



{"id":310,"date":"2000-01-23T00:00:00","date_gmt":"2000-01-22T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=310"},"modified":"2024-04-29T09:59:51","modified_gmt":"2024-04-29T07:59:51","slug":"silicon-valley","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=310","title":{"rendered":"Les nouveaux entreprenautes"},"content":{"rendered":"<p>Lance une start-up, prends le fric et tire-toi. Telle pourrait \u00eatre la nouvelle philosophie des entrepreneurs de Silicon Valley.<\/p>\n<p>Prenez l&rsquo;exemple de Scott Blum. Il y a deux ans, il a lanc\u00e9 <a href=\"http:\/\/buy.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Buy.com<\/a>, une entreprise californienne qui emploie aujourd&rsquo;hui 200 personnes et qui promet \u00ables prix les plus bas de la plan\u00e8te\u00bb sur quelque 800&rsquo;000 produits d&rsquo;\u00e9lectronique et de loisirs.<\/p>\n<p>Buy.com se pr\u00e9pare \u00e0 entrer en bourse et compte lever ainsi l&rsquo;\u00e9quivalent de 200 millions de francs suisses. Mais Scott Blum, bien que d\u00e9tenteur de la majorit\u00e9 du capital-action, ne passera pas ce cap fatidique dans l&rsquo;entreprise qu&rsquo;il a fond\u00e9e. L&rsquo;automne dernier, il a quitt\u00e9 sa compagnie &#8211; toujours d\u00e9ficitaire -pour cr\u00e9er une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;investissement sp\u00e9cialis\u00e9e dans les start-up du Net.<\/p>\n<p>Les comportements de ce genre sont devenus courants en Californie. Du c\u00f4t\u00e9 de Buy.com, on n&rsquo;a pas voulu commenter le d\u00e9part du fondateur. Mais Mel Ochoa, porte-parole chez <a href=\"http:\/\/www.bridgepath.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">BridgePath<\/a>, une agence de recrutement on-line de San Francisco, relativise la port\u00e9e d&rsquo;une telle d\u00e9mission: \u00abLes cr\u00e9ateurs de soci\u00e9t\u00e9s ont une quantit\u00e9 d&rsquo;id\u00e9es. Leur r\u00f4le est de faire germer les compagnies. Une fois qu&rsquo;un projet est lanc\u00e9, ils ont souvent envie d&rsquo;en monter un nouveau. C&rsquo;est \u00e0 d&rsquo;autres de s&rsquo;engager sur le plus long terme pour amener l&rsquo;entreprise \u00e0 maturit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a aussi de surprenantes d\u00e9fections chez ceux qui seraient cens\u00e9s veiller au d\u00e9veloppement \u00e0 plus long terme de ces entreprises. L&rsquo;exemple de <a href=\"http:\/\/www.lightera.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Lightera<\/a> est \u00e0 ce titre \u00e9loquent. Cr\u00e9e en mars 1998 par des ing\u00e9nieurs de Cupertino, l&rsquo;entreprise veut fabriquer des solutions optiques pour internet. Tr\u00e8s vite, ses fondateurs d\u00e9bauchent un financier dans une soci\u00e9t\u00e9 de capital-risque et le nomment CEO (Chief Executive Officer). En mars 1999, Lightera peut pr\u00e9senter les plans de son premier produit.<\/p>\n<p>Mais au printemps, Lightera se vend \u00e0 la compagnie Ciena pour 464 millions de dollars (692 millions de francs suisses). Les d\u00e9tenteurs de la soci\u00e9t\u00e9, dont le fameux CEO r\u00e9cemment arriv\u00e9, touchent le montant sous forme d&rsquo;actions et d&rsquo;options. Et six semaines plus tard, le CEO annonce sa d\u00e9mission, avant m\u00eame que le premier client ait \u00e9t\u00e9 livr\u00e9.<\/p>\n<p>\u00abLe CEO n&rsquo;est pas parti travailler ailleurs. Il voulait en fait reprendre des \u00e9tudes, explique Aaron Greham, porte-parole de Ciena, la soci\u00e9t\u00e9 repreneuse. La d\u00e9fection n&rsquo;a pas pos\u00e9 de gros probl\u00e8mes. Un des fondateurs de Lightera a repris le poste. Vous savez, poursuit-il, dans le secteur d&rsquo;internet, les gens changent tr\u00e8s souvent de place. Il faut saisir les opportunit\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>A Silicon Valley, centre n\u00e9vralgique de l&rsquo;industrie du Web situ\u00e9 au sud de la baie de San Francisco, personne ne semble s&rsquo;offusquer de comportements qui, en Europe, passeraient pour d\u00e9loyaux. La fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;entreprise ne figure pas dans les r\u00e8gles du jeu. L&rsquo;objectif avou\u00e9 de tous est de s&rsquo;approprier une part des sommes vertigineuses qui circulent dans le domaine.<\/p>\n<p>Le Credit Suisse First Boston, par exemple, a orchestr\u00e9 la vente du fournisseur d&rsquo;acc\u00e8s <a href=\"http:\/\/www.earthlink.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">EarthLink<\/a> \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.mindspring.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">MindSpring<\/a> pour 1,8 milliard de dollars (2,7 milliards de francs). L&rsquo;entr\u00e9e en bourse de <a href=\"http:\/\/www.mp3.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">mp3.com<\/a>, site musical associ\u00e9 \u00e0 une technique de compression des donn\u00e9es, a quant \u00e0 elle permis de lever 383 millions de dollars (454 millions de francs). Des op\u00e9rations comme celles-l\u00e0 ont lieu tous les jours. Quand ils d\u00e9crochent le jackpot, les entreprenautes h\u00e9sitent entre la Porsche et la Maserati.<\/p>\n<p>L&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la nouvelle \u00e9conomie ne semble pas conna\u00eetre de limite. Dans un domaine traditionnel, on attend cinq ans avant de d\u00e9clarer une entreprise viable, et en tout cas dix ans avant une entr\u00e9e en bourse. Sur le Web, les compagnies peuvent devenir op\u00e9rationnelles en trois mois. Elles entrent en bourse apr\u00e8s deux ans, alors qu&rsquo;elles perdent toujours de l&rsquo;argent, et enregistrent d&rsquo;\u00e9normes plus-values. On conna\u00eet l&rsquo;exemple de la librairie virtuelle <a href=\"http:\/\/www.amazon.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Amazon.com<\/a>: fond\u00e9e en 1995, elle a ouvert son capital au public deux ans plus tard. Aujourd&rsquo;hui, elle est toujours dans les chiffres rouges mais le titre vaut presque quatre fois plus qu&rsquo;\u00e0 son \u00e9mission.<\/p>\n<p>A force d&rsquo;entendre parler de ceux qui prennent leur retraite \u00e0 trente ans apr\u00e8s avoir vendu leur site \u00e0 Yahoo ou \u00e0 Microsoft, l&rsquo;entreprenaute de base perd patience. Si sa compagnie tarde \u00e0 faire des \u00e9tincelles, il va voir ailleurs. Et il n&rsquo;a aucune peine \u00e0 trouver un nouvel emploi. A Silicon Valley, la demande en main-d&rsquo;oeuvre qualifi\u00e9e est tellement forte que les entreprises sont oblig\u00e9es de recruter dans les autres Etats et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Quelque 30&rsquo;000 postes dans les technologies de l&rsquo;information restent vacants en permanence.<\/p>\n<p>La p\u00e9nurie de personnel se traduit souvent en surmenage des employ\u00e9s. Mais la situation a aussi ses avantages. Dans une entreprise on-line, le salaire d&rsquo;un universitaire d\u00e9marre \u00e0 90&rsquo;000 francs suisses par an. Le salari\u00e9 s&rsquo;int\u00e9resse encore davantage aux parts du capital de la compagnie qu&rsquo;il va recevoir. Changer de poste r\u00e9guli\u00e8rement permet d&rsquo;accumuler des titres financiers. Les employ\u00e9s restent rarement plus de deux ans dans la m\u00eame entreprise.<\/p>\n<p>\u00abLorsqu&rsquo;il faut engager du personnel, la concurrence entre entreprises est terrible. Comme tout le monde propose des titres financiers, les soci\u00e9t\u00e9s rivalisent maintenant dans l&rsquo;offre d&rsquo;avantages mat\u00e9riels: voiture de fonction, voyages, aide m\u00e9nag\u00e8re \u00e0 domicile, etc.\u00bb, rel\u00e8ve Mel Ochoa de l&rsquo;agence BridgePath.<\/p>\n<p>A Fremont, en plein coeur de Silicon Valley, Terri Spears a fond\u00e9 un bureau (<a href=\"http:\/\/www.askHR.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">askHR.com<\/a>) qui g\u00e8re l&rsquo;administration de jeunes entreprises de commerce \u00e9lectronique: \u00abPour trouver un directeur financier, les soci\u00e9t\u00e9s mettent facilement douze mois. L&#8217;employeur doit convaincre le candidat que sa compagnie est la plus int\u00e9ressante qu&rsquo;il peut puisse trouver. Ici, ce n&rsquo;est pas le travailleur qui doit se vendre, c&rsquo;est l&rsquo;entreprise qui recrute&#8230;\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nMary Vacharidis, journaliste, collabore r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Largeur.com. Elle s\u00e9journe actuellement \u00e0 San Francisco.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La fluidit\u00e9 de l&#8217;emploi ne conna\u00eet pas de limite en Californie. De jeunes entrepreneurs d\u00e9missionnent avant m\u00eame que leur entreprise entre en bourse. Reportage de Mary Vacharidis \u00e0 San Francisco.<\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-310","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/310","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=310"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/310\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15102,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/310\/revisions\/15102"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=310"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=310"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=310"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}