



{"id":305,"date":"2000-01-17T00:00:00","date_gmt":"2000-01-16T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=305"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"etoy(s)","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=305","title":{"rendered":"L\u2019avenir du Net d\u00e9pend d\u2019une guerre juridique qui passe par la Suisse"},"content":{"rendered":"<p>Le Net est-il une plate-forme commerciale ou un espace de libre expression? Depuis quelques mois, ces deux conceptions d\u2019un m\u00eame r\u00e9seau s\u2019affrontent devant les tribunaux am\u00e9ricains et donnent lieu \u00e0 une incroyable saga qui passe par la Suisse. <\/p>\n<p>L\u2019agresseur s\u2019appelle <a href=http:\/\/www.etoys.com target=_blank>eToys.com<\/a>, une start-up californienne issue de l\u2019incubateur <a href=http:\/\/www.idealab.com>Idealab<\/a> et sp\u00e9cialis\u00e9e dans la vente en ligne de jouets. Fond\u00e9e en 1997, la compagnie est entr\u00e9e en bourse en mai 1999. Sa capitalisation boursi\u00e8re d\u00e9passe aujourd\u2019hui 6 milliards de dollars. Tout est dit.<\/p>\n<p>L\u2019agress\u00e9, c\u2019est etoy.com, un collectif d\u2019artistes alternatifs europ\u00e9ens dont le quartier g\u00e9n\u00e9ral se trouve \u00e0 Zurich. Il r\u00e9unit depuis 1995 des pionniers de l\u2019art sur le Net qui ont notamment gagn\u00e9 le prix \u00abGolden Nica\u00bb \u00e0 <a href=http:\/\/www.aec.at>Ars Electronica<\/a> en 1996.<\/p>\n<p>Dans leurs cr\u00e9ations, les artistes d\u2019etoy n\u2019ont pas peur d\u2019utiliser la provocation et de singer le comportement, les m\u00e9thodes et le discours entrepreneurial \u00e0 des fins artistiques. <\/p>\n<p>eToys et etoy co-existaient en paix jusqu\u2019\u00e0 ce jour d\u2019ao\u00fbt 1999 o\u00f9 un gosse en visite chez son grand-p\u00e8re cherche sur le Net des jouets pour son anniversaire et oublie le \u00abs\u00bb en introduisant l\u2019adresse de son site pr\u00e9f\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019enfant se retrouve sur la page d\u2019accueil d\u2019etoy.com qui l\u2019invite \u00e0 \u00abt\u00e9l\u00e9charger ce putain de Flash\u00bb afin de visionner la derni\u00e8re cr\u00e9ation du collectif. Il montre sa trouvaille \u00e0 son  grand-p\u00e8re, qui ne voit pas la diff\u00e9rence de nom et, outr\u00e9, \u00e9crit une lettre incendiaire au vendeur de jouets.<\/p>\n<p>Deux semaines plus tard, le 10 septembre 1999, le magasin de jouets attaque le collectif artistique pour utilisation ill\u00e9gale de marque d\u00e9pos\u00e9e et concurrence d\u00e9loyale.<\/p>\n<p>Ce qui corse cette banale histoire de nom de domaine, c\u2019est que l\u2019adresse etoy.com est tr\u00e8s ancienne: elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9e le 13 octobre 1995, soit bien avant celle d\u2019eToys.com, enregistr\u00e9e le 3 novembre 1997.<\/p>\n<p>Le collectif ne peut donc pas \u00eatre soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir volontairement \u00absquatt\u00e9\u00bb le nom de domaine pour le revendre plus tard \u00e0 un potentiel vendeur de jouets. Pour preuve, les artistes exploitent activement l\u2019adresse etoy.com depuis leurs d\u00e9buts. <\/p>\n<p>De plus, le choix du nom \u00abetoy\u00bb n\u2019a rien \u00e0 voir avec les jeux d\u2019enfants. Il a \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par une petite routine informatique sp\u00e9cialement \u00e9crite pour produire des noms de quatre lettres, affirme le collectif.<\/p>\n<p>Ne voulant plus d\u2019etoy.com dans son voisinage direct, le vendeur de jouets propose aux artistes un rachat du nom de domaine pour 500\u2019000 dollars, les enjoignant \u00e0 utiliser une adresse plus europ\u00e9enne comme etoy.ch. Mais les artistes, fid\u00e8les \u00e0 leur esprit alternatif, d\u00e9clinent la proposition en expliquant que \u00abl\u2019\u0153uvre s\u2019appelle etoy.com et vendre le nom de domaine signifierait la mort de l\u2019\u0153uvre\u00bb. <\/p>\n<p>Fin novembre, \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale, la justice californienne interdit au collectif l\u2019utilisation de son nom de domaine ainsi que la vente aux Etats-Unis de ses \u00abactions\u00bb, des bons de participation qui financent ses activit\u00e9s. Cette condamnation s\u2019assortit d\u2019une amende de 10&rsquo;000 dollars par jour de non application.<\/p>\n<p>Le 30 novembre 1999, le collectif interrompt donc son site etoy.com et s\u2019exile sur une <a href=http:\/\/146.228.204.72:8080>adresse num\u00e9rique<\/a>. Quelques jours plus tard, malgr\u00e9 l\u2019arr\u00eat du site, <a href=www.networksolutions.com>Network Solutions<\/a>, soci\u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019enregistrement de noms de domaine, prend l\u2019initiative de suspendre totalement le nom etoy.com provoquant ainsi la disparition des adresses e-mail du collectif.<\/p>\n<p>Les artistes reprennent espoir en apprenant que l\u2019autorit\u00e9 de r\u00e9gulation des patentes (US Patent &#038; Trademark Office) avait rejet\u00e9 la <a href=http:\/\/trademarks.uspto.gov\/cgi-bin\/ifetch4?ENG+ALL+3+948718+0+1+162083+F+11+12+1+etoys>demande d\u2019enregistrement<\/a> de la marque eToys le 15 novembre 1999.<\/p>\n<p>La demande d\u2019etoy \u00e9tant toujours en cours de proc\u00e9dure, les deux parties sont juridiquement au m\u00eame point. Les artistes d\u00e9cident donc d\u2019organiser leur d\u00e9fense et d\u2019attaquer eToys devant les tribunaux californiens pour obtenir la reconnaissance de son droit \u00e0 exploiter la marque \u00abetoy\u00bb aux Etats-Unis.<\/p>\n<p>L\u2019affaire ne fait que commencer. Une formidable mobilisation des internautes libertaires va faire reculer le magasin de jouets. Vous pouvez lire <a href=http:\/\/largeur.com\/expArt.asp?artID=306>ici<\/a> la deuxi\u00e8me partie de l\u2019histoire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1995, un collectif d&rsquo;artistes bas\u00e9 \u00e0 Zurich lance son site etoy.com. Quatre ans plus tard, le magasin eToys.com propose de racheter l\u2019adresse. Le refus des artistes d\u00e9clenche une saga judiciaire qui illustre le conflit entre deux visions du Net.<\/p>\n","protected":false},"author":1089,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-305","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technophile","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/305","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1089"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=305"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/305\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=305"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=305"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=305"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}