



{"id":3058,"date":"2010-01-18T17:46:09","date_gmt":"2010-01-18T15:46:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3058"},"modified":"2010-04-07T18:15:24","modified_gmt":"2010-04-07T16:15:24","slug":"succession","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3058","title":{"rendered":"\u00abL\u2019entreprise de papa? Non merci!\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large190110.jpg\" alt=\"large190110.jpg\" title=\"large190110.jpg\" width=\"468\" height=\"291\" border=\"0\" \/>\u00abJe ne veux pas reprendre l\u2019entreprise de mon p\u00e8re\u2026\u00bb: une phrase de plus en plus courante dans la bouche des h\u00e9ritiers. Plusieurs \u00e9tudes r\u00e9centes de l\u2019Universit\u00e9 de Saint-Gall et du Credit Suisse montrent qu\u2019en ce qui concerne les successions, la tendance de fond se dirige depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es vers la transmission des PME \u00e0 des tiers plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 un membre de la famille. Alors que plus de 60% des entreprises \u00e9taient encore remises aux enfants du patron dans les ann\u00e9es 1990, elles n\u2019\u00e9taient plus que 40% dans ce cas l\u2019an dernier.<\/p>\n<p>Les raisons de ce manque d\u2019int\u00e9r\u00eat? Choisir la voie de diriger une entreprise ne repr\u00e9sente pas forc\u00e9ment celle de la facilit\u00e9. \u00abDans certains cas, des jeunes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9go\u00fbt\u00e9s de voir leurs parents se sacrifier au travail et se disent \u00ab\u00a0Je ne voudrais jamais \u00e7a pour moi!\u00a0\u00bb\u00bb, rel\u00e8ve Antoine Praz, codirecteur de Horizon Finance, une soci\u00e9t\u00e9 de conseil en succession.<\/p>\n<p>Mais la principale explication de cette tendance r\u00e9side dans un changement de soci\u00e9t\u00e9: \u00abAutrefois, le sens du devoir primait et il \u00e9tait inconcevable que les fils ne reprennent pas le business paternel, poursuit Antoine Praz. Aujourd\u2019hui, les jeunes g\u00e9n\u00e9rations \u00e9coutent davantage leurs aspirations et se dirigent dans les formations de leur choix. Elles n\u2019acqui\u00e8rent donc pas toujours les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires pour diriger une entreprise. Puis, il y a des consid\u00e9rations d\u2019ordre psychologique: les chefs d\u2019entreprise ont souvent un caract\u00e8re de leader et il peut \u00eatre difficile pour un fils ou une fille de se d\u00e9velopper professionnellement dans un tel contexte.\u00bb<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des patrons, le fait que leurs enfants refusent de reprendre le flambeau peut parfois \u00eatre mal v\u00e9cut. \u00abLa question de la succession reste tr\u00e8s \u00e9motionnelle, explique encore Antoine Praz. L\u2019entrepreneur a souvent su\u00e9 corps et \u00e2me pour monter son affaire, qui devient une part importante de son existence et de son statut social. Laisser sa place l\u2019oblige \u00e0 envisager en quelque sorte sa propre mort. S\u2019il passe le t\u00e9moin \u00e0 ses propres enfants, cela peut lui donner un sentiment de p\u00e9rennit\u00e9.\u00bb Contraint \u00e0 vendre ou \u00e0 liquider une entreprise dont la cr\u00e9ation remonte parfois \u00e0 plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, l\u2019entrepreneur \u00e9prouve forc\u00e9ment de la nostalgie, des regrets et des difficult\u00e9s \u00e0 tourner la page.<\/p>\n<p>Outre l\u2019aspect psychologique, ces nouveaux types de comportements familiaux auront des cons\u00e9quences importantes sur l\u2019\u00e9conomie suisse, sachant que plus de 77&rsquo;000 PME devront r\u00e9gler le probl\u00e8me de leur succession ces cinq prochaines ann\u00e9es et que cela repr\u00e9sente pr\u00e8s d\u2019un million d\u2019emplois. \u00abCe ph\u00e9nom\u00e8ne est d\u00fb au vieillissement de la population, explique Giovanni Giunta, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019association \u00abRel\u00e8ve PME\u00bb, qui assiste les entreprises dans la d\u00e9marche. Sur ces dizaines de milliers d\u2019entreprises, seules 60% seront transmises, les autres seront vendues ou liquid\u00e9es. Une perte s\u00e8che pour l\u2019\u00e9conomie en termes de productivit\u00e9, d\u2019emplois et de savoir-faire! Il est donc essentiel d\u2019inciter les entrepreneurs \u00e0 remettre leurs activit\u00e9s \u00e0 des tiers.\u00bb<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019une telle option est envisag\u00e9e, Ueli Sch\u00fcrch, ancien CEO de Systems Assembling \u00e0 Boudry (NE) et pr\u00e9sident de Rel\u00e8ve PME, insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de s\u2019y prendre plusieurs ann\u00e9es \u00e0 l\u2019avance: \u00abLa difficult\u00e9 majeure du processus de transmission consiste \u00e0 trouver le successeur ad\u00e9quat. La crainte de transmettre le fruit de son labeur \u00e0 quelqu\u2019un qui n\u2019en prendrait pas soin est toujours pr\u00e9sente. En plus des comp\u00e9tences, c\u2019est pour beaucoup une question de feeling et de partage d\u2019une vision commune. Dans mon cas, j\u2019ai d\u00fb rencontrer une dizaine de candidats sur 4 ans, mais lorsque je suis tomb\u00e9 sur le bon, je l\u2019ai su apr\u00e8s cinq minutes.\u00bb <\/p>\n<p>Pour l\u2019entrepreneur, l\u00e2cher prise n\u2019a toutefois pas \u00e9t\u00e9 \u00e9vident: \u00abIl faut le faire petit \u00e0 petit. Cela prend du temps de se mettre dans l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit d\u2019arr\u00eater. Beaucoup d\u2019entrepreneurs s\u2019y prennent trop tard et attendent d\u2019avoir des probl\u00e8mes de sant\u00e9 pour trouver des solutions. Cela peut mener \u00e0 la catastrophe.\u00bb Si, apr\u00e8s deux ans, la remise de son entreprise \u00e0 un tiers s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une r\u00e9ussite, Ueli Sch\u00fcrch est loin d\u2019\u00eatre seul dans ce cas: \u00abLes transmissions d\u2019entreprise r\u00e9ussissent dans 95% des cas apr\u00e8s cinq ans, explique Giovanni Giunta. Lorsqu\u2019on sait que 50% des nouvelles entreprises \u00e9chouent dans les m\u00eames d\u00e9lais, il devient int\u00e9ressant pour un jeune d\u00e9sirant se mettre \u00e0 son compte de jeter \u00e9galement un coup d\u2019\u0153il sur le march\u00e9 des successions.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>PORTRAITS<\/p>\n<p><strong>\u00abJ\u2019ai un \u00e9tat d\u2019esprit trop ind\u00e9pendant pour travailler avec mon p\u00e8re\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Marcel S\u00e9verin, fondateur de Sun Store, et son fils Cyril S\u00e9verin<\/p>\n<p>Deux noms, Marcel et Cyril S\u00e9verin ainsi qu\u2019un symbole, une trompette, figurent sur les \u00e9tiquettes des bouteilles du Domaine de Daley, dans le Lavaux. Ils r\u00e9sument l\u2019histoire familiale des S\u00e9verin. Le grand-p\u00e8re, Julien S\u00e9verin, un fameux joueur de trompette, vint de son Valais natal pour travailler comme ouvrier sur le domaine en 1933. Les vignes appartenaient alors \u00e0 des chanoines Fribourgeois. Cinq ans plus tard, le domaine est rachet\u00e9 par une famille de Lutry, les Bujard, et Julien S\u00e9verin continue d\u2019y travailler jusqu\u2019en 1958. Son fils, Marcel S\u00e9verin, fondateur et pr\u00e9sident de Sun Store, y passe ses premi\u00e8re ann\u00e9es avant de d\u00e9m\u00e9nager \u00e0 Lausanne et de conqu\u00e9rir le march\u00e9 des pharmacies suisses avec le succ\u00e8s que l\u2019on connait: Sun Store, qui vient d\u2019\u00eatre vendu \u00e0 Galenica, poss\u00e8de plus de 100 magasins dans toute la Suisse et son chiffre d\u2019affaires d\u00e9passe les 500 millions de francs. Lorsque l\u2019opportunit\u00e9 se pr\u00e9sente en 2003, Marcel S\u00e9verin rach\u00e8te le domaine du Daley et son fils Cyril en devient l\u2019exploitant \u00e0 34 ans. Ses vins gagnent plusieurs prix et fournissent les meilleurs restaurants de la r\u00e9gion. Une belle revanche de l\u2019histoire pour le petit-fils de l\u2019ouvrier viticole valaisan.<\/p>\n<p>\u00abJ\u2019ai travaill\u00e9 chez Sun Store avec mon p\u00e8re durant plusieurs ann\u00e9es, mais je ne me suis jamais imagin\u00e9 reprendre l\u2019entreprise, raconte Cyril S\u00e9verin. Je ne suis pas un commercial et je ne supporte pas d\u2019\u00eatre enferm\u00e9 dans un bureau. Et puis, j\u2019ai un \u00e9tat d\u2019esprit bien trop ind\u00e9pendant pour pouvoir travailler directement avec mon p\u00e8re! Mais j\u2019avoue sans honte que c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 Sun Store que j\u2019ai pu reprendre le domaine du Daley et me consacrer \u00e0 ma passion, la gastronomie.\u00bb<\/p>\n<p>Marcel S\u00e9verin se montre compr\u00e9hensif envers son fils: \u00abSes vins sont excellents et ont rafl\u00e9 plusieurs concours! Nous en avons beaucoup parl\u00e9 et je comprends qu\u2019il ne veuille pas reprendre Sun Store. C\u2019est une charge tr\u00e8s lourde. En Suisse, un dirigeant passe 80% de son temps \u00e0 se battre contre des r\u00e8glements \u00e9touffants et les syndicats, c\u2019est devenu insupportable. Et le monde de la pharmacie peut se comparer \u00e0 une jungle, dans laquelle il faut lutter pour rester \u00e0 la premi\u00e8re place, sans quoi on se fait avaler par les autres. Il faut \u00eatre extr\u00eamement vigilant et motiv\u00e9. On n\u2019est pas tous faits pour \u00e7a. De mon c\u00f4t\u00e9, Sun Store repr\u00e9sente toute ma vie, c\u2019est diff\u00e9rent.\u00bb<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019il a pris la d\u00e9cision de vendre son entreprise \u00e0 Galenica en avril dernier, Marcel S\u00e9verin a tenu \u00e0 en garder la pr\u00e9sidence. \u00abC\u2019est toujours difficile de vendre. Je souhaitais garder le contr\u00f4le sur la strat\u00e9gie, et que l\u2019identit\u00e9 de Sun Store, tout comme les emplois, soient maintenus. Mais les \u00e9motions ne doivent pas primer sur l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019entreprise.\u00bb<\/p>\n<p>Si Marcel S\u00e9verin a d\u00fb vendre Sun Store, le hasard du destin fait finalement bien les choses. C\u2019est parce qu\u2019aucun des enfants de Paul Bujard ne voulait reprendre le domaine de Daley qu\u2019il a finalement pu l\u2019acqu\u00e9rir pour que son fils en devienne l\u2019exploitant. Ce qui le fait sourire d\u2019un air malicieux: \u00abC\u2019est un hasard que nous avons tout de m\u00eame d\u00fb un peu provoquer\u2026\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abCe n\u2019est pas facile d\u2019\u00eatre la fille du patron\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Richard Racine, directeur g\u00e9n\u00e9ral de HPR et sa fille Anne-Christine Mota<\/p>\n<p>Sourires tendres et regards complices, une belle connivence unit Anne-Christine Mota \u00e0 son p\u00e8re, directeur g\u00e9n\u00e9ral et fondateur de HPR. Ce dernier a cr\u00e9\u00e9 son entreprise en 1988 avec l\u2019id\u00e9e pionni\u00e8re de r\u00e9unir sous un m\u00eame toit des comp\u00e9tences de courtage et d\u2019actuariat. Associ\u00e9 \u00e0 l\u2019actuaire Raymond Schmutz, une pointure dans le domaine, il emploie 100 personnes entre Gen\u00e8ve et Vevey. <\/p>\n<p>Une voie toute trac\u00e9e pour Anne-Christine? Si la jeune femme de 26 ans travaille depuis plusieurs ann\u00e9es chez HPR \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses \u00e9tudes, elle se destine \u00e0 une carri\u00e8re toute diff\u00e9rente: le journalisme. \u00abPendant mes \u00e9tudes de lettres, j\u2019ai beaucoup h\u00e9sit\u00e9, confie-t-elle. Je ne savais pas trop quoi faire et je m\u2019entendais si bien avec mon p\u00e8re\u2026Mais j\u2019aime beaucoup l\u2019\u00e9criture et lorsque j\u2019ai \u00e9t\u00e9 admise dans le master en journalisme, je me suis lanc\u00e9e dans cette voie.\u00bb<\/p>\n<p>Pour son p\u00e8re, ce choix n\u2019est pas facile \u00e0 dig\u00e9rer: \u00abBien s\u00fbr que je regrette sa d\u00e9cision, reconna\u00eet-il. Anne-Christine est intelligente et travaille tellement bien! Mais je suis aussi content qu\u2019elle ait trouv\u00e9 sa voie dans un m\u00e9tier passionnant. J\u2019aurais peut-\u00eatre \u00e9galement choisi une telle branche si j\u2019avais eu l\u2019occasion plus jeune\u2026\u00bb<\/p>\n<p>Les regrets sont moindres du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Anne-Christine. \u00abJe trouve le travail dans les assurances trop administratif. Et ce n\u2019est pas vraiment facile d\u2019\u00eatre la fille du patron. Les coll\u00e8gues nous consid\u00e8rent d\u2019une autre mani\u00e8re. Ils pensent souvent qu\u2019on b\u00e9n\u00e9ficie de privil\u00e8ges et cela me met mal \u00e0 l\u2019aise.\u00bb Malgr\u00e9 tout, Anne-Christine tient \u00e0 se laisser une porte ouverte dans l\u2019entreprise paternelle. \u00abHPR fait partie de ma vie et de mon identit\u00e9. J\u2019en ai entendu parler depuis toute petite et je suis fi\u00e8re du travail accompli par mon p\u00e8re. Suivant le cours que prend ma vie professionnelle, je n\u2019exclus pas d\u2019y revenir un jour. Dans tous les cas, je tiens \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sente lors des conseils d\u2019administration, histoire de perp\u00e9tuer la pr\u00e9sence et l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de la famille.\u00bb<\/p>\n<p>En attendant, Richard Racine et Raymond Schmutz, dont aucun des quatre enfants ne d\u00e9sire reprendre les rennes de HPR, ont empoign\u00e9 s\u00e9rieusement le probl\u00e8me de leur succession. \u00abJ\u2019ai 51 ans et mon associ\u00e9 63. Notre \u00e2ge nous force \u00e0 trouver une solution. Nous tenons trop \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 de notre entreprise et des emplois qu\u2019elle repr\u00e9sente pour pouvoir la vendre. La remise \u00e0 un tiers appara\u00eet donc actuellement comme la solution.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abLes comp\u00e9tences manag\u00e9riales ne s\u2019h\u00e9ritent pas\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Ueli Sch\u00fcrch, ancien CEO de Systems Assembling et pr\u00e9sident de Rel\u00e8ve PME, et sa fille Andrea Van Tilborgh<\/p>\n<p>Chez Systems Assembling \u00e0 Boudry (NE), l\u2019entreprise qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9e en 1997, Ueli Sch\u00fcrch ne se sent plus vraiment chez lui. Il a officiellement transmis sa PME sp\u00e9cialis\u00e9e dans la confection de c\u00e2bles, d\u2019appareils et de sch\u00e9mas \u00e9lectriques \u00e0 Markus Niederhauser le15 mars 2007. \u00abUn moment tr\u00e8s \u00e9mouvant, confie l\u2019ancien CEO. Nous avons organis\u00e9 une c\u00e9r\u00e9monie devant une centaine d\u2019employ\u00e9s. Et la date est tr\u00e8s symbolique, car c\u2019est \u00e0 la fois l\u2019anniversaire de mon successeur et de mon petit-fils\u2026\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019entreprise Systems Assembling reviendra-t-elle donc \u00e0 la famille Sch\u00fcrch dans une g\u00e9n\u00e9ration? Pour l\u2019instant, il n\u2019en est pas vraiment question. Andrea Van Tilborgh, 35 ans et fille unique d\u2019Ueli Sch\u00fcrch, est ing\u00e9nieure en agro-alimentaire et a travaill\u00e9 plusieurs ann\u00e9es dans ce domaine avant de se consacrer momentan\u00e9ment \u00e0 ses deux jeunes enfants. \u00abBien s\u00fbr qu\u2019avec mon mari, nous nous sommes pos\u00e9 la question de la reprise de l\u2019entreprise de mon p\u00e8re. Mais je n\u2019ai pas de formation d\u2019ing\u00e9nieur \u00e9lectrique et je n\u2019ai ni la comp\u00e9tence, ni le go\u00fbt pour le management. Ces choses-l\u00e0 ne s\u2019h\u00e9ritent pas. Lorsque je travaillais chez Systems Assembling durant mes \u00e9tudes, j\u2019appr\u00e9ciais le travail technique en atelier. Mais de l\u00e0 \u00e0 diriger l\u2019entreprise\u2026Plus de 100 employ\u00e9s, cela implique une sacr\u00e9e responsabilit\u00e9! Mon p\u00e8re a d\u00e9velopp\u00e9 cette entreprise et s\u2019est battu pour elle. Elle repr\u00e9sente toute sa vie. Il a plac\u00e9 la barre tr\u00e8s haut, je ne me voyais pas forc\u00e9ment capable d\u2019accomplir la m\u00eame chose.\u00bb<\/p>\n<p>Pas l\u2019ombre d\u2019un regret ne semble effleurer Andrea Van Tilborgh: \u00abJe ne me suis jamais identifi\u00e9e \u00e0 l\u2019entreprise paternelle, glisse-t-elle. Avec ma m\u00e8re, nous n\u2019\u00e9tions pas du genre \u00e0 pr\u00e9parer des g\u00e2teaux pour la f\u00eate de fin d\u2019ann\u00e9e. J\u2019ai plut\u00f4t \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par les absences de mon p\u00e8re et ses pr\u00e9occupations tr\u00e8s lourdes. Je souhaitais pouvoir consacrer plus de temps \u00e0 ma famille.\u00bb<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Ueli Sch\u00fcrch s\u2019estime serein: \u00abJe suis fier que ma fille ait trouv\u00e9 sa voie. Le fait qu\u2019elle n\u2019ait pas d\u00e9cid\u00e9 de suivre mes traces m\u2019a permis de mieux prendre mes distances avec mon entreprise et de la transmettre dans de bonnes conditions. Je profite maintenant de ma retraite et de mes petits-enfants, tout en sachant que Systems Assembling continue \u00e0 vivre et que les emplois sont maintenus. Cela \u00e9tait \u00e9videmment extr\u00eamement important pour moi.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans Bilan.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les jeunes sont de moins en moins nombreux \u00e0 vouloir reprendre le business familial. 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