



{"id":2724,"date":"2008-11-03T00:00:00","date_gmt":"2008-11-02T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2724"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"tourisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2724","title":{"rendered":"Le Bed and Breakfast s\u00e9duit aussi la client\u00e8le d\u2019affaires"},"content":{"rendered":"<p> \u00abD\u00e8s le d\u00e9part, nous avons vis\u00e9 une client\u00e8le haut de gamme. Nous n\u2019accueillons pas le p\u00e8lerin de Compostelle mais des cadres de multinationales, des producteurs de Pal\u00e9o ou des hommes d\u2019affaires venant assister \u00e0 des congr\u00e8s.\u00bb Isabelle Kaser, propri\u00e9taire de la Casa Isabella \u00e0 Dully (VD), r\u00e9sume une tendance forte: le Bed and Breakfast n\u2019a plus grand chose \u00e0 voir avec la chambre vieillotte lou\u00e9e \u00e0 des \u00e9tudiants de passage. <\/p>\n<p>Spa, connexions Wifi, terrasse priv\u00e9e et emplacements de r\u00eave, certains \u00e9tablissements n\u2019ont rien \u00e0 envier aux plus grands h\u00f4tels, et s\u00e9duisent logiquement une client\u00e8le haut de gamme: hommes et femmes d\u2019affaires en voyage ou cadres expatri\u00e9s en attente de logement. \u00abJ\u2019ai choisi cette formule sur recommandation d\u2019un ami, raconte Johannes F\u00f6rster, consultant allemand qui s\u00e9journe r\u00e9guli\u00e8rement en Suisse pour son travail. La maison dans laquelle je logeais \u00e9tait situ\u00e9e en pleine campagne, pr\u00e8s de Nyon, dans un cadre magnifique. Depuis que j\u2019ai d\u00e9couvert \u00e7a, je n\u2019ai plus envie d\u2019aller ailleurs!\u00bb<\/p>\n<p>\u00abLa tendance consiste \u00e0 proposer des habitations ind\u00e9pendantes avec un service professionnel\u00bb, d\u00e9taille Laurent Tabin, directeur de \u00abBed and Breakfast Switzerland\u00bb, l\u2019organe qui f\u00e9d\u00e8re et organise l\u2019offre au niveau national. Particuli\u00e8rement aux abords des grandes villes et dans l\u2019arc l\u00e9manique, ce type d\u2019h\u00e9bergement s\u2019est rapidement d\u00e9velopp\u00e9. En 2007, les 800 \u00e9tablissements actuellement r\u00e9pertori\u00e9s en Suisse ont totalis\u00e9 pr\u00e8s de 270&rsquo;000 nuit\u00e9es selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, soit une hausse de 50% par rapport \u00e0 2005. Et le directeur de Bed and Breakfast Switzerland annonce d\u00e9j\u00e0 plus de 1\u2019000 adresses r\u00e9pertori\u00e9es pour le guide de 2010, actuellement en pr\u00e9paration. <\/p>\n<p>Issus d\u2019une tradition anglo-saxonne, ces modes d\u2019h\u00e9bergement, apparus en Suisse au milieu des ann\u00e9es 90, ont su s\u2019adapter au march\u00e9. \u00abDepuis quelques ann\u00e9es, l\u2019\u00e9volution des offres touristiques est consid\u00e9rablement marqu\u00e9e par le \u2018benchmarking\u2019, qui se trouve \u00e0 la port\u00e9e de l\u2019internaute lambda, analyse Francis Scherly, professeur \u00e0 l&rsquo;Institut de tourisme de l&rsquo;Universit\u00e9 de Lausanne. N\u2019importe quel touriste a la possibilit\u00e9 de comparer les diff\u00e9rentes formes d\u2019h\u00e9bergement avant son s\u00e9jour, et de les noter ensuite. Cela favorise l\u2019\u00e9mergence des maisons d\u2019h\u00f4tes en raison du rapport qualit\u00e9 prix attractif qu\u2019elles offrent.\u00bb <\/p>\n<p>Au menu: ambiance conviviale, tranquillit\u00e9, confitures et pain frais maisons, pour des prix tr\u00e8s raisonnables. La nuit, factur\u00e9e entre 60 et 250 francs par personne en fonction de la saison et de la longueur du s\u00e9jour, se r\u00e9v\u00e8le avantageuse par rapport \u00e0 l\u2019h\u00f4tel. \u00abMais au-del\u00e0 de l\u2019aspect commercial, il s\u2019agit d\u2019un mode d\u2019h\u00e9bergement qui privil\u00e9gie un contact humain, constate Francis Scherly. En optant pour une maison d\u2019h\u00f4tes, le client obtiendra toujours un service personnalis\u00e9. M\u00eame dans un palace, il existe toujours une certaines distance entre le client et le personnel.\u00bb<\/p>\n<p>Une convivialit\u00e9 qui constitue un atout, surtout aupr\u00e8s des expatri\u00e9s fra\u00eechement arriv\u00e9s: \u00abIls appr\u00e9cient de rencontrer des Suisses et de b\u00e9n\u00e9ficier de leurs conseils, mais \u00e9galement de conna\u00eetre d\u2019autres \u00e9trangers dans la m\u00eame situation, raconte Brigitte B\u00fcrgisser, propri\u00e9taire de deux \u00e9tablissements \u00e0 Begnins et \u00e0 Coppet. J\u2019ai vu de nombreuses amiti\u00e9s se lier ici.\u00bb<\/p>\n<p><b>Des entreprises fragiles<\/b><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le succ\u00e8s de la formule, il est plut\u00f4t rare qu\u2019un Bed and Breakfast permette \u00e0 son propri\u00e9taire de faire beaucoup d\u2019argent. Apr\u00e8s d\u00e9duction du petit-d\u00e9jeuner, des charges, de la blanchisserie, des imp\u00f4ts et de la taxe de s\u00e9jour, ne restent que quelques dizaines de francs par nuit pour le patron. Les b\u00e9n\u00e9fices mensuels exc\u00e8dent rarement les 3&rsquo;000 francs. <\/p>\n<p>Un extra qui peut \u00eatre bienvenu, mais qui repr\u00e9sentent beaucoup d\u2019heures de travail, ainsi qu\u2019une disponibilit\u00e9 sans faille. \u00abUne telle entreprise peut vite envahir la sph\u00e8re priv\u00e9e, conc\u00e8de Alfred Demaurex, un retrait\u00e9 qui s\u2019est lanc\u00e9 il y a un an \u00e0 Epalinges. Durant toute ma vie professionnelle, je me suis habitu\u00e9 \u00e0 avoir des week-ends. Maintenant que je me suis investi dans cette entreprise, je n\u2019en ai plus!\u00bb Bref, avec une maison d\u2019h\u00f4tes, il devient difficile de l\u00e2cher prise. Et le mod\u00e8le \u00e9conomique reste fragile: \u00abPour 30% d\u2019augmentation annuelle des \u00e9tablissements, il y en a 10% qui disparaissent, note Laurent Tabin de Bed and Breakfast Switzerland. Comme dans toute petite entreprise familiale, il suffit d\u2019une maladie ou d\u2019un quelconque changement de situation pour que tout s\u2019arr\u00eate.\u00bb<\/p>\n<p>Au d\u00e9part, ce sont souvent des raisons personnelles qui incitent les propri\u00e9taires \u00e0 investir dans l\u2019accueil d\u2019h\u00f4tes. Les retrait\u00e9s et les jeunes m\u00e8res sont s\u00e9duits par l\u2019id\u00e9e de cr\u00e9er leur propre entreprise, d\u2019\u00eatre ind\u00e9pendants et flexibles. Mais c\u2019est surtout le go\u00fbt pour la rencontre des gens d\u2019ailleurs qui motive ces propri\u00e9taires qui ont, la plupart du temps, beaucoup voyag\u00e9 et parlent plusieurs langues. \u00abCela ouvre l\u2019esprit et c\u2019est tr\u00e8s \u00e9panouissant de rencontrer une telle diversit\u00e9 de personnes, confie Isabelle Kaser. Savoir comment et jusqu\u2019o\u00f9 les approcher repr\u00e9sente tout un art.\u00bb<\/p>\n<p>Actuellement, les maisons d\u2019h\u00f4tes ne repr\u00e9sentent qu\u2019un faible pourcentage des 36 millions de nuit\u00e9es nationales. Compte tenu de leur potentiel de croissance, vont-elles faire concurrence aux h\u00f4tels? \u00abNous ne voyons pas les Bed and Breakfasts comme une concurrence, r\u00e9pond Nora Fehr, d\u2019Hotelleriesuisse. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019un compl\u00e9ment \u00e0 la vaste offre d&rsquo;h\u00f4tels existante. Une palette diversifi\u00e9e est primordiale pour pr\u00e9server l&rsquo;attrait de la destination Suisse et pour satisfaire les diverses attentes des touristes.\u00bb <\/p>\n<p>Pour Francis Scherly, il n\u2019est pas question de comp\u00e9tition mais d\u2019une saine \u00e9mulation, qui devrait stimuler les h\u00f4teliers suisses et am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de leur accueil. \u00abNous nous trouvons dans un march\u00e9 que ne laisse plus de place \u00e0 la qualit\u00e9 moyenne.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<font size=2><b>Casa Isabella, Dully (VD)<\/b><\/p>\n<p>Lorsqu\u2019ils ont r\u00e9nov\u00e9 leur b\u00e2tisse du 19e, Isabelle et Denis Kaser ont con\u00e7u deux chambres d\u2019h\u00f4tes luxueuses, qu\u2019ils louent 150 francs la nuit. \u00abAu d\u00e9but, nous avons fait un peu moins de 200 nuit\u00e9es par an. Mais nous n\u2019exploitions pas la structure \u00e0 100% car nous avions chacun un travail.\u00bb Jeune m\u00e8re depuis quelques mois, Isabelle Kaser a d\u00e9cid\u00e9 de se consacrer enti\u00e8rement \u00e0 son Bed and Breakfast. \u00abJe pr\u00e9vois d\u2019augmenter le taux d\u2019occupation des chambres de 60% gr\u00e2ce \u00e0 mes d\u00e9marches aupr\u00e8s des entreprises, avec une croissance de 5% par an.\u00bb D\u00e8s cet hiver, le couple exploitera une troisi\u00e8me chambre, ainsi qu\u2019un studio et un appartement. \u00abIl faut deux \u00e0 trois ans pour amortir l\u2019investissement, mais apr\u00e8s cela, je compte bien tirer un joli salaire de mes activit\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p><b>Villa Sanluca, Nyon<\/b><\/p>\n<p>Un parc arboris\u00e9 de 1\u2019300 m2, une piscine chauff\u00e9e et trois chambres de charme: au c\u0153ur de Nyon, la Villa Sanluca accueille une client\u00e8le haut de gamme. Sandra et Lukas Hofer Veraldi ont acquis leur propri\u00e9t\u00e9 en 2005, apr\u00e8s avoir eux-m\u00eames beaucoup voyag\u00e9. \u00abL\u2019investissement s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ 40&rsquo;000 francs par chambre, qui co\u00fbtent entre 140 et 270 francs la nuit, en fonction de leur taille. Avec plus de 800 nuit\u00e9es annuelles, notre Bed and Breakfast tourne tr\u00e8s bien. Mais pour pouvoir en vivre il nous faudrait au moins dix chambres.\u00bb Sandra Hofer Veraldi ne consacre donc que 50% de ses activit\u00e9s au Bed and Breakfast. Le reste du temps, elle travaille comme ind\u00e9pendante, alors que son mari occupe un emploi \u00e0 plein temps.<\/font><\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans Bilan.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec plus de 250&rsquo;000 nuit\u00e9es r\u00e9alis\u00e9es en Suisse l\u2019an dernier, les formules d\u2019h\u00e9bergement chez l\u2019habitant connaissent une croissance spectaculaire. 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