



{"id":2669,"date":"2008-08-17T00:00:00","date_gmt":"2008-08-16T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2669"},"modified":"2009-06-19T16:46:50","modified_gmt":"2009-06-19T14:46:50","slug":"sport","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2669","title":{"rendered":"Les athl\u00e8tes suisses, smicards des Jeux de P\u00e9kin"},"content":{"rendered":"<p>Dans la liste des 82 athl\u00e8tes suisses qui participent aux Jeux olympiques de P\u00e9kin, Roger Federer sort du lot. Pas seulement parce qu&rsquo;il vient de remporter une m\u00e9daille d\u2019or (en double avec le Vaudois Stanislas Wawrinka, no 10 mondial).<\/p>\n<p>Non, c&rsquo;est sur le plan financier que le tennisman se distingue essentiellement de ses compatriotes sportifs, dont l&rsquo;addition des salaires ne suffirait pas &#8212; et de loin &#8212; \u00e0 \u00e9galer le seul revenu du prodige b\u00e2lois, estim\u00e9 \u00e0 3 millions de francs par mois.<\/p>\n<p>Except\u00e9 sa majest\u00e9 Federer et, dans une moindre mesure, Stanislas Wawrinka, les membres de la d\u00e9l\u00e9gation suisse vivent plut\u00f4t chichement. Pour une partie d&rsquo;entre eux, l&rsquo;\u00e9quilibre budg\u00e9taire rel\u00e8ve m\u00eame du casse-t\u00eate permanent.<\/p>\n<p>\u00abDans les sports peu m\u00e9diatis\u00e9s en dehors de la parenth\u00e8se des Jeux olympiques, beaucoup d&rsquo;athl\u00e8tes helv\u00e9tiques \u00e9prouvent des difficult\u00e9s \u00e0 se financer, explique Werner Augsburger, chef de mission \u00e0 Swiss Olympic, l&rsquo;organisation fa\u00eeti\u00e8re des f\u00e9d\u00e9rations sportives suisses. Les primes glan\u00e9es en comp\u00e9tion ne suffisent pas. Or, pour pouvoir atteindre un bon niveau sur la sc\u00e8ne internationale, il faut se consacrer enti\u00e8rement \u00e0 sa discipline.\u00bb<\/p>\n<p>Aucun concurrent suisse n&rsquo;est vraiment \u00e9pargn\u00e9, m\u00eame dans des disciplines illustres comme l&rsquo;athl\u00e9tisme ou la natation. Quant aux ambassadeurs de sports moins populaires, tels que le tir ou l&rsquo;escrime, ils doivent souvent leur salut sportif au soutien de leur entourage, voire \u00e0 un job \u00e0 temps partiel.<\/p>\n<p>\u00abLes jeunes athl\u00e8tes sont fr\u00e9quemment aid\u00e9s par leur parents, rel\u00e8ve Werner Augsburger. D\u00e9nicher des sponsors n&rsquo;est pas toujours \u00e9vident.\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 P\u00e9kin, les m\u00e9daill\u00e9s d&rsquo;or helv\u00e9tiques se consoleront avec la prime de 20&rsquo;000 francs vers\u00e9e par Swiss Olympic. En comparaison, les vainqueurs fran\u00e7ais empocheront 50&rsquo;000 euros, loin derri\u00e8re les champions russes, gratifi\u00e9s, dit-on, de 200&rsquo;000 euros.<\/p>\n<p>Financi\u00e8rement d\u00e9munies, les f\u00e9d\u00e9rations suisses ne peuvent subvenir l&rsquo;ann\u00e9e durant aux besoins co\u00fbteux (salaire, d\u00e9placements, mat\u00e9riel) de leurs meilleurs \u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n<p>Heureusement, Swiss Olympic, qui se finance gr\u00e2ce aux profits du Sport-Toto, tente au mieux de limiter les d\u00e9g\u00e2ts: depuis deux ans, le nouveau programme Top Athl\u00e8tes soutient les sportifs suisses qui r\u00e9alisent des performances internationales de haut niveau, quelle que soit leur discipline. Ils re\u00e7oivent 2000 francs suisses par mois durant l&rsquo;ann\u00e9e olympique et 1500 francs par mois l&rsquo;ann\u00e9e qui pr\u00e9c\u00e8de la comp\u00e9tition.<\/p>\n<p>\u00abCes montants vont directement dans la poche des athl\u00e8tes\u00bb, insiste Werner Augsburger. Bon \u00e0 prendre, m\u00eame si une septantaine d&rsquo;athl\u00e8tes seulement &#8212; jeux d&rsquo;hiver et d&rsquo;\u00e9t\u00e9 confondus &#8212; b\u00e9n\u00e9ficie actuellement de ce soutien. <\/p>\n<p>D&rsquo;entre toutes les disciplines olympiques, celles qui d\u00e9ploient une logistique cons\u00e9quente (voile, \u00e9quitation, aviron) mettent Swiss Olympic \u00e0 genou:<\/p>\n<p>\u00abQuand P\u00e9kin avait d\u00e9pos\u00e9 sa candidature, elle avait promis de prendre en charge les frais de transport pour les chevaux et les bateaux. En r\u00e9alit\u00e9, nous devons quand m\u00eame endosser une partie des frais qui sont \u00e9normes, d\u00e9plore Werner Augsburger. Dans notre budget de 3,5 millions consacr\u00e9 aux Jeux, environ un million est aval\u00e9 par le transport (personnes, animaux, mat\u00e9riel)\u00bb.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le d\u00e9placement et le logement \u00e0 P\u00e9kin, Swiss Olympic couvre les frais de tous les concurrents. Reste la difficult\u00e9 pour eux de surnager en amont et au-del\u00e0 des Jeux\u2026  <\/p>\n<p>L&rsquo;herbe est plus verte chez nos voisins fran\u00e7ais, allemands, italiens. Dans ces pays, le sport d&rsquo;\u00e9lite est, au sens propre, une affaire d&rsquo;Etat, tandis qu&rsquo;en Suisse, il rel\u00e8ve d&rsquo;associations priv\u00e9es.<\/p>\n<p>Question de culture. La France emploie par exemple plus de 3000 entra\u00eeneurs pay\u00e9s par l&rsquo;Etat. \u00c0 l&rsquo;abri du besoin, les athl\u00e8tes y sont officiellement salari\u00e9s par l&rsquo;arm\u00e9e, la gendarmerie ou encore la SNCF, avec comme premier mandat d&rsquo;obtenir des r\u00e9sultats en comp\u00e9tition. La m\u00eame logique, celle de postes de travail alibis, pr\u00e9vaut dans la plupart des pays du globe.<\/p>\n<p>La Suisse s&rsquo;essaye sur cette voie, mais au compte-goutte et sur la pointe des pieds: l&rsquo;arm\u00e9e r\u00e9serve en tout et pour tout une dizaine de postes (lire le ci-dessous le t\u00e9moignage du tireur Christophe Schmid) et l&rsquo;Administration des douanes commencent tout juste \u00e0 s&rsquo;y mettre. \u00abEn Suisse, nous ne sommes pas pr\u00eats \u00e0 utiliser l&rsquo;argent du contribuable pour financer des postes de travail, d\u00e9clare B\u00e9atrice Wertli, responsable communication \u00e0 l&rsquo;Office f\u00e9d\u00e9ral du Sport. Notre mission consiste \u00e0 servir et encourager tous les athl\u00e8tes et tous les sports, mais leur financement appartient \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie priv\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p>Xavier Blanc, responsable du bureau romand, discute du syst\u00e8me suisse et ouvre des pistes de r\u00e9flexion pour moderniser son fonctionnement.   <\/p>\n<p><b>En Suisse, beaucoup d\u2019athl\u00e8tes se sentent insuffisamment soutenus. Ils travaillent fr\u00e9quemment \u00e0 temps partiel ou doivent compter sur l\u2019aide de leurs proches. Etes-vous sensibles \u00e0 leurs remarques?<\/b><\/p>\n<p>Les plaintes des athl\u00e8tes sont l\u00e9gitimes, et elles d\u00e9crivent bien la situation actuelle. En Suisse, les sportifs doivent leur succ\u00e8s avant tout \u00e0 eux-m\u00eames et \u00e0 leur entourage proche. Je dis toujours qu\u2019un sportif suisse doit \u00eatre trois fois plus fort qu\u2019un sportif fran\u00e7ais; rechercher en permanence des financements et g\u00e9rer de fa\u00e7on autonome une carri\u00e8re demande \u00e9norm\u00e9ment d\u2019\u00e9nergie. C\u2019est \u00e9puisant. H\u00e9las, dans certaines disciplines tr\u00e8s peu m\u00e9diatis\u00e9es, il n\u2019existe pas de solution miracle vu le tout petit march\u00e9 du sponsoring suisse par rapport \u00e0 ceux de nos voisins. Le syst\u00e8me helv\u00e9tique a n\u00e9anmoins des avantages: il laisse plus de libert\u00e9 aux athl\u00e8tes et leur permet d\u2019acqu\u00e9rir un savoir \u00eatre et un savoir faire qu\u2019ils pourront faire valoir plus tard sur le march\u00e9 du travail. En France, les sportifs d\u2019\u00e9lite sont int\u00e9gralement pris en charge par l\u2019Etat, mais une fois leur carri\u00e8re termin\u00e9e, ils peinent \u00e0 se reconvertir en dehors de leur sport. <\/p>\n<p><b>Pensez vous qu\u2019il existe en Suisse une volont\u00e9 suffisante de soutenir les athl\u00e8tes professionnels?<\/b><\/p>\n<p>J\u2019ai le sentiment que nous sommes \u00e0 un tournant. Les victoires d\u2019Alinghi et de Roger Federer, notamment, ont d\u00e9complex\u00e9 beaucoup de gens. Il y a une prise de conscience de la part des politiques que les exploits sportifs ont une utilit\u00e9, qu\u2019ils servent aussi la cause du pays. Partout, on constate que les bonnes performances des \u00e9quipes nationales agissent sur le moral de la population. Elles contribuent \u00e0 la relance de l\u2019\u00e9conomie et \u00e0 l\u2019int\u00e9gration sociale. En Suisse, les d\u00e9cideurs se positionnent de plus en plus favorablement vis-\u00e0-vis du sport. Quand il a fallu rallonger le budget pr\u00e9vu pour l\u2019Euro 2008, le parlement n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9. <\/p>\n<p><b>Compte tenu des moyens disponibles et de la taille du pays, \u00e0 quel niveau de performance se situent les athl\u00e8tes suisses?<\/b><\/p>\n<p>Pour un si petit pays, se classer autour du 30e rang mondial lors de Jeux d\u2019\u00e9t\u00e9 constitue d\u00e9j\u00e0 une sacr\u00e9e performance! Mais aujourd\u2019hui, un athl\u00e8te qui ne termine pas sur le podium n\u2019existe pas aux yeux du public. Les gens ne r\u00e9fl\u00e9chissent plus qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale. Ils ne se rendent pas compte que les sportifs suisses figurent dans le peloton de t\u00eate de leurs disciplines. <\/p>\n<p><b>Dans les pays voisins, notamment en France, l\u2019Etat subvient aux besoins financiers des athl\u00e8tes professionnels. Ces derniers disposent d\u2019un statut de fonctionnaire, via l\u2019arm\u00e9e ou la gendarmerie. Pourquoi ne pas s\u2019inspirer de ce syst\u00e8me? <\/b><\/p>\n<p>Si l\u2019on veut un sport d\u2019Etat, alors il faut changer la constitution. La Conf\u00e9d\u00e9ration n\u2019a pas pour mandat de financer les athl\u00e8tes suisses. Pour m\u00e9moire, le peuple et les cantons ont adopt\u00e9 en 1970 un article constitutionnel (art.68 cst) avalisant le fait que le sport rel\u00e8ve de la comp\u00e9tence de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Raison pour laquelle le sport suisse est g\u00e9r\u00e9 par les clubs, les f\u00e9d\u00e9rations et associations. L\u2019Etat n\u2019a qu\u2019un r\u00f4le subsidiaire et fournit essentiellement l\u2019infrastructure n\u00e9cessaire \u00e0 la pratique sportive. Dans ce contexte, la Fondation de l\u2019aide sportive suisse, cr\u00e9e en 1970, a pr\u00e9cis\u00e9ment pour but de trouver des fonds et d\u2019encourager la rel\u00e8ve.<\/p>\n<p><b>Une poign\u00e9e d\u2019athl\u00e8tes suisses, principalement dans les disciplines du tir ou du biathlon, sont pourtant salari\u00e9s \u00e0 temps partiel par l\u2019arm\u00e9e ou les douanes. Ne faudrait-il pas \u00e9tendre cette formule \u00e0 d\u2019autres sports?<\/b><\/p>\n<p>Je vois mal un jeune tennisman, par exemple, s\u2019int\u00e9grer dans une telle structure. Mieux vaut trouver des solutions au cas par cas, chercher \u00e0 am\u00e9liorer le syst\u00e8me en place plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 le r\u00e9former. Il est clair qu\u2019un sport \u00e9tatis\u00e9 ne correspond pas du tout \u00e0 la mentalit\u00e9 et \u00e0 la culture helv\u00e9tique. Ce fonctionnement, surtout appliqu\u00e9 par les r\u00e9gimes autoritaires, rel\u00e8ve d\u2019un autre temps. Mais entre un sport plac\u00e9 sous la tutelle de l\u2019Etat et une approche totalement lib\u00e9rale, il existe une voie interm\u00e9diaire. Personnellement, je crois \u00e0 un syst\u00e8me mixte o\u00f9 l\u2019Etat et la soci\u00e9t\u00e9 civile prennent chacun leur part de responsabilit\u00e9. En d\u2019autres termes, un partenariat publique-priv\u00e9 de gestion du sport.<\/p>\n<p><b>N\u2019est-ce pas d\u00e9j\u00e0 le cas en Suisse?<\/b><\/p>\n<p>En partie seulement. Il reste beaucoup \u00e0 faire. Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Etat et des cantons, en subventionnant d\u2019avantage le sport plut\u00f4t qu\u2019en ajoutant de nouveaux obstacles. Le futur taux de TVA unique, par exemple, compromet l\u2019existence de centaines d\u2019organisation sportives dirig\u00e9es b\u00e9n\u00e9volement. Par ailleurs, nous manquons cruellement de fili\u00e8res sport-\u00e9tudes en Suisse romande, alors que dans le domaine de la culture il y a les HES. Au passage, j\u2019observe que dans certains cantons les heures de sport \u00e0 l\u2019\u00e9cole sont d\u00e9sormais r\u00e9duites au strict minimum. Le regard que l\u2019on porte sur les sportifs doit aussi \u00e9voluer vers plus de respect. Leur notori\u00e9t\u00e9 est encore sous-exploit\u00e9e. Lors de campagnes de pr\u00e9vention pour la sant\u00e9, par exemple, pourquoi ne pas faire appel \u00e0 des sportifs d\u2019\u00e9lite en les r\u00e9mun\u00e9rant? <\/p>\n<p><b>Dans quelle mesure le priv\u00e9 pourrait-il contribuer \u00e0 cette dynamique?<\/b><\/p>\n<p>Certains secteurs peuvent tirer parti du sport d\u2019\u00e9lite suisse, \u00e0 commencer par les milieux du tourisme ou de la sant\u00e9, qui dispose d\u2019ailleurs de ressources importantes. \u00c0 nous de les sensibiliser, de leur faire prendre conscience qu\u2019un retour sur investissement est possible. Si le ski autrichien domine aujourd\u2019hui la concurrence, c\u2019est parce que plusieurs sponsors, issus pr\u00e9cis\u00e9ment du secteur touristique, ont engag\u00e9 de gros moyens. Alors pourquoi pas en Suisse? <\/p>\n<p><b>Justement, qu\u2019est-ce qui emp\u00eache la situation d\u2019\u00e9voluer rapidement dans le sens que vous d\u00e9crivez, sous l\u2019impulsion des associations sportives?<\/b><\/p>\n<p>En ce moment, les associations sportives s\u2019attachent d\u2019abord \u00e0 d\u00e9fendre leurs acquis\u2026 C\u2019est notre premi\u00e8re pr\u00e9occupation. Car outre la r\u00e9forme de la TVA, les attaques contre les loteries nous inqui\u00e8tent beaucoup: il faut savoir que le Sport-Toto constitue, et de loin, notre principale source de revenu. C\u2019est aussi le cas pour Swiss Olympic, l\u2019association fa\u00eeti\u00e8re du sport suisse. Voil\u00e0 pourquoi nous nous trouvons dans une position d\u00e9fensive. Et puis globalement, l\u2019heure est plut\u00f4t aux restrictions budg\u00e9taires. Enfin, la gestion transversale du sport suisse exige de gros efforts de coordinations. Entre l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral du sport, les associations, clubs et f\u00e9d\u00e9rations, les offices cantonaux des sports et encore les communes, les responsabilit\u00e9s sont dilu\u00e9es, et les soutiens aux sportifs tr\u00e8s segment\u00e9s. Sur le terrain, j\u2019observe n\u00e9anmoins que ces diff\u00e9rentes instances travaillent de plus en plus entre elles. Nous sommes sur la bonne voie.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><b>\u00abJ&rsquo;ai d\u00fb revoir mon train de vie\u00bb<\/b><\/p>\n<p>Christoph Schmid, 25 ans, Seewen (SZ)<br \/>\nTir au pistolet<br \/>\nFormation: professeur \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole primaire<\/p>\n<p>\u00abFinanci\u00e8rement, ma situation actuelle n&rsquo;est pas ais\u00e9e. Je ne profite pas du programme de financement Top athl\u00e8tes de Swiss Olympic qui se destine exclusivement aux meilleurs. Heureusement, j&rsquo;ai pu int\u00e9grer un tout nouveau projet que l&rsquo;Office f\u00e9d\u00e9ral du sport (OFSPO) a mis sur pied avec l&rsquo;arm\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abJe suis officiellement engag\u00e9 \u00e0 50% par l&rsquo;arm\u00e9e qui me verse un salaire de 1900 francs. Nous sommes quelques-uns \u00e0 tirer parti de ce r\u00e9gime; des tireurs mais aussi des athl\u00e8tes venus du biathlon et du ski de fond. Dans mon cas, cela signifie que je consacre une cinquantaine de jours par ann\u00e9e \u00e0 donner des cours \u00e0 la Haute \u00e9cole f\u00e9d\u00e9rale de sport de Macolin.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abTout le reste du temps, je suis libre de m&rsquo;entra\u00eener. Sans cette opportunit\u00e9, je me verrais dans l&rsquo;obligation de travailler au civil \u00e0 temps partiel, avec toutes les difficult\u00e9s d&rsquo;organisation que cela suppose.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abLa F\u00e9d\u00e9ration sportive suisse de tir (200&rsquo;000 membres, ndlr) finance \u00e9galement sans contrepartie une bonne partie de ma pr\u00e9paration. Au total, je touche environ 3&rsquo;200 francs par mois, soit nettement moins que ce que gagnerais si j&rsquo;exer\u00e7ais mon m\u00e9tier de professeur. J&rsquo;ai d\u00fb adapter mon train de vie mais ce n&rsquo;est pas bien grave, tant qu&rsquo;il y a la passion. Les Jeux olympiques repr\u00e9sentent une aventure extraordinaire. C&rsquo;est peut-\u00eatre mon unique chance d&rsquo;y participer.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><b>\u00abEn Suisse, j&rsquo;ai davantage de libert\u00e9\u00bb<\/b><br \/>\nOlivier Marceau, 35 ans, Franco-suisse, Cannes (F)<br \/>\nTriathlon<\/p>\n<p>\u00abJ&rsquo;ai grandi en France, o\u00f9 j&rsquo;ai int\u00e9gr\u00e9 la fili\u00e8re du sport professionnel d\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de 20 ans. Comme je dispose de la double nationalit\u00e9 franco-suisse, j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 en 2002 de ne plus porter le maillot tricolore et de courir pour l&rsquo;\u00e9quipe de Suisse.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abEn France, ma situation financi\u00e8re \u00e9tait pourtant tr\u00e8s confortable; j&rsquo;\u00e9tais pay\u00e9 1200 euros par la Gendarmerie &#8212; sans compter les gains en comp\u00e9tition &#8212; pour m&rsquo;entra\u00eener \u00e0 temps plein et disputer des courses. J&rsquo;ai n\u00e9anmoins choisi de quitter ce cadre rassurant pour retrouver ma libert\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abLe syst\u00e8me helv\u00e9tique laisse davantage d&rsquo;ind\u00e9pendance aux athl\u00e8tes. Or l&rsquo;argent est une chose mais la qualit\u00e9 de vie rev\u00eat plus d&rsquo;importance \u00e0 mes yeux. C\u00f4t\u00e9 suisse, je dispose de mon temps; je m&rsquo;entra\u00eene comme je veux et je peux choisir de me rendre ou non aux diff\u00e9rents stages de pr\u00e9paration.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abEn France, la base est assur\u00e9e: on est nourri, log\u00e9, blanchi, mais les r\u00e8gles du jeu imposent de suivre des directives assez strictes. Actuellement, j&rsquo;ai la chance de faire partie du nouveau programme Top Athl\u00e8tes de Swiss Olympic qui me verse 2&rsquo;000 francs par mois.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abC&rsquo;est un apport \u00e9norme car avec les seules primes de courses et le soutien des sponsors, la situation devient d\u00e9licate. Il faut dire que je suis mari\u00e9, avec un enfant, et que mon \u00e9pouse ne travaille pas. Quand les Jeux seront pass\u00e9s, mon revenu fixe va retomber \u00e0 z\u00e9ro\u2026 Cela m&rsquo;inqui\u00e8te un peu, d&rsquo;autant que j&rsquo;ai horreur de faire la chasse aux sponsors.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abJe d\u00e9teste qu\u00e9mander, frapper aux portes et essuyer des refus. Une victoire en coupe du monde rapporte 12&rsquo;500 dollars. Chaque ann\u00e9e, je dispute sept ou huit courses de ce type en me classant r\u00e9guli\u00e8rement entre la sixi\u00e8me et la dixi\u00e8me place, ce qui correspond en moyenne \u00e0 une prime de 3&rsquo;000 dollars. Dans les courses locales, en France, le vainqueur empoche 1500 euros.\u00bb<\/p>\n<p><b>\u00abNous vivons chez nos parents\u00bb<\/b><br \/>\nEmmanuelle Rol, 21 ans, Pully<br \/>\nEtudiante \u00e0 l&rsquo;EPFL en science des mat\u00e9riaux<\/p>\n<p>Anne-Sophie Thilo, 20 ans, Pully<br \/>\nEtudes en Sciences de la communication, par correspondance avec le Canada<\/p>\n<p>Voile (cat\u00e9gorie 470, navigation en double)<\/p>\n<p>\u00abEn Suisse, gagner sa vie gr\u00e2ce \u00e0 la voile n&rsquo;est pas encore possible. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une activit\u00e9 extr\u00eamement co\u00fbteuse. Avec le voyage en Chine, notre saison va co\u00fbter environ 160&rsquo;000 francs. Nous sommes oblig\u00e9es de disposer au minimum de deux bateaux car pendant les transports \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, qui peuvent durer plusieurs semaines, nous devons continuer \u00e0 nous entra\u00eener.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abComme beaucoup de jeunes navigateurs, nous vivons chez nos parents. Ils nous ont offert une voiture pour les d\u00e9placements ainsi que les voiles des bateaux. Sans leur aide, le soutien de nos sponsors, de Swiss Olympic et de la f\u00e9d\u00e9ration qui a fait d&rsquo;\u00e9normes efforts depuis deux ans, nous ne pourrions jamais tourner.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abD&rsquo;ailleurs, nous arrivons tout juste \u00e0 boucler notre budget. Quand nous gagnons une prime en comp\u00e9tition, l&rsquo;argent sert exclusivement \u00e0 financer le mat\u00e9riel et les d\u00e9placements. En comparaison, les d\u00e9l\u00e9gations anglaise ou australienne sont extr\u00eamement riches. Elles d\u00e9barqueront \u00e0 P\u00e9kin avec une ribambelle de coaches, pr\u00e9parateurs, physioth\u00e9rapeutes, psychologues.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abEn Espagne, le roi adore la voile et injecte \u00e9galement beaucoup d&rsquo;argent. Les navigateurs fran\u00e7ais et Italiens sont aussi tr\u00e8s bien lotis en tant que militaires salari\u00e9s. De notre c\u00f4t\u00e9, comme nous sommes toujours en d\u00e9placement \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, il nous serait quasiment impossible de trouver un travail \u00e0 mi-temps. Et puis, il faut du temps pour s&rsquo;entra\u00eener et r\u00e9gater au plus haut niveau.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de ce dossier est parue dans le magazine L\u2019Hebdo en ao\u00fbt 2008.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parmi les sportifs helv\u00e9tiques qui participent aux JO, nombreux sont ceux qui peinent \u00e0 boucler leur budget. 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