



{"id":2925,"date":"2009-07-26T21:41:40","date_gmt":"2009-07-26T19:41:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2925"},"modified":"2011-06-14T11:21:18","modified_gmt":"2011-06-14T09:21:18","slug":"recherche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2925","title":{"rendered":"Quand la science \u00e9claire la crise financi\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wordpressfr\/wp-content\/uploads\/large270709.jpg\" alt=\"large270709.jpg\" title=\"large270709.jpg\" width=\"468\" height=\"280\" border=\"0\" \/>\u00abSachant que la m\u00e9t\u00e9o est mod\u00e9r\u00e9e 95% du temps, un marin peut-il se permettre d\u2019ignorer la possibilit\u00e9 d\u2019un typhon?\u00bb Cette question, pos\u00e9e dans le Scientific American par le math\u00e9maticien Beno\u00eet Mandelbrot, illustre bien le dilemme de la finance.<\/p>\n<p>A voir les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par la crise actuelle, les \u00e9conomistes ont  totalement n\u00e9glig\u00e9 la possibilit\u00e9 du \u00abperfect storm\u00bb, cet orage d\u2019une violence exceptionnelle qui survient lors d\u2019une combinaison malheureuse d\u2019\u00e9v\u00e9nements m\u00e9t\u00e9orologiques distincts. Et cet orage parfait a transform\u00e9 la croisi\u00e8re de luxe des banquiers de Wall Street, Londres et Zurich en un naufrage digne du Titanic. <\/p>\n<p>Les traders prennent ici le r\u00f4le des marins et les \u00e9conomistes celui des m\u00e9t\u00e9orologues. Les \u00abquants\u00bb, ces analystes quantitatifs bard\u00e9s de dipl\u00f4mes en math\u00e9matique et physique, d\u00e9veloppent les nouvelles technologies de navigation (moteurs surpuissant, GPS, etc.). Et les bourses, telles les oc\u00e9ans, forment un syst\u00e8me complexe en perp\u00e9tuel mouvement, qu\u2019il s\u2019agit de pr\u00e9voir pour pouvoir y naviguer avec succ\u00e8s &#8212; et \u00e9viter la noyade. <\/p>\n<p>Le mod\u00e8le n\u00e9oclassique de l\u2019\u00e9conomie voit les march\u00e9s comme un oc\u00e9an stable, agit\u00e9 de petites vaguelettes al\u00e9atoires et ind\u00e9pendantes. Celles-ci repr\u00e9sentent les innombrables transactions financi\u00e8res qui se font chaque jour. Ces petits mouvement autour d\u2019un niveau relativement stable provient de la loi de l\u2019offre et de la demande: le prix d\u2019une action monte et descend \u00e0 chaque fois qu\u2019un courtier en ach\u00e8te ou en vend une. <\/p>\n<p> \u00abUn march\u00e9 efficace est un march\u00e9 chaotique, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9sordonn\u00e9 et al\u00e9atoire, souligne Didier Sornette, professeur de finance et d\u2019\u00e9conomie \u00e0 l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Zurich (EPFZ). C\u2019est un paradoxe pour beaucoup de gens qui pensent que l\u2019ordre est une bonne chose. Mais un march\u00e9 trop ordonn\u00e9 est le sympt\u00f4me d\u2019un probl\u00e8me. Par exemple, si tous les courtiers pensent la m\u00eame chose, on a une majorit\u00e9 d\u2019acheteurs ou de vendeurs, ce qui peut cr\u00e9er un manque de liquidit\u00e9. Il faut du d\u00e9sordre dans les march\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019absence de vagues sur une mer compl\u00e8tement lisse est suspecte: c\u2019est le calme avant la temp\u00eate.<\/p>\n<p><strong>L\u2019erreur de la gaussienne<\/strong><\/p>\n<p>Dans cet oc\u00e9an de petites vagues domine la gaussienne, la courbe en forme de cloche qui d\u00e9crit en statistique l\u2019effet combin\u00e9 d\u2019une multitude de ph\u00e9nom\u00e8nes ind\u00e9pendants. Les financiers l\u2019utilisent pour, entre autres, estimer les espoirs de gains d\u2019un portfolio d\u2019actions ainsi que les risques de perte: pour chaque valeur, la hauteur de la courbe indique la probabilit\u00e9 de la voir se r\u00e9aliser apr\u00e8s un certain laps de temps. <\/p>\n<p>Si le portefeuille est bien diversifi\u00e9, le mouvement de chaque action est ind\u00e9pendant des autres, et en les additionnant, on obtient la gaussienne: une courbe qui d\u00e9cro\u00eet tr\u00e8s vite autour d\u2019une valeur moyenne. Ainsi, la probabilit\u00e9 d\u2019un \u00e9v\u00e8nement situ\u00e9 loin de la moyenne, comme une perte majeure ou un gain \u00e9norme, est tr\u00e8s petite. <\/p>\n<p>Malheureusement, cette description est trop simpliste. La d\u00e9croissance exponentielle de la gaussienne est trop rapide. Elle sous-estime la probabilit\u00e9 d\u2019\u00e9v\u00e8nements extr\u00eames, comme la faillite d\u2019une banque ou un jackpot d\u00fb \u00e0 une bulle sp\u00e9culative. Par d\u00e9finition, ce sont des \u00e9v\u00e8nements rarissimes et presque impr\u00e9visibles. Mais lorsqu\u2019ils arrivent, ces \u00abblack swans\u00bb, \u00abkings\u00bb ou \u00aboutliers\u00bb font un maximum de d\u00e9g\u00e2ts &#8212; comme la succession de la crise des subprimes et des produits d\u00e9riv\u00e9s du cr\u00e9dit, qui a form\u00e9 un \u00abperfect storm\u00bb.<\/p>\n<p>Les statistiques des prix de la bourse loin de la moyenne ob\u00e9issent en fait \u00e0 une loi de puissance telle que la loi de Pareto (du nom de l\u2019\u00e9conomiste italien Vilfredo Pareto). Non seulement ces \u00e9v\u00e8nements rarissimes arrivent plus souvent que pr\u00e9vus, mais lorsqu\u2019ils arrivent, les d\u00e9g\u00e2ts sont pires.<\/p>\n<p>\u00abAujourd\u2019hui, l\u2019analyse de risque se focalise encore beaucoup trop sur la gaussienne, souligne Paul Embrechts, professeur de math\u00e9matiques financi\u00e8res et directeur du RiskLab \u00e0 l\u2019EPFZ. Elle consid\u00e8re la probabilit\u00e9 qu\u2019un \u00e9v\u00e8nement d\u00e9favorable arrive, mais ne dit pas combien de perte il occasionnera r\u00e9ellement.\u00bb <\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019un des d\u00e9fauts du Value-at-Risk (VaR), une technique d\u2019analyse de risque intronis\u00e9e par les accords de B\u00e2le II, l\u2019ensemble de normes de r\u00e9gulations bancaires internationales publi\u00e9 en 2004 par le Comit\u00e9 de B\u00e2le de la Banque des r\u00e8glements internationaux. Alli\u00e9 \u00e0 des \u00e9conomistes, le math\u00e9maticien avait tent\u00e9 en 2001 d\u2019alerter le Comit\u00e9 de B\u00e2le sur les risques li\u00e9s \u00e0 l\u2019utilisation syst\u00e9matique du VaR. Sans succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Le chercheur utilise lui aussi l\u2019analogie marine: \u00abLe VaR convient bien au domaine des catastrophes naturelles, comme les inondations. Par exemple, une digue de plus de cinq m\u00e8tres a \u00e9t\u00e9 construite autour d\u2019Amsterdam pour la prot\u00e9ger contre des crues exceptionnelles n\u2019arrivant en principe que tous les dix mille ans. La technique du VaR a permis de calculer la hauteur de la digue, mais sans chiffrer les d\u00e9g\u00e2ts occasionn\u00e9s si elle est d\u00e9bord\u00e9e, qui en finance correspondent aux pertes qu\u2019un investisseur va effectivement subir.\u00bb <\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me probl\u00e8me: le VaR n\u2019est pas une bonne mesure de risque financier, car il ne respecte pas le principe de diversification, bien d\u00e9crit par le proverbe \u00abIl ne faut pas mettre tous les \u0153ufs dans le m\u00eame panier\u00bb. En diversifiant ses portfolios dans diff\u00e9rents paniers, le risque total doit \u00eatre inf\u00e9rieur \u00e0 la somme des risques de chaque portfolio pris individuellement. De plus, le VaR sous-estime gravement les risques endog\u00e8nes li\u00e9s \u00e0 la structure m\u00eame du march\u00e9 ainsi que les effets d\u2019interd\u00e9pendance et de contagion, comme par exemple les faillites simultan\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Contagions et fi\u00e8vres de march\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Si un marin peut raisonnablement ignorer le risque qu\u2019un ouragan en Mer de Chine n\u2019engendre une temp\u00eate en M\u00e9diterran\u00e9e, des effets de foules dans des march\u00e9s peuvent cr\u00e9er des mouvements de panique, des crevaisons de bulles sp\u00e9culatives, et des banqueroutes g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es. Autant de m\u00e9canismes que l\u2019analyse de risque standard n\u2019arrive pas \u00e0 bien prendre en compte.<\/p>\n<p>Les \u00e9conomistes comportementaux se sont pench\u00e9s sur les aspects psychologiques de la finance depuis les ann\u00e9es 70 d\u00e9j\u00e0, \u00e0 l\u2019aide de la th\u00e9orie des jeux et d\u2019exp\u00e9riences de psychologie. Mais ces r\u00e9sultats sont souvent ignor\u00e9s dans la pratique.<\/p>\n<p>Pour Hens Thorsten, professeur d\u2019\u00e9conomie financi\u00e8re \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Zurich, le probl\u00e8me provient d\u2019un cloisonnement trop grand entre les diff\u00e9rentes disciplines: les travaux de psychologie ont de la peine \u00e0 se faire une place dans le monde de la finance quantitative, centr\u00e9 sur les math\u00e9matiques. Il est n\u00e9anmoins possible, \u00e0 l\u2019instar de Didier Sornette, de d\u00e9velopper des mod\u00e8les math\u00e9matiques et informatiques qui mod\u00e9lisent de tels effets.<\/p>\n<p>Cette vision simpliste &#8212; le mod\u00e8le n\u00e9oclassique est faux parce qu\u2019il ignore les aspects psychologiques &#8212;  ne satisfait pas Peter Bossaerts, un chercheur de l\u2019EPFL qui utilise les deux approches dans ses travaux.<\/p>\n<p>\u00abObjectivement, il n\u2019est pas possible de trouver dans les donn\u00e9es boursi\u00e8res des preuves que le mod\u00e8le n\u00e9oclassique ne fonctionne pas, souligne le chercheur. Ces donn\u00e9es sont trop \u00abbruyantes\u00bb, trop chaotiques, pour pouvoir y trouver une explication des m\u00e9canismes fondamentaux du march\u00e9. C\u2019est comme vouloir trouver des lois fondamentales de la physique en se basant uniquement sur des mesures m\u00e9t\u00e9orologiques\u2026\u00bb<\/p>\n<p><strong>Ing\u00e9nierie financi\u00e8re ou armes de destruction massive?<\/strong><\/p>\n<p>Les math\u00e9matiques financi\u00e8res ne sont pas uniquement utilis\u00e9es pour analyser les risques de march\u00e9. Propuls\u00e9es par l\u2019arriv\u00e9e des \u00abquants\u00bb \u00e0 Wall Street, elles servent surtout \u00e0 imaginer des nouveaux instruments financiers d\u2019une complexit\u00e9 croissante et \u00e0 estimer leur prix. Ces nombreuses innovations compliquent bien \u00e9videmment la t\u00e2che des \u00e9conomistes qui cherchent \u00e0 comprendre le march\u00e9\u2026 <\/p>\n<p>Comment en effet \u00e9tudier un syst\u00e8me toujours en mouvement? L\u2019\u00e9conomie est ainsi devenue un syst\u00e8me qui s\u2019observe lui-m\u00eame; les acteurs sont \u00e9galement observateurs.<\/p>\n<p>Poursuivons notre analogie: comme les participants d\u2019une r\u00e9gate autour du monde, les investisseurs veulent profiter de tout instrument permettant de naviguer sur une mer plus agit\u00e9e, susceptible de g\u00e9n\u00e9rer des gains plus importants. Nos marins-financiers ajoutent ainsi continuellement des nouveaux gadgets \u00e0 leur bateau afin d\u2019aller plus vite.<\/p>\n<p>Mais leurs moteurs surpuissants acc\u00e9l\u00e8rent le r\u00e9chauffement climatique et la fonte des glaces, l\u2019ouverture de nouveaux canaux change les courants marins, et la communication GPS synchronise le mouvement des bateaux et cr\u00e9e des vagues qui finissent en temp\u00eates. Les navires ne vont pas seulement trop vite pour voir le danger, mais ces nouvelles technologies influencent aussi la m\u00e9t\u00e9o et les mers elles-m\u00eames. Les conditions deviennent encore plus difficiles \u00e0 pr\u00e9dire et \u00e0 r\u00e9guler.<\/p>\n<p>\u00abJe crois que parce que le syst\u00e8me est aujourd\u2019hui devenu plus stable, nous le rendrons moins stable \u00e0 travers plus d\u2019effets de leviers et des prises de risque plus grandes\u00bb, d\u00e9clarait en 2007 au Wall Street Journal le prix Nobel d\u2019\u00e9conomie Myron Scholes, qui fut \u00e9galement le manager du c\u00e9l\u00e8bre Long-Term Capital Management, un hedge fund qui s\u2019effondra en 1998. <\/p>\n<p>On peut alors se demander si les efforts pour temp\u00e9rer les march\u00e9s ne sont pas vou\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9chec, car la philosophie du trading pousse les acteurs \u00e0 d\u00e9velopper des instruments financiers de plus en plus sophistiqu\u00e9s, puissants et dangereux. Est-ce que tous les sp\u00e9culateurs ont vraiment int\u00e9r\u00eat \u00e0 voir les march\u00e9s devenir plus calmes?<\/p>\n<p>Pour le sociologue Roland Schaer, la crise financi\u00e8re est le signe que la science \u00e9conomique s\u2019est trop concentr\u00e9e sur un savoir-faire technique (cr\u00e9er des produits financiers) au d\u00e9triment du savoir pr\u00e9dictif (analyser les risques globaux des march\u00e9s). <\/p>\n<p>En tant que science, il est difficile de reprocher \u00e0 l\u2019\u00e9conomie ses d\u00e9fauts. Les march\u00e9s financiers forment un syst\u00e8me extr\u00eamement complexe et difficilement mod\u00e9lisables au m\u00eame titre que la m\u00e9t\u00e9o, que personne ne sait pr\u00e9dire avec plus de deux semaines d\u2019avance. Mais si l\u2019on consid\u00e8re l\u2019\u00e9conomie comme une technologie, ses manquements sont beaucoup plus discutables. <\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, le risque z\u00e9ro n\u2019existe pas et il arrive toujours qu\u2019un pont s\u2019\u00e9croule ou qu\u2019un avion se d\u00e9sint\u00e8gre en plein vol. Mais ce genre d\u2019accident ne plonge pas des soci\u00e9t\u00e9s enti\u00e8res dans une r\u00e9cession &#8212; et finit devant la justice, car toute technologie doit passer des tests de s\u00e9curit\u00e9 draconiens avant d\u2019\u00eatre lanc\u00e9e sur le march\u00e9. <\/p>\n<p>Le milliardaire am\u00e9ricain Warren Buffett avait compar\u00e9 en 2002 d\u00e9j\u00e0 les produits d\u00e9riv\u00e9s du cr\u00e9dit \u00e0 des \u00abarmes de destruction financi\u00e8re massive\u00bb. Il semble urgent de mieux comprendre ces outils avant de les lancer sur les march\u00e9s.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Reflex.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tous les dix ans, un crash financier ravage les march\u00e9s. Pourquoi donc le monde \u00e9conomique continue-t-il \u00e0 se faire surprendre par ces catastrophes? Enqu\u00eate.<\/p>\n","protected":false},"author":19478,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-2925","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2925","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19478"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2925"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2925\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2925"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2925"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2925"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}