



{"id":2680,"date":"2008-09-01T00:00:00","date_gmt":"2008-08-31T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2680"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"architecture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2680","title":{"rendered":"La mod\u00e9lisation num\u00e9rique version 2.0"},"content":{"rendered":"<p> \u00abAu d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, quelques architectes pr\u00e9curseurs ont commenc\u00e9 \u00e0 utiliser des logiciels pour concevoir leurs b\u00e2timents. Depuis, la situation s\u2019est compl\u00e8tement invers\u00e9e: seule une poign\u00e9e de professionnels se paye encore le luxe de continuer \u00e0 travailler sur du papier et des feuilles de calque.\u00bb Philippe Butty, PDG d\u2019Abvent Suisse, r\u00e9sume parfaitement la situation: en quelques ann\u00e9es, les logiciels de conception assist\u00e9e par ordinateur (Computer aided design, CAD), tels qu\u2019Archicad (Abvent), Revit (Autodesk), MicroStation (Bentley Software) et Allplan (Nemetschek), se sont plac\u00e9s au c\u0153ur du travail des architectes. <\/p>\n<p>Mais une nouvelle r\u00e9volution est en marche: \u00abA l\u2019instar du web 2.0, nous assistons \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de ce que l\u2019on peut appeler la CAD 2.0\u00bb, s\u2019enthousiasme Jeffrey Huang, directeur du laboratoire Media and design, \u00e0 l\u2019EPFL. En d\u2019autres termes, la conception sur ordinateur devient collaborative. \u00abLes plateformes virtuelles telles que Second Life ou Multiverse sont d\u00e9sormais utilis\u00e9es. Elles permettent \u00e0 des personnes, qu\u2019elles soient impliqu\u00e9es ou non dans un projet, de visiter, explorer, interagir et commenter une maquette 3D, explique Russell Loveridge, architecte et doctorant au laboratoire de la production d\u2019architecture (LAPA), \u00e0 l\u2019EPFL. Les architectes et les designers recourent \u00e9galement \u00e0 des outils gratuits comme GoogleEarth (qui permet d\u00e9sormais d\u2019int\u00e9grer des mod\u00e8les 3D des b\u00e2timents) pour partager leur projet avec le reste du monde, communiquer et confronter leurs cr\u00e9ations \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 environnante.\u00bb <\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des images en 3D, les architectes utilisent leurs nouveaux outils pour partager de plus en plus d\u2019informations avec les autres acteurs de leur projet (cr\u00e9anciers, ma\u00eetres d\u2019\u0153uvre\u2026). Baptis\u00e9 BIM 2.0 (Building Information Management Model), ce nouveau concept se traduit de diff\u00e9rentes fa\u00e7ons: \u00abMod\u00e9lisations des donn\u00e9es architecturales\u00bb, \u00abMod\u00e9lisation des donn\u00e9es du b\u00e2timent\u00bb, ou encore \u00abVirtual Building\u00bb. De quoi s\u2019agit-il? \u00abLe BIM est l\u2019\u00e9quivalent, pour l\u2019architecture, des mod\u00e8les de production digitale utilis\u00e9s par les industries de l\u2019a\u00e9ronautique et de l\u2019automobile\u00bb, explique Russel Loveridge. Plus qu\u2019un logiciel, il s\u2019agit avant tout d\u2019une m\u00e9thodologie. Elle a pour vocation de rassembler dans un m\u00eame fichier informatique l\u2019ensemble des donn\u00e9es d\u2019un projet, des tous premiers instants de la conception \u00e0 la construction (plans, images 3D, mat\u00e9riaux utilis\u00e9s, d\u00e9tails budg\u00e9taires, avancement du projet\u2026).<\/p>\n<p>Cette base de donn\u00e9es se mat\u00e9rialise sous la forme d\u2019une maquette num\u00e9rique compl\u00e8te du b\u00e2timent sur laquelle tous les acteurs du projet, de l\u2019architecte au ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre en passant par un \u00e9ventuel bureau d\u2019\u00e9tudes, peuvent intervenir. \u00abA l\u2019image des flux RSS, toutes les modifications effectu\u00e9es sont mises \u00e0 jour instantan\u00e9ment, ce qui permet aux acteurs d\u2019\u00eatre inform\u00e9s des d\u00e9cisions en temps r\u00e9el\u00bb, d\u00e9taille Jeffrey Huang. Gr\u00e2ce aux moteurs param\u00e9triques des programmes informatiques, tout changement se r\u00e9percute automatiquement sur l\u2019ensemble du projet, y compris les vues de mod\u00e8le, les feuilles de dessin, les nomenclatures, les coupes, les plans et les rendus. Le tout s\u2019effectue \u00e0 travers une maquette num\u00e9rique qui se construit au fur et \u00e0 mesure, permettant de constater visuellement l\u2019avancement du projet. <\/p>\n<p>L\u2019enjeu est strat\u00e9gique. Actuellement, les donn\u00e9es relatives \u00e0 la conception et \u00e0 la construction d\u2019un b\u00e2timent restent bien souvent d\u00e9tenues par les seuls cr\u00e9ateurs. Rassembler l\u2019ensemble des pi\u00e8ces du puzzle, pour passer des images virtuelles \u00e0 la construction, est alors un pari difficile, dont l\u2019addition peut-\u00eatre sal\u00e9e: d\u00e9passement de budgets et d\u00e9lais rallong\u00e9s s\u2019accumulent parce qu\u2019un b\u00e2timent num\u00e9rique reste \u00e9loign\u00e9 de l\u2019archa\u00efsme relatif des chantiers.<\/p>\n<p>Le cabinet d\u2019architecture am\u00e9ricain, Skidmore, Owings &#038; Merrill (SOM), est l\u2019un des premiers \u00e0 avoir utilis\u00e9 des logiciels orient\u00e9s BIM 2.0 pour le projet embl\u00e9matique de la Freedom Tower, la tour de 541 m\u00e8tres qui doit remplacer les Twin Towers au c\u0153ur de Manhattan. Selon les chiffres du cabinet, BIM a permis de r\u00e9duire la documentation de \u00ab20&rsquo;000 fichiers CAO \u00e0 cinq bases de donn\u00e9es architecturales\u00bb. Une exp\u00e9rience pour l\u2019instant tr\u00e8s concluante, selon le bureau SOM, qui travaille sur ce projet avec plus d\u2019une centaine de partenaires. <\/p>\n<p>Mais attention, le BIM 2.0 ne pr\u00e9sente pas que des avantages pour les architectes. \u00abIls sont souvent impos\u00e9s par une \u00abforce obscure\u00bb, estime Jeffrey Huang. Les clients et les entrepreneurs, r\u00e9alisant les \u00e9conomies qu\u2019il est possible de tirer de tels logiciels, tentent de les introduire dans notre industrie. Mais, pour les architectes, les BIM repr\u00e9sentent souvent une douleur. La construction du mod\u00e8le num\u00e9rique complet d\u2019un b\u00e2timent prend du temps et, surtout, arr\u00eate le projet, suspendant les moments de doutes cr\u00e9atifs n\u00e9cessaires \u00e0 la production d\u2019un design vraiment excellent.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<font size=2><b>La fabrication contr\u00f4l\u00e9e par ordinateur<\/b><\/p>\n<p>L\u2019architecte utilise des logiciels de CAD (Conception assist\u00e9e par ordinateur) qui permettent de dessiner de nombreuses formes. \u00abMais les images 3D qui sont ainsi produites restent virtuelles, et le d\u00e9fi reste de passer de ces images \u00e0 la construction. Un \u00e9norme travail &#8211; qui engendre des co\u00fbts importants &#8211; reste n\u00e9cessaire pour trouver des formes qui soient r\u00e9ellement constructibles\u00bb, r\u00e9sume Ivo Stotz, architecte et doctorant au laboratoire de construction en bois \u00e0 l\u2019EPFL.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me, le laboratoire de la production d\u2019architecture (LAPA), \u00e0 l\u2019EPFL se concentre sur le d\u00e9veloppement et l\u2019utilisation d\u2019une \u00abchaine num\u00e9rique\u00bb architecturale. Concr\u00e8tement, il s\u2019agit de d\u00e9velopper \u00abdes logiciels de CAD et de mod\u00e9lisation 3D qui permettent l\u2019utilisation d\u2019une m\u00eame base de donn\u00e9es, de l\u2019ordinateur qui sert \u00e0 r\u00e9aliser l\u2019image \u00e0 celui qui dirige la fabrication des pi\u00e8ces, r\u00e9sume Russel Loveridge, architecte et doctorant au LAPA. Dans ce contexte, il existe trois types de fabrication: le prototypage rapide, la fabrication CNC (Computer numerically controlled) et la production automatis\u00e9e\u00bb.<\/p>\n<p>Le prototypage rapide (aussi appel\u00e9 3D printing) utilise un syst\u00e8me d\u2019impressions additives de couches pour former un solide 3D. \u00abCette technologie est rapide, mais elle permet de r\u00e9aliser qu\u2019un nombre limit\u00e9 de prototypes, explique Russel Loveridge. En revanche, la production CNC offre de plus en plus d\u2019opportunit\u00e9s aux designers et aux architectes pour contr\u00f4ler directement la fabrication des composants.\u00bb Par ailleurs, la production automatis\u00e9e, encore souvent associ\u00e9e \u00e0 la fabrication des v\u00e9hicules \u00e0 moteur, commence \u00e0 \u00eatre employ\u00e9e dans la production de logements pr\u00e9fabriqu\u00e9s et de composants complexes pour les b\u00e2timents.<\/p>\n<p>Au laboratoire de construction en bois, l&rsquo;EPFL, en association avec l&rsquo;Universit\u00e9 de Lyon, d\u00e9veloppe \u00e9galement un logiciel inspir\u00e9 de la g\u00e9om\u00e9trie fractale, pour simplifier le passage du virtuel au concret. \u00abA une forme architecturale dessin\u00e9e en 3D, nous ajoutons des points, ce qui va cr\u00e9er un maillage de plus en plus raffin\u00e9, explique Eric Tosan, ing\u00e9nieur informaticien \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lyon. Les quadrilat\u00e8res ainsi form\u00e9s repr\u00e9sentent, dans la construction, des planches de bois. Ainsi, il est possible de passer directement de l\u2019image 3D, \u00e0 l\u2019usinage des planches, dont l\u2019ensemble des caract\u00e9ristiques est calcul\u00e9 par le logiciel.\u00bb D\u2019apr\u00e8s les chercheurs, un logiciel de ce type devrait permettre de r\u00e9aliser des formes plus complexes et de r\u00e9duire les co\u00fbts.<\/font><\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans le magazine scientifique Reflex, en vente en kiosques. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 20 ans, les logiciels 3D se sont impos\u00e9s dans les bureaux d\u2019architectes. Les nouvelles plateformes int\u00e8grent davantage de param\u00e8tres et permettent de partager les donn\u00e9es et de suivre en temps r\u00e9el l\u2019avancement des travaux.<\/p>\n","protected":false},"author":19489,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-2680","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technophile","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2680","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19489"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2680"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2680\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2680"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2680"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2680"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}