



{"id":3076,"date":"2010-02-11T17:59:42","date_gmt":"2010-02-11T15:59:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3076"},"modified":"2010-02-11T20:58:39","modified_gmt":"2010-02-11T18:58:39","slug":"suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3076","title":{"rendered":"Les cantons se battent pour attirer les \u00e9coles internationales"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large120210.jpg\" alt=\"large120210.jpg\" title=\"large120210.jpg\" width=\"468\" height=\"300\" border=\"0\" \/>Apr\u00e8s des ann\u00e9es infructueuses marqu\u00e9es par plusieurs projets avort\u00e9s, Neuch\u00e2tel tient enfin son coll\u00e8ge international. Depuis la rentr\u00e9e 2009, la St. George\u2019s School, d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente \u00e0 Montreux et \u00e0 Clarens, a ouvert une succursale en terre neuch\u00e2teloise. \u00abCette implantation a \u00e9t\u00e9 rendue possible gr\u00e2ce aux soutiens de l\u2019Etat et de plusieurs entreprises internationales de la r\u00e9gion\u00bb, souligne le professeur Francis Kahn, pr\u00e9sident de St. George\u2019s School in Switzerland. <\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, plusieurs entreprises de la r\u00e9gion neuch\u00e2teloise, Autodesk, Celgene, Glenmark, Gucci, Philip Morris, la Banque Bonh\u00f4te et la Banque Cantonale Neuch\u00e2teloise, se sont regroup\u00e9es en association afin de financer l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des travaux de r\u00e9novation du Coll\u00e8ge Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, o\u00f9 s\u2019est \u00e9tablie l\u2019\u00e9cole internationale. Une facture de 3 millions de francs. Le Conseil d\u2019Etat, quant \u00e0 lui, s\u2019est investi dans le projet en s\u2019engageant \u00e0 couvrir les \u00e9ventuels d\u00e9ficits d\u2019exploitation \u00e0 hauteur de 300&rsquo;000 francs par an jusqu\u2019en 2012, sans obligation de remboursement.<\/p>\n<p>Si le soutien d\u2019entreprises priv\u00e9es \u00e0 une \u00e9cole, elle aussi priv\u00e9e, semble logique, l\u2019utilisation de deniers publics pour garantir un d\u00e9ficit priv\u00e9 est plus probl\u00e9matique. Une pol\u00e9mique que Jacques Soguel, directeur de la soci\u00e9t\u00e9 biopharmaceutique am\u00e9ricaine Celgene et pr\u00e9sident de l\u2019Association \u00abfor an international school in Neuch\u00e2tel\u00bb, balaie de la main: \u00abL\u2019impact positif pour le canton est \u00e9norme, pour une somme minime. La pr\u00e9sence d\u2019une \u00e9cole internationale est un vrai atout pour attirer de nouvelles multinationales. Surtout, nombre de collaborateurs travaillant d\u00e9j\u00e0 dans le canton vivent \u00e0 Berne ou sur l\u2019arc l\u00e9manique afin d\u2019\u00eatre proche de l\u2019\u00e9cole de leurs enfants. La pr\u00e9sence de la St. George\u2019s School \u00e0 Neuch\u00e2tel va permettre de les faire revenir. Par ailleurs, il ne s\u2019agit pas d\u2019une aide financi\u00e8re, mais d\u2019une garantie de d\u00e9ficit. Pour le moment, pas un centime public n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pens\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Une situation qui ne devrait pas durer. Francis Kahn pr\u00e9voit d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 pour la premi\u00e8re ann\u00e9e d\u2019exploitation \u00abun d\u00e9ficit de plusieurs centaines de milliers de francs, apr\u00e8s la couverture \u00e9tatique\u00bb. En cause: le manque d\u2019\u00e9l\u00e8ves. \u00abLe point mort pour une \u00e9cole de ce type se situe entre 80 et 100 \u00e9l\u00e8ves. Actuellement, nous en avons moins de 50 pour une capacit\u00e9 de 150 \u00e0 200 places. \u00bb Le pr\u00e9sident de la St. George\u2019s School voit deux raisons principales \u00e0 ce recrutement difficile: \u00abComme il s\u2019agit d\u2019une nouvelle \u00e9cole, un certain nombre de parents attendent de voir comment elle fonctionne avant d\u2019y placer leurs enfants. Ensuite, la plupart des enfants d\u2019expatri\u00e9s \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 scolaris\u00e9s dans d\u2019autres instituts internationaux, sur l\u2019arc l\u00e9manique ou \u00e0 Berne, ils pr\u00e9f\u00e8rent y rester. Pour ces raisons, nous pr\u00e9voyons d\u2019atteindre la centaine d\u2019\u00e9l\u00e8ves n\u00e9cessaires \u00e0 la rentabilit\u00e9 d\u2019ici \u00e0 trois ans.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Une demande de places tr\u00e8s forte<\/strong><\/p>\n<p>Un pari qui pourrait \u00eatre gagn\u00e9, tant le besoin de places en \u00e9coles anglophones se fait sentir en Suisse romande. \u00abLa demande est tr\u00e8s forte, estime Michaelene Stack, directrice de l\u2019Ecole internationale de Gen\u00e8ve, qui assure l\u2019\u00e9ducation de plus de 4000 enfants. D\u00e8s mars prochain, nous allons augmenter notre offre de 520 places suppl\u00e9mentaires sur notre campus de La Ch\u00e2taigneraie. Mais, pour le moment, nous ne pouvons offrir une place que lorsqu\u2019un enfant quitte notre \u00e9tablissement.\u00bb Un constat partag\u00e9 par Marcel Rieder de l\u2019International School of Lausanne (ISL): \u00abPour certaines classes, nos listes d\u2019attente peuvent atteindre jusqu\u2019\u00e0 une trentaine d\u2019enfants.\u00bb<\/p>\n<p>Lors de la rentr\u00e9e scolaire de septembre 2009, le Coll\u00e8ge du L\u00e9man, qui accueille 2200 \u00e9l\u00e8ves, a ouvert 100 places suppl\u00e9mentaires dans ses classes. R\u00e9sultat: \u00abNous affichons d\u00e9j\u00e0 complet, confie Marc Paloma, directeur de l\u2019\u00e9tablissement. Malgr\u00e9 la crise \u00e9conomique, la demande est rest\u00e9e soutenue.\u00bb Au total, il manquerait entre 400 et 600 places dans les \u00e9coles bilingues franco-anglaises du canton de Vaud, selon Alain Boss, directeur de l\u2019Association vaudoise des \u00e9coles priv\u00e9es (Advep).<\/p>\n<p>Pourtant, \u00abla disponibilit\u00e9 de places d\u2019\u00e9colage dans les \u00e9coles internationales anglophones est un pr\u00e9requis absolument n\u00e9cessaire pour attirer des entreprises internationales, rappelle Daniel Loeffler, directeur de la promotion \u00e9conomique genevoise. Si vous n\u2019en avez pas, vous n\u2019avez pas de multinationales sur votre territoire.\u00bb A tel point que les diff\u00e9rents cantons se livrent une v\u00e9ritable guerre pour accueillir les pr\u00e9cieux \u00e9tablissements: \u00abQuand nous avons voulu attirer une \u00e9cole internationale \u00e0 Neuch\u00e2tel, nous nous sommes aper\u00e7us que les cantons sont en comp\u00e9tition pour que d\u2019\u00e9ventuelles \u00e9coles priv\u00e9es s\u2019implantent sur leur territoire et pas sur celui des voisins\u00bb, confie Jacques Soguel.<\/p>\n<p>Pour autant, tous les cantons romands ne sont pas pr\u00eats \u00e0 garantir le d\u00e9ficit \u00e9ventuel d\u2019un nouvel \u00e9tablissement. \u00abMa vision personnelle est que nous devons rester neutres, confie Eric Maire, du D\u00e9veloppement \u00e9conomique vaudois (DEV). Notre r\u00f4le d\u2019institution publique n\u2019est pas de nous immiscer dans l\u2019\u00e9conomie, d\u2019autant que garantir le d\u00e9ficit d\u2019une nouvelle \u00e9cole priv\u00e9e serait d\u00e9loyal par rapport \u00e0 celles existantes. Nous pr\u00e9f\u00e9rons mettre en relation des entreprises avec des \u00e9coles et les laisser se d\u00e9brouiller. Apr\u00e8s, \u00e0 Neuch\u00e2tel, la situation est un peu diff\u00e9rente. Ce canton ne disposait pas d\u2019une \u00e9cole internationale sur son territoire et en avait absolument besoin.\u00bb<\/p>\n<p>Pour preuve, le canton de Fribourg. Afin de pallier l\u2019absence d\u2019une \u00e9cole priv\u00e9e franco-anglaise sur son territoire, il est \u00e9galement pr\u00eat \u00e0 mettre la main au porte- monnaie: \u00abEn discutant avec toutes les entreprises du canton, nous avons r\u00e9alis\u00e9 qu\u2019il existait un r\u00e9el besoin, explique CharlesMorel, pr\u00e9sident de Fribourg International (FI). Nous avons alors mont\u00e9 un projet avec l\u2019International School of Monts-de- Corsier qui souhaitait s\u2019installer \u00e0 Fribourg. Nous avons re\u00e7u le soutien de l\u2019Etat qui \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 garantir le d\u00e9ficit de l\u2019\u00e9tablissement et un b\u00e2timent a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 Matran pour permettre l\u2019installation.\u00bb<\/p>\n<p>R\u00e9sultat: d\u00e8s l\u2019automne 2009, la promotion \u00e9conomique de Fribourg annon\u00e7ait tr\u00e8s officiellement qu\u2019une \u00e9cole anglophone pour les 3 \u00e0 11 ans ouvrirait ses portes prochainement. Mais les pr\u00e9inscriptions n\u2019ont pas suivi et le projet est abandonn\u00e9. \u00abA la place, nous avons mis en service un syst\u00e8me de transports d\u2019\u00e9l\u00e8ves entre Fribourg et l\u2019International School of Monts-de-Corsier, souligne Christoph Aebischer, porte-parole de la promotion \u00e9conomique de Fribourg. Mais c\u2019est dommage. Nous aurions aim\u00e9 pouvoir accueillir une \u00e9cole internationale. Cela aurait constitu\u00e9 un argument fort pour notre promotion \u00e9conomique.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Un march\u00e9 porteur<\/strong><\/p>\n<p>En Valais aussi, les autorit\u00e9s cantonales se d\u00e9m\u00e8nent: \u00abNous souhaitons accueillir une \u00e9cole anglophone, affirme Jean-Marie Cleusix, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ducation et \u00e0 la formation du Valais. Mais l\u2019Etat ne souhaite pas la financer d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre. Nous misons davantage sur le soutien des entreprises locales.\u00bb Ainsi, le 18 f\u00e9vrier 2009, une commission a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e et constitu\u00e9e de repr\u00e9sentants de plusieurs entreprises de la r\u00e9gion:Lonza, Novartis et Flagstone, de deux repr\u00e9sentants des services \u00e9conomiques et d\u2019un de l\u2019\u00e9ducation. Depuis, cette commission a rendu en juin 2009 un rapport au Conseil d\u2019Etat soutenant l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une \u00e9cole priv\u00e9e anglophone dans le canton. Le gouvernement valaisan a apport\u00e9 son soutien en d\u00e9cembre 2009 et d\u2019ici \u00e0 mars 2010, le projet devrait \u00eatre mis en \u0153uvre.<\/p>\n<p>Outre cette initiative, l\u2019\u00e9cole Ard\u00e9vaz, \u00e0 Sion, a ouvert en septembre dernier une classe de maturit\u00e9 bilingue franco-anglaise. \u00abAvec 16 \u00e9tudiants inscrits, nous pouvons d\u00e9j\u00e0 dire que c\u2019est un joli succ\u00e8s, se f\u00e9licite Philippe Moulin, directeur de l\u2019\u00e9tablissement et pr\u00e9sident de l\u2019Uvep (Union valaisanne des \u00e9coles priv\u00e9es). C\u2019est un march\u00e9 auquel nous croyons, m\u00eame si le Valais compte moins de multinationales que l\u2019arc l\u00e9manique.\u00bb Par ailleurs, la St. George\u2019s School, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre lanc\u00e9e \u00e0 Neuch\u00e2tel, s\u2019appr\u00eate \u00e0 ouvrir une succursale \u00e0 Verbier, d\u00e8s septembre prochain pour les 3 \u00e0 11 ans. \u00abNous venons de signer un contrat avec une association de parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves et d\u2019entreprises int\u00e9ress\u00e9es, ainsi qu\u2019avec les autorit\u00e9s communales pour le b\u00e2timent\u00bb, r\u00e9v\u00e8le le professeur Francis Kahn. Une soixantaine de familles seraient int\u00e9ress\u00e9es par ce projet, aid\u00e9 financi\u00e8rement par Flagstone, entreprise sp\u00e9cialis\u00e9e dans la r\u00e9assurance.<\/p>\n<p>Ce soutien des entreprises aux \u00e9coles priv\u00e9es ne se fait pas sans contreparties. A la nouvelle \u00e9cole internationale de Neuch\u00e2tel, les soci\u00e9t\u00e9s qui ont particip\u00e9 aux financements garderont des quotas de places lorsque l\u2019\u00e9tablissement sera plein. Mieux, elles b\u00e9n\u00e9ficieront d\u2019un rabais de 12% sur l\u2019\u00e9colage, qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 25&rsquo;000 francs par an, d\u00e8s la quatri\u00e8me ann\u00e9e d\u2019exploitation. A l\u2019International School of Lausanne (ISL), o\u00f9 60% des 600 \u00e9l\u00e8ves sont les enfants de collaborateurs d\u2019entreprises sponsors, des quotas sont \u00e9galement mis en place. Un syst\u00e8me bien rod\u00e9, pr\u00e9sent dans la plupart des \u00e9coles internationales.<\/p>\n<p>Reste que le principal frein \u00e0 l\u2019implantation et au d\u00e9veloppement des \u00e9tablissements anglophones n\u2019est pas l\u2019absence de capitaux mais la difficult\u00e9 \u00e0 trouver un terrain. Si dans les cantons de Neuch\u00e2tel, de Fribourg et du Valais, la probl\u00e9matique ne se pose gu\u00e8re, ce n\u2019est pas le cas, loin s\u2019en faut, dans les cantons de Vaud et de Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p>Avant de se tourner vers Neuch\u00e2tel, la St. George\u2019s School souhaitait s\u2019\u00e9tablir entre Gen\u00e8ve et Morges. \u00abMais nous n\u2019avons pas trouv\u00e9 de terrain ad\u00e9quat\u00bb, regrette Francis Kahn. Le coll\u00e8ge Champittet, qui compte 200 \u00e9l\u00e8ves, cherche lui aussi \u00e0 s\u2019agrandir depuis plusieurs ann\u00e9es afin d\u2019accueillir 600 \u00e0 800 \u00e9tudiants contre 200 aujourd\u2019hui. \u00abMalgr\u00e9 la sympathie du DEV, nous avons rencontr\u00e9 de nombreuses difficult\u00e9s sur La C\u00f4te, souligne Roland Lomenech, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u00e9tablissement. Aujourd\u2019hui, nous sommes \u00e0 bout touchant \u00e0 Nyon. Mais ce d\u00e9nouement n\u2019a \u00e9t\u00e9 rendu possible que gr\u00e2ce au changement de municipalit\u00e9. La pr\u00e9c\u00e9dente ne nous soutenait pas du tout. Pire: elle a mis en place de nombreux obstacles administratifs et techniques, rendant notre projet impossible.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Des communes r\u00e9fractaires<\/strong><\/p>\n<p>Un constat partag\u00e9 par Alain Boss, pr\u00e9sident de l\u2019Advep: \u00abLes \u00e9coles vaudoises ne demandent ni aides ni subventions. Elles souhaitent simplement qu\u2019on ne leur mette pas de b\u00e2tons dans les roues! Or, aujourd\u2019hui, les normes et les oppositions locales constituent un frein terrible \u00e0 leur d\u00e9veloppement. Le probl\u00e8me, c\u2019est que nous b\u00e9n\u00e9ficions d\u2019un soutien \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable: lorsque Yahoo! a voulu s\u2019installer, les autorit\u00e9s cantonales \u00e9taient pr\u00eates \u00e0 tout afin de trouver 400 places d\u2019\u00e9colage. Mais lorsqu\u2019il n\u2019y a pas de Yahoo! qui arrive, nous ne recevons aucun soutien politique.\u00bb<\/p>\n<p>A Gen\u00e8ve, le soutien des autorit\u00e9s politiques semble plus constant: \u00abNotre souci principal est qu\u2019il y ait toujours assez de places dans les \u00e9coles internationales, note Daniel Loeffler de la promotion \u00e9conomique genevoise. Pour nous en assurer, nous faisons le tour des \u00e9coles tous les six mois. Nous ne leur apportons aucun soutien financier mais, en cas de besoin, nous pouvons intervenir dans la facilitation des d\u00e9marches administratives par exemple. A l\u2019inverse, lorsqu\u2019une entreprise nous d\u00e9marche en vue d\u2019une implantation, nous faisons le tour des \u00e9coles avec les d\u00e9cideurs afin de voir le nombre de places disponibles.\u00bb<\/p>\n<p>Pour un sp\u00e9cialiste du dossier, la grosse diff\u00e9rence entre les cantons de Vaud et de Gen\u00e8ve demeure l\u2019exp\u00e9rience: \u00abA Gen\u00e8ve, des entreprises comme Procter &#038; Gamble sont l\u00e0 depuis pr\u00e8s de vingt ans. Les services de promotion \u00e9conomique connaissent les besoins de ce type de multinationales. Dans le canton de Vaud, en revanche, l\u2019arriv\u00e9e de Yahoo!ou d\u2019autres entreprises s\u2019est faite plus r\u00e9cemment d\u2019o\u00f9 une certaine m\u00e9connaissance. Le vrai probl\u00e8me ne se situe pas du c\u00f4t\u00e9 des services de promotion \u00e9conomique, qui soutiennent tous l\u2019implantation de nouvelles \u00e9coles. Il est du c\u00f4t\u00e9 des communes qui bloquent les projets. Depuis quatre ans, j\u2019ai un investisseur capable d\u2019apporter plusieurs millions pour construire une \u00e9cole sur Vaud ou Gen\u00e8ve, mais le projet reste dans les cartons, car c\u2019est impossible de trouver un terrain!\u00bb<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9sistance du voisinage<\/strong><\/p>\n<p>Et le pr\u00e9sident de l\u2019Advep de citer un autre exemple, celui de Sabis, soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine sp\u00e9cialiste de la construction d\u2019\u00e9coles cl\u00e9 en main, qui voulait installer un \u00e9tablissement de 1500 \u00e9l\u00e8ves sur les bords du L\u00e9man: \u00abLes municipalit\u00e9s ont totalement rejet\u00e9 cette implantation\u00bb, peste Alain Boss. La soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine, pr\u00e9sente dans 16 pays, devait ouvrir cet institut international en 2008 \u00e0 Colombier sur Morges. \u00abDes contacts ont eu lieu avec Sabis, confirme Oscar Cherbuin, syndic de la commune. Mais ils voulaient attirer 1500 \u00e9l\u00e8ves d\u2019un coup, sans pr\u00e9voir de services de bus. Les nuisances provoqu\u00e9es par la mobilit\u00e9 des parents auraient \u00e9t\u00e9 insupportables pour nos riverains.\u00bb Echaud\u00e9e, Sabis s\u2019est tourn\u00e9e vers un autre site, \u00e0 Mex. M\u00eame r\u00e9action. \u00abLa population et la municipalit\u00e9 restaient tr\u00e8s divis\u00e9es sur ce projet pour des probl\u00e8mes de circulation, souligne Jean-Pierre Rebeaud, syndic du village. Si nous avions d\u00fb prendre une d\u00e9cision, cela aurait \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t non.\u00bb Mais la commune n\u2019a pas eu \u00e0 se prononcer. La crise \u00e9tant pass\u00e9e par l\u00e0, la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine a cess\u00e9 tout contact avec les autorit\u00e9s vaudoises.<\/p>\n<p>Un \u00e9chec qui reste en travers de la gorge d\u2019Eric Maire du Dev: \u00abDans le cas de Sabis, les communes ont bien fait de refuser. Cette entreprise s\u2019est tr\u00e8s mal comport\u00e9e avec elles. Si on respecte la population, ce n\u2019est pas impossible de cr\u00e9er une \u00e9cole dans le canton de Vaud, comme le prouve l\u2019installation de La C\u00f4te International School, l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Mont-sur-Rolle. \u00bb Une implantation express (le projet a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en moins d\u2019un an), qui suscite d\u00e9sormais la col\u00e8re des riverains. Ils se plaignent du va-et-vient quotidien des 4\u00d74 d\u00e9versant leur flux d\u2019enfants expatri\u00e9s devant l\u2019\u00e9tablissement\u2026<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abL\u2019\u00e9ducation est devenue une industrie\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s la vente du Coll\u00e8ge du L\u00e9man en 2006 au groupe am\u00e9ricain Meritas (d\u00e9tenu par Sterling Capital Partners), l\u2019exploitation du coll\u00e8ge de Champittet vient de passer en mains \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<p>Fond\u00e9 en 1903,le coll\u00e8ge de Champittet a \u00e9t\u00e9 acquis en septembre dernier par le groupe Nord Anglia Education (contr\u00f4l\u00e9 par Baring Private Equity Adia). \u00abPour une \u00e9cole comme la n\u00f4tre, ce type de rachat peut \u00eatre un atout, souligneRoland Lomenech. Cela \u00e9quilibre les risques, donne les moyens de se d\u00e9velopper rapidement et permet \u00e0 nos collaborateurs de se d\u00e9placer au sein des \u00e9coles du groupe. \u00bb<\/p>\n<p>Corollaire de ces mouvements de rachat: les \u00e9coles priv\u00e9es romandes, autrefois d\u00e9tenues par des familles ou des associations et fondations \u00e0 but non lucratif, sont en train de devenir des entreprises comme les autres, dont le souci premier est de gagner de l\u2019argent. \u00abOn ne s\u2019en rend pas forc\u00e9ment compte en Suisse, mais l\u2019\u00e9ducation est devenue une v\u00e9ritable industrie, souligne un professionnel du secteur. Des fonds de private equity rach\u00e8tent des \u00e9coles familiales, les restructurent et les revendent quelques ann\u00e9es plus tard. Franchement, oui, c\u2019est une \u00e9volution qui me fait un peu peur.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Bilan.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que la demande en formation anglophone ne cesse de cro\u00eetre, les projets de nouvelles \u00e9coles sont bloqu\u00e9s par des tracasseries communales. Le d\u00e9veloppement \u00e9conomique des cantons en souffre. Enqu\u00eate.<\/p>\n","protected":false},"author":19489,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-3076","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-glocal","glocal"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3076","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19489"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3076"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3076\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3076"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3076"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3076"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}