



{"id":2903,"date":"2009-06-30T20:04:46","date_gmt":"2009-06-30T18:04:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeurlargeur.com\/wordpressfr\/?p=2903"},"modified":"2009-07-08T18:02:34","modified_gmt":"2009-07-08T16:02:34","slug":"recherche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2903","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9conomie, une affaire d&rsquo;\u00e9motions"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wordpressfr\/wp-content\/uploads\/newlarge010709.jpg\" alt=\"newlarge010709.jpg\" title=\"newlarge010709.jpg\" width=\"468\" height=\"288\" border=\"0\" \/>L&rsquo;\u00e9motion, loin d&rsquo;\u00eatre un probl\u00e8me, serait plut\u00f4t la solution, le cha\u00eenon manquant. \u00abOn entend souvent dire que l&rsquo;\u00e9motion est mauvaise pour les march\u00e9s, qu&rsquo;elle est responsable de probl\u00e8mes, souligne Peter Bossaerts, directeur du Laboratoire d&rsquo;analyse de la d\u00e9cision en situation d&rsquo;incertitude de l&rsquo;EPFL. Mais en fait, c&rsquo;est compl\u00e8tement faux! L&rsquo;\u00e9motion est essentielle pour g\u00e9rer les situations ambigu\u00ebs et pour estimer correctement les risques.\u00bb <\/p>\n<p>Des exp\u00e9riences mesurant le rythme cardiaque ont montr\u00e9 que les personnes qui ne ressentent que tr\u00e8s peu d&rsquo;\u00e9motion face \u00e0 une prise de d\u00e9cision sont celles qui font le mauvais choix. <\/p>\n<p>\u00abD&rsquo;ailleurs, la drogue favorite des traders est un excitant, la coca\u00efne, raconte le chercheur. Elle favorise les \u00e9motions en augmentant la concentration de dopamine dans le cerveau, ce qui montre bien que les courtiers veulent ressentir plus d&rsquo;\u00e9motions, pas moins&#8230; D&rsquo;un point de vue \u00e9volutionnaire, les \u00e9motions remplissent un r\u00f4le, celui de juger une situation inconnue et de r\u00e9agir rapidement.\u00bb Et prendre la fuite, si on estime le danger trop grand. <\/p>\n<p>L&rsquo;imagerie m\u00e9dicale a r\u00e9cemment rejoint la panoplie des outils \u00e0 disposition des \u00abneuro\u00e9conomistes\u00bb, ces scientifiques qui veulent trouver dans nos neurones les raisons de nos comportements face \u00e0 l&rsquo;argent. De nombreuses exp\u00e9riences ont confirm\u00e9 le r\u00f4le central jou\u00e9 par les \u00e9motions lors de l&rsquo;estimation des risques. <\/p>\n<p>Dans un laboratoire de l&rsquo;EPFL, le cerveau d&rsquo;\u00e9tudiants prenant part \u00e0 un jeu de hasard est observ\u00e9 en temps r\u00e9el par un scanner \u00e0 r\u00e9sonance magn\u00e9tique. Pour estimer les chances de gagner, le cerveau fait travailler des zones reli\u00e9es aux \u00e9motions \u2013 et non pas des r\u00e9gions engag\u00e9es dans des fonctions cognitives sup\u00e9rieures. <\/p>\n<p>Les exp\u00e9riences de Peter Bossaerts ont montr\u00e9 que le taux d&rsquo;activit\u00e9 de ces zones est directement proportionnel \u00e0 la chance de gagner. Plus remarquable encore, l&rsquo;activit\u00e9 mesur\u00e9e reproduit la variabilit\u00e9 du r\u00e9sultat: elle est nulle lorsque l&rsquo;on est certain de perdre ou de gagner, et maximale si la probabilit\u00e9 est de 50% (voir ci-dessous: \u00abL&rsquo;analyse de risque dans notre cerveau\u00bb). Le cerveau est donc d\u00e9j\u00e0 c\u00e2bl\u00e9 pour estimer aussi bien l&rsquo;espoir de gagner que l&rsquo;incertitude. <\/p>\n<p>Cette intuition se retrouve dans des exp\u00e9riences faites sur des march\u00e9s virtuels reproduisant la bourse: les participant ach\u00e8tent et vendent des actions et doivent bien s\u00fbr estimer leur prix. <\/p>\n<p>\u00abNous avons observ\u00e9 que des \u00e9tudiants sans aucun exp\u00e9rience arrivent \u00e0 sentir la pr\u00e9sence d&rsquo;un tricheur parmi eux, comme par exemple un insider qui a acc\u00e8s \u00e0 plus d&rsquo;informations que les autres, explique Peter Bossaerts. Ils int\u00e8grent inconsciemment cet \u00e9l\u00e9ment lorsqu&rsquo;ils estiment les prix que prendront les actions\u00bb. Ces travaux ont aussi montr\u00e9 que les courtiers professionnels n&rsquo;agissent pas vraiment diff\u00e9remment des amateurs \u2013 ils sont seulement plus rapides. <\/p>\n<p>Men\u00e9e par des pionniers tels que l&rsquo;am\u00e9ricain Richard Thaler et le prix Nobel isra\u00e9lien Daniel Kahneman, la \u00abfinance comportementale\u00bb est entr\u00e9e dans les laboratoires dans les ann\u00e9es 70. Elle a montr\u00e9 de nombreuses diff\u00e9rences entre le mod\u00e8le n\u00e9oclassique bas\u00e9 sur un agent \u00e9conomique froidement rationnel et le comportement r\u00e9el des gens. Si l&rsquo;homo \u0153conomicus ne fait que maximiser ses gains en suivant des lois statistiques, l&rsquo;homo sapiens sapiens, lui, agit d&rsquo;une mani\u00e8re bien plus complexe. Il veut \u00e0 tout prix \u00e9viter de perdre, n&rsquo;aime pas le risque ni l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9, ou encore se laisse influencer par des chiffres tomb\u00e9s du ciel (voir ci-dessous). <\/p>\n<p>\u00abCes \u00e9tudes pionni\u00e8res ont souvent \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es sans argent r\u00e9el, souligne Peter Bossaert. Les gains des participants \u00e9taient virtuels. Aujourd&rsquo;hui, nous utilisons de l&rsquo;argent, car il y a une grande diff\u00e9rence entre ce que l&rsquo;on pr\u00e9tend faire en th\u00e9orie et ce que l&rsquo;on fait vraiment.\u00bb A Lausanne, les participants peuvent gagner jusqu&rsquo;\u00e0 une centaine de francs en deux heures. Difficile, malheureusement, de pousser le r\u00e9alisme plus loin et de reproduire en laboratoire la situation des vrais traders, qui jouent des millions de francs ainsi que leur salaire. <\/p>\n<p>Le chercheur belge s&rsquo;est \u00e9galement int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 l&rsquo;effet qu&rsquo;ont certains types de r\u00e9mun\u00e9ration sur le comportement des g\u00e9rants de fonds d&rsquo;investissement. <\/p>\n<p>\u00abDans certains hedge funds, le syst\u00e8me de r\u00e9mun\u00e9ration pousse les gestionnaires \u00e0 prendre des risques \u00e9normes. Par exemple, ils n&rsquo;obtiennent une participation au b\u00e9n\u00e9fice que si le fonds s&rsquo;est appr\u00e9ci\u00e9 de plus de 20% en une ann\u00e9e. Dans le cas contraire, leur honoraire consiste uniquement en une somme fixe bien plus modeste.\u00bb Les cons\u00e9quences sont \u00e9videntes: le g\u00e9rant prendra tous les risques pour finir au-dessus du seuil de 20%, car sa r\u00e9mun\u00e9ration sera identique que le fonds gagne 19% ou qu&rsquo;il s&rsquo;effondre. Lorsque les march\u00e9s s&rsquo;\u00e9croulent, cette prise de risque inconsid\u00e9r\u00e9e se traduit en pertes massives. <\/p>\n<p>La Suisse poursuit de nombreux projets de recherches en finance comportementale et neuro-\u00e9conomie. A l&rsquo;Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve, le Groupe de recherche sur les \u00e9motions a r\u00e9cemment d\u00e9montr\u00e9 l&rsquo;importance de l&rsquo;intelligence \u00e9motionnelle pour r\u00e9aliser des investissements rentables \u00e0 long terme. <\/p>\n<p>En analysant les placements de 3000 clients priv\u00e9s d&rsquo;une banque am\u00e9ricaine, la chercheuse Tanja Wranik a observ\u00e9 que leur capacit\u00e9 \u00e0 percevoir, comprendre et contr\u00f4ler les \u00e9motions am\u00e9liore la performance de leur investissement. Des tests de comp\u00e9tence \u00e9motionnelle pourraient am\u00e9liorer le recrutement de professionnels de la finance. <\/p>\n<p>L&rsquo;altruisme et la justice sont au c\u0153ur des travaux d&rsquo;Ernst Fehr, r\u00e9compens\u00e9s en 2008 par le Prix Marcel Benoist, l&rsquo;une des principales distinctions de la recherche en Suisse. Le professeur d&rsquo;\u00e9conomie empirique \u00e0 Zurich s&rsquo;est tourn\u00e9 vers la psychologie pour v\u00e9rifier par lui-m\u00eame les hypoth\u00e8ses d\u00e9finissant l&rsquo;homo \u0153conomicus rationnel. <\/p>\n<p>Dans ses exp\u00e9riences sur le d\u00e9veloppement du sens de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9, un enfant peut partager deux ou trois bonbons entre lui-m\u00eame et un camarade. La moiti\u00e9 des enfants de 7 ans pr\u00e9f\u00e8rera un partage \u00e9quitable (chacun re\u00e7oit un bonbon), alors que l&rsquo;\u00e9crasante majorit\u00e9 des enfants plus jeunes sont indiff\u00e9rents par rapport \u00e0 ce que re\u00e7oit leur camarade. <\/p>\n<p>Ernst Fehr a aussi montr\u00e9 que la confiance t\u00e9moign\u00e9e envers un inconnu augmente si l&rsquo;on inhale par spray nasal un peu d&rsquo;ocytocine, une hormone connue pour faciliter l&rsquo;accouchement ainsi que l&rsquo;allaitement. D&rsquo;autres recherches men\u00e9es par Paul Zak \u00e0 la Claremont Graduate University ont indiqu\u00e9 que cette hormone augmente \u00e9galement la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 envers les autres. <\/p>\n<p>Ce type de recherche s&rsquo;oriente en fait davantage vers la psychologie sociale et la biologie comportementale que l&rsquo;\u00e9conomie. Le vrai d\u00e9fi est d&rsquo;int\u00e9grer ces nombreux r\u00e9sultats empiriques dans un mod\u00e8le utilisables par les professionnels de la finance et les organismes de r\u00e9gulation. C&rsquo;est exactement le but de l&rsquo;actuel directeur du Swiss Banking Institute de l&rsquo;Universit\u00e9 de Zurich, Hens Thorsten. <\/p>\n<p>\u00abLes travaux en finance comportementale sont souvent r\u00e9dig\u00e9s d&rsquo;une mani\u00e8re trop sp\u00e9cialis\u00e9e pour \u00eatre comprises par les professionnels de la finance, avance l&rsquo;\u00e9conomiste. Nous voulons les rendre accessibles et facilement utilisables.\u00bb Son \u00e9quipe a fond\u00e9 une spin-off pour conseiller des clients priv\u00e9s, Behavioural Finance Solutions. Elle d\u00e9veloppe des check-lists utilisables par les gestionnaires de fonds pour \u00e9viter les plus grossi\u00e8res erreurs, en les aidant \u00e0 estimer et prendre en compte les \u00abbiais cognitifs\u00bb de leur clients \u2013 comme par exemple l&rsquo;aversion de la perte ou l&rsquo;ancrage. <\/p>\n<p>\u00abNous testons en laboratoire l&rsquo;efficacit\u00e9 des m\u00e9thodes de risk management, explique Hens Thorsten. Nous observons sur un march\u00e9 virtuel comment elles influencent le comportement de traders. Au d\u00e9but de 2008, nous avons ainsi remarqu\u00e9 que les indications utilis\u00e9es au Credit Suisse \u00e9taient trop compliqu\u00e9es pour \u00eatre mises en \u0153uvre par les courtiers. Ils avaient de la peine \u00e0 bien les comprendre.\u00bb Ironiquement, celles d&rsquo;UBS \u00e9taient mieux adapt\u00e9es&#8230; <\/p>\n<p>\u00abDepuis une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, les m\u00e9thodes quantitatives bas\u00e9es sur un homo \u0153conomicus rationnel ont envahi le monde de la finance. Auparavant, les \u00e9conomistes se contentaient de chose plus simples.\u00bb Longtemps oubli\u00e9 des march\u00e9s, l&rsquo;homme \u2013 avec ses \u00e9motions et surtout ses limites \u2013 doit maintenant reprendre sa place au c\u0153ur de l&rsquo;\u00e9conomie. <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;- <\/p>\n<p><strong>L&rsquo;analyse de risque dans notre cerveau <\/strong><\/p>\n<p>Pour comprendre comment le cerveau calcule les risques, Peter Bossaerts analyse l&rsquo;activit\u00e9 cervicale lors d&rsquo;un jeu de hasard se d\u00e9roulant en deux temps. Les participants choisissent au hasard une carte dans un jeu de dix cartes num\u00e9rot\u00e9es de 1 \u00e0 10. Apr\u00e8s sept secondes, ils en prennent une deuxi\u00e8me \u00e0 partir du m\u00eame jeu. Ils remportent leur mise si elle est inf\u00e9rieure \u00e0 la premi\u00e8re, et la perdent dans le cas contraire. <\/p>\n<p>Tirer la premi\u00e8re carte d\u00e9termine directement la probabilit\u00e9 de gagner: 100% de chance si la carte montre le 10, 50% pour le 5 ou encore 0% pour le 1. L&rsquo;activit\u00e9 de quatre zones cervicales li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9motion (le putamen, le striatum et les noyaux thalamiques et subthalamiques) est mesur\u00e9e en temps r\u00e9el par un scanner \u00e0 r\u00e9sonance magn\u00e9tique nucl\u00e9aire fonctionnelle (fMRI). R\u00e9sultat: pendant la premi\u00e8re seconde, l&rsquo;activit\u00e9 des deux premi\u00e8res zones est directement proportionnelle au nombre port\u00e9 par la carte, c&rsquo;est-\u00e0-dire, \u00e0 la probabilit\u00e9 de gagner. <\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9quipe de Peter Bossaerts a \u00e9galement \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;incertitude du r\u00e9sultat final, d\u00e9termin\u00e9e elle aussi par la premi\u00e8re carte: si elle montre un 10 ou un 1, le participant est certain de gagner ou de perdre, et l&rsquo;incertitude est donc nulle. Elle est par contre maximale dans le cas d&rsquo;un 5. L&rsquo;imagerie a montr\u00e9 que cette courbe en cloche est reproduite par l&rsquo;activit\u00e9 des trois derni\u00e8res zones, mesur\u00e9e apr\u00e8s un d\u00e9lai d&rsquo;une seconde. <\/p>\n<p>\u00abLa grande majorit\u00e9 des gens sans formation math\u00e9matique serait incapable de retrouver cette courbe par le raisonnement, indique le chercheur. Le cerveau, lui, peut le faire, m\u00eame sans l&rsquo;avoir appris consciemment. Cela montre que le cerveau est d\u00e9j\u00e0 c\u00e2bl\u00e9 pour estimer l&rsquo;incertitude \u2013 et faire des math\u00e9matiques.\u00bb <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;- <\/p>\n<p><strong>L&rsquo;homme irrationnel est bien normal <\/strong><\/p>\n<p>Loin d&rsquo;un homo \u0153conomicus hyper-rationnel \u00e0 la base du mod\u00e8le n\u00e9oclassique de l&rsquo;\u00e9conomie, l&rsquo;homo normalus n&rsquo;agit pas comme une machine \u00e0 calculer. Depuis les ann\u00e9es 1960, de nombreuses diff\u00e9rences ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9es par des exp\u00e9riences de psychologie, de finance comportementale et de th\u00e9orie des jeux. <\/p>\n<p><strong>Dix exemples de \u00abbiais cognitifs\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>1. L&rsquo;\u00eatre humain suit son intuition. Incapable de toujours calculer math\u00e9matiquement les tenants et aboutissants d&rsquo;une situation, il fera confiance \u00e0 son sentiment personnel, \u00e0 son exp\u00e9rience ainsi qu&rsquo;au bon sens. <\/p>\n<p>2. Il pr\u00e9f\u00e8re ne pas gagner une certaine somme que de la perdre \u2013 bien que ces alternatives soient math\u00e9matiquement \u00e9quivalentes. C&rsquo;est \u00abl&rsquo;aversion de la perte\u00bb. <\/p>\n<p>3. Il privil\u00e9gie le status quo au changement. <\/p>\n<p>4. Il pr\u00e9f\u00e8re gagner peu \u00e0 coup s\u00fbr que beaucoup avec peu de chance: toucher avec certitude 100.- est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 tenter de remporter 200.- avec 60% de chance. Un homo \u0153conomicus choisirait lui toujours l&rsquo;alternative offrant la plus grande moyenne. <\/p>\n<p>5. \u00abL&rsquo;ancrage\u00bb: l&rsquo;estimation d&rsquo;une grandeur est influenc\u00e9e par tout nombre entendu pr\u00e9c\u00e9demment, m\u00eame sans aucun rapport avec la grandeur. Dans une exp\u00e9rience de Daniel Kahneman, des participants doivent estimer le nombre de nations africaines membres des Nations-Unies. Ils diront en moyenne 45 si une \u00abroue de la fortune\u00bb a pr\u00e9c\u00e9demment indiqu\u00e9 le 65, alors que cette estimation chute \u00e0 25 si la roue est tomb\u00e9e sur le 10. <\/p>\n<p>6. L&rsquo;homme pr\u00e9f\u00e8re s&rsquo;accrocher \u00e0 une action qui a chut\u00e9 que de reconna\u00eetre sa perte. <\/p>\n<p>7. Il pense que les objets qu&rsquo;il poss\u00e8de ont plus de valeur que ceux qu&rsquo;il n&rsquo;a pas. <\/p>\n<p>8. Il attribue ses \u00e9checs \u00e0 la malchance, et ses succ\u00e8s \u00e0 ses comp\u00e9tences. <\/p>\n<p>9. Il opte pour l&rsquo;\u00e9quit\u00e9, m\u00eame s&rsquo;il doit payer pour cela. Dans le \u00abjeu de l&rsquo;ultimatum\u00bb (qui ne se joue qu&rsquo;une seule fois), un participant propose un certain partage d&rsquo;une somme entre lui et une seconde personne. Si celle-ci rejette la proposition, l&rsquo;argent est perdu pour tout le monde. En pratique, les partages in\u00e9quitables o\u00f9 le premier joueur tente de s&rsquo;attribuer plus de 80% sont refus\u00e9s et l&rsquo;argent perdu. <\/p>\n<p>10. Il \u00e9vite l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 \u2013 \u00e0 savoir le fait de ne pas pouvoir estimer un risque (paradoxes d&rsquo;Ellsberg et d&rsquo;Allais). <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans le magazine scientifique Reflex, en vente en kiosques.  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En montrant comment les \u00e9motions influencent les traders, les recherches en psychologie comportementale et en neuro-\u00e9conomie aident \u00e0 mieux comprendre ce qui se passe r\u00e9ellement sur les march\u00e9s financiers.<\/p>\n","protected":false},"author":19478,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-2903","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2903","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19478"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2903"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2903\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2903"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2903"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2903"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}