



{"id":311,"date":"2000-01-24T00:00:00","date_gmt":"2000-01-23T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=311"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"magazine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=311","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9rotisme subtil de Nerve.com, une r\u00e9ussite commerciale"},"content":{"rendered":"<p>On le sait, le sexe a longtemps constitu\u00e9 le principal moteur du d\u00e9veloppement d&rsquo;internet &#8211; jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le commerce \u00e9lectronique lui ravisse la place. La pornographie la plus d\u00e9brid\u00e9e est toujours bien pr\u00e9sente sur le r\u00e9seau, ce qui n&#8217;emp\u00eache pas quelques sites ambitieux de proposer des approches plus subtiles et intimes de la sexualit\u00e9.<\/p>\n<p>Exemple, le magazine <a href=http:\/\/www.nerve.com target=_blank>Nerve.com<\/a>, lanc\u00e9 par un jeune couple new-yorkais en 1997. Ses deux initiateurs, Genevieve Field et Rufus Griscom, travaillaient pour une petite maison d&rsquo;\u00e9dition avant d&rsquo;ouvrir ce site haut-de-gamme enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9 au sexe. Le visiteur y cherchera vainement de quoi se rincer l&rsquo;oeil: l&rsquo;\u00e9rotisme est savamment intellectualis\u00e9 par des \u00e9crivains, des essayistes et des photographes. Un peu plus croustillant, une foule d&rsquo;anonymes y racontent leurs exp\u00e9riences sexuelles avec des mots choisis.<\/p>\n<p>\u00abNous voulions parler du sexe intelligemment. Ce n&rsquo;\u00e9tait ni pornographique, ni m\u00eame \u00e9rotique C&rsquo;\u00e9tait en rupture avec toutes les formules existantes\u00bb, expliquait r\u00e9cemment Genevieve Field au mensuel californien Soma. L&rsquo;approche de Nerve correspond bien au look d&rsquo;\u00e9tudiants sages de Genevieve, 29 ans, et Rufus, 31 ans, dipl\u00f4m\u00e9 de l&rsquo;Universit\u00e9 de Brown. Leur couple s&rsquo;est form\u00e9 il y a cinq ans.<\/p>\n<p>Les d\u00e9buts de Nerve.com ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9s par un coup de pub splendide et involontaire. En juin 1997, les autorit\u00e9s am\u00e9ricaines doivent se prononcer sur le Communications Decency Act (DCA), une loi qui veut munir les navigateurs d&rsquo;un syst\u00e8me de filtrage emp\u00eachant l&rsquo;acc\u00e8s aux sites jug\u00e9s pornographiques. Par co\u00efncidence, Nerve.com est lanc\u00e9 le 26 juin, le jour m\u00eame o\u00f9 le DCA est d\u00e9clar\u00e9 non constitutionnel.<\/p>\n<p>Le lendemain, Rufus et Genevieve sont invit\u00e9s sur CNN. Leur magazine est cit\u00e9 comme l&rsquo;exemple de ce qui aurait \u00e9t\u00e9 interdit si la loi avait \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e. Suivent des articles dans les revues Newsweek et Time. Avec quelque 10&rsquo;000 connections quotidiennes d\u00e8s les premiers jours, Nerve.com est lanc\u00e9.<\/p>\n<p>Deux ans et demi plus tard, le site affiche 20 millions de pages vues par mois et 750&rsquo;000 visiteurs r\u00e9guliers. De quoi \u00e9veiller l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de puissants annonceurs, dont les contrats font prosp\u00e9rer la soci\u00e9t\u00e9. Field et Griscom ont r\u00e9cemment quitt\u00e9 l&rsquo;appartement minuscule d&rsquo;o\u00f9 ils avaient lanc\u00e9 Nerve.com. Leur soci\u00e9t\u00e9 est maintenant bas\u00e9e dans un loft de SoHo.<\/p>\n<p>Les effectifs de Nerve.com sont pass\u00e9s de huit \u00e0 dix-huit employ\u00e9s en l&rsquo;espace de trois mois. La compagnie vient d&rsquo;acqu\u00e9rir Bianca, un forum de San Francisco tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9, \u00e9galement d\u00e9di\u00e9 aux conversations \u00e9rotiques. Les deux jeunes patrons pr\u00e9parent une version imprim\u00e9e du site, lequel existe d\u00e9j\u00e0 dans une <a href=http:\/\/francais.nerve.com target=_blank>version fran\u00e7aise<\/a>.<\/p>\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s les sondages, 96% des lecteurs de Nerve ont un niveau de formation \u00e9quivalent au baccalaur\u00e9at, 25% ont un dipl\u00f4me universitaire et tous lisent le magazine intello-branch\u00e9 New Yorker. Les femmes repr\u00e9sentent plus d&rsquo;un quart des visiteurs, une proportion tout \u00e0 fait exceptionnelle pour un site consacr\u00e9 au sexe.<\/p>\n<p>Les fondateurs de Nerve.com sont eux-m\u00eames fascin\u00e9s par la somme d&rsquo;histoires v\u00e9cues qui remplissent leurs pages. \u00abLe site agit comme un incroyable r\u00e9v\u00e9lateur d&rsquo;exp\u00e9riences. C&rsquo;est plus facile de dire la v\u00e9rit\u00e9 on-line\u00bb, rel\u00e8ve Rufus Griscom.<\/p>\n<p>Nerve.com a d\u00e9marr\u00e9 avec 150&rsquo;000 dollars (250 000 francs suisses) fournis par un professionnel du capital-risque. Au d\u00e9part, cet argent est utilis\u00e9 pour publier les photos d&rsquo;artistes r\u00e9put\u00e9s comme Andres Serrano. L&rsquo;habillage du site est confi\u00e9 \u00e0 Joey Cavella, dont le travail a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9 sur le Web. D\u00e8s ses d\u00e9buts, Nerve.com refuse la publicit\u00e9 pour les pages et les messageries pornographiques.<\/p>\n<p>La r\u00e9ussite de Nerve.com doit beaucoup aux contacts nou\u00e9s par Griscom et Field du temps o\u00f9 ils travaillent dans l&rsquo;\u00e9dition. Gr\u00e2ce \u00e0 leur r\u00e9seau, ils parviennent \u00e0 obtenir la collaboration des auteurs les plus en vue, comme Jay McInerney, (\u00abBright Lights, Big City\u00bb) ou Rick Moody (\u00abThe Ice Storm\u00bb).<\/p>\n<p>Certains \u00e9crivains, comme Moody, ne voient pas tout de suite l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;\u00e9crire pour le Net. D&rsquo;autres sont m\u00eame carr\u00e9ment hostiles \u00e0 la diffusion on-line. Les deux \u00e9diteurs doivent aussi les convaincre d&rsquo;\u00e9crire sur la sexualit\u00e9, ce qui ne va pas de soi. Mais gr\u00e2ce \u00e0 leur pers\u00e9v\u00e9rance, ils parviennent \u00e0 r\u00e9unir dans leur magazine des contributions de grande qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Reste \u00e0 esp\u00e9rer qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, Genevieve Field et Rufus Griscom ont un peu moins \u00e0 faire qu&rsquo;aux d\u00e9buts de Nerve.com. Quelques semaines apr\u00e8s le lancement du site, ils d\u00e9claraient \u00e0 Time: \u00abNous avons tellement de travail que nous n&rsquo;avons plus de temps pour le sexe.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nMary Vacharidis, journaliste, collabore r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Largeur.com. Elle s\u00e9journe actuellement aux Etats-Unis.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un jeune couple new-yorkais a fait fortune avec un site qui m\u00e9lange litt\u00e9rature et sexualit\u00e9. Nerve.com compte aujourd&rsquo;hui plus de 750&rsquo;000 visiteurs r\u00e9guliers.<\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-311","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/311","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=311"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/311\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=311"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=311"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=311"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}