



{"id":2621,"date":"2008-06-10T00:00:00","date_gmt":"2008-06-09T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2621"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"esthetique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2621","title":{"rendered":"Botox \u00e0 25 ans? Des m\u00e9decins s\u2019insurgent"},"content":{"rendered":"<p> \u00abJ\u2019avais des ridules sur le front, mais j\u2019h\u00e9sitais un peu \u00e0 recourir au Botox. Mon docteur m\u2019a dit que je n\u2019\u00e9tais pas la seule de moins de trente ans \u00e0 utiliser ce produit. Ca m\u2019a rassur\u00e9e et je me suis lanc\u00e9e.\u00bb Zo\u00e9 vient de franchir le pas. A 27 ans, la jeune femme a re\u00e7u ses premi\u00e8res injections de Vistabel, plus connu sous le nom de Botox. Quelques piq\u00fbres plus tard &#8211; il en faut une dizaine pour aplanir le front &#8211; la jeune femme est convaincue: \u00abJe vois et je ressens une vraie diff\u00e9rence. Mon front est beaucoup plus lisse.\u00bb <\/p>\n<p>C\u2019est un fait, les femmes ont recourt de plus en plus t\u00f4t \u00e0 la chirurgie esth\u00e9tique. Du c\u00f4t\u00e9 des m\u00e9decins, injecter la toxine \u00e0 des patients aussi jeune divise. Luigi Polla, c\u00e9l\u00e8bre dermatologue et directeur du Forever Laser Institut \u00e0 Gen\u00e8ve, a r\u00e9cemment m\u00e9diatis\u00e9 sa propre fille, Rachel, 25 ans et 3 injections \u00e0 son actif, dans les colonnes de Migros Magazine. Une d\u00e9marche publicitaire d\u00e9cri\u00e9e par d\u2019autres praticiens. \u00abPersonnellement, je trouve \u00e7a ridicule, s&#8217;emporte Rapha\u00ebl Gumener, chirurgien esth\u00e9tique et m\u00e9decin responsable \u00e0 l\u2019institut L. Raphael. Chez les moins de 25 ans, je ne vois aucune ride. Je ne sais pas ce que je pourrais traiter!\u00bb<\/p>\n<p>Un avis partag\u00e9 par Bernard No\u00ebl, dermatologue et responsable du centre Skin Care, au CHUV: \u00abPersonnellement, je refuse de soigner des patients de moins trente ans. Mais certains de mes confr\u00e8res le font: c&rsquo;est avant tout une question de business.\u00bb <\/p>\n<p>Face aux attaques de ses confr\u00e8res, le docteur Polla reste de marbre: \u00abJe persiste et signe. Le Botox, il faut commencer t\u00f4t. C&rsquo;est une question m\u00e9dico-esth\u00e9tique: vers 18 ans, des ridules se dessinent sur le front et entre les yeux. Sans intervention, elles se creusent profond\u00e9ment. Gr\u00e2ce au Botox, on peut retarder leur apparition. C&rsquo;est un traitement pr\u00e9ventif.\u00bb <\/p>\n<p>En th\u00e9orie, l&rsquo;argument fait sens: plus les muscles sont paralys\u00e9s t\u00f4t, moins les rides apparaissent. Mais quand commencer? A 10, 20 ou 30 ans? \u00abLe revers de la m\u00e9daille avec la pr\u00e9vention, c&rsquo;est qu&rsquo;on peut d\u00e9buter d\u00e8s la naissance, constate Mishal Brugger, m\u00e9decin consultant au centre de chirurgie plastique de la clinique Montchoisi. Quand une femme de 20 ans demande \u00e0 \u00eatre trait\u00e9e \u00e0 la toxine botulique, il faut savoir dire non!\u00bb <\/p>\n<p>\u00abAujourd\u2019hui, les 19 \u00e0 34 ans repr\u00e9sentent pr\u00e8s de 20% de nos clients, compte le docteur Polla. Il y a quinze ans, lorsque j\u2019ai d\u00e9but\u00e9 les injections, cette client\u00e8le n\u2019existait quasiment pas.\u00bb Au total, pr\u00e8s de 2% des genevoises auraient d\u00e9sormais recours aux injections. Un chiffre \u00e0 prendre avec des pincettes: \u00abIl n\u2019y a aucune statistique officielle sur l\u2019utilisation de ce produit, pr\u00e9cise le docteur Jean-Fran\u00e7ois Emeri, pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 Suisse de chirurgie plastique, reconstructive et esth\u00e9tique (SSCPRE) \u00e0 Lausanne. Mais, c\u2019est vrai, la demande explose.\u00bb <\/p>\n<p>Attir\u00e9s par ce march\u00e9 juteux, les praticiens proposant ce traitement se multiplient. Preuve de l\u2019engouement pour le Botox, le CHUV \u2013 pourtant h\u00f4pital public \u2013 vient d\u2019ouvrir un centre baptis\u00e9 Skin Care. \u00abBien s\u00fbr, ce n\u2019est pas vraiment le r\u00f4le d\u2019un h\u00f4pital de faire \u00e7a, reconna\u00eet Bernard No\u00ebl, le responsable du centre. Mais, gr\u00e2ce \u00e0 cet institut, nous formons des m\u00e9decins \u00e0 l\u2019usage Botox et cela rentre dans la mission d\u2019un h\u00f4pital universitaire.\u00bb D\u2019autant que, jusqu\u2019ici, la formation pour cette technique fait d\u00e9faut. <\/p>\n<p>\u00abJuridiquement, il suffit d\u2019\u00eatre m\u00e9decin pour injecter du Botox\u00bb, explique Catherine Perrin, directrice de la SSCPRE. R\u00e9sultat: des dermatologues, des plasticiens, des m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes, des gyn\u00e9cologues et m\u00eame des dentistes, des assistants m\u00e9dicaux et des param\u00e9dicaux en proposent \u00e0 leurs patients. \u00abLa situation est inqui\u00e9tante, regrette le docteur Rapha\u00ebl Gumener. Aujourd&rsquo;hui, certains praticiens injectent la toxine botulique avec une formation plus que minimale. Dans certains cas, le Botox circule m\u00eame sous le manteau.\u00bb <\/p>\n<p>Et des pratiques douteuses apparaissent: les Botox party, f\u00eates o\u00f9 l\u2019on m\u00e9lange Champagne, cocktails et injection de toxine, ont d\u00e9barqu\u00e9 en Suisse. A Zurich, des m\u00e9decins injectent du Botox dans un salon de coiffure. D\u2019autres, un peu partout en Suisse, cassent les prix. Il faut dire que, selon les th\u00e9rapeutes, le traitement du front passe de 400 \u00e0 1200 francs. \u00abCette \u00e9volution est regrettable, s&#8217;emporte le docteur Jean-Fran\u00e7ois Emeri de Lausanne. Il faut que les patients se responsabilisent et aillent consulter des m\u00e9decins qualifi\u00e9s. Avec d\u2019autres sp\u00e9cialit\u00e9s comme la dermatologie, seuls les chirurgiens plastiques sont qualifi\u00e9s.\u00bb <\/p>\n<p>Pour Luigi Polla, qu\u2019importe que le m\u00e9decin traitant soit g\u00e9n\u00e9raliste, dermatologue ou chirurgien esth\u00e9tique: \u00abTout est question d\u2019habitude. Plus on utilise sa voiture, mieux on conduit. Avec le Botox, c\u2019est pareil: plus on injecte, mieux on le fait.\u00bb Si elles sont mal appliqu\u00e9es, les injections de Botox ne sont pas totalement d\u00e9nu\u00e9es de risques. <\/p>\n<p>A la base, la toxine botulique est le poison le plus puissant connu au monde: 40 millions de fois plus toxique que le cyanure! Heureusement, en dermatologie esth\u00e9tique, \u00ables doses inject\u00e9es sont infimes, de l&rsquo;ordre de 100 unit\u00e9s par s\u00e9ance, alors que la dose l\u00e9tale se situe entre 2&rsquo;000 \u00e0 3&rsquo;000 unit\u00e9s. D\u2019ailleurs, \u00e0 ma connaissance, il n\u2019y a jamais eu d\u2019accident grave avec le Botox cosm\u00e9tique\u00bb, affirme le docteur Bernard No\u00ebl. Les seuls probl\u00e8mes observ\u00e9s sont des paupi\u00e8res tombantes (pt\u00f4se palp\u00e9brale), des inflammations et des probl\u00e8mes de d\u00e9glutitions lorsque l\u2019on traite le cou. Toutes ces afflictions sont temporaires. Elles disparaissent spontan\u00e9ment au bout de quelques semaines. \u00abDans de rares cas, il peut y avoir des complications oculaires entra\u00eenant un dess\u00e8chement de la corn\u00e9e, qui oblige \u00e0 consulter un ophtalmologue\u00bb, pr\u00e9cise le docteur Jean-Fran\u00e7ois Emeri. <\/p>\n<p>Mais qu&rsquo;importe, \u00abil y a un v\u00e9ritable engouement des m\u00e9decins non sp\u00e9cialistes, notamment des gyn\u00e9cologues, car la technique est tr\u00e8s lucrative\u00bb, poursuit le m\u00e9decin. D&rsquo;autant que le traitement est temporaire: l&rsquo;effet des injections ne dure que 4 \u00e0 6 mois. \u00abLe Botox est un produit addictif, explique le docteur Bernard No\u00ebl. Une fois qu&rsquo;on y a touch\u00e9; difficile de s&rsquo;arr\u00eater. Un m\u00e9decin qui convertit une jeune fille de 20 ans s&rsquo;assure ainsi des revenus pour des ann\u00e9es.\u00bb <\/p>\n<p>Zo\u00e9, 27 ans, sait d\u00e9j\u00e0 qu&rsquo;elle recommencera: \u00abMon m\u00e9decin m&rsquo;a conseill\u00e9 de renouveler les injections tous les 6 mois. Je ne pense pas que j&rsquo;y aurais recours aussi r\u00e9guli\u00e8rement. Mais une chose est s\u00fbre: je le referai.\u00bb St\u00e9phanie, 35 ans et trois ans de Botox derri\u00e8re elle, confirme: \u00abJe vais continuer les injections jusqu&rsquo;\u00e0 ce que je fasse un lifting. Mais ce n&rsquo;est pas pour demain!\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les injections de toxine botulique explosent en Suisse, y compris aupr\u00e8s des jeunes femmes. Une pratique qui divise la communaut\u00e9 m\u00e9dicale.<\/p>\n","protected":false},"author":19489,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2621","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2621","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19489"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2621"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2621\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2621"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2621"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2621"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}