



{"id":2593,"date":"2008-04-29T00:00:00","date_gmt":"2008-04-28T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2593"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"prospection","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2593","title":{"rendered":"Finance et art contemporain: un mariage arrang\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>\u00abNous avons organis\u00e9 une conf\u00e9rence sur Le Corbusier pour les employ\u00e9s de la banque LODH. Cela a \u00e9t\u00e9 un r\u00e9el succ\u00e8s puisqu\u2019une trentaine de collaborateurs ont assist\u00e9 \u00e0 cette pr\u00e9sentation et que plusieurs d\u2019entre eux ont achet\u00e9 des pi\u00e8ces\u00bb, se souvient Fr\u00e9d\u00e9ric de Senarclens, directeur de la galerie genevoise Bartha &#038; Senarclens.<\/p>\n<p>Si les galeries recherchent des acheteurs potentiels dot\u00e9s d\u2019un certain pouvoir d\u2019achat, de leur c\u00f4t\u00e9, les banques sont en qu\u00eate de nouvelles fortunes \u00e0 g\u00e9rer. La synergie s\u2019impose. Un v\u00e9ritable mariage de raison qui se concr\u00e9tise de diverses mani\u00e8res, depuis la visite guid\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la pr\u00e9sentation de travaux d\u2019artistes \u00e9mergents en passant par des conf\u00e9rences th\u00e9matiques.<\/p>\n<p>\u00abChaque ann\u00e9e nous organisons une s\u00e9rie d\u2019\u00e9v\u00e9nements en marge des foires d\u2019art de Maastricht (TEFAF) et de B\u00e2le (Art Basel) pour nos clients, prospects et collaborateurs, explique Fran\u00e7oise Pedrazzini, membre de la direction de la banque ING \u00e0 Gen\u00e8ve. Le sponsoring de manifestations artistiques est un outil de marketing avec lequel nous approchons et fid\u00e9lisons notre client\u00e8le.\u00bb <\/p>\n<p>Lors de ces \u00e9v\u00e9nements, si la pr\u00e9sence des employ\u00e9s de la banque n\u2019est pas exig\u00e9e, elle est vivement souhait\u00e9e. \u00abLorsque nous traitons avec des clients collectionneurs, il est primordial de pouvoir partager leur passion pour l\u2019art, de pouvoir en discuter avec eux, surtout si on est amen\u00e9 \u00e0 les accompagner \u00e0 des expositions ou \u00e0 des foires\u00bb, poursuit la directrice.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des galeries, l\u2019institution elle-m\u00eame peut devenir un client potentiel. \u00abNous avons pr\u00e9sent\u00e9 les \u0153uvres du sculpteur Tom Carr \u00e0 des institutions priv\u00e9es, des banques et des assurances, explique Fr\u00e9d\u00e9ric de Senarclens. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait de leur faire conna\u00eetre les travaux de commandes r\u00e9alis\u00e9s par l\u2019artiste pour des entreprises priv\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>Quelle meilleure preuve de bon go\u00fbt qu\u2019une monumentale sculpture meublant le hall d\u2019entr\u00e9e? \u00abEn tant que galerie, nous percevons une commission sur les travaux de commande dans la mesure o\u00f9 nous repr\u00e9sentons l\u2019artiste et le mettons en contact avec un acheteur.\u00bb Une somme qui peut devenir importante dans le cas d\u2019\u0153uvres d\u2019une telle envergure.<\/p>\n<p>La dynamique entre art et finance permet \u00e0 chaque partie de faire fructifier ses affaires. Galeristes, financiers et amateurs ais\u00e9s se retrouvent en toute d\u00e9contraction, en dehors des heures de bureau autour d\u2019int\u00e9r\u00eats communs.<\/p>\n<p>\u00abLes banques priv\u00e9es et les soci\u00e9t\u00e9s financi\u00e8res profitent de plusieurs fa\u00e7ons du sponsoring d\u2019expositions d\u2019art, d\u00e9taille Charlotte Mailler, directrice de la galerie d\u2019art moderne Interart \u00e0 Gen\u00e8ve et pr\u00e9sidente de l\u2019association \u00abArt en vieille ville\u00bb, regroupement de 15 galeries et du mus\u00e9e Barbier-M\u00fcller. Le nom de ces soci\u00e9t\u00e9s est v\u00e9hicul\u00e9 par nos supports promotionnels, au travers des articles de presse et les collaborateurs sont \u00e9galement pr\u00e9sents lors de ces \u00e9v\u00e9nements, ce qui leur permet d\u2019approcher et de nouer des relations avec de potentiels clients.\u00bb <\/p>\n<p>Des prospects qui int\u00e9ressent au plus au point les g\u00e9rants de fortune, puisque certains d\u2019entre eux sont capables de d\u00e9bourser plusieurs millions de francs pour une toile comme celles propos\u00e9es par la galerie Interart. \u00abNotre m\u00e9tier de galeriste rejoint celui de banquier puisque les \u0153uvres que nous vendons sont de tr\u00e8s bons investissements financiers\u00bb, ajoute la directrice. <\/p>\n<p>Les maisons de vente aux ench\u00e8res sont \u00e9galement touch\u00e9es par la nouvelle passion des banquiers pour les investissements artistiques. \u00abLes banques s&rsquo;int\u00e9ressent de plus en plus \u00e0 l&rsquo;art et organisent des cycles de conf\u00e9rence sur ce domaine pour leurs employ\u00e9s, indique Caroline Lang, directrice g\u00e9n\u00e9rale de Sotheby\u2019s Gen\u00e8ve. Elles cherchent des orateurs et parfois ce sont nos sp\u00e9cialistes qui sont amen\u00e9s \u00e0 s&rsquo;exprimer.\u00bb<\/p>\n<p>Et pour les collaborateurs qui auraient manqu\u00e9 la pr\u00e9sentation, Sotheby\u2019s  organise \u00e9galement d\u2019autres conf\u00e9rences, certes publiques, mais s\u2019adressant avant tout aux potentiels acheteurs.<\/p>\n<p>\u00abIl est important pour nous que les principaux acteurs du march\u00e9 aient une bonne connaissance de l&rsquo;art, poursuit Caroline Lang. Dans un but \u00e9ducatif, nous organisons des visites guid\u00e9es et nous organisons des rencontres autour d&rsquo;une th\u00e9matique avant certaines ventes. L&rsquo;id\u00e9e est de donner des outils \u00e0 nos clients pour comprendre l&rsquo;art et les oeuvres mises aux ench\u00e8res.\u00bb Et de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019\u00e9ventuels avantages collat\u00e9raux, bien s\u00fbr.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de l\u2019acquisition de nouveaux acheteurs, les galeristes travaillent \u00e0 fid\u00e9liser leur client\u00e8le, \u00e0 transformer un simple curieux en vrai collectionneur.<\/p>\n<p>\u00abCertaines banques priv\u00e9es nous ont demand\u00e9 de faire des visites pour leurs clients prestigieux, dit Lucy Mackintosh de la galerie lausannoise qui porte son nom. Nous nous retrouvons face \u00e0 des directeurs de banques qui ne comprennent pas bien l\u2019art. Notre r\u00f4le consiste \u00e0 leur faire des suggestions pertinentes. Il en va de la r\u00e9putation de la galerie de proposer \u00e0 ces cadres sup\u00e9rieurs des \u0153uvres d\u2019artistes qui font carri\u00e8re et vont acqu\u00e9rir de l&rsquo;importance sur le march\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Et tisser une relation de confiance avec ces hauts dirigeants. \u00abLes banquiers et les cadres sup\u00e9rieurs ont un certain pouvoir d\u2019achat et l\u2019enjeu n\u2019est pas de les convaincre de la valeur de l\u2019objet, ils ne la remettent pas en question, mais plut\u00f4t de les guider et de leur donner envie de nous faire confiance pour d\u00e9velopper leur collection.\u00bb <\/p>\n<p>Et \u00e7a marche. A soixante ans, Magnus Dagerskog, directeur technique du d\u00e9partement Food Service de Nestl\u00e9 International, s\u2019int\u00e9resse depuis peu \u00e0 l\u2019art contemporain. \u00abJe n\u2019y connaissais rien, explique-t-il modestement. Il y a environ 5 ans, j\u2019ai rencontr\u00e9 Lucy Mackintosh et c\u2019est en discutant avec elle que mon go\u00fbt pour l\u2019art contemporain s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9.\u00bb Aujourd\u2019hui, il ne saurait manquer une exposition.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019art contemporain m\u2019apporte \u00e9norm\u00e9ment. Les \u0153uvres m\u2019ouvrent \u00e0 de nouvelles r\u00e9flexions. J\u2019ai achet\u00e9 quelques peintures et des photographies de Jo\u00ebl Tettamanti. Je consid\u00e8re l\u2019art comme un bon placement et me r\u00e9jouis d\u2019\u00eatre \u00e0 la retraite pour pouvoir d\u00e9velopper ma collection.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Banques et galeries visent souvent les m\u00eames cat\u00e9gories de clients. Pas \u00e9tonnant qu\u2019elles tissent des liens plus ou moins apparents. Enqu\u00eate.<\/p>\n","protected":false},"author":19092,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2593","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2593","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19092"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2593"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2593\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2593"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2593"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2593"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}