



{"id":2553,"date":"2008-03-04T00:00:00","date_gmt":"2008-03-03T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2553"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"foret","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2553","title":{"rendered":"Le bois: une \u00e9conomie qui cartonne"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019industrie foresti\u00e8re connait un v\u00e9ritable boom en Suisse. \u00abLe retournement est historique. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, les prix du bois ont cr\u00fb de pr\u00e8s de 20%\u00bb, souligne Pierre Lancoud, directeur de La Foresti\u00e8re, coop\u00e9rative de propri\u00e9taires et d\u2019exploitants forestiers.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, 1 m3 se n\u00e9gocie entre 70 et 130 francs, selon le type et la qualit\u00e9 du bois. C\u2019est 50% de plus qu\u2019en 2000. A cette \u00e9poque, l\u2019ouragan Lothar avait d\u00e9vers\u00e9 d\u2019\u00e9normes quantit\u00e9s de bois sur le march\u00e9, faisant chuter durablement les prix.<\/p>\n<p>Les stocks de Lothar sont maintenant \u00e9coul\u00e9s et l\u2019ann\u00e9e 2008 devrait confirmer la tendance: \u00abNous nous attendons \u00e0 une stabilit\u00e9, voire une l\u00e9g\u00e8re hausse des prix\u00bb, confie Marco Zanetti, chef de la section exploitation des for\u00eats et \u00e9conomie du bois \u00e0 l&rsquo;Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019environnement (OFEV). Un avis partag\u00e9 par Pierre Lancoud: \u00abNous sommes confiants. Dans le b\u00e2timent, les carnets de commande sont bien garnis et la part du bois ne cesse d\u2019augmenter dans les nouvelles constructions.\u00bb <\/p>\n<p><b>M\u00eame la sciure<\/b><\/p>\n<p>Le bois a aussi le vent en poupe en mati\u00e8re de chauffage. \u00abGr\u00e2ce \u00e0 l\u2019augmentation des prix du p\u00e9trole et \u00e0 la prise de conscience environnementale, le bois de chauffage retrouve ses lettres de noblesse\u00bb, se r\u00e9jouit Pierre Lancoud. Cons\u00e9quence inattendue: les scieries vendent d\u00e9sormais leurs sous-produits. \u00abEn 2000, je donnais ma sciure, se souvient Thierry Zahnd, responsable achat vente de la scierie familiale du m\u00eame nom. Aujourd\u2019hui, je la vends 10 \u00e0 15 francs le m3, car elle est utilis\u00e9e dans la confection de pellets.\u00bb<\/p>\n<p>Toutes utilisations comprises, les coupes peinent \u00e0 satisfaire la demande. \u00abActuellement, je ne peux pas dire que je manque de bois, mais le flux est tr\u00e8s tendu\u00bb, dit Thierry Zahnd. Une situation qui risque de s\u2019aggraver, avec l\u2019arriv\u00e9e de nouveaux acteurs.<\/p>\n<p>Au printemps dernier, la soci\u00e9t\u00e9 autrichienne Stallinger a ouvert dans les Grisons une gigantesque scierie, qui vise une production de 600\u2019000 m3, d\u00e8s 2008. D\u2019autres projets d\u2019importance sont actuellement \u00e0 l\u2019\u00e9tude. <\/p>\n<p>\u00abPour r\u00e9sister \u00e0 cette concurrence, nous sommes oblig\u00e9s d\u2019accroitre nos volumes, afin de diminuer nos co\u00fbts de production\u00bb, explique, Thierry Zahnd. Son entreprise pr\u00e9voit de faire passer sa production 100 000m3 en 2006, \u00e0 150 000 m3 en 2008. <\/p>\n<p>Anticipant une situation de carence, l\u2019OFEV milite pour augmenter les coupes de bois suisse. \u00abActuellement, nos for\u00eats sont sous-exploit\u00e9es. Elles occupent 31% de notre territoire et s\u2019accroissent chaque ann\u00e9e, rapporte Marco Zanetti. Sans que cela porte pr\u00e9judice \u00e0 l\u2019environnement et sans diminuer les surfaces bois\u00e9es, nous pourrions extraire jusqu\u2019\u00e0 1,3 million de m3 de bois commercialisables en plus chaque ann\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas de raser compl\u00e8tement des zones arbor\u00e9es, mais essentiellement de rajeunir des for\u00eats naturelles. \u00abNon entretenues, celles-ci se fragilisent, s&rsquo;assombrissent et deviennent plus vuln\u00e9rables aux vents\u00bb, explique Walter Schwab, chef du Service des for\u00eats et de la faune du canton de Fribourg.<\/p>\n<p>Le d\u00e9ficit d\u2019exploitation a des raisons historiques: le tr\u00e8s grand morcellement des parcelles. En Suisse, pr\u00e8s de 30% des surfaces bois\u00e9es sont tenues par des propri\u00e9taires priv\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00abLeurs for\u00eats regorgent de bois de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9. Mais, comme il n&rsquo;y a aucune obligation l\u00e9gale de les entretenir, beaucoup de propri\u00e9taires ne le font pas\u00bb, souligne Walter Schwab chef du Service des for\u00eats et de la faune du canton de Fribourg. D\u2019autant que l\u2019exploitation n\u2019est pas forc\u00e9ment rentable: tout d\u00e9pend de l\u2019\u00e9tendue bois\u00e9e et de la situation g\u00e9ographique. <\/p>\n<p>\u00abEn montagne, il est difficile de gagner de l\u2019argent avec une for\u00eat. Les frais de coupe et de d\u00e9blayage sont beaucoup trop importants, explique Marco Zanetti. Mais, en plaine, le nombre d\u2019entreprises foresti\u00e8res l\u00e9g\u00e8rement b\u00e9n\u00e9ficiaires augmente.\u00bb<\/p>\n<p>Si l\u2019envol de la demande a jou\u00e9 un r\u00f4le moteur dans ce retour \u00e0 la rentabilit\u00e9, il n\u2019explique pas tout. Il a \u00e9galement fallu baisser les co\u00fbts de production, rationaliser l\u2019exploitation et diminuer les charges salariales. Pour ce faire, les propri\u00e9taires se sont regroup\u00e9s pour am\u00e9liorer la gestion de leurs for\u00eats.<\/p>\n<p>\u00abEn nous unissant, nous r\u00e9alisons des \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle et nous avons plus de poids pour n\u00e9gocier les prix de vente\u00bb, explique Philippe Humbert, le pr\u00e9sident de l\u2019Association du groupement forestier de la Serine (AGFORS).<\/p>\n<p>Les for\u00eats publiques, elles aussi, utilisent ce syst\u00e8me de regroupement. Depuis le 1er janvier 2007, La Foresti\u00e8re, par exemple, s\u2019occupe de la commercialisation des 17 000 m3 de bois coup\u00e9s chaque ann\u00e9e \u00e0 Lausanne. Malgr\u00e9 cela, les surfaces bois\u00e9es publiques restent dans le rouge. En 2006, elles ont encore cumul\u00e9 un d\u00e9ficit proche de 35 millions de francs pour l\u2019ensemble de la Suisse, contre 56 millions en 2005.<\/p>\n<p>Pour Marco Zanetti, \u00abl\u2019am\u00e9lioration devrait se poursuivre en 2007, sans toutefois atteindre la rentabilit\u00e9\u00bb. La raison est simple: les for\u00eats publiques occasionnent davantage de frais que les priv\u00e9es. En montagne, par exemple, elles sont entretenues, m\u00eames si cela co\u00fbte tr\u00e8s cher, parce qu\u2019elles jouent un r\u00f4le important en limitant les \u00e9boulements et les avalanches. <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8211;<br \/>\nAujourd&rsquo;hui, la for\u00eat suisse recouvre une surface de 1,27 million d&rsquo;hectares (31 % du territoire suisse), ce qui repr\u00e9sente une hausse de 4,9 %, depuis le deuxi\u00e8me Inventaire forestier national (IFN2, 1993 &#8211; 1995). Pr\u00e8s de 5,7 millions de m3 de bois ont \u00e9t\u00e9 extraits et vendus en 2006, soit 8 % de plus qu\u2019en 2005.<\/p>\n<p>L\u2019augmentation des prix de ce mat\u00e9riau tient \u00e0 une demande accrue aussi bien pour le chauffage (+13% par rapport \u00e0 2005), la construction (+6%), qu\u2019industriel (+13,3%). Les exportations vers l\u2019Europe ont, elles aussi, \u00e9volu\u00e9 \u00e0 la hausse \u00e0 2,5 millions de m3 en 2006, contre 2,1 millions en 2005 (+16%).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En crise depuis l\u2019ouragan Lothar de d\u00e9cembre 1999, l\u2019\u00e9conomie foresti\u00e8re suisse refleurit enfin. Les prix du bois augmentent &#8212; m\u00eame la sciure se vend! Les producteurs peinent \u00e0 suivre.<\/p>\n","protected":false},"author":19489,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-2553","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2553","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19489"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2553"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2553\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2553"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2553"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2553"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}