



{"id":2885,"date":"2009-06-18T10:55:49","date_gmt":"2009-06-18T08:55:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeurlargeur.com\/wordpressfr\/?p=2885"},"modified":"2009-07-20T15:52:32","modified_gmt":"2009-07-20T13:52:32","slug":"energie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2885","title":{"rendered":"\u00abLa consommation d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 va exploser\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\u00abLes sources d&rsquo;\u00e9nergie utilis\u00e9es en Suisse vont \u00e9voluer de mani\u00e8re tr\u00e8s sensible. Bien s\u00fbr, la volont\u00e9 de prot\u00e9ger l&rsquo;environnement en diminuant l&rsquo;utilisation des \u00e9nergies fossiles jouera un r\u00f4le primordial. Tout comme leur rar\u00e9faction d&rsquo;ailleurs.\u00bb Pour Philippe Virdis , le directeur g\u00e9n\u00e9ral de Groupe E, les pr\u00e9occupations environnementales entra\u00eeneront un bouleversement de nos habitudes dans les vingt prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Selon les pr\u00e9visions des experts, les r\u00e9serves de p\u00e9trole et de gaz naturel rentables n&rsquo;en ont plus que pour quarante et soixante ans, respectivement.<\/p>\n<p>R\u00e9sultat: \u00abD\u00e8s que la conjoncture repartira, le prix des \u00e9nergies fossiles s&rsquo;envolera de nouveau pour ne plus redescendre\u00bb, pr\u00e9voit le conseiller national (PS\/VD) Roger Nordmann, membre de la Commission environnement, \u00e9nergie et am\u00e9nagement du territoire (CEATE).<\/p>\n<p>En 2029, la Suisse aura donc diminu\u00e9 massivement son utilisation d&rsquo;\u00e9nergies fossiles (mazout, gaz et p\u00e9trole), qui repr\u00e9sentent actuellement 60% de l&rsquo;\u00e9nergie totale consomm\u00e9e dans le pays. Cette baisse aura des cons\u00e9quences positives sur l&rsquo;environnement, puisque \u00ables \u00e9missions de CO2 seront r\u00e9duites de 40 \u00e0 50% en 2029\u00bb, estime Roger Nordmann.<\/p>\n<p>En remplacement des \u00e9nergies fossiles, l&rsquo;utilisation de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 devrait conna\u00eetre un v\u00e9ritable boom. \u00abEn 2029, l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 se sera largement substitu\u00e9e au p\u00e9trole et au gaz, confirme Philippe Virdis . R\u00e9sultat: sa consommation explosera.\u00bb Actuellement, la Suisse utilise environ annuellement 65 t\u00e9rawattheure (TWh), en hausse de 1,5% par an, selon les chiffres de l&rsquo;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS).<\/p>\n<p>\u00abD\u00e8s 2025, la croissance annuelle pourrait \u00eatre de 5 \u00e0 6%\u00bb, estime le directeur de Groupe E. Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette demande accrue, \u00ables sources d&rsquo;\u00e9nergie actuelles ne suffiront pas\u00bb, et des investissements massifs seront n\u00e9cessaires. Cons\u00e9quence pour le consommateur: \u00abLe prix de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 sera beaucoup plus \u00e9lev\u00e9. En 2030, la facture des usagers aura doubl\u00e9 par rapport \u00e0 aujourd&rsquo;hui. Mais cela restera tout \u00e0 fait supportable pour le consommateur.\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire couvre actuellement quelque 40% de la consommation totale d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 en Suisse, selon l&rsquo;OFS. A l&rsquo;heure o\u00f9 le d\u00e9bat sur le remplacement des vieilles centrales fait rage, les avis divergent quant \u00e0 la situation dans vingt ans. \u00abLa moiti\u00e9 du parc actuel, soit les deux r\u00e9acteurs de Beznau et celui de M\u00fchleberg, aura \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e en 2030\u00bb, estime Philippe Virdis . Optimiste, le patron du Groupe E esp\u00e8re que \u00abce remplacement se fera au profit de r\u00e9acteurs aux dimensions beaucoup plus petites qui fonctionneront par fusion nucl\u00e9aire et non plus par fission. Cela permettra une diminution de la consommation d&rsquo;uranium, une dur\u00e9e de vie des unit\u00e9s plus longue et un bien meilleur contr\u00f4le des r\u00e9actions: la fusion ne pr\u00e9sentant pas le risque d&rsquo;un emballement du r\u00e9acteur, contrairement \u00e0 la fission.\u00bb<\/p>\n<p>Cet avis n&rsquo;est pas partag\u00e9 par Roger Nordmann: \u00abIl ne sera pas n\u00e9cessaire de remplacer les centrales existantes, puisqu&rsquo;en 2030 les \u00e9nergies renouvelables seront suffisamment d\u00e9velopp\u00e9es pour se passer de l&rsquo;atome. A ce moment-l\u00e0, elles devraient remplacer plus de la moiti\u00e9 de la production nucl\u00e9aire, soit 15 TWh sur 29.\u00bb<\/p>\n<p>Les experts sont unanimes: la part prise par les \u00e9nergies renouvelables dans la production d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 ne cessera d&rsquo;augmenter ces prochaines ann\u00e9es. \u00abEn 2030, au moins 10% de la production \u00e9lectrique suisse sera assur\u00e9e par des \u00e9nergies renouvelables, estime Philippe Virdis . Cela repr\u00e9sente plus d&rsquo;une fois et demie la consommation actuelle des cantons de Neuch\u00e2tel et de Fribourg r\u00e9unis.\u00bb Pour encourager une utilisation accrue de ces \u00e9nergies, l&rsquo;aide de l&rsquo;Etat sera pr\u00e9cieuse. \u00abDe nombreuses incitations, comme le rachat du courant renouvelable et une partie du remboursement des co\u00fbts d&rsquo;installation, seront maintenues ou mises en place pour aider au d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables\u00bb, explique Roger Nordmann.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;ordre d&rsquo;importance, l&rsquo;\u00e9olien devrait devenir la premi\u00e8re source d&rsquo;\u00e9nergie renouvelable, selon Philippe Virdis . Suivront la mini-hydraulique, la biomasse et le photovolta\u00efque. Reste que selon le patron de Groupe E, \u00abl&rsquo;hydro\u00e9lectricit\u00e9, le nucl\u00e9aire et les \u00e9nergies renouvelables ne suffiront pas \u00e0 assumer la croissance de la consommation. De nouvelles sources de production devront donc voir le jour d&rsquo;ici \u00e0 2030. Nous verrons appara\u00eetre des unit\u00e9s de production d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 partir d&rsquo;hydrog\u00e8ne, que chacun pourra avoir chez lui. Nous sommes actuellement \u00e0 deux-trois ans d&rsquo;une commercialisation. En 2030, elles auront envahi les habitations et feront partie de notre quotidien.\u00bb<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, l&rsquo;hydrog\u00e8ne sera produit gr\u00e2ce \u00e0 des cellules photovolta\u00efques, permettant la dissociation des mol\u00e9cules d&rsquo;eau (H2O), en hydrog\u00e8ne (H2) et en oxyg\u00e8ne (O2). L&rsquo;hydrog\u00e8ne produit pourra ensuite servir \u00e0 la production d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 pour les usages courants ou stock\u00e9 en bonbonne, pour faire rouler un v\u00e9hicule propre dot\u00e9 d&rsquo;une pile \u00e0 combustible. \u00abNous n&rsquo;en sommes plus tr\u00e8s loin. Honda et Michelin disposent d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 de prototypes de voitures carburant \u00e0 l&rsquo;hydrog\u00e8ne. Le r\u00e9sultat est impressionnant: le pot d&rsquo;\u00e9chappement de ces v\u00e9hicules ne rejette que de l&rsquo;eau.\u00bb<\/p>\n<p>Pour mettre en place ces syst\u00e8mes de production de l&rsquo;hydrog\u00e8ne, les cellules photovolta\u00efques devront toutefois \u00eatre am\u00e9lior\u00e9es. \u00abElles pr\u00e9senteront un meilleur rendement, seront beaucoup plus fines \u2013 afin d&rsquo;\u00e9conomiser le silicium \u2013 et bien meilleur march\u00e9. A ce niveau, les travaux du professeur Michael Graetzel, \u00e0 l&rsquo;EPFL, sont prometteurs.\u00bb<\/p>\n<p>En Suisse, les projets d&rsquo;exploitation de l&rsquo;\u00e9nergie g\u00e9othermique se multiplient. Pourtant, cette ressource reste encore largement sous-exploit\u00e9e. \u00abLa g\u00e9othermie, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;exploitation de la chaleur de la terre, pr\u00e9sente un v\u00e9ritable potentiel. Nous ne sommes pas si loin de pouvoir en b\u00e9n\u00e9ficier, mais le d\u00e9veloppement d&rsquo;une source d&rsquo;\u00e9nergie joue beaucoup sur l&rsquo;\u00e9motion. Ainsi, les secousses sismiques survenues \u00e0 B\u00e2le, pr\u00e8s de la future centrale g\u00e9othermique projet\u00e9e dans le quartier de Petit-Huningue, ont conduit \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat total du programme. Ce type d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements peut remettre en cause une source d&rsquo;\u00e9nergie, \u00e0 l&rsquo;image des accidents nucl\u00e9aires.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abEn 2009, je dis oui aux voitures hybrides, mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;une \u00e9tape. En 2030, nous disposerons de voitures enti\u00e8rement propres\u00bb, pr\u00e9dit Philippe Virdis . Outre les v\u00e9hicules \u00e0 pile \u00e0 hydrog\u00e8ne \u00e9voqu\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment, des voitures \u00e9lectriques plus classiques seront commercialis\u00e9es. \u00abElles fonctionneront avec un nouveau type de batterie encore \u00e0 d\u00e9velopper, qui disposeront d&rsquo;une dur\u00e9e de vie plus longue que les mod\u00e8les actuels.\u00bb<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, les transports publics devraient conna\u00eetre un essor sans pr\u00e9c\u00e9dent: \u00abNous allons assister \u00e0 une concentration des villes d&rsquo;ici \u00e0 2030, ce qui permettra de r\u00e9duire les d\u00e9placements individuels, souligne Roger Nordmann. A l&rsquo;int\u00e9rieur de ces villes plus grandes, les transports publics seront renforc\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abA l&rsquo;inverse de nombreux pays comme les Etats-Unis, la France ou l&rsquo;Allemagne, la Suisse n&rsquo;est pas soumise aux lobbies p\u00e9troliers ou de l&rsquo;industrie automobile. Elle poss\u00e8de en outre une concentration de chercheurs tr\u00e8s importante, qui devrait lui permettre de jouer le r\u00f4le de leader de \u00abl&rsquo;\u00e9conomie durable\u00bb, pr\u00e9dit Philippe Virdis . En 2030, je vois donc une Suisse qui recr\u00e9era plus de valeur industrielle qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Une Suisse leader, cr\u00e9atrice d&#8217;emplois et de valeurs \u00e9thiques reconnues.\u00bb \u00abL&rsquo;\u00e9conomie verte permettra de renforcer l&rsquo;\u00e9conomie helv\u00e9tique, conclut Roger Nordmann. Les emplois de demain sont dans les \u00e9nergies renouvelables.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8211;<br \/>\nProfil<\/p>\n<p>Philippe Virdis est n\u00e9 en 1948. Ing\u00e9nieur \u00e9lectricien dipl\u00f4m\u00e9 de l&rsquo;EPFL, il est directeur g\u00e9n\u00e9ral du Groupe E depuis janvier 2006. Auparavant, il a travaill\u00e9 pour BBC-S\u00e9cheron, IBM (Suisse) et plus r\u00e9cemment au sein des Entreprises Electriques Fribourgeoises (EEF), de EEF et ENSA (Electricit\u00e9 Neuch\u00e2teloise).<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le patron du Groupe E, Philippe Virdis, estime que le bouquet \u00e9nerg\u00e9tique suisse sera boulevers\u00e9. Plus \u00e9cologique, il devrait d\u00e9laisser les sources d&rsquo;\u00e9nergie fossile au profit des renouvelables.<\/p>\n","protected":false},"author":19489,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-2885","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technophile","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2885","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19489"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2885"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2885\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2885"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2885"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2885"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}