



{"id":2577,"date":"2008-04-07T00:00:00","date_gmt":"2008-04-06T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2577"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"technologie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2577","title":{"rendered":"Fribourg bient\u00f4t g\u00e9ant des nano"},"content":{"rendered":"<p>La surprise a \u00e9t\u00e9 totale, en novembre dernier, quand Adolphe Merkle, l\u2019ex-directeur de l\u2019entreprise fribourgeoise Vibro-Meter, a annonc\u00e9 son cadeau de 100 millions de francs \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg (UniFR). Il s\u2019agit du montant le plus important jamais offert par un priv\u00e9 \u00e0 une haute \u00e9cole suisse.<\/p>\n<p>Cette \u00e9norme donation va changer la face de l\u2019UniFR, dont le budget global l\u2019an dernier ne d\u00e9passait pas 180 millions. \u00abEvidemment, il s\u2019agit d\u2019un don extraordinaire pour notre institution, dit le recteur, Guido Vergauwen. Il va nous permettre d\u2019accro\u00eetre notre visibilit\u00e9 internationale dans le domaine des nanomat\u00e9riaux, un champ de recherche que nous d\u00e9veloppons depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es.\u00bb <\/p>\n<p>Les recherches fribourgeoises dans ce domaine, initialement dirig\u00e9es par le professeur de physique exp\u00e9rimentale Louis Schlapbach, avaient connu une p\u00e9riode faste dans les ann\u00e9es 80 avant de tomber dans un relatif anonymat. Cons\u00e9quence: l\u2019universit\u00e9 fribourgeoise n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retenue jusqu&rsquo;ici dans le programme Nano-Tera du Fonds national, qui pr\u00e9voit d\u2019investir ces quatre prochaines ann\u00e9es 120 millions dans la recherche sur les nanotechnologies (la manne sera repartie entre les deux Ecoles polytechniques, les Universit\u00e9s de B\u00e2le, Neuch\u00e2tel et de Suisse italienne, ainsi que le Centre suisse d\u2019\u00e9lectronique et de microtechnique (CSEM) \u00e0 Neuch\u00e2tel).<\/p>\n<p>Les 100 millions d\u2019Adolphe Merkle doivent remettre Fribourg au niveau de ses concurrents. Ils permettront, notamment, la cr\u00e9ation d\u2019un nouveau centre de recherche d\u00e9di\u00e9 aux nanomat\u00e9riaux, l\u2019Institut Adolphe Merkle (AMI).<\/p>\n<p>\u00abCet institut regroupera quatre groupes interdisciplinaires de recherche en physique, chimie, biophysique et nanotechnologies\u00bb, explique Peter Schutenberger, professeur de physique exp\u00e9rimentale, qui prendra la direction de l\u2019AMI. Dot\u00e9 d\u2019un budget annuel de 5 millions de francs, soit les int\u00e9r\u00eats des 100 millions, l\u2019Institut devrait vite compter une quarantaine de chercheurs, qui seront recrut\u00e9s pour l\u2019occasion. <\/p>\n<p>Les travaux se d\u00e9velopperont selon trois axes principaux: la recherche fondamentale, la recherche appliqu\u00e9e, en collaboration avec l\u2019industrie, et la r\u00e9alisation de mandats de recherche pour le compte de PME. L\u2019AMI soutiendra \u00e9galement les activit\u00e9s du \u00abFribourg Center for nanomaterials\u00bb (Frimat), cr\u00e9\u00e9 en 2006, gr\u00e2ce \u00e0 une premi\u00e8re donation du m\u00e9c\u00e8ne fribourgeois.<\/p>\n<p>La fondation Adolphe Merkle, charg\u00e9e de g\u00e9rer les 100 millions, investira \u00e9galement des fonds dans deux autres projets: la cr\u00e9ation d\u2019une nouvelle chaire en management de l\u2019innovation et transfert de technologies, ainsi qu\u2019un nouvel institut de recherche en plurilinguisme. <\/p>\n<p>Un investissement aussi massif ne risque-t-il pas d\u2019accro\u00eetre la comp\u00e9tition entre les diff\u00e9rents centres suisses de recherche sur les nanotechnologies? \u00abAbsolument pas, r\u00e9pond Guido Vergauwen. Nous allons travailler pour \u00eatre compl\u00e9mentaire des autres universit\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Un avis partag\u00e9 par les Ecoles polytechniques f\u00e9d\u00e9rales qui voient d\u2019un bon \u0153il l\u2019\u00e9mergence d\u2019un potentiel \u00abcollaborateur de niveau \u00e9gal\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abIl faut voir cela comme un r\u00e9seau suisse, dont la concurrence se trouve aux Etats-Unis, en Europe ou au Japon, explique Peter Schutenberger. L\u2019id\u00e9e est de faire de notre pays un v\u00e9ritable centre mondial dans ce domaine.\u00bb<\/p>\n<p>Seul le centre de nanotechnologies de Thoune, filiale locale du laboratoire f\u00e9d\u00e9ral d&rsquo;essai des mat\u00e9riaux (EMPA), pourrait p\u00e2tir de l\u2019\u00e9mergence de Fribourg. P\u00e9nalis\u00e9 par un manque de masse critique, ce site pourrait \u00eatre d\u00e9localis\u00e9 \u00e0 Fribourg.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, l\u2019UniFR ne cache pas ses app\u00e9tits: \u00abBien s\u00fbr, int\u00e9grer Thoune \u00e0 nos propres recherches serait tr\u00e8s int\u00e9ressant. Si une d\u00e9cision politique venait \u00e0 \u00eatre prise en ce sens, nous serions ravis d\u2019accueillir cette unit\u00e9\u00bb, confie Guido Vergauwen. Un discours qui n\u2019enchante gu\u00e8re le pr\u00e9sident de la ville de Thoune, le socialiste Hans-Ueli von Allmen, qui ne cesse de d\u00e9noncer dans la presse \u00abces convoitises peu amicales\u00bb. <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><b>\u00abLe niveau de l\u2019universit\u00e9 faiblissait\u00bb <\/b><\/p>\n<p>Interview d&rsquo;Adolphe Merkle.<\/p>\n<p><b>Pourquoi ce don extraordinaire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg?<\/b><\/p>\n<p>Adolphe Merkle: Je trouvais que le niveau de l\u2019uni faiblissait, particuli\u00e8rement en sciences naturelles. A tel point que j\u2019avais l\u2019impression que l\u2019universit\u00e9 et le canton n\u2019offraient plus aux jeunes les possibilit\u00e9s qu\u2019ils m\u2019avaient donn\u00e9es. Or j\u2019y suis tr\u00e8s attach\u00e9: je suis n\u00e9 \u00e0 Fribourg, j&rsquo;y ai \u00e9tudi\u00e9 l\u2019\u00e9conomie, j&rsquo;y ai d\u00e9velopp\u00e9 Vibro-Meter&#8230; En un mot: je suis enracin\u00e9 \u00e0 Fribourg. Ce canton m\u2019a beaucoup donn\u00e9, sur le plan scientifique, mais aussi humain. Aujourd\u2019hui, j\u2019arrive \u00e0 un \u00e2ge o\u00f9 je me demande ce que, moi, je peux apporter en retour. Par mon geste, je souhaite contribuer \u00e0 renforcer le potentiel scientifique et \u00e9conomique fribourgeois, pour aider les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 mieux assumer leur avenir. <\/p>\n<p><b>Tout de m\u00eame, 100 millions, c\u2019est \u00e9norme\u2026<\/b><\/p>\n<p>Adolphe Merkle: Mais, vous savez, il n\u2019est plus possible de conduire des recherches de haut niveau avec de faibles moyens. 100 millions, c\u2019est ce qu\u2019il faut pour d\u00e9velopper un institut de renomm\u00e9e internationale sur les nanomat\u00e9riaux. Pour \u00eatre source d\u2019innovations, la recherche fondamentale doit investir sur le long terme. Pour cela, elle a besoin de bases financi\u00e8res importantes. Avec la mondialisation et l\u2019augmentation de la concurrence internationale qui en r\u00e9sulte, il \u00e9tait urgent de faire cette donation.<\/p>\n<p><b>Comment vous est venue l\u2019id\u00e9e de ce don?<\/b><\/p>\n<p>Adolphe Merkle: En 2005, Urs Altermatt (ndlr: l\u2019ex-recteur de l&rsquo;Universit\u00e9 de Fribourg) m\u2019a approch\u00e9. Cette rencontre a d\u00e9bouch\u00e9 sur un premier don de 4 millions de francs, qui a permis la mise en place du centre FriMat (Fribourg Center of Nanomaterials). Pour moi, cette premi\u00e8re donation avait valeur de test: je voulais voir la motivation de l\u2019Universit\u00e9. Les autorit\u00e9s universitaires et les chercheurs ont fait part d&rsquo;un tr\u00e8s grand int\u00e9r\u00eat, ce qui m\u2019a conduit \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un nouveau don. Mais attention, la donation de 100 millions est mon initiative. J\u2019y ai r\u00e9fl\u00e9chi pendant pr\u00e8s de 6 mois. Une fois que la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise, j\u2019ai rencontr\u00e9 le professeur Schurtenberger et ses coll\u00e8gues afin de d\u00e9finir exactement ce qu\u2019il \u00e9tait opportun de faire de cet argent.<\/p>\n<p><b>Pourquoi avoir choisi la recherche sur les nanomat\u00e9riaux?<\/b><\/p>\n<p>Adolphe Merkle: Ce domaine est, \u00e0 mes yeux, le plus prometteur pour l\u2019avenir. Je pense que les nanotechnologies vont avoir une incidence importante sur l\u2019\u00e9conomie, parce que les applications potentielles sont nombreuses. Il est primordial que la Suisse, et en particulier Fribourg, soient bien positionn\u00e9s dans ce domaine. Si, gr\u00e2ce \u00e0 leurs d\u00e9couvertes, les chercheurs de l\u2019Institut d\u00e9posent des brevets et d\u00e9veloppent des applications, il y aura des retomb\u00e9es \u00e9conomiques importantes pour tout le canton. Des spin-off et des start-up verront le jour et des entreprises d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes profiteront des recherches pour se d\u00e9velopper. <\/p>\n<p><b>Pour vous, le transfert technologique est primordial\u2026<\/b><\/p>\n<p>Adolphe Merkle: En tant qu\u2019ancien industriel, j\u2019y attache effectivement beaucoup d\u2019importance. Et ce pour une raison \u00e9vidente: les d\u00e9veloppements dans le domaine industriel proviennent souvent de la recherche fondamentale. <\/p>\n<p><b>D\u00e9sormais, vous \u00eates un mod\u00e8le\u2026<\/b><\/p>\n<p>Adolphe Merkle: Ce n\u2019est pas ma fa\u00e7on de voir les choses. Je trouve qu\u2019on exag\u00e8re un peu avec moi. Bien entendu, je suis tr\u00e8s heureux que cet Institut porte mon nom et que le Grand Conseil nous ait nomm\u00e9s, ma femme et moi, citoyens d&rsquo;honneur. Mais, si j\u2019accepte volontiers les honneurs, je ne les ai jamais recherch\u00e9s.<\/p>\n<p><b>Ferez-vous d\u2019autres dons?<\/b><\/p>\n<p>Adolphe Merkle: Il est encore trop t\u00f4t pour y penser.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><b>Un entrepreneur visionnaire<\/b><\/p>\n<p>Il le dit et le r\u00e9p\u00e8te lui-m\u00eame: Adolphe Merkle est \u00abenracin\u00e9\u00bb \u00e0 Fribourg. N\u00e9 en 1924 \u00e0 Guin, dans la partie germanophone du canton, il en est d\u00e9sormais citoyen d\u2019honneur. Un titre qui couronne l\u2019investissement de toute une vie dans le canton.<\/p>\n<p>Son doctorat en poche, obtenu \u00e0 l\u2019UniFR, il se lance \u00e0 27 ans dans l\u2019immobilier. Un an plus tard, il d\u00e9couvre une entreprise baptis\u00e9e Vibro-Meter. Le jeune entrepreneur investit dans cette entreprise moribonde, qui a pour vocation d\u2019utiliser l\u2019\u00e9lectronique pour d\u00e9velopper des syst\u00e8mes destin\u00e9s \u00e0 mesurer les vibrations. En tant que directeur et actionnaire unique, il la rel\u00e8ve progressivement.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 pour l\u2019industrie automobile, Vibro-Meter s\u2019oriente dans les ann\u00e9es 1960 vers l\u2019a\u00e9ronautique, avec des clients comme Swissair, Boeing, Airbus, Rolls-Royce, etc. Le succ\u00e8s acquis, Adolphe Merkle vend sa soci\u00e9t\u00e9 au groupe Electrowatt, en 1991. Filiale du groupe anglais Mergitt depuis 1998, le succ\u00e8s de Vibro-Meter ne s\u2019est pas d\u00e9menti depuis. En 2007, son chiffre d\u2019affaires a atteint 150 millions d\u2019euros, contre 130 millions un an plus t\u00f4t. \u00abPour 2008, nous nous attendons encore \u00e0 une croissance sup\u00e9rieure \u00e0 10%\u00bb, confie l\u2019actuel directeur, Peter Huber. Les appareils d\u00e9velopp\u00e9s par l\u2019entreprise \u00e9quipent notamment l\u2019Airbus A380 et le Boeing 787 Dreamliner.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans le magazine Reflex d&rsquo;avril 2008. En vente en kiosques.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gr\u00e2ce au don de 100 millions de francs de l\u2019industriel Adolphe Merkle, l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg va entrer dans la cour des grands dans le domaine des nanotechnologies.<\/p>\n","protected":false},"author":19489,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-2577","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technophile","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2577","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19489"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2577"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2577\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2577"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2577"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2577"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}