



{"id":3038,"date":"2009-12-16T18:42:26","date_gmt":"2009-12-16T16:42:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3038"},"modified":"2009-12-16T19:57:30","modified_gmt":"2009-12-16T17:57:30","slug":"interview","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3038","title":{"rendered":"\u00abLe conformisme ambiant m\u2019afflige\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large171209.jpg\" alt=\"large171209.jpg\" title=\"large171209.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/>Une odeur de fum\u00e9e flotte dans la pi\u00e8ce. Marc Bonnant s\u2019en excuse. \u00abNous pouvons ouvrir les fen\u00eatres si vous le souhaitez.\u00bb L\u2019ancien b\u00e2tonnier a re\u00e7u Largeur.com dans son \u00e9tude, nich\u00e9e dans une belle b\u00e2tisse en Vieille-Ville genevoise. Avec humour et courtoisie, il d\u00e9montre ses talents d\u2019orateur totalement \u00ablibre de sa parole\u00bb.<\/p>\n<p><strong>L\u2019an dernier, vous annonciez publiquement votre refus d\u2019\u00e9teindre votre cigarette dans les bistrots genevois malgr\u00e9 l\u2019interdiction. Vous vous \u00eates montr\u00e9 plus discret lors de la deuxi\u00e8me votation en 2009. Regrettez-vous vos propos? <\/strong><\/p>\n<p>Je ne regrette en aucune mani\u00e8re ce que j\u2019ai dit. On m\u2019a demand\u00e9 mille fois depuis lors de m\u2019exprimer sur le tabac. Je crois avoir \u00e9clus\u00e9 les possibles d\u2019un argumentaire. Je comprends parfaitement l\u2019imp\u00e9ratif de sant\u00e9 publique, mais je trouve absurde qu\u2019une loi emp\u00eache des gens de bonne compagnie, qui en sont d\u2019accord, de fumer. Du temps o\u00f9 cette interdiction n\u2019existait pas, je n\u2019allumais pas une cigarette sans m\u2019assurer aupr\u00e8s de ma voisine, qu\u2019elle n\u2019y voyait pas d\u2019inconv\u00e9nient, r\u00e9servant aux femmes des \u00e9gards que les hommes ne m\u2019inspirent pas. <\/p>\n<p><strong>Mais comment vous comportez-vous \u00e0 pr\u00e9sent dans un \u00e9tablissement public?<\/strong><\/p>\n<p>Je fume n\u00e9cessairement moins, je ne veux pas mettre les aubergistes dans l\u2019embarras. <\/p>\n<p><strong>Vous vous opposiez \u00e0 cette loi au nom de la libert\u00e9 individuelle. Craignez-vous pour l\u2019avenir de ce principe?<\/strong><\/p>\n<p>Pour l\u2019instant, on proscrit beaucoup de choses ; puis on prescrira. C\u2019est ainsi que, peu \u00e0 peu, la libert\u00e9 s\u2019\u00e9tiole. Nous nous croyons plus libres que nos p\u00e8res, nous le sommes infiniment moins. Nous sommes sexuellement plus libres, on s\u2019envoie en l\u2019air dans la gaiet\u00e9. Mais il y a 50 ans, les journalistes, les pamphl\u00e9taires, les essayistes ou les \u00e9crivains se permettaient des violences et des cruaut\u00e9s qui aujourd\u2019hui donneraient lieu \u00e0 des sanctions imm\u00e9diates. La libert\u00e9 d\u2019expression est limit\u00e9e, non parce que l\u2019Etat intervient. Elle advient par une sorte de jeu d\u2019alignement des consciences. Tout le monde pense la m\u00eame chose. Cette censure par la conscience collective se r\u00e9v\u00e8le infiniment plus difficile \u00e0 combattre. On peut combattre l\u2019Etat ou les juges; on ne combat pas le nombre.<\/p>\n<p><strong>Chacun devrait donc s\u2019exprimer davantage?<\/strong><\/p>\n<p>Je suis, naturellement, pour une totale libert\u00e9 d\u2019expression. Mais la parole accueillie de tous devient la parole insignifiante de chacun.Toutes paroles ne sonnent pas de m\u00eame mani\u00e8re, ni ne portent une m\u00eame autorit\u00e9. Aujourd\u2019hui, une personne ayant acquis un type de notori\u00e9t\u00e9 hors l\u2019exercice de l\u2019intelligence et de la culture intervient au titre de cette notori\u00e9t\u00e9 sur la sc\u00e8ne publique pour prendre position. C\u2019est ainsi que Mme B\u00e9art a des opinions sur les flux migratoires, que Loana se prononce sur Stendhal\u2026tout le monde se prononce sur tout! Navrante cacophonie. Dans l\u2019ordre de l\u2019intelligence, il y a de nombreux usurpateurs et d\u2019innombrables boufons.<br \/>\nDe m\u00eame, les journalistes interrogent des inconnus sur tout sujet. \u00abQue pensez-vous de la chute du mur de Berlin ou de la castration des obs\u00e9d\u00e9s sexuels?\u00bb Et Monsieur, qui n\u2019en pense strictement rien parce que l\u2019intelligence n\u2019est pas son fort, hasarde quelques platitudes; imm\u00e9diatement l\u2019animateur le met en relation avec une autre idiote, une rombi\u00e8re, elle aussi ignare, qui trompe son ennui en d\u00e9couvrant le bonheur, croit-elle, de penser. Cette mani\u00e8re de solliciter l\u2019opinion de tous est r\u00e9put\u00e9e un raffinement de la d\u00e9mocratie. Pour moi, elle ne fait que d\u00e9valoriser la pens\u00e9e. Que les intellectuels pensent, que les sportifs suent, que les chanteurs chantent, et que les imb\u00e9ciles fassent des rondes. La nature a cr\u00e9\u00e9 une multitude d\u2019\u00eatres inutiles; grand dieu, pourquoi leur donner la parole? <\/p>\n<p><strong>Vous semblez en col\u00e8re contre la soci\u00e9t\u00e9\u2026<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai la nostalgie d\u2019un monde qui n\u2019est plus, c\u2019\u00e9tait le mien, celui qui m\u2019\u00e9tait familier. Quand, soudainement, nous sommes sortis de la \u00abgalaxie de Gutenberg\u00bb &#8211; pour reprendre la formule de McLuhan (Herbert Marshall, sociologue canadien, ndlr) &#8211; pour entrer dans la videosph\u00e8re, j\u2019ai eu le sentiment que je quittais le monde. Mais la fin de mon temps, n\u2019est pas la fin des temps, ni du temps. D\u2019autres \u00eatres naissent, ils ont une autre grammaire, d\u2019autres codes, d\u2019autres r\u00eaves et images. Le fait que je n\u2019entende rien \u00e0 leur discours ne me fait pas nier qu\u2019ils en aient un. <\/p>\n<p><strong>Que regrettez-vous de \u00abvotre monde\u00bb?<\/strong><\/p>\n<p>Un r\u00e9cent sondage en France demandait \u00e0 la jeunesse quelle \u00e9tait son ambition: 70% des jeunes interrog\u00e9s veulent devenir fonctionnaires. Croyez-vous que ce soit par passion de la fonction publique? Est-ce le fr\u00e9missement de vivre au guichet? Que non pas. C\u2019est le statut et sa permanence qui sont ici voulus. Une jeunesse qui vise la s\u00e9curit\u00e9 est une jeunesse d\u00e9j\u00e0 morte. Ma jeunesse r\u00eavait \u00e0 des horizons \u00e0 d\u00e9passer, \u00e0 des cimes \u00e0 atteindre. Ma g\u00e9n\u00e9ration voulait la r\u00e9volution! Le risque, les ascensions et les chutes, l\u2019amplitude des mouvements font la grandeur d\u2019un peuple. Nous exaltons le mouvement, mais nous le craignons. Nos vies sont berc\u00e9es par de tr\u00e8s modestes oscillations. Et chacun de consid\u00e9rer que cette situation est heureuse. Notre soci\u00e9t\u00e9 s\u00e9curitaire, intellectuellement apais\u00e9e, financi\u00e8rement bord\u00e9e, que cr\u00e9e-t-elle? Notre si\u00e8cle est-il \u00e0 l\u2019origine d\u2019une \u0153uvre majeure? Rien! Que des coassements de nains! Que sont nos vies ? Un engouement pour l\u2019inanit\u00e9, le culte du futile. Nous faisons du sport, nous regardons la t\u00e9l\u00e9vision, nous nous agglutinons marchant solidaires jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ab\u00eeme, nous faisons l\u2019amour sans le sens du p\u00each\u00e9 et nous mangeons des cacahuettes\u2026<br \/>\nLe conformisme ambiant m\u2019afflige. Nous sommes des sujets collectifs, tous vou\u00e9s aux m\u00eames t\u00e2ches, pensant tous la m\u00eame chose. Je n\u2019aime pas le consensus, je n\u2019aime pas les pens\u00e9es align\u00e9es. Si vous deviez me donner dix valeurs aujourd\u2019hui c\u00e9l\u00e9br\u00e9es, telles que l\u2019\u00e9galit\u00e9, la tol\u00e9rance ou la compassion, aucune d\u2019entre elles ne me retient un seul instant. Toutes provoquent chez moi une belle fureur. J\u2019ai le go\u00fbt de la hi\u00e9rarchie des \u00eatres, de la grandeur de l\u2019effort, de la beaut\u00e9 du sacrifice, de la primaut\u00e9 de l\u2019intelligence et de la souverainet\u00e9 de la culture.<\/p>\n<p><strong>En tant qu\u2019avocat, vous avez trait\u00e9 des centaines de cas en plus de 40 ans de carri\u00e8re. Est-ce qu\u2019une affaire vous a davantage marqu\u00e9 que les autres?<\/strong><\/p>\n<p>Je citerais le cas du b\u00e2tonnier Pierre Jaccoud, dans les ann\u00e9es 1960. Il \u00e9tait un avocat \u00e9blouissant, mais \u00e9galement le pr\u00e9sident du Grand Conseil et celui du parti radical. Un jour, il est arr\u00eat\u00e9. On l\u2019accuse d\u2019avoir assassin\u00e9 le p\u00e8re du nouvel amant de son ex-ma\u00eetresse. Jeune avocat, j\u2019ai plaid\u00e9 la r\u00e9vision. J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s proche de cet homme dont je n\u2019ai jamais perc\u00e9 le myst\u00e8re. Il ne se disait pas innocent, il se sentait innocent. Une chose qui m\u2019a beaucoup frapp\u00e9! Et dans ce dossier, j\u2019ai lu les plus belles lettres d\u2019amour qu\u2019il m\u2019est arriv\u00e9 de lire.<\/p>\n<p><strong>Vous avez r\u00e9cemment repr\u00e9sent\u00e9 les enfants d\u2019Edouard Stern, abattu par C\u00e9cile Brossard, son ex-ma\u00eetresse. Les lettres d\u2019amour \u00e9chang\u00e9es entre le banquier et cette jeune femme \u00e9taient-elles aussi belles?<\/strong><\/p>\n<p>Je dois dire que Mme Brossard \u00e9crit bien. Elle a une veine litt\u00e9raire, un sens de l\u2019image. Elle lit beaucoup. D\u2019ailleurs, je pense qu\u2019elle fr\u00e9quentait des hommes dont l\u2019esprit la retenait. La passion qu\u2019Edouard Stern a suscit\u00e9e chez elle ne tenait pas principalement de sa condition sociale. Je pense qu\u2019elle \u00e9tait fascin\u00e9e par cette ouverture au monde des livres et de l\u2019art\u2026 Au fond, tout ce qui \u00e9l\u00e8ve l\u2019\u00e2me. <\/p>\n<p><strong>Vous \u00eates une personnalit\u00e9 fortement m\u00e9diatis\u00e9e. Telle une star, un people! Cultivez-vous consciemment ce statut?<\/strong><\/p>\n<p>Non pas du tout. J\u2019ai conscience d\u2019avoir plaid\u00e9 des causes importantes et d\u2019avoir obtenu quelques succ\u00e8s de cour. Cela est un peu c\u00e9l\u00e9br\u00e9, peut-\u00eatre. J\u2019y vois de l\u2019amiti\u00e9 et un hommage rendu \u00e0 mon go\u00fbt de la langue. <\/p>\n<p><strong>Votre langue, justement. La presse ne cesse de souligner votre talent oratoire. On finit m\u00eame par vous qualifier de \u00abmanuel de grammaire ambulant\u00bb. Ces remarques ne vous agacent-elles pas \u00e0 la longue?<\/strong><\/p>\n<p>Si cela \u00e9tait vrai, je craindrais le pire! (rires) Car un manuel de grammaire est profond\u00e9ment ennuyeux! M\u00eame si moi je trouve des d\u00e9lices \u00e0 la grammaire. C\u2019est l\u00e0 une de mes pathologies singuli\u00e8res. Oui, j\u2019aurais aim\u00e9 \u00eatre grammairien; cela dit, je n\u2019aime pas la formule \u00abj\u2019aurais aim\u00e9 \u00eatre\u00bb, qui sonne comme si je r\u00e9cusais une vie qui me va parfaitement. <\/p>\n<p><strong>Utilisez-vous ce talent pour s\u00e9duire la gent f\u00e9minine?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai certainement beaucoup parl\u00e9 aux femmes. Mais grand dieu, qu\u2019aurais-je eu \u00e0 leur offrir en dehors de la parole? Je n\u2019ai jamais con\u00e7u que l\u2019on m\u2019aim\u00e2t silencieux. S\u2019il m\u2019est arriv\u00e9 d\u2019effleurer quelques \u00e2mes, peut-\u00eatre de chavirer quelques c\u0153urs, c\u2019\u00e9tait toujours par des mots.<\/p>\n<p><strong>L\u2019envie d\u2019\u00e9crire ne vous titille-t-elle pas?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai trop le go\u00fbt des lettres pour confondre le g\u00e9nie avec quelques facilit\u00e9s langagi\u00e8res. Aujourd\u2019hui, tout le monde \u00e9crit &#8212; surtout les illettr\u00e9s &#8212;, consid\u00e9rant que de raconter sa vie suffit. Des avocats \u00e9crivent des livres, qui rarement m\u2019enthousiasment. Parce qu\u2019une tr\u00e8s belle carri\u00e8re ne fait pas un bel \u00e9crivain. Si j\u2019avais eu la mati\u00e8re d\u2019un livre unique, d\u2019un livre rare, je l\u2019eusse \u00e9crit. Mon esprit me permet la parole qui est \u00e9ph\u00e9m\u00e8re mais non l\u2019\u00e9crit qui dure. <\/p>\n<p><strong>Vous avez 65 ans. L\u2019\u00e2ge de la retraite?<\/strong><br \/>\nLa retraite est un mot ordurier, comme le mot \u00abvacances\u00bb! Mes collaborateurs savent qu\u2019il ne faut pas prononcer ce terme, la vacance est une vacuit\u00e9 et un plaisir trop commun pour que j\u2019y consente. Si quelqu\u2019un franchit cette porte en me disant \u00abje veux prendre des vacances\u00bb, pire \u00ab j\u2019en ai besoin\u00bb, je mets un terme imm\u00e9diat \u00e0 son contrat de travail. Il peut en revanche recourir \u00e0 des p\u00e9riphrases. \u00abIl me plairait tant, \u00f4 ma\u00eetre stellaire, de m\u2019absenter quelques jours pour aller me recueillir sur le Parth\u00e9non.\u00bb Dans ce cas-l\u00e0, je lui r\u00e9ponds, \u00abva mon petit.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Votre prochain voyage?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Italie, sans doute. Suite \u00e0 un myst\u00e8re de la g\u00e9n\u00e9tique, je trouve que mes g\u00eanes italiens sont dominants, mes g\u00eanes genevois sont r\u00e9cessifs, donc si je continue \u00e0 ce rythme joyeux, je finirai totalement italien. Parmi les g\u00e9nies innombrables du peuple transalpin, il y a un sens tr\u00e8s aigu de la beaut\u00e9, dont vous  trouvez la traduction miraculeuse presque sur chaque centim\u00e8tre carr\u00e9 de ce pays et chez ses \u00eatres; je trouve les italiens beaux et les italiennes bouleversantes.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Biographie<\/p>\n<p>En 1944, Marc Bonnant, fils de diplomate, voit le jour dans un couvent tessinois. \u00abMon p\u00e8re \u00e9tait alors en poste \u00e0 Milan. Il y avait des bombardements, ma m\u00e8re est donc venue accoucher en Suisse; les h\u00f4pitaux \u00e9tant pleins, elle m\u2019a mise au monde dans un lieu de culte, sans m\u00e9decin, ni sage-femme.\u00bb A 11 ans, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 quatre ans au Portugal, le jeune Bonnant s\u2019installe avec ses parents \u00e0 Hong Kong, o\u00f9 il dit \u00abd\u00e9couvrir la notion de privil\u00e8ge\u00bb. \u00abNous y \u00e9tions servis, prot\u00e9g\u00e9s, r\u00e9v\u00e9r\u00e9s. J\u2019avais le sentiment confus que ce n\u2019\u00e9tait pas la norme; je n\u2019attribuais pas cette situation \u00e0 des m\u00e9rites particuliers, mais au hasard d\u2019une condition.\u00bb De retour en Suisse en 1960, il poursuit ses \u00e9tudes au Coll\u00e8ge Calvin. Au cours de sa carri\u00e8re d\u2019avocat, il plaide dans de grandes affaires comme celles du ravissement de la fille de Fr\u00e9d\u00e9ric Dard. En 2003, Jacques Chirac, alors pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, lui attribue les insignes de Chevalier dans l&rsquo;Ordre de la l\u00e9gion d&rsquo;honneur en r\u00e9compense \u00abdes services \u00e9minents rendus \u00e0 la France, \u00e0 sa langue et \u00e0 sa culture\u00bb.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Trajectoire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>T\u00e9nor du barreau genevois, Marc Bonnant d\u00e9nonce le rel\u00e2chement et la lassitude de notre soci\u00e9t\u00e9. De son verbe l\u00e9gendaire, l\u2019avocat livre son regard sur un monde qu\u2019il dit ne plus \u00eatre le sien. <\/p>\n","protected":false},"author":19078,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-3038","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-glocal","glocal"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3038","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19078"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3038"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3038\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3038"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3038"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3038"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}