



{"id":2910,"date":"2009-07-03T16:33:48","date_gmt":"2009-07-03T14:33:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeurlargeur.com\/wordpressfr\/?p=2910"},"modified":"2009-07-08T18:02:17","modified_gmt":"2009-07-08T16:02:17","slug":"crise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2910","title":{"rendered":"Sentinelles de l\u2019\u00e9conomie: les nouveaux d\u00e9fis"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.largeurlargeur.com\/wordpressfr\/wp-content\/uploads\/large060709.jpg\" alt=\"large060709.jpg\" title=\"large060709.jpg\" width=\"468\" border=\"0\" height=\"300\" \/>\u00abLe probl\u00e8me des organismes cens\u00e9s surveiller l\u2019\u00e9conomie, c\u2019est qu\u2019ils sont prisonniers de leurs propres mod\u00e8les et de leur dogmatisme, juge Beat B\u00fcrgenmeier, professeur d\u2019\u00e9conomie politique \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve. Or, l\u2019\u00e9conomie n\u2019est pas une science exacte.\u00bb<\/p>\n<p>Faut-il pour autant accabler ces sentinelles qui, au niveau national et international, sont charg\u00e9es d\u2019anticiper les moindres soubresauts de l\u2019\u00e9conomie? Le probl\u00e8me vient peut-\u00eatre de leur mandat. Chaque organisme doit surveiller un secteur bien d\u00e9termin\u00e9 \u00abalors m\u00eame que tous ces secteurs sont interconnect\u00e9s, notait r\u00e9cemment William Donaldson, l\u2019ancien pr\u00e9sident de la Securities and exchange commission (SEC), le contr\u00f4leur des march\u00e9s am\u00e9ricains, dans une interview accord\u00e9e au journal Le Monde. R\u00e9sultat: chacun contr\u00f4le un peu de tout mais aucun n\u2019a une vision sur la globalit\u00e9 du syst\u00e8me.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est qu\u2019en l\u2019espace de quelques ann\u00e9es, les investissements boursiers ont explos\u00e9, de nouveaux produits financiers ont \u00e9t\u00e9 invent\u00e9s et les march\u00e9s se sont mondialis\u00e9s, conduisant \u00e0 une augmentation effarante de donn\u00e9es \u00e0 g\u00e9rer et, au final, \u00e0 un fonctionnement beaucoup plus complexe du march\u00e9.<\/p>\n<p>\u00abEn mati\u00e8re de surveillance, les r\u00e8gles sont devenues beaucoup trop sp\u00e9cifiques et comptables. Plus personne n\u2019y comprend rien, estime St\u00e9phane Garelli, professeur au prestigieux institut de management IMD, \u00e0 Lausanne. Et comme la r\u00e9alit\u00e9 bouge tr\u00e8s vite, les sentinelles sont toujours en retard d\u2019une guerre. Il vaudrait mieux s\u2019en tenir \u00e0 des principes g\u00e9n\u00e9raux, tels que l\u2019exigence de transparence ou d\u2019une bonne capitalisation des entreprises, et donner aussi davantage de pouvoir aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pour les faire respecter.\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 cet \u00e9gard, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, plaide pour une r\u00e9gulation plus stricte de la finance internationale, qu\u2019il a compar\u00e9e, \u00e9galement dans Le Monde, \u00e0 l\u2019un des derniers \u00abtrous noirs\u00bb de la gouvernance mondiale. \u00abJe crois que nous avons besoin d\u2019une r\u00e9gulation internationale de la finance, avec des mesures contraignantes et un m\u00e9canisme de surveillance et de sanctions. Un bovin malade ou un briquet dangereux ne franchissent pas les fronti\u00e8res; un produit financier toxique le peut.\u00bb<\/p>\n<p>Faute de mesures tr\u00e8s concr\u00e8tes, les derni\u00e8res discussions au Forum de stabilit\u00e9 financi\u00e8re ont d\u00e9bouch\u00e9 sur un constat unanime des gouvernements: ils reconnaissent qu\u2019une bonne appr\u00e9ciation du risque a fait d\u00e9faut jusqu\u2019ici. Ils se disent d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 renforcer leur coop\u00e9ration. Mais la nature exacte de cette collaboration demeure vague: \u00abEn mati\u00e8re de surveillance des march\u00e9s, autant la comp\u00e9tence nationale de la Suisse est \u00e9troite, autant la comp\u00e9tence internationale rel\u00e8ve encore de l\u2019utopie, estime Beat B\u00fcrgenmeier. L\u2019exigence h\u00e9g\u00e9monique des Etats-Unis et les divergences d\u2019int\u00e9r\u00eats freinent la mise en place d\u2019une surveillance globalis\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>Il faut donc composer avec des comp\u00e9tences morcel\u00e9es, et de surcro\u00eet fort incertaines en mati\u00e8re de pronostics. En Suisse, la Direction de la politique \u00e9conomique du Secr\u00e9tariat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco), notamment charg\u00e9e d\u2019effectuer des pr\u00e9visions conjoncturelles, n\u2019est pas \u00e9pargn\u00e9e par la critique. \u00abL\u2019orientation du Seco est devenue beaucoup trop id\u00e9ologique et th\u00e9orique, estime Beat B\u00fcrgenmeier. Il vaudrait mieux s\u2019inspirer des Anglo-saxons qui ont fait de l\u2019\u00e9conomie une science plus pragmatique, en proc\u00e9dant par t\u00e2tonnement. Cela permet une adaptation plus rapide lorsque le march\u00e9 s\u2019\u00e9carte de la loi normale.\u00bb<\/p>\n<p>Pour autant, l\u2019herbe n\u2019est pas beaucoup plus verte ailleurs\u2026 \u00abAucun institut \u00e9conomique, y compris la Banque mondiale ou le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) ne parvient vraiment \u00e0 pr\u00e9voir le passage d\u2019une phase de croissance \u00e0 une phase de r\u00e9cession, rel\u00e8ve St\u00e9phane Garelli. Tant qu\u2019on se trouve dans la m\u00eame configuration, nous savons anticiper les tendances. En revanche, personne n\u2019arrive jamais \u00e0 pr\u00e9dire un bouleversement du syst\u00e8me.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est vrai, admet Tobias Lux, porte-parole de l\u2019Autorit\u00e9 suisse de surveillance des march\u00e9s (Finma). Il sera tr\u00e8s difficile de pr\u00e9voir la prochaine crise arrivera. Mais l\u00e0 n\u2019est pas notre objectif premier. Notre priorit\u00e9, c\u2019est de renforcer la stabilit\u00e9 des banques suisses, afin qu\u2019elles puissent absorber les futurs chocs. Pour cela, nous avons d\u00e9j\u00e0 fix\u00e9 des exigences 20% sup\u00e9rieures aux normes internationales concernant les fonds propres dont doivent disposer les deux grandes banques suisses. Ce pourcentage a encore \u00e9t\u00e9 augment\u00e9 en 2008, et d\u2019ici 2013, en fonction des b\u00e9n\u00e9fices r\u00e9alisables, nous visons un pourcentage 100% sup\u00e9rieur aux actuels standards internationaux, de quoi constituer un bon filet de s\u00e9curit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Outre ces nouvelles mesures, la Finma dit avoir beaucoup renforc\u00e9 la coop\u00e9ration avec ses homologues: \u00abCes 18 derniers mois, nous avons d\u00e9velopp\u00e9s des contacts de plus en plus \u00e9troits avec Londres et New York.\u00bb En Suisse, la collaboration s\u2019est \u00e9galement intensifi\u00e9e: \u00abNous dialoguons davantage avec la BNS, qui dispose d\u2019une vision macro-\u00e9conomique, ainsi qu\u2019avec le d\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral des finances.\u00bb<\/p>\n<p>Devant la difficult\u00e9 de mettre en place une sentinelle mondiale de la finance, une meilleure int\u00e9gration des r\u00e9seaux d\u00e9j\u00e0 existants, via Internet, pourrait constituer un d\u00e9but de solution, comme l\u2019a sugg\u00e9r\u00e9 Klaus Schwab, pr\u00e9sident du Forum \u00e9conomique mondial (WEF) de Davos, dans le journal Le Temps: \u00abLes structures gouvernementales internationales devraient \u00eatre compl\u00e9t\u00e9es par des interactions sur Internet. Facebook ou Youtube font partie de la vie de nos enfants mais sont absents de nos institutions.\u00bb<\/p>\n<p>Dans cette optique, un r\u00e9seau social en ligne destin\u00e9 aux leaders du monde entier a \u00e9t\u00e9 mis en place le 31 janvier dernier, dans le cadre du WEF. Baptis\u00e9e \u00abWelcom\u00bb, cette plateforme a pour but de r\u00e9unir les grands d\u00e9cideurs, y compris ceux issus de la soci\u00e9t\u00e9 civile, autour des enjeux \u00e9conomiques actuels. Si elle d\u00e9passe le strict cadre de la surveillance, cette initiative a au moins le m\u00e9rite de proposer un outil commun dans un syst\u00e8me encore trop fragment\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Les principaux organismes de surveillance<\/strong><\/p>\n<p><strong>Autorit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale de surveillance des march\u00e9s financiers (Finma)<\/strong><br \/>\nL\u2019ex-Commission f\u00e9d\u00e9rale des banques est dot\u00e9e, depuis le 1er janvier 2009, de pouvoirs de surveillance \u00e9tendus \u00e0 l\u2019\u00e9gard des banques, des entreprises d\u2019assurance et des bourses, notamment. Si n\u00e9cessaire, et conform\u00e9ment \u00e0 la loi, elle prononce des sanctions. La Finma compte 320 collaborateurs. Par collaborateur, elle poss\u00e8de davantage de moyens financiers que ses homologues am\u00e9ricaines, anglaises et allemandes. Pourtant, seuls 25 experts surveillent les deux grandes banques suisses.<\/p>\n<p><strong>Banque nationale suisse (BNS)<\/strong><br \/>\nElle analyse les \u00e9volutions sur les march\u00e9s et doit assurer la stabilit\u00e9 du syst\u00e8me financier, en collaboration avec la Finma (lire ci-dessus); un Memorandum of Understanding (MoU) d\u00e9limite les t\u00e2ches de chacune de ces institutions. De plus, la loi charge la BNS de la surveillance des syst\u00e8mes de paiement et de r\u00e8glement des op\u00e9rations sur titres.<\/p>\n<p><strong>Secr\u00e9tariat d\u2019Etat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco)<\/strong><br \/>\nLe Seco est le centre de comp\u00e9tence de la Conf\u00e9d\u00e9ration pour toutes les questions de politique \u00e9conomique. Sa Direction de la politique \u00e9conomique, qui regroupe une trentaine de personnes, s\u2019occupe essentiellement d\u2019analyses structurelles et de mesures de croissance. Des pr\u00e9visions conjoncturelles, effectu\u00e9es par un groupe d\u2019experts, sont publi\u00e9es p\u00e9riodiquement.<\/p>\n<p><strong>Forum de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (FSF)<\/strong><br \/>\nLe Forum de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (FSF) rassemble les autorit\u00e9s financi\u00e8res nationales des pays du G7, ainsi que celles de l\u2019Australie, des Pays-Bas, de Hong Kong, de Singapour et de la Suisse. Le forum rassemble \u00e9galement les banquiers centraux et les organismes financiers internationaux. Il a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1999 par les ministres des finances du G7 et les gouverneurs des banques centrales et vise \u00e0 promouvoir la stabilit\u00e9 financi\u00e8re internationale par un \u00e9change accru d\u2019information en mati\u00e8re de surveillance et de contr\u00f4le des march\u00e9s financiers. Le forum est g\u00e9r\u00e9 par un secr\u00e9tariat \u00e9tabli \u00e0 la Banque des r\u00e8glements internationaux \u00e0 B\u00e2le. Au sommet du G20 du 15 novembre 2008, il a \u00e9t\u00e9 convenu que le forum serait \u00e9largi pour inclure les \u00e9conomies \u00e9mergentes comme la Chine.<\/p>\n<p><strong>Banque des r\u00e8glements internationaux (BRI)<\/strong><br \/>\nLa Banque des r\u00e8glements internationaux (BRI, ou BIS en anglais) est le lieu de dialogue des grandes banques centrales. Cr\u00e9\u00e9e en 1930, elle est la plus ancienne institution financi\u00e8re internationale. Son si\u00e8ge se situe \u00e0 B\u00e2le. Elle emploie pr\u00e8s de 600 personnes originaires d\u2019une cinquantaine de pays. La BRI a comme mission principale de favoriser la coop\u00e9ration entre les banques centrales du monde et autres autorit\u00e9s financi\u00e8res, lesquelles en sont les actionnaires et forment son conseil d\u2019administration. La BRI dispose d\u2019un centre de recherche sur les questions strat\u00e9giques, auxquelles sont confront\u00e9es les banques centrales et autorit\u00e9s de surveillances du syst\u00e8me financier.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans le Magazine Reflex.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une multitude d\u2019organismes \u0153uvrent au niveau international pour surveiller l\u2019\u00e9conomie. Ces structures pouvaient-elles pr\u00e9voir la crise? La r\u00e9cession modifie-t-elle leur mandat? 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