



{"id":2838,"date":"2009-04-20T00:00:00","date_gmt":"2009-04-19T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2838"},"modified":"2009-06-22T09:59:02","modified_gmt":"2009-06-22T07:59:02","slug":"interview","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2838","title":{"rendered":"Alexandre Jollien, caract\u00e8re de lutteur"},"content":{"rendered":"<p>Ecouter Alexandre Jollien, c\u2019est prendre une le\u00e7on de vie. La premi\u00e8re chose que l\u2019on entend, c\u2019est sa voix si particuli\u00e8re. La voix d\u2019une personne handicap\u00e9e. Et puis, cette diff\u00e9rence s\u2019estompe sous la clart\u00e9 des propos.<\/p>\n<p>Avec humour et lucidit\u00e9, le philosophe valaisan \u00e9voque sa propre fragilit\u00e9, \u00absa maladie chronique\u00bb. Mais ce handicap dont il parle n\u2019est-il vraiment que le sien, ou bien la difficult\u00e9 de chacun \u00e0 accepter sa propre condition humaine?<\/p>\n<p>Dans cet entretien, il \u00e9voque son rapport au corps m\u00e9dical, \u00e0 la maladie et la r\u00e9silience, cette difficile \u00e9tape qui permet d\u2019accepter ses traumatismes. <\/p>\n<p><b>Dans l\u2019\u00abEloge de la Faiblesse\u00bb, votre premier livre, vous racontez votre enfance pass\u00e9e dans une institution sp\u00e9cialis\u00e9e pour personnes handicap\u00e9es. Le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est que vous n\u2019\u00eates pas tendre avec les \u00e9ducateurs et le corps m\u00e9dical. Que leur reprochez-vous exactement? <\/b><\/p>\n<p>Ma principale critique concerne la distance mise entre le patient et le professionnel, ce que l\u2019on appelle la distance th\u00e9rapeutique. L\u2019homme se construit dans la relation \u00e0 l\u2019autre, gr\u00e2ce \u00e0 un apport affectif. Mal appliqu\u00e9e, il me semble que la distance th\u00e9rapeutique nie ce besoin fondamental du patient de jouir d\u2019une certaine proximit\u00e9 avec autrui, et en l\u2019occurrence avec celles et ceux qui le soignent. A mon avis, elle prot\u00e8ge davantage le professionnel que le malade et c\u2019est cela que je mets en question. Il ne s\u2019agit pas de condamner, mais de dire: attention la distance th\u00e9rapeutique peut faire des d\u00e9g\u00e2ts. Elle doit \u00eatre appliqu\u00e9e avec beaucoup de finesse et de tact. <\/p>\n<p>D\u2019autre part, je pense que le corps m\u00e9dical a une certaine tendance \u00e0 installer le patient dans une pathologie. C\u2019est dangereux. Le diagnostic devrait \u00eatre revisit\u00e9 chaque jour plut\u00f4t que de devenir une \u00e9tiquette coll\u00e9e sur le malade. Le diagnostic est souvent r\u00e9alis\u00e9 comme un clich\u00e9 photographique, mais les personnes ne se r\u00e9duisent pas \u00e0 un clich\u00e9. Elles \u00e9voluent au jour le jour, alors que la photo fige le r\u00e9el, l\u2019enferme. Le diagnostic doit donc s\u2019adapter au patient au jour le jour. <\/p>\n<p><b>Mais vous avez \u00e9galement crois\u00e9 de \u00abbons\u00bb \u00e9ducateurs\u2026<\/b><\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que je m\u2019aper\u00e7ois que l\u2019\u00abEloge de la Faiblesse\u00bb \u00e9tait un \u00e9crit de jeunesse. \u00abBon \u00e9ducateur\u00bb, \u00abmauvais \u00e9ducateur\u00bb\u2026 Aujourd\u2019hui, je ne me permettrai plus de tomber dans un tel manich\u00e9isme. Quoiqu\u2019il en soit, au niveau de l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue, les \u00e9ducateurs qui m\u2019ont fait grandir sont ceux avec qui il y avait une authenticit\u00e9. Ce lien amical \u00e9tait permis et m\u00eame offert. En voulant \u00eatre digne de cette amiti\u00e9, je progressais par affection pour l\u2019\u00e9ducateur.<\/p>\n<p><b>Dans votre lutte contre le handicap, l\u2019amiti\u00e9 semble avoir \u00e9t\u00e9 un moteur tr\u00e8s fort\u2026<\/b><\/p>\n<p>L\u2019amiti\u00e9 est une solidarit\u00e9 qui permet de lutter contre la souffrance, mais aussi d\u2019avancer dans la joie. Aujourd\u2019hui, on a peut-\u00eatre l\u2019illusion que l\u2019homme se b\u00e2tit tout seul. Mais en fait nous construisons notre joie en soci\u00e9t\u00e9, dans une communaut\u00e9. Aristote disait \u00abl\u2019amiti\u00e9 est le sel de la vie\u00bb. En tout cas, elle nous sort de nous, elle nous compl\u00e8te. L\u2019illusion est d\u2019essayer de faire sa vie tout seul. La joie que nous pouvons tirer de l\u2019amiti\u00e9 est unique.<\/p>\n<p><b>Et le r\u00f4le de la famille? <\/b><\/p>\n<p>J\u2019ai une certaine pudeur \u00e0 \u00e9voquer ma famille. Elle m\u2019a donn\u00e9 confiance en moi, confiance en la vie. A la maison, il n\u2019y a jamais eu de jugements. C\u2019est tr\u00e8s banal de le dire mais avoir eu des parents aimants a \u00e9t\u00e9 une chance pour moi. Maintenant que je suis p\u00e8re, je r\u00e9alise la difficult\u00e9 d\u2019\u00eatre parent. M\u00eame avec la meilleure volont\u00e9 du monde, impossible de ne pas faire d\u2019erreurs. Je pense qu\u2019il faut pr\u00eacher par l\u2019exemple et montrer la joie.<\/p>\n<p>Personnellement, j\u2019ai tendance \u00e0 estimer la vie au regard de la joie et du don de soi \u00e0 l\u2019autre. Mais je ne peux pas imposer cela \u00e0 mes enfants. Cela pourrait \u00eatre tr\u00e8s contre-productif et m\u00eame maltraitant. Par contre, pr\u00eacher par l\u2019exemple: montrer que des parents peuvent \u00eatre dans la difficult\u00e9 sans s\u2019\u00e9nerver. Ou, quand ils s\u2019\u00e9nervent, montrer que les parents sont des \u00eatres fragiles et qu\u2019ils essayent d\u2019assumer leur faiblesse. Bref, montrer des parents dans la v\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire bless\u00e9s et vuln\u00e9rables, mais toujours aimants. Evidemment, lorsque l\u2019on est emport\u00e9 par le quotidien, cela devient tr\u00e8s difficile. <\/p>\n<p><b>Aujourd\u2019hui que vous \u00eates devenu \u00abphilosophe\u00bb, peut-on dire que votre r\u00e9silience est achev\u00e9e? <\/b><\/p>\n<p>Non. Je ne crois pas. Pour moi, la r\u00e9silience est vraiment un d\u00e9fi de tous les jours. Ext\u00e9rieurement, on pourrait croire que c\u2019est fini, que c\u2019est bon, que c\u2019est r\u00e9ussi. Mais la souffrance demeure l\u00e0 au quotidien. Les blessures aussi. Mon caract\u00e8re de lutteur, qui est positif \u00e0 certains \u00e9gards, reste pr\u00e9sent \u00e9galement. La r\u00e9silience, envisag\u00e9e comme un d\u00e9clic, n\u2019existe pas. C\u2019est un travail quotidien. Finalement, le plus beau et le plus dur est de r\u00e9aliser qu\u2019il y a des blessures qui ne gu\u00e9riront jamais. <\/p>\n<p><b>Faut-il accepter ces blessures? <\/b><\/p>\n<p>Accepter, c\u2019est un peu rapide. Il faut les int\u00e9grer et peut-\u00eatre se lib\u00e9rer de l\u2019envie d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une certaine perfection. Du moment que j\u2019essaye de r\u00e9parer \u00e0 tout prix des blessures, je passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce que me donne la vie, de ce que me donne le pr\u00e9sent.<\/p>\n<p><b>Mais justement comment arriver \u00e0 profiter de son pr\u00e9sent lorsqu\u2019on est malade par exemple? <\/b><\/p>\n<p>Personnellement, j\u2019aime bien la notion de vocation. Elle m\u2019installe dans le pr\u00e9sent. Je poss\u00e8de trois vocations: celle de personne handicap\u00e9e, celle de p\u00e8re de famille et celle d\u2019\u00e9crivain. Chaque jour je me dis: que puis-je faire aujourd\u2019hui pour acc\u00e9der \u00e0 mes trois vocations? Cette question me permet de ne pas fuir dans le futur et de m\u2019inscrire dans le pr\u00e9sent, sans renier mon pass\u00e9.<\/p>\n<p>Mais, lorsque l\u2019on souffre, vivre au pr\u00e9sent est tr\u00e8s compliqu\u00e9. On lutte contre cette souffrance, ce qui est naturel et l\u00e9gitime, mais ce faisant on risque de disqualifier le pr\u00e9sent, au profit du futur: \u00abdemain j\u2019irai bien, demain je serai heureux.\u00bb Pour moi qui ai un handicap, je pourrais dire une maladie chronique, c\u2019est tout un apprentissage que d\u2019apprendre \u00e0 r\u00e9aliser qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une affaire \u00e0 long terme. Il faut lutter contre le handicap, mais aussi prendre le temps de relire sa vie, se rappeler pourquoi on a fait tant d\u2019efforts et appr\u00e9cier ce que l\u2019on a r\u00e9alis\u00e9. Je pense \u00e0 Epicure qui disait en substance: \u00abprogresser et savourer le progr\u00e8s\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est important, parce qu\u2019on peut s\u2019\u00e9puiser \u00e0 mettre toute ses forces, toute son \u00e9nergie dans le combat, comme c\u2019\u00e9tait mon cas. Aujourd\u2019hui, j\u2019essaye de prendre la vie avec plus de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, de moins m\u2019inscrire dans une logique de combat. C\u2019est peut-\u00eatre paradoxal mais pour moi, lutter au quotidien, aujourd\u2019hui c\u2019est lutter pour le repos. Un repos actif mais un repos tout de m\u00eame.<\/p>\n<p><b>N\u2019est-il pas difficile d\u2019arr\u00eater la lutte apr\u00e8s avoir gu\u00e9ri d\u2019une longue maladie? <\/b><\/p>\n<p>Il ne faut pas g\u00e9n\u00e9raliser. Mais je pense que lorsque l\u2019on lutte contre une souffrance, on sait pourquoi on se l\u00e8ve le matin. Ce combat donne un sens \u00e0 l\u2019existence. Mais lorsqu\u2019il disparait, peut apparaitre un vide, per\u00e7u comme un manque. <\/p>\n<p>Mon pass\u00e9 m\u2019a longtemps fait croire que le bonheur r\u00e9sidait dans la conqu\u00eate, dans la lutte, dans l\u2019action. Mais \u00e0 toujours vouloir faire des choses, on peut s\u2019\u00e9puiser. La naissance de mon premier enfant, Victorine, m\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019il y avait vraiment une joie et presque un bonheur, en dehors de la lutte. Je dis \u00abpresque\u00bb, parce que pour moi le bonheur est un id\u00e9al par trop lointain. C\u2019est un id\u00e9al parfait et par exp\u00e9rience, je n\u2019ai jamais eu un bonheur parfait. Mais il y a des joies extr\u00eames, profondes. Je dirais d\u2019ailleurs que mon chemin consiste aujourd\u2019hui \u00e0 me lib\u00e9rer d\u2019un id\u00e9al de bonheur inaccessible pour arriver \u00e0 la joie concr\u00e8te.<\/p>\n<p><b>Apr\u00e8s \u00abLa Philosophie de la joie\u00bb, quel th\u00e8me abordera votre prochain ouvrage? <\/b><\/p>\n<p>Je travaille sur un livre sur les passions, c&rsquo;est-\u00e0-dire tout ce qui est plus fort que la raison. Jusqu\u2019ici, je me suis construit dans la lutte, un \u00e9tat o\u00f9 ce qui compte est la volont\u00e9, la raison. Mais apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 de faire un \u00e9loge de la volont\u00e9, je me dis que le volontarisme peut \u00eatre dangereux. De plus, je me suis aper\u00e7u qu\u2019une partie de la vie ne d\u00e9pend pas compl\u00e8tement de nous: la tristesse, la col\u00e8re, la joie sont des sentiments qui \u00e9chappent en partie \u00e0 notre pleine ma\u00eetrise. <\/p>\n<p><b>N\u2019est-ce pas difficile de sortir de ce volontarisme, qui a caract\u00e9ris\u00e9 votre lutte pour passer du statut d\u2019handicap\u00e9 \u00e0 celui de philosophe? <\/b><\/p>\n<p>Les m\u00e9dias ont peut-\u00eatre contribu\u00e9 \u00e0 faire de moi \u00able philosophe du handicap\u00bb, ou \u00abl\u2019infirme philosophe\u00bb. Mais, moi aussi, il faut l\u2019avouer j\u2019ai peut-\u00eatre renforc\u00e9 cette image, \u00e0 mon corps d\u00e9fendant. Apr\u00e8s \u00abLe m\u00e9tier d\u2019homme\u00bb, j\u2019ai eu beaucoup de peine \u00e0 faire un nouveau livre pour parler de quelque chose de plus philosophique et de plus universel. Je me suis aper\u00e7u que mon histoire de personne handicap\u00e9e avait beaucoup nourri ma philosophie, mais que c\u2019\u00e9tait dur d\u2019en sortir pour aller vers autre chose. Mais je ne veux pas m\u2019y enfermer. Ma mission aujourd\u2019hui, c\u2019est de m\u2019ouvrir \u00e0 autre chose sans nier le handicap. C\u2019est un difficile \u00e9quilibre \u00e0 trouver.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nBio express<\/p>\n<p>Alexandre Jollien est n\u00e9 \u00e0 Savi\u00e8se (Valais), le 26 novembre 1975. Une naissance difficile: lors de l\u2019accouchement le cordon ombilical s\u2019enroule autour de son cou, prive son cerveau d\u2019oxyg\u00e8ne et le laisse handicap\u00e9. Pendant plus de dix-sept ans, il s\u00e9journe dans une institution sp\u00e9cialis\u00e9e pour personnes handicap\u00e9es moteurs, o\u00f9 les \u00e9ducateurs le pr\u00e9destinent au m\u00e9tier de rouleur de cigares. <\/p>\n<p>Contre toute attente, Alexandre Jollien r\u00e9ussi, gr\u00e2ce \u00e0 un continuel d\u00e9passement de soi, \u00e0 changer de route: en 1993, il entre \u00e0 l\u2019\u00e9cole sup\u00e9rieure de commerce de Sierre. Il se tourne ensuite vers la philosophie qu\u2019il \u00e9tudie \u00e0 la facult\u00e9 des lettres de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg. Refusant toute forme de commis\u00e9ration et de piti\u00e9 (\u00abNe pas fuir le handicap\u00bb et \u00abaccepter que je ne serai jamais normal\u00bb, enseigne-t-il), il trouve chez les philosophes (Socrate, Nietzche, Spinoza\u2026) \u00ables outils pour acc\u00e9der \u00e0 la joie\u00bb. <\/p>\n<p>En 1999 sort son premier livre, l\u2019\u00abEloge de la faiblesse\u00bb, r\u00e9compens\u00e9 par les prix Mottart de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise et Montyon de litt\u00e9rature et de philosophie. Suivent \u00abLe m\u00e9tier d\u2019homme\u00bb (2002) et \u00abLa construction de soi\u00bb (2006) o\u00f9 Alexandre Jollien \u00e9voque sa propre fragilit\u00e9 avec humour et joie, pour nous permettre \u00e0 tous d\u2019accepter notre propre condition humaine. <\/p>\n<p>Mari\u00e9 depuis 2004 et p\u00e8re de deux enfants, Alexandre Jollien consacre sa vie \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la philosophie et du grec et donne de nombreuses conf\u00e9rences en Suisse et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans Chuv Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le philosophe valaisan parle de volont\u00e9, de vocation et de sa conception de l\u2019amiti\u00e9. \u00abLa r\u00e9silience n\u2019est pas un d\u00e9clic, dit-il, c\u2019est un travail quotidien.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"author":19489,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2838","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2838","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19489"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2838"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2838\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2838"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2838"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2838"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}