



{"id":2692,"date":"2008-09-17T00:00:00","date_gmt":"2008-09-16T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2692"},"modified":"2009-06-22T09:59:38","modified_gmt":"2009-06-22T07:59:38","slug":"interview","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2692","title":{"rendered":"Bernard Tschumi: principes d\u2019architecture dans un taxi"},"content":{"rendered":"<p>Architecte de quelques-uns des b\u00e2timents les plus embl\u00e9matiques de ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, th\u00e9oricien proche des milieux artistiques et personnage cosmopolite, Bernard Tschumi est de passage \u00e0 Renens, sa ville d\u2019origine. Il est venu expliquer son travail lors d\u2019une conf\u00e9rence sur le lieu de l\u2019un de ses r\u00e9cents hauts faits, le nouveau si\u00e8ge de l\u2019Ecole cantonale d\u2019art de Lausanne (Ecal).<\/p>\n<p>Outre le b\u00e2timent de la fabrique Iril, qu\u2019il a transform\u00e9 avec l\u2019aide du bureau Fehlmann afin qu\u2019il accueille cette \u00e9cole d\u2019art, il a largement \u00e9voqu\u00e9 son dernier projet, un d\u00e9fi vertigineux: la construction du Mus\u00e9e de l\u2019Acropole \u00e0 Ath\u00e8nes, qu\u2019il vient d\u2019achever.<\/p>\n<p>Tschumi a \u00e9chafaud\u00e9 le concept de ce b\u00e2timent avant-gardiste \u00e0 partir de la fameuse frise en marbre du Parth\u00e9non que d\u00e9tient encore le British Museum, mais qui doit r\u00e9int\u00e9grer son site originel.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tage sup\u00e9rieur du mus\u00e9e, \u00e0 la superficie \u00e9gale \u00e0 celle du Parth\u00e9non, est orient\u00e9 de mani\u00e8re strictement parall\u00e8le au temple antique. Un dispositif qui permettra \u00e0 la frise de retrouver sa configuration initiale et \u00e0 l\u2019histoire qui y est grav\u00e9e d\u2019\u00eatre per\u00e7ue comme jadis.<\/p>\n<p>Ce parti pris donne toute son originalit\u00e9 et son \u00e9l\u00e9gance au b\u00e2timent dont l\u2019\u00e9tage semble se d\u00e9hancher au-dessus d\u2019un rez-de-chauss\u00e9e, lui-m\u00eame pos\u00e9 sur des pilotis de b\u00e9ton qui sauvegardent les fouilles arch\u00e9ologiques du sous-sol. Un nouveau tour de force pour l\u2019architecte franco-suisse de 64 ans qui n\u2019aime rien mieux que se frotter aux ouvrages r\u00e9put\u00e9s inex\u00e9cutables.<\/p>\n<p>Il nous a re\u00e7us au lendemain de sa conf\u00e9rence dans un taxi en partance pour Gen\u00e8ve-A\u00e9roport.  <\/p>\n<p><b>C\u2019est amusant de vous interviewer en taxi, car j\u2019ai lu que vous utilisez ce temps dans les transports pour d\u00e9velopper vos concepts. <\/p>\n<p><\/b>Pendant le travail en agence, on est sans cesse interrompu. Les seuls moments durant lesquels je trouve le calme pour prendre de la distance par rapport aux questionnements sont mes d\u00e9placements, que ce soit en taxi, en avion, en train ou m\u00eame dans le m\u00e9tro. J\u2019ai des centaines de feuilles volantes o\u00f9 je trace des esquisses et des diagrammes, avec g\u00e9n\u00e9ralement mes \u00e9couteurs sur les oreilles.<\/p>\n<p><b>Vous allez bient\u00f4t inaugurer l\u2019un de vos projets les plus repr\u00e9sentatifs avec le Mus\u00e9e de l\u2019Acropole. Comment vous \u00eates-vous int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 ce d\u00e9fi qui vous confrontait \u00e0 plus de 2000 ans d\u2019histoire de l\u2019architecture? <\/p>\n<p><\/b>Des gens en Gr\u00e8ce ont attir\u00e9 mon attention sur ce concours. Au d\u00e9part, j\u2019\u00e9tais un peu dubitatif, craignant la lourdeur de la bureaucratie et un concours malhonn\u00eate comme il en existe tant. Mais comme le th\u00e8me \u00e9tait quand m\u00eame int\u00e9ressant, j\u2019ai particip\u00e9.<\/p>\n<p><b>Vous parlez des nombreuses contraintes inh\u00e9rentes \u00e0 cet objet et au site qui co\u00efncide avec un champ de fouilles arch\u00e9ologiques \u00e0 pr\u00e9server. Le choix para\u00eet pour le moins curieux. <\/p>\n<p><\/b>Je crois que l\u2019ensemble du territoire ath\u00e9nien n\u2019est qu\u2019un vaste r\u00e9seau de fouilles. Il aurait fallu construire dans les franges de la ville \u00e0 5 ou 10 kilom\u00e8tres de l\u2019Acropole. Le site en question s\u2019est retrouv\u00e9 au c\u0153ur d\u2019une bataille ahurissante qui opposait divers groupes de pression. Les arch\u00e9ologues demandaient qu\u2019on ne touche \u00e0 rien, tandis que d\u2019autres personnes estimaient que le mus\u00e9e \u00e9tait une occasion de mettre en valeur ce lieu.<\/p>\n<p><b>Comment est n\u00e9 le concept? <\/p>\n<p><\/b>J\u2019ai montr\u00e9 dans les ann\u00e9es 70 ce que j\u2019ai appel\u00e9 les \u00abFilmscripts\u00bb dans une galerie new-yorkaise. Il s\u2019agissait d\u2019un dessin de 11 m. de long qui racontait un meurtre sur la 42e rue. Pour percevoir l\u2019histoire, le spectateur devait se d\u00e9placer dans l\u2019espace et litt\u00e9ralement \u00e9prouver l\u2019architecture. Le mode de notation superpos\u00e9e, en port\u00e9e, permettait de montrer simultan\u00e9ment la narration, des plans de la rue et d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n<p>J\u2019ai d\u00e9couvert plus tard qu\u2019Eisenstein a compos\u00e9 \u00abAlexandre Nevski\u00bb selon le m\u00eame syst\u00e8me. Chaque plan du film \u00e9tait d\u00e9coup\u00e9 en vignettes qui progressaient au m\u00eame rythme que la musique par exemple. Or, Eisenstein avait construit son film apr\u00e8s un voyage en Gr\u00e8ce o\u00f9 il avait observ\u00e9 la frise du Parth\u00e9non. On retrouve des sc\u00e8nes de bataille dans son film qui sont des copi\u00e9s-coll\u00e9s de l\u2019\u0153uvre antique.<\/p>\n<p>A partir de ces d\u00e9ductions, il devenait \u00e9vident qu\u2019il fallait reprendre le concept des \u00abFilmscripts\u00bb et concevoir un b\u00e2timent qui puisse la r\u00e9tablir dans sa configuration originale. Je suis le seul architecte qui ne l\u2019ait pas fractionn\u00e9e dans son projet ce qui m\u2019a sans doute valu la victoire.<\/p>\n<p><b>Vos exp\u00e9riences pass\u00e9es nourrissent toujours vos projets ult\u00e9rieurs. A contrario, qu\u2019y a-t-il de nouveau avec cette r\u00e9cente r\u00e9alisation? <\/p>\n<p><\/b>J\u2019ai gagn\u00e9 le concours d\u2019Ath\u00e8nes en 2001. Pendant trois ans, je n\u2019ai jamais montr\u00e9 ce projet lors de mes conf\u00e9rences, car je ne voyais pas de lien avec mes r\u00e9alisations ant\u00e9rieures. Je pensais qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une exception.<\/p>\n<p>R\u00e9troactivement, j\u2019ai d\u00e9couvert beaucoup de choses. J\u2019ai reconnu la notion de contexte que j\u2019ai toujours \u00e9vacu\u00e9e de ma r\u00e9flexion au profit du concept et du contenu alors que cette contrainte fait partie int\u00e9grante de tous mes projets. Avec l\u2019Acropole, il n\u2019\u00e9tait pas possible d\u2019arriver avec une solution toute faite, il fallait travailler avec une situation sans pr\u00e9c\u00e9dent. Cette dimension du contexte n\u2019appara\u00eet pas dans les livres d\u2019architecture, elle est pourtant essentielle. <\/p>\n<p><b>Que dessinerait un Bernard Tschumi sans restriction? <\/p>\n<p><\/b>Je ne vois aucun probl\u00e8me \u00e0 travailler en l\u2019absence de contrainte. Prenons l\u2019exemple de Vacheron Constantin \u00e0 Gen\u00e8ve. Le site ne posait a priori pas de difficult\u00e9s particuli\u00e8res. Mais dans chaque projet, il s\u2019agit de poser un questionnement.<\/p>\n<p>Dans ce cas, j\u2019ai identifi\u00e9 que le probl\u00e8me concernait l\u2019enveloppe (ndlr: m\u00e9tallique \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, en bois \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur) car il fallait trouver un d\u00e9nominateur commun entre l\u2019espace de la manufacture et celui des bureaux administratifs.  <\/p>\n<p><b>Comme plusieurs de vos architectures, ce b\u00e2timent ne poss\u00e8de pas de fa\u00e7ade. D\u2019o\u00f9 vous vient ce d\u00e9sir de supprimer cet \u00e9l\u00e9ment? <\/p>\n<p><\/b>J\u2019ai fait plusieurs b\u00e2timents semi-circulaires qui questionnaient la hi\u00e9rarchie \u00e0 quatre c\u00f4t\u00e9s qu\u2019implique la fa\u00e7ade. Pourquoi distinguer le toit du mur? C\u2019est une id\u00e9e re\u00e7ue vieille de plusieurs milliers d\u2019ann\u00e9es qui s\u2019explique par des raisons pratiques de construction.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, cette dichotomie n\u2019est plus indispensable gr\u00e2ce aux avanc\u00e9es techniques. Mais la culture n\u2019a pas \u00e9volu\u00e9 aussi vite. L\u2019id\u00e9ologie des portes, des fen\u00eatres et des fa\u00e7ades nous emprisonne. Je m\u2019en suis lib\u00e9r\u00e9 en parlant d\u2019enveloppe. <\/p>\n<p><b>L\u2019enveloppe et le vecteur sont deux notions cl\u00e9s de votre recherche, pouvez-vous nous expliquer ce dernier concept? <\/p>\n<p><\/b>Un b\u00e2timent est non seulement un abri, mais aussi un espace de circulation. Il est toujours compos\u00e9 d\u2019une enveloppe et de vecteurs. Au lieu de fa\u00e7ade et de corridors ou de coursives, on arrive avec ces concepts \u00e0 une certaine libert\u00e9 qui permet d\u2019envisager une approche architecturale libre et fra\u00eeche.  <\/p>\n<p><b>Vous avez \u00e9t\u00e9 pendant des ann\u00e9es un th\u00e9oricien de l\u2019architecture jusqu\u2019au projet du parc de la Villette \u00e0 Paris. Qu\u2019est-ce qui a enclench\u00e9 ce tournant vers la pratique? <\/p>\n<p><\/b>Un moment, je me suis dit qu\u2019il \u00e9tait bien beau de d\u00e9velopper des concepts, d\u2019enseigner et d\u2019exposer des projets dans des galeries. J\u2019ai voulu me confronter \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des choses. A son arriv\u00e9e, la nouvelle \u00e9quipe socialiste au pouvoir en France a d\u00e9cid\u00e9 de lancer des grands projets destin\u00e9s \u00e0 embellir Paris.<\/p>\n<p>Le premier concours \u00e9tait celui de La Villette, une comp\u00e9tition anonyme. J\u2019en suis sorti laur\u00e9at et j\u2019ai d\u00fb promptement monter une agence et jongler avec des budgets de centaines de millions!   <\/p>\n<p><b>Pourquoi ce concours pr\u00e9cis\u00e9ment? <\/p>\n<p><\/b>Au contraire de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, il n\u2019\u00e9tait pas r\u00e9serv\u00e9 qu\u2019aux architectes nationaux, mais ouvert \u00e0 tous ce qui a consacr\u00e9 l\u2019av\u00e8nement d\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d\u2019architectes trentenaires. Tous les meilleurs de cette tranche d\u2019\u00e2ge comme Zaha Hadid ou Rem Koolhaas ont particip\u00e9. Un nouveau d\u00e9bat d\u2019id\u00e9es s\u2019est amorc\u00e9. Ceux qui nous prenaient pour des architectes de papier se sont rendu compte qu\u2019on \u00e9tait capables de mener des projets \u00e0 bien. <\/p>\n<p><b>Dans les ann\u00e9es 80, votre nom s\u2019est trouv\u00e9 associ\u00e9 aux leurs de m\u00eame qu\u2019\u00e0 quelques autres comme Daniel Libeskind, Frank Gehry et Jean Nouvel sous l\u2019appellation \u00abd\u00e9constructivistes\u00bb. Comment jugez-vous votre carri\u00e8re en regard ce ces architectes, tous devenus des stars de la profession depuis lors? <\/p>\n<p><\/b>L\u2019\u00e9volution d\u2019un architecte est de deux ordres. D\u2019une part, il y a les d\u00e9cisions qu\u2019on prend, de l\u2019autre le fruit des circonstances, des t\u00e9l\u00e9phones qu\u2019on re\u00e7oit, des concours\u2026 Certains d\u2019entre nous doivent composer avec des bureaux de plus de 100 personnes, ce qui force \u00e0 accepter des mandats commerciaux.<\/p>\n<p>J\u2019ai la chance d\u2019\u00eatre toujours critique et de m\u2019impliquer directement dans chacun de mes projets gr\u00e2ce \u00e0 la taille volontairement r\u00e9duite de mes bureaux (ndlr: Bernard Tschumi emploie dix personnes \u00e0 Paris et 20 personnes \u00e0 New York).  <\/p>\n<p><b>Vous avez particip\u00e9 aux \u00e9v\u00e9nements de Mai 68 dont on f\u00eate l\u2019anniversaire cette ann\u00e9e. En quoi ces \u00e9v\u00e9nements vous ont-ils influenc\u00e9s? <\/p>\n<p><\/b>En Mai 68, une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019architectes s\u2019est dit qu\u2019elle pouvait changer le monde. Pas simplement, du point de vue cr\u00e9atif, mais en r\u00e9inventant des d\u00e9finitions et en pensant de mani\u00e8re globale. Il fallait une certaine dose d\u2019innocence pour y croire, mais ce fut un moteur incroyable qui aujourd\u2019hui encore m\u2019anime dans mon travail.<\/p>\n<p><b>Et plus g\u00e9n\u00e9ralement, en quoi Mai 68 a-t-il fait \u00e9voluer l\u2019architecture? <\/p>\n<p><\/b>Dans l\u2019apr\u00e8s-guerre, on a assist\u00e9 \u00e0 une consolidation des id\u00e9aux modernes soutenus par des int\u00e9r\u00eats officiels et corporatifs, avec tout ce que cela suppose d\u2019exc\u00e8s, d\u2019injustice et de manque de contenu social.<\/p>\n<p>La Chine contemporaine et ses destructions de quartiers populaires au profit de grands ensembles donnent une id\u00e9e de ce qu\u2019on vivait \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Toutes ces questions ont amen\u00e9 des r\u00e9flexions. Certains ont trouv\u00e9 une \u00e9chappatoire en disant qu\u2019ils ne pouvaient plus \u00eatre architectes. D\u2019autres ont regard\u00e9 vers le pass\u00e9, le XVIIIe si\u00e8cle, ses rues et ses places devenant synonymes de d\u00e9mocratie et d\u2019interaction.<\/p>\n<p>Un dernier groupe auquel j\u2019ai appartenu, peu sentimental du pass\u00e9, s\u2019est pos\u00e9 la question des nouvelles avant-gardes en s\u2019attachant \u00e0 la probl\u00e9matique du contenu. Nous l\u2019avons plut\u00f4t th\u00e9oris\u00e9 au sein de quelques instituts d\u2019architecture foisonnants comme l\u2019ICA et l\u2019AA de Londres et Columbia \u00e0 New York o\u00f9 j\u2019ai enseign\u00e9.<\/p>\n<p>Nous \u00e9tions les seuls \u00e0 faire ce travail d\u2019exploration qui a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des architectes attentifs \u00e0 l\u2019image et la forme. D\u2019autres, comme moi et Koolhaas, ont plut\u00f4t r\u00e9fl\u00e9chi au programme, \u00e0 l\u2019activit\u00e9 et \u00e0 l\u2019usage. Ces recherches ont \u00e9branl\u00e9 le postmodernisme.  <\/p>\n<p><b>Aujourd\u2019hui, vous faites partie des architectes qui s\u2019attaquent aux ouvrages de prestige. N\u2019y a-t-il pas un risque de tomber dans la pi\u00e8ce unique, l\u2019objet sculptural? <\/p>\n<p><\/b>Il faut effectivement faire tr\u00e8s attention de ne pas tomber dans ce pi\u00e8ge. En anglais, on distingue l\u2019architecture du what et celle du wow. Je me situe quand m\u00eame dans le what, m\u00eame si je veux faire de belles choses. <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<b>Du th\u00e9oricien engag\u00e9 \u00e0 l\u2019architecte star <\/b><\/p>\n<p>N\u00e9 en 1944, Bernard Tschumi a de qui tenir puisqu\u2019il est fils de Jean Tschumi, grand architecte vaudois, constructeur entre autres du b\u00e2timent Nestl\u00e9 de Vevey.<br \/>\nIl a \u00e9tudi\u00e9 l\u2019architecture \u00e0 l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Zurich (EPFZ), apr\u00e8s une \u00e9ducation cosmopolite qui l\u2019a amen\u00e9 \u00e0 vivre dans divers lieux comme New York o\u00f9 il r\u00e9side encore aujourd\u2019hui.  <\/p>\n<p>Il se forge une r\u00e9putation de th\u00e9oricien d\u2019avant-garde comme enseignant au AA de Londres (Architectural Association School of Architecture), avec les \u00abFilmscripts\u00bb, avec des projets \u00e0 la limite du pop art et du situationnisme comme les tracts \u00abAdvertisment for architecture\u00bb et des publications qui lancent de nouveaux concepts radicaux comme autant de pav\u00e9s dans la mare du postmodernisme.  <\/p>\n<p>Le parc de La Villette \u00e0 Paris (1982-1995) constitue son passage de la th\u00e9orie \u00e0 la pratique. Premier parc urbain du XXe si\u00e8cle, c\u00e9l\u00e8bre pour ses 26 folies m\u00e9talliques rouges, ses non-lieux, ses entre-deux, son concept point-ligne-surface et son espace \u00e9clat\u00e9, La Villette est une application des concepts qu\u2019il a d\u00e9velopp\u00e9s jusqu\u2019alors.  <\/p>\n<p>Ses autres r\u00e9alisations d\u2019importance sont le Centre national pour les arts con\u00adtemporains du Fresnoy (1991-1997), un \u00abpalimpseste\u00bb pour lequel il a imagin\u00e9 un toit sous forme de superstructure qui venait chevaucher le b\u00e2timent existant; le si\u00e8ge Vacheron Constantin \u00e0 Gen\u00e8ve (2001-2003); les Z\u00e9nith de Rouen et de Limoges, le premier en b\u00e9ton et acier, le second translucide en bois et verre, mais tous deux compos\u00e9s d\u2019une double enveloppe qui fait fi de la fa\u00e7ade et des colonnes.  <\/p>\n<p>La Blue Tower de New York, immeuble d\u2019habitation de 16 \u00e9tages \u00e0 la peau bleut\u00e9e et aux courbes \u00e9vas\u00e9es, est un autre manifeste de l\u2019architecte franco-suisse. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le c\u00e9l\u00e8bre b\u00e2tisseur franco-suisse vient de relever un d\u00e9fi vertigineux en r\u00e9alisant le Mus\u00e9e de l\u2019Acropole \u00e0 Ath\u00e8nes. Dans une voiture qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 Gen\u00e8ve-A\u00e9roport, il \u00e9voque quelques grands moments de sa carri\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"author":19343,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2692","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2692","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19343"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2692"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2692\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2692"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2692"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2692"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}