



{"id":3048,"date":"2010-01-04T18:31:16","date_gmt":"2010-01-04T16:31:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3048"},"modified":"2010-01-04T20:55:03","modified_gmt":"2010-01-04T18:55:03","slug":"image","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3048","title":{"rendered":"Le bling-bling est mort, vive le vrai"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large050110.jpg\" alt=\"large050110.jpg\" title=\"large050110.jpg\" width=\"468\" height=\"270\" border=\"0\" \/>Longtemps raill\u00e9 pour ses r\u00e9flexes de nouveau riche, Nicolas Sarkozy a troqu\u00e9 sa Rolex contre une plus discr\u00e8te Patek Philippe. Un exemple parmi d\u2019autres du retour \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 et au classicisme que l\u2019on observe aujourd\u2019hui dans tous les secteurs. Karl Lagerfeld parle de \u00abnew modesty\u00bb et m\u00eame les rappeurs am\u00e9ricains semblent se lasser des accessoires tapageurs, \u00e0 en croire les costumes deux pi\u00e8ces conventionnels que Jay-Z ou Kanye West arboraient aux derniers Grammy Awards.<\/p>\n<p>La chute de Duba\u00ef, empire de la d\u00e9mesure et capitale mondiale du bling-bling, ach\u00e8ve de d\u00e9montrer cette rapide mutation des valeurs. \u00abNous sommes \u00e0 la fin d\u2019un cycle, o\u00f9 les signes de l\u2019arrogance et du profit \u00e0 tout prix sont bannis\u00bb, r\u00e9sume G\u00e9rald Le Meur de l\u2019agence de communication Zenith Media \u00e0 Nyon. En mati\u00e8re de publicit\u00e9, on assiste ainsi \u00e0 un retour du \u00abv\u00e9ridique\u00bb avec un recours moins marqu\u00e9 \u00e0 des symboles clinquants et artificiels ou relevant de la r\u00e9ussite. Le discours et l\u2019expression se recentrent au contraire sur des valeurs plus authentiques et proches du peuple.<\/p>\n<p>Pour les marques, surtout dans le luxe, les ma\u00eetres mots tournent d\u00e9sormais autour des concepts d\u2019\u00e9coresponsabilit\u00e9, d\u2019h\u00e9ritage ou de \u00abpass\u00e9 vivifi\u00e9\u00bb. Dans le secteur horloger, s\u00e9v\u00e8rement touch\u00e9 par la conjoncture, le tournant est particuli\u00e8rement visible: l\u2019accent est de plus en plus souvent mis sur l\u2019objet lui-m\u00eame, voire sur sa technologie, plut\u00f4t que sur le glamour ou des ambassadrices \u00e0 la plastique de r\u00eave. La r\u00e9cente campagne de la marque Daniel Roth, dans laquelle des enfants montent consciencieusement des jouets m\u00e9caniques, en offre une bonne illustration. <\/p>\n<p>En mati\u00e8re de mode, m\u00eame des marques peu r\u00e9put\u00e9es pour leur discr\u00e9tion, comme Roberto Cavalli ou Dolce &#038; Gabbana, se sont assagies aussi bien dans leur communication que sur les podiums pour leurs lignes les plus ch\u00e8res.<\/p>\n<p>La m\u00eame tendance d\u2019un retour \u00e0 plus d\u2019authenticit\u00e9 s\u2019observe dans l\u2019h\u00f4tellerie: \u00abOn a assist\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 une surench\u00e8re et \u00e0 de nombreuses exag\u00e9rations en la mati\u00e8re, admet Jean-Jacques Gauer, directeur du Lausanne Palace. \u00c0 Duba\u00ef, les investissements \u00e9taient parfois tels que l\u2019on avait peur de s\u2019asseoir sur un fauteuil\u2026 Au contraire, en Suisse romande, nous avons su adapter notre offre aux attentes de notre client\u00e8le, dont l\u2019\u00e9chelle des valeurs s\u2019oriente toujours plus vers la responsabilit\u00e9, la solidarit\u00e9 ou l\u2019\u00e9cologie.\u00bb Ainsi, en mati\u00e8re de restauration, la client\u00e8le hupp\u00e9e du palace lausannois fait aujourd\u2019hui attention \u00e0 la provenance des aliments et se \u00abd\u00e9tourne de l\u2019eau min\u00e9rale en bouteille\u00bb. Des attitudes inimaginables il y a quelques ann\u00e9es. <\/p>\n<p>Les consid\u00e9rations relatives au transport ne sont pas en reste: \u00abRares sont les clients encore impressionn\u00e9s lorsque l\u2019on vient les chercher \u00e0 l\u2019a\u00e9roport en limousine, poursuit Jean-Jacques Gauer. Ils rel\u00e8vent en revanche l\u2019effort si l\u2019on utilise des v\u00e9hicules moins gourmands en carburant.\u00bb<\/p>\n<p>Une \u00e9volution que constate \u00e9galement Yves Gijrath, fondateur et directeur de la Millionaire Fair, qui lancera l\u2019ann\u00e9e prochaine deux nouvelles \u00e9ditions \u00e0 New Delhi et \u00e0 Anvers: \u00abLes crises n\u2019ont pas que des aspects n\u00e9gatifs: elles permettent aux go\u00fbts d\u2019\u00e9voluer. En l\u2019occurrence, celle-ci a permis de revenir \u00e0 des styles plus contemporains et minimalistes. Les designers \u00e9taient all\u00e9s beaucoup trop loin ces derni\u00e8res ann\u00e9es pour plaire aux nouveaux consommateurs de luxe en Chine, en Inde ou en Russie. Aujourd\u2019hui, ceux-ci ne s\u2019int\u00e9ressent plus uniquement aux prix, mais aussi \u00e0 la tradition derri\u00e8re les marques. L\u2019aspect \u201cluxe vert\u00a0\u00bb est \u00e9galement tr\u00e8s pr\u00e9sent, notamment dans l\u2019industrie automobile.\u00bb<\/p>\n<p>Il suffit de s\u2019attarder sur les ventes de voitures neuves en Suisse pour s\u2019en rendre compte: selon l\u2019Association des importateurs suisses d\u2019automobiles, entre 2008 et 2009, la baisse pour les mod\u00e8les de sport ou de luxe atteignait 27%, contre 10% pour le march\u00e9 total. Au niveau international, une marque comme Porsche a vu ses ventes chuter de 24% durant cette m\u00eame p\u00e9riode. Quant aux exportations horlog\u00e8res suisses, elles ont d\u00e9gringol\u00e9 de plus de 25% en moins d\u2019un an, comme le rel\u00e8ve la F\u00e9d\u00e9ration de l\u2019industrie horlog\u00e8re suisse (FH).<\/p>\n<p>Cette baisse de la consommation d\u2019objets de prestige s\u2019explique en partie, selon Diana Jaff\u00e9, sp\u00e9cialiste en marketing des genres, par la \u00abculpabilit\u00e9 que ressentiraient certaines professions, notamment dans la finance\u00bb. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, toujours selon elle, les hommes, qui cherchent davantage \u00e0 \u00abd\u00e9montrer qui ils sont en soci\u00e9t\u00e9\u00bb et dont la consommation d\u2019objets de luxe renvoie de mani\u00e8re plus marqu\u00e9e \u00e0 l\u2019affirmation d\u2019un statut social, seraient plus concern\u00e9s par le ph\u00e9nom\u00e8ne que les femmes. Celles-ci ont par exemple moins frein\u00e9 leur consommation en mati\u00e8re de pr\u00eat-\u00e0-porter ou de maroquinerie (des secteurs certes plus accessibles que certaines voitures ou montres de luxe qui s\u2019adressent en priorit\u00e9 \u00e0 un public masculin). Cela se confirme par la bonne marche des affaires d\u2019un groupe comme Herm\u00e8s, dont le chiffre d\u2019affaires est rest\u00e9 stable au premier semestre 2009 ou de la marque Louis Vuitton, qui a connu durant la m\u00eame p\u00e9riode une croissance \u00e0 deux chiffres.<\/p>\n<p>Dans un rapport d\u00e9taill\u00e9 sur l\u2019\u00e9tat du march\u00e9 mondial du luxe, le cabinet Bain &#038; Company dresse un constat comparable. Il souligne que le secteur a enregistr\u00e9 une baisse de ses ventes globales de 8% en 2009 et m\u00eame de 16% uniquement en Am\u00e9rique. Les articles les plus ostentatoires (bijoux, montres et autres accessoires) souffrent particuli\u00e8rement de la d\u00e9saffection des acheteurs traditionnels, soumis \u00e0 cette \u00abhonte du luxe\u00bb.<br \/>\n______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans l&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est une cons\u00e9quence de la crise: les go\u00fbts de luxe et de clinquant se sont apais\u00e9s. Le style se fait sobre et les valeurs moins mat\u00e9rialistes. Enqu\u00eate sur la fin du bling.<\/p>\n","protected":false},"author":18920,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3048","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3048","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/18920"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3048"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3048\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3048"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3048"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3048"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}