un futur pas si lointain, le terme de \u00abfinance comportementale\u00bb sera consid\u00e9r\u00e9 comme un pl\u00e9onasme. Quelle autre sorte de finance y a-t-il?\u00bb <\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Exc\u00e8s de confiance! <\/strong><\/p>\n<p>Plusieurs types de biais sont susceptibles d\u2019emp\u00eacher l\u2019investisseur de faire des choix rationnels. Des biais cognitifs, dus \u00e0 une interpr\u00e9tation erron\u00e9e des informations \u00e0 disposition, des biais \u00e9motionnels dus \u00e0 la peur, l\u2019admiration, l\u2019orgueil, etc. ainsi que des biais sociaux, induits par notre rapport aux autres. Mais la liste n\u2019est pas exhaustive. Des \u00e9tudes sont en cours au sujet de biais culturels, tandis que d\u2019autres ont d\u00e9montr\u00e9 que certains biais sont li\u00e9s au genre.   <\/p>\n<p>L\u2019exc\u00e8s de confiance compte parmi ceux-l\u00e0. Ce biais consiste \u00e0 donner trop de cr\u00e9dit aux informations et \u00e0 imm\u00e9diatement r\u00e9agir en cons\u00e9quence. Ce qui pousse l\u2019investisseur \u00e0 effectuer de nombreuses transactions. Comme chaque transaction est factur\u00e9e par la banque, l\u2019op\u00e9ration risque de co\u00fbter plus qu\u2019elle ne rapporte. Selon plusieurs \u00e9tudes, ce travers concerne majoritairement les hommes.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Swissquote (No1).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des chercheurs d\u00e9cryptent les composantes irrationnelles de la finance pour permettre aux investisseurs de mieux r\u00e9ussir leurs placements. Rencontres \u00e0 Lausanne et Zurich.<\/p>\n","protected":false},"author":19284,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3126","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3126","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19284"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3126"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3126\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3126"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3126"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3126"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}