



{"id":2748,"date":"2008-12-08T00:00:00","date_gmt":"2008-12-07T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2748"},"modified":"2009-06-19T16:41:39","modified_gmt":"2009-06-19T14:41:39","slug":"suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2748","title":{"rendered":"La haute technologie du VTT"},"content":{"rendered":"<p>Il para\u00eet que les Suisses raffolent de v\u00e9lo tout-terrain. Cela tombe bien, la topographie vallonn\u00e9e du pays se pr\u00eate merveilleusement \u00e0 l\u2019exercice. Et pour les amateurs \u00e9clair\u00e9s de belles m\u00e9caniques sur deux roues, pas la peine de se creuser trop longtemps les m\u00e9ninges: l\u2019industrie locale propose parmi ce qui se fait de mieux.<\/p>\n<p>En l\u2019espace d\u2019une d\u00e9cennie, la Suisse s\u2019est b\u00e2ti une r\u00e9putation de premier plan dans le monde du v\u00e9lo, plus sp\u00e9cifiquement le v\u00e9lo tout-terrain (VTT). Une cons\u00e9cration qu\u2019elle doit principalement \u00e0 l\u2019entreprise biennoise DT Swiss et \u00e0 sa voisine de Grenchen BMC, ainsi qu\u2019au g\u00e9ant Scott, certes d\u2019origine am\u00e9ricaine, mais dont les v\u00e9los sont d\u00e9sormais con\u00e7us \u00e0 Givisiez (FR).<\/p>\n<p>Implant\u00e9e dans une r\u00e9gion c\u00e9l\u00e8bre pour son activit\u00e9 horlog\u00e8re, la firme biennoise DT Swiss a connu un d\u00e9veloppement sensationnel depuis sa cr\u00e9ation en 1994, sur les cendres de Tr\u00e9fileries Unies SA, entreprise d\u00e9tentrice d\u2019un savoir-faire s\u00e9culaire dans la fabrication de rayons. En quinze ans, le nombre d\u2019employ\u00e9s est pass\u00e9 de 28 personnes \u00e0 plus de 300 aujourd\u2019hui. L\u2019usine originelle, engonc\u00e9e dans des gorges, sert toujours de quartier g\u00e9n\u00e9ral, mais de nouveaux b\u00e2timents viennent d\u2019\u00eatre construits \u00e0 proximit\u00e9, en attendant qu\u2019une nouvelle structure remplace les locaux d\u2019origine, d\u2019ici deux ans. <\/p>\n<p>Si DT Swiss a acquis une renomm\u00e9e internationale, elle n\u2019a rien abandonn\u00e9 de sa philosophie originelle, aux antipodes de l\u2019industrie de masse. La presse sp\u00e9cialis\u00e9e du monde entier loue fr\u00e9quemment ce parti paris d\u2019excellence. On parle de qualit\u00e9, de technologie, de fiabilit\u00e9, d\u2019exception.<\/p>\n<p>\u00abLe plus impressionnant n\u2019est pas la propret\u00e9 m\u00e9dicale ni la clart\u00e9 ou la mani\u00e8re dont tout est rang\u00e9, class\u00e9\u2026 le plus impressionnant c\u2019est la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et le calme dans lequel les t\u00e2ches sont effectu\u00e9es\u00bb, rel\u00e8ve le reporter du magazine fran\u00e7ais Bike (ao\u00fbt 2008), qui a pu visiter les ateliers de Bienne. Et de poursuivre: \u00abQue ce soit pour le m\u00e9ticuleux assemblage des pi\u00e8ces qui constituent les fourches ou la mise en place des stickers sur les jantes, tout le monde travaille \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un petit artisan passionn\u00e9 par son activit\u00e9. Ici, la main d\u2019\u0153uvre se paye cher et est tr\u00e8s qualifi\u00e9e. Pas \u00e9tonnant dans ce contexte que les produits DT Swiss soient si on\u00e9reux. Apr\u00e8s avoir vu \u00e7a, on comprend mieux.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019entreprise helv\u00e9tique ne fait pas myst\u00e8re des ses orientations marketing: son coeur de cible se situe clairement dans le segment haut de gamme. \u00abLe march\u00e9 de masse ne sera jamais notre cr\u00e9neau\u00bb, affirme ainsi Daniel Berger, responsable des relations publiques. Au total, 90% des produits DT Swiss sont fabriqu\u00e9s et assembl\u00e9s \u00e0 Bienne, si bien qu\u2019un maximum de 50 fourches sortent quotidiennement de l\u2019usine d\u2019assemblage, et cela pour l\u2019ensemble du march\u00e9 mondial.\u00bb<\/p>\n<p>Prix moyen l\u2019unit\u00e9: environ 1500 francs. Pour les esth\u00e8tes, il y a mati\u00e8re \u00e0 alourdir encore la facture, comme par exemple avec cette paire de roues en carbone, l\u2019arme ultime en mati\u00e8re de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 (250 grammes de gagn\u00e9s), factur\u00e9e 4500 francs.<\/p>\n<p>\u00abLes produits DT Swiss, comme c\u2019est aussi le cas des cadres BMC ou Scott, v\u00e9hiculent une image de prestige, observe Aur\u00e9lien Hutinet, r\u00e9dacteur en chef du magazine Bike. Dans l\u2019inconscient collectif, je pense que les amateurs font un parall\u00e8le avec l\u2019horlogerie suisse et tout ce qu\u2019elle symbolise de pr\u00e9cision et d\u2019excellence. C\u2019est beau, c\u2019est classe et \u00e7a fonctionne. On peut presque parler d\u2019artisanat industrialis\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Le lien avec l\u2019horlogerie s\u2019av\u00e8re d\u2019ailleurs plus concret qu\u2019il n\u2019y para\u00eet. Les entreprises de d\u00e9colletage de la r\u00e9gion, sp\u00e9cialis\u00e9es dans l\u2019usinage de m\u00e9caniques de pr\u00e9cision, fournissent en effet de nombreuses pi\u00e8ces \u00e0 DT Swiss. \u00abPour certains \u00e9l\u00e9ments qui composent nos moyeux arri\u00e8re, notamment, nous faisons appel aux m\u00eame entreprises que celles qui livrent les marques horlog\u00e8res\u00bb, explique Daniel Berger, sans donner plus de pr\u00e9cisions.<\/p>\n<p>La conception de nouveaux produits, la recherche de gain de poids et de rigidit\u00e9 constitue un souci permanent: \u00abNous suivons attentivement les d\u00e9veloppements de l\u2019ing\u00e9nierie a\u00e9ronautique et militaire, rel\u00e8ve Martin Walthert, chef du d\u00e9partement Recherche et d\u00e9veloppement. Cela nous permet d\u2019anticiper sur les tendances futures car ces milieux disposent de beaucoup d\u2019argent pour exp\u00e9rimenter de nouvelles solutions.\u00bb <\/p>\n<p>Si des standards pr\u00e9cis existent pour certifier les diff\u00e9rents composants d\u2019un v\u00e9lo (cadre, fourche, amortisseur, jantes, etc.), chez DT Swiss, on avoue ne pas se satisfaire des normes en vigueur: \u00abLes tests impos\u00e9s ne sont pas suffisants \u00e0 nos yeux\u00bb, rel\u00e8ve Daniel Berger.<\/p>\n<p>L\u2019obstination des ing\u00e9nieurs helv\u00e9tiques d\u00e9bouche parfois sur des produits hyper exclusifs. C\u2019est le cas de cet amortisseur arri\u00e8re, recouvert d\u2019un cache en carbone ultra fin moul\u00e9 d\u2019un seul bloc. La fabrication d\u2019une telle pi\u00e8ce en carbone s\u2019av\u00e8re tr\u00e8s complexe \u00e0 r\u00e9aliser car il faut retirer la partie int\u00e9rieure du moule. \u00abTout le monde nous disait que l\u2019on n\u2019y arriverait jamais\u00bb, sourit Martin Walhert<\/p>\n<p>Le carbone, justement, r\u00e8gne aujourd\u2019hui sur le haut de gamme de la plan\u00e8te VTT. Gr\u00e2ce \u00e0 son poids tr\u00e8s r\u00e9duit coupl\u00e9 \u00e0 une excellente rigidit\u00e9, ce mat\u00e9riau a investit la plupart des composants des v\u00e9los dernier cri: de la potence au tube de selle, en passant par les p\u00e9dales, les leviers de freins, l\u2019enveloppe de la fourche et jusqu\u2019\u00e0 celle de l\u2019amortisseur arri\u00e8re, sans oublier l\u2019essentiel: le cadre! <\/p>\n<p>Or, si DT Swiss ne con\u00e7oit pas de cadres de v\u00e9lo, et n\u2019envisage pas de le faire, des synergies efficaces existent avec les firmes locales: Scott et BMC, pass\u00e9es ma\u00eetres dans l\u2019art de fa\u00e7onner le carbone. Les cadres sont fabriqu\u00e9s en Asie, mais le travail de conception (ing\u00e9nierie, mod\u00e9lisation informatique, design) a lieu sur les sites de Givisiez et Grenchen.<\/p>\n<p>Chez Scott, le dernier bijou en date reprend le meilleur du voisin DT Swiss (roues carbones, fourche et amortisseur). Dans sa version \u00abLimited\u00bb, factur\u00e9e 8500 euros, ce VTT affiche 10,5 kg sur la balance alors qu\u2019il offre un d\u00e9battement impressionnant de 150 mm, \u00e0 l\u2019avant comme \u00e0 l\u2019arri\u00e8re. Un rapport poids\/d\u00e9battement tout \u00e0 fait in\u00e9dit, qui d\u00e9montre combien le secteur continue de progresser: \u00abUn v\u00e9lo aussi polyvalent aurait \u00e9t\u00e9 inimaginable il y a seulement trois ans, assure Aur\u00e9lien Hutinet. Il y a dix ans, de tels d\u00e9battements \u00e9taient encore r\u00e9serv\u00e9s aux VTT de descente, deux fois plus lourds.\u00bb<\/p>\n<p>Moins de poids, plus de d\u00e9battement. Telle est la voie o\u00f9 s\u2019engouffre aujourd\u2019hui l\u2019industrie du VTT, inf\u00e9od\u00e9e au dieu carbone. Non sans un certain malaise \u00e9thique: \u00abLe gros point noir du carbone, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas du tout recyclable. Voici un mat\u00e9riau tr\u00e8s tendance mais h\u00e9las peu \u00e9cologique\u00bb, souligne Aur\u00e9lien Hutinet. Pas id\u00e9al dans un secteur si intimement li\u00e9 au d\u00e9veloppement durable\u2026 Mais en attendant de trouver une alternative au carbone, les ing\u00e9nieurs imaginent d\u00e9j\u00e0 le VTT de demain: \u00abL\u2019avenir est \u00e0 une meilleure int\u00e9gration des diff\u00e9rents composants, estime Daniel Berger, chez DT Swiss. Nous travaillons d\u00e9j\u00e0 avec Scott, par exemple, pour concevoir certains de leurs amortisseurs, mais la synergie pourrait aller un cran plus loin. Il est imaginable que, d\u2019ici quelques ann\u00e9es, le cadre et le syst\u00e8me d\u2019amortissement, voire m\u00eame les roues, ne forment qu\u2019une seule et m\u00eame pi\u00e8ce.\u00bb<\/p>\n<p>Bien que la moiti\u00e9 des employ\u00e9s de Scott (dont une quinzaine de personnes vou\u00e9es \u00e0 la conception et au design) travaille \u00e0 Givisiez, le fabricant pr\u00e9f\u00e8re se vendre comme un acteur global. \u00abNous ne communiquons pas en tant que marque suisse\u00bb, r\u00e9sume sobrement Reto Aeschbacher, responsable du marketing. Ce n\u2019est pas le cas de BMC, qui souhaite tirer parti de ses g\u00eanes helv\u00e9tiques pour sa strat\u00e9gie marketing. Fond\u00e9e en 1994, la marque jouit d\u2019une r\u00e9putation d\u2019innovation, notamment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019entit\u00e9 BMC Racing, qui se distingue au plus haut niveau dans les courses professionnelles sur route.<\/p>\n<p>La marque suisse, qui compte une cinquantaine de collaborateurs, se distingue \u00e9galement dans l\u2019univers du VTT haut de gamme. L\u00e0 encore, l\u2019image de prestige de pr\u00e9cision est au rendez-vous. Souvent prim\u00e9 pour la beaut\u00e9 de ses cadres, de forme tr\u00e8s travaill\u00e9e, BMC soigne les d\u00e9tails. Les choix techniques se veulent souvent originaux, comme la fameuse jonction ajour\u00e9e entre le tube de selle et le tube sup\u00e9rieur, l\u2019un des signes distinctifs de la marque.<\/p>\n<p>Sur les 30&rsquo;000 v\u00e9los (15&rsquo;000 route, 15&rsquo;000 VTT) \u00e9coul\u00e9s chaque ann\u00e9e par BMC, plus d\u2019un tiers des clients optent pour la r\u00e9plique exacte du cadre de l\u2019\u00e9quipe pro.<\/p>\n<p>Except\u00e9 le cadre, les autres pi\u00e8ces du v\u00e9lo proviennent de diff\u00e9rents fabricants, dont l\u2019incontournable DT Swiss\u2026 L\u2019\u00e9tape essentielle du montage fait ici l\u2019objet de la plus grande attention. Chez BMC, on aime le travail bien fait, et le r\u00e9sultat s\u2019en ressent. Comme les vendeurs de cycles ont coutume de le dire, les v\u00e9los sortis des ateliers de Grenchen ne n\u00e9cessitent aucune pr\u00e9paration, hormis le r\u00e9glage de la hauteur de selle\u2026 <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<b>DT Swiss, l\u2019artisan industriel<\/b><\/p>\n<p>Pour DT Swiss, tout a commenc\u00e9 avec la fabrication de rayons haut de gamme, au rythme sage de l\u2019artisanat. Le succ\u00e8s aidant, la soci\u00e9t\u00e9 diversifie tr\u00e8s vite ses activit\u00e9s. En 1995, elle lance le fameux moyeu H\u00fcgi (1995), qui repr\u00e9sente aujourd\u2019hui pr\u00e8s de 40% de son chiffre d\u2019affaire. L\u2019entreprise prend encore de l\u2019envergure avec l\u2019introduction du premier amortisseur \u00e0 air pour les v\u00e9los tout suspendus (2001), et surtout avec le lancement de jantes fabriqu\u00e9es \u00e0 Bienne (2003). DT Swiss devient alors la premi\u00e8re soci\u00e9t\u00e9 au monde \u00e0 produire elle-m\u00eame tous les composants d&rsquo;une roue. Les premi\u00e8res roues compl\u00e8tes sont donc rapidement propos\u00e9es (2004). Et l\u2019expansion se poursuit avec le rachat, en 2006, du d\u00e9partement des fourches de l\u2019anglais Pace Cycles. Enfin en 2007, l\u2019entreprise biennoise commence sa propre production de pi\u00e8ces carbones.<\/p>\n<p>&#8212;&#8211;<br \/>\nUne version de cet article est parue dans le magazine scientifique <a Href=http:\/\/www.reflexmagazine.ch target=_blank class=std>Reflex<\/a> de d\u00e9cembre 2008.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les plus belles montres sont produites dans le Jura suisse. Les v\u00e9los les plus perfectionn\u00e9s \u00e9galement. Exemples avec DT Swiss, BMC et Scott.<\/p>\n","protected":false},"author":19406,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2748","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2748","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19406"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2748"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2748\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2748"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2748"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2748"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}