



{"id":2628,"date":"2008-06-19T00:00:00","date_gmt":"2008-06-18T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2628"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"futbol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2628","title":{"rendered":"L&rsquo;Europe que dessine l&rsquo;Euro"},"content":{"rendered":"<p>Hypoth\u00e8se: et si les performances des s\u00e9lections nationales \u00e9taient concomitantes avec l&rsquo;humeur des pays qu&rsquo;elles ont l&rsquo;honneur de repr\u00e9senter? Ainsi pourrait se d\u00e9gager, au fil des r\u00e9sultats, une sorte d&rsquo;\u00ab\u00e9tat de l&rsquo;Europe\u00bb, forc\u00e9ment subjectif, mais peut-\u00eatre pas autant qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet au premier abord. <\/p>\n<p><b>Le bloc ib\u00e8re<\/b><\/p>\n<p>Le Portugal et l&rsquo;Espagne ont pratiqu\u00e9 jusqu&rsquo;ici un football cr\u00e9atif, tourn\u00e9 exclusivement vers l&rsquo;offensive. Un jeu en mouvement perp\u00e9tuel, instinctif et optimiste. A l&rsquo;image de deux pays qui font preuve depuis une d\u00e9cennie d&rsquo;une belle r\u00e9gularit\u00e9 dans le dynamisme.<\/p>\n<p>G\u00e9n\u00e9reusement arros\u00e9 par les fonds europ\u00e9ens depuis son adh\u00e9sion \u00e0 l&rsquo;Union en 1986, le Portugal a  achev\u00e9 son rattrapage. Mieux, il s&rsquo;inscrit d\u00e9sormais en \u00ab<a href=http:\/\/www.nytimes.com\/2007\/12\/20\/business\/media\/20adco.html?_r=1&#038;oref=login target=_blank class=std>West Coast<\/a>\u00bb de l&rsquo;Europe, c&rsquo;est en tous cas le message que veut faire passer Lisbonne via une grande campagne publicitaire command\u00e9e \u00e0 l&rsquo;agence BBDO. <\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e est de poser la nation lusitanienne en Californie potentielle, une soci\u00e9t\u00e9 de services orient\u00e9e vers le high tech, et pionni\u00e8re des \u00e9nergies renouvelables. Les grands chantiers d&rsquo;infrastructure ont tellement modifi\u00e9 le pays depuis dix ans qu&rsquo;il en est devenu m\u00e9connaissable: le Portugal arri\u00e9r\u00e9 des clich\u00e9s n&rsquo;existe plus que dans l&rsquo;esprit des x\u00e9nophobes. Comme le disait l&rsquo;autre jour, sans amertume, un sociologue dans le quotidien <a href=http:\/\/www.publico.clix.pt\/ target=_blank class=std>P\u00fablico<\/a>, le Portugal est aujourd&rsquo;hui \u00abune nostalgie avec des autoroutes\u00bb. <\/p>\n<p>La mue du voisin espagnol est tout aussi spectaculaire. Apr\u00e8s le boom \u00e9conomique et les r\u00e9alisations des grands architectes (on pense au Valence de Santiago Calatrava), c&rsquo;est tout l&rsquo;appareil du conservatisme social qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9 par le gouvernement Zapatero: soci\u00e9t\u00e9 la\u00efcis\u00e9e, mariage gay et avortements facilit\u00e9s. <\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9conomie, certes, ralentit, apr\u00e8s qu&rsquo;une croissance folle a permis aux banques et aux groupes de construction espagnols de devenir les plus puissants d&rsquo;Europe. Et le Portugal doit s&rsquo;attendre, assez rapidement, \u00e0 un tarissement de la pompe \u00e0 finances bruxelloise, qui arrose d\u00e9sormais la Pologne.<\/p>\n<p>N&#8217;emp\u00eache, l&rsquo;enthousiasme demeure. Les questions qui f\u00e2chent, ces temps-ci \u00e0 Lisbonne, sont un bon indicateur de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit ambiant: par o\u00f9 faire passer la ligne TGV Madrid-Lisbonne pour la faire entrer dans la capitale portugaise? Quelle taille donner au nouvel a\u00e9roport, grande ou immense? Qu&rsquo;en pense Cristiano Ronaldo?<\/p>\n<p>Si l&rsquo;Euro 2008 nous donne un bloc ib\u00e8re, la notion de \u00abclub latin\u00bb est est berne. La Squadra Azzura doit une fois de plus sa qualification en quarts \u00e0 un miracle, sans avoir rien d\u00e9montr\u00e9. Elle est aussi atone que le berlusconisme, ce vieux plat sans saveur, resservi pour la troisi\u00e8me fois. Quant \u00e0 la France, elle a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur de tout ce que l&rsquo;on attendait plus d&rsquo;elle. Faible en d\u00e9fense, faible en attaque, sans imagination, punie pour son arrogance. Une m\u00e9taphore du sarkozysme. <\/p>\n<p><b>Le g\u00e9nie slave<\/b><\/p>\n<p>Deux hommes sont apparus ces dix derniers jours: le Croate Luka Modric, meneur de jeu du Dynamo Zagreb (il sera transf\u00e9r\u00e9 cet \u00e9t\u00e9 \u00e0 Tottenham) et le Russe Andre\u00ef Archavine (du <a href=http:\/\/www.fc-zenit.ru\/ target=_blank class=std>Zenit<\/a> Saint-P\u00e9tersbourg). Ils sont les personnages les plus visibles de deux formations dont la force r\u00e9side avant tout dans le collectif. Retour en arri\u00e8re.<\/p>\n<p>Entre les ann\u00e9es 1960 et 1980, la Yougoslavie et l&rsquo;Union Sovi\u00e9tique \u00e9taient des acteurs redout\u00e9s du football mondial. Compos\u00e9es d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments des diff\u00e9rentes nations qui composaient ces deux f\u00e9d\u00e9rations, ces \u00e9quipes offraient un jeu \u00abpolitique\u00bb: une occupation du terrain m\u00e9thodique dont l&rsquo;objectif \u00e9tait de traduire sur le plan sportif la sup\u00e9riorit\u00e9 du communisme comme syst\u00e8me d&rsquo;organisation sociale. <\/p>\n<p>Pas de vedettes, mais un groupe, fort de ses diff\u00e9rences: c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;URSS du G\u00e9orgien David Kipiani, et, plus tard, de l&rsquo;ukrainien Oleg Blokhine La Yougoslavie \u00e9tait encore titiste, et jouait sacr\u00e9ment bien au ballon. Elle additionnait les qualit\u00e9s croate, bosniaque, serbe et mac\u00e9donienne. <\/p>\n<p>Mais apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9clatement de l&rsquo;URSS et de la Yougoslavie, les s\u00e9lections des nouvelles nations sont devenues monocolores. D&rsquo;un point de vue ethnique, mais encore plus dans celui d&rsquo;un jeu sans relief. On est toujours plus timide sans m\u00e9lange. Le plus \u00e9tonnant c&rsquo;est que le retour au premier plan de ces deux \u00e9quipes collectives a lieu dans un contexte d&rsquo;hypercapitalisme qui tend plut\u00f4t \u00e0 privil\u00e9gier le cynisme de l&rsquo;individualisme.<\/p>\n<p>Il convient d&rsquo;ajouter que la renaissance du football russe est simultan\u00e9e \u00e0 celle de l&rsquo;\u00e9conomie. Les barons de l&rsquo;or noir proches de Poutine ne sont pas tous, comme Roman Abramovitch, partis \u00e0 Londres pour y d\u00e9penser leurs p\u00e9tro-roubles. De Moscou \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, les oligarques b\u00e2tissent des \u00e9quipes qui, tr\u00e8s bient\u00f4t rivaliseront avec les meilleures du continent. Le Zenit de Saint-P\u00e9tersbourg vient d&rsquo;ailleurs de remporter la derni\u00e8re coupe de l&rsquo;UEFA.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence de l&rsquo;Allemagne et des Pays-Bas \u00e0 ce niveau n&rsquo;appelle pas de commentaires particuliers, puisqu&rsquo;elle est r\u00e9currente. Nous sommes-l\u00e0 dans ce qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler l&rsquo;Europe minimum, celle qui tient sa place en brillant (les Hollandais) ou en \u00e9voluant sans g\u00e9nie (l&rsquo;Allemagne). Qui tient sa place parce qu&rsquo;il en a toujours \u00e9t\u00e9 ainsi pour les peuples stables et luth\u00e9riens, gestionnaires avis\u00e9s de leurs \u00e9motions.<\/p>\n<p>L&rsquo;exception turque<\/p>\n<p>Reste le cas particulier de la Turquie. Ils bossent fort, les gars d&rsquo;Anatolie et d&rsquo;Istanbul. En progressant encore dans le tournoi, ils affirmeraient cette europ\u00e9anit\u00e9 sur laquelle les membres de l&rsquo;Union europ\u00e9enne ne cesseront jamais de diverger. <\/p>\n<p>Au final, le tableau des quarts de finale nous offre une Europe grand format, un quadrilat\u00e8re \u00e9tir\u00e9 entre ses  pointes sud-ouest (Portugal), sud-est (Turquie en passant par le long flanc adriatique de la Croatie), nord-est (Russie) mais qui, au nord-ouest, ne monte pas plus haut que la Hollande (et le nord de l&rsquo;Allemagne). Une Europe \u00e9largie? Peut-\u00eatre, sauf que cette fois-ci, c&rsquo;est le centre qui a perdu sa substance: toutes les nations d&rsquo;Europe centrale pr\u00e9sentes \u00e0 l&rsquo;Euro2008 ont \u00e9t\u00e9 sorties: France, Suisse, Autriche, R\u00e9publique Tch\u00e8que, Pologne. Conclusion? Le vent du large inspire les footballeurs. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La moiti\u00e9 des \u00e9quipes engag\u00e9es dans le tournoi sont rentr\u00e9es \u00e0 la maison. Des ib\u00e8res cr\u00e9atifs et optimistes aux slaves qui renaissent, ce que le tableau des quarts raconte de la distribution des r\u00f4les sur le continent.<\/p>\n","protected":false},"author":801,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2628","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2628","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/801"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2628"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2628\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2628"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2628"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2628"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}