



{"id":2547,"date":"2008-02-25T00:00:00","date_gmt":"2008-02-24T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2547"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"luxe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2547","title":{"rendered":"Ultrariches: la vie sous-trait\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>Gen\u00e8ve, rue du Rh\u00f4ne, un jeudi apr\u00e8s-midi. La cliente sort de la boutique Anita Smaga et se dirige \u00e0 grand pas vers sa Mercedes Classe S. \u00abOn ne trouve jamais de place pour se garer ici, peste-t-elle. Le parking est beaucoup trop cher \u00e0 Gen\u00e8ve!\u00bb<\/p>\n<p>Cela n\u2019emp\u00eache pas cette Fran\u00e7aise originaire de la Martinique de fr\u00e9quenter assidument les boutiques de la rue du Rh\u00f4ne. \u00abJ\u2019y viens environ trois fois par semaine et \u00e0 chaque fois, je d\u00e9pense environ 10\u2019000 francs. Ce que j\u2019aime \u00e0 Gen\u00e8ve, c\u2019est qu\u2019ici, contrairement \u00e0 Paris, les gens ont l\u2019attitude de vrais riches. C\u2019est quelque chose d\u2019inn\u00e9, un sens naturel de la classe.\u00bb<\/p>\n<p>Au num\u00e9ro 19 de cette m\u00eame rue, Ylda Wyss-Harounoff, propri\u00e9taire de la boutique Jean-Paul Gaultier, part d\u2019un grand \u00e9clat de rire. \u00abMes clientes sont toujours extr\u00eamement press\u00e9es, dit-elle. Elles veulent tout et tout de suite. Pourtant, elles ne travaillent pas.\u00bb Une habitu\u00e9e genevoise a r\u00e9cemment d\u00e9pens\u00e9 60&rsquo;000 francs en une apr\u00e8s-midi dans sa boutique. \u00abElle m\u2019a dit qu\u2019elle n\u2019avait plus rien \u00e0 se mettre!\u00bb<\/p>\n<p>Auparavant, on les appelait les multimillionnaires. Aujourd&rsquo;hui, ce sont les \u00abultrariches\u00bb, ou, en langage de gestionnaire de fortune, les uHNWI. Comprendre les \u00abultra high net worth individuals\u00bb. Des hommes et des femmes qui p\u00e8sent plus de 30 millions de dollars, hors propri\u00e9t\u00e9s. Pour eux, point de crise financi\u00e8re.<\/p>\n<p>En 2002, l\u2019explosion de la bulle Internet les avait en partie \u00e9pargn\u00e9s. Mieux, ils profitaient de la conjoncture pour accro\u00eetre leur richesse de 3,6% quand, dans le m\u00eame temps, le Nasdaq s\u2019effondrait de 32%!<\/p>\n<p>Cette fois encore, la crise des subprimes ne devrait pas les atteindre. Capables de changer rapidement leurs titres en fonction des \u00e9volutions financi\u00e8res, ils \u00e9chapperont \u00e0 l\u2019effondrement boursier en investissant dans des placements \u00e0 taux fixe, comme les obligations, en transformant leurs actifs en cash, voir en sp\u00e9culant sur la chute des march\u00e9s elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>\u00abEn Suisse, nos gestionnaires responsables de grandes fortunes ont identifi\u00e9 trois grands types de clients, d\u00e9taille Michelle D\u2019Ancona, responsable du Private Banking en Suisse et en Europe pour la banque d\u2019affaires Merrill Lynch. Les h\u00e9ritiers, les entrepreneurs et les riches expatri\u00e9s\u00bb.<\/p>\n<p>Pas \u00e9tonnant, donc, de retrouver en t\u00eate du hit-parade helv\u00e9tique le fondateur expatri\u00e9 d\u2019Ikea Ingvar Kamprad (environ 25 milliards de francs), les familles h\u00e9riti\u00e8res Oeri et Hoffmann (20 milliards) et l\u2019entrepreneur russe Viktor Vekselberg (14 milliards).<\/p>\n<p>\u00abGr\u00e2ce \u00e0 sa r\u00e9putation de s\u00e9curit\u00e9, de fiscalit\u00e9 int\u00e9ressante et de tranquillit\u00e9 politique, la Suisse a toujours \u00e9t\u00e9 bien plac\u00e9e pour attirer les grandes fortunes de toutes les nationalit\u00e9s\u00bb, rappelle Laurent Tissot, professeur en histoire contemporaine \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel.<\/p>\n<p>Viktor Vekselberg en est le parfait exemple. Propri\u00e9taire d\u2019une demeure au Z\u00fcrichberg, cet oligarque russe a fait fortune sur les ruines de l\u2019ex-URSS en rachetant des sites de production d&rsquo;aluminium, avant d\u2019investir en Suisse, avec une participation dans le groupe de technologie zurichois OC Oerlikon. <\/p>\n<p>Bref, l\u2019ultrariche s\u2019est mondialis\u00e9. Au lieu de s\u2019offrir un ch\u00e2teau, il multiplie les d\u00e9placements pour les affaires ou les loisirs. Le jet priv\u00e9 est devenu sa r\u00e9sidence secondaire.<\/p>\n<p>\u00abLe march\u00e9 romand de l\u2019aviation priv\u00e9e se porte tr\u00e8s bien\u00bb, explique David Alivertti, le responsable du bureau genevois de Goodwill, une soci\u00e9t\u00e9 de courtage en aviation d\u2019affaires, bien connue de l\u2019\u00e9quipe de France de football dont elle assure les d\u00e9placements. Sur le tarmac de Cointrin, les vols priv\u00e9s ont connu une progression de 20% en quatre ans et repr\u00e9sente un tiers du trafic, avec 58\u2019033 mouvements d\u2019avions l\u2019an dernier. \u00abGen\u00e8ve est devenu le deuxi\u00e8me a\u00e9roport europ\u00e9en en ce qui concerne les jets d\u2019affaires, derri\u00e8re Londres, mais devant Paris Le Bourget\u00bb, se f\u00e9licite Philippe Roy, porte-parole de l\u2019a\u00e9roport genevois.<\/p>\n<p>Michael Schumacher, bas\u00e9 \u00e0 Gland, le sait bien. Jeune retrait\u00e9 de la F1, il a l\u00e2ch\u00e9 le volant de sa Ferrari pour le manche d\u2019un Falcon 2000EX, dont le prix catalogue avoisine les 26 millions de dollars. D\u2019autres ultrariches, pour se d\u00e9tacher de la contingence de la propri\u00e9t\u00e9, pr\u00e9f\u00e8rent utiliser les jets comme on appelle un taxi.<\/p>\n<p>\u00abPour un aller-retour Gen\u00e8ve-Paris, il faut compter 8&rsquo;000 francs et entre 150 et 250&rsquo;000 francs pour New York\u00bb, rapporte David Alivertti. Un prix qui ne pose pas forc\u00e9ment probl\u00e8me. \u00abNos clients sont des hommes press\u00e9s qui, s\u2019ils veulent \u00eatre quelque part \u00e0 un moment pr\u00e9cis, ne regardent pas \u00e0 la d\u00e9pense pour s\u2019y rendre.\u00bb<\/p>\n<p>Les ultrariches doivent organiser cette vie complexe qui se joue aux quatre coins du monde. Pour cela, \u00abils font de plus en plus appel \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s de services\u00bb, explique Milton Pedraza, directeur du Luxury Institute, une soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine qui \u00e9tudie les go\u00fbts et les tendances des plus riches de la plan\u00e8te. \u00abLeur mode de vie n\u00e9cessite des douzaines de fournisseurs de services domestiques, mais aussi des aides \u00e0 la gestion de fortune, la s\u00e9curit\u00e9 ou le conseil m\u00e9dical.\u00bb <\/p>\n<p>Commencent donc \u00e0 appara\u00eetre des entreprises de conciergerie qui se chargent de d\u00e9barrasser ceux qui en ont les moyens de toutes leurs t\u00e2ches subalternes. Ces soci\u00e9t\u00e9s, dont les plus connues sont Xtreme Personal Assistant Concierge Services, LesConcierges et Quintessentially, se sont multipli\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00abNos principaux clients sont des \u00e9trangers qui ont fond\u00e9 leur soci\u00e9t\u00e9 il y a quatre ou cinq ans et qui ont install\u00e9 le si\u00e8ge de leur entreprise \u00e0 Gen\u00e8ve, explique Karim Stadelmann, copropri\u00e9taire de la filiale suisse de Quintessentially. Ces personnes de 30 \u00e0 50 ans, sans \u00eatre des milliardaires, poss\u00e8dent plusieurs millions et sont tr\u00e8s occup\u00e9es. En trois ou quatre minutes de t\u00e9l\u00e9phone, ils se d\u00e9chargent de corv\u00e9es qui leur auraient co\u00fbt\u00e9 plusieurs heures.\u00bb <\/p>\n<p>Les abonnements annuels \u00e0 Quintessentially varient de 1&rsquo;850 francs \u00e0 60&rsquo;000 francs, en fonction du service. \u00abEn Suisse, les demandes sont raisonnables, commente Karim Stadelmann. La plupart du temps, il s&rsquo;agit de r\u00e9server une table dans un restaurant branch\u00e9, de trouver des invitations pour une soir\u00e9e priv\u00e9e, d&rsquo;organiser une f\u00eate d&rsquo;anniversaire, ou de d\u00e9crocher des places au premier rang de concerts ou d\u2019\u00e9v\u00e9nements sportifs complets.\u00bb <\/p>\n<p>Pour les vacances, le m\u00eame principe s\u2019applique: surtout ne s\u2019occuper de rien. Pour 535&rsquo;000 francs par an, l\u2019abonnement \u00e0 Exclusive Resorts donne acc\u00e8s pendant 45 jours \u00e0 l\u2019une des 450 demeures \u00e9parpill\u00e9es dans le monde (prix moyen 3,4 millions de francs). Ce prix comprend le spa, la piscine, divers \u00e9quipements sportifs et le concierge \u00e0 disposition vingt-quatre heures sur vingt-quatre.<\/p>\n<p>\u00abNous avons plus de 3&rsquo;000 membres, dont des c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s, et beaucoup de Suisses\u00bb, rapporte Anne Griebling, porte-parole d\u2019Exclusive Resorts. Etonnamment, leurs demandes ne sont pas extravagantes. \u00abIl s\u2019agit en g\u00e9n\u00e9ral de demandes nocturnes simples comme un repas ou un aliment particulier. Le concierge est pr\u00e9sent en permanence pour r\u00e9pondre \u00e0 ces envies et combler toutes les requ\u00eates.\u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame s&rsquo;il est ultramobile, l\u2019ultrariche aime tout de m\u00eame poss\u00e9der un (voire plusieurs) domiciles d\u00e9cents. \u00abLa demande est constante pour les biens de prestige\u00bb, explique Tessa Chaffey, directrice pour la Suisse de la g\u00e9rance Pure International, l&rsquo;un des leaders internationaux de l&rsquo;immobilier de luxe.<\/p>\n<p>En Suisse, les emplacements les plus demand\u00e9s se trouvent &#8212; sans surprise &#8212; \u00e0 Verbier, Crans-Montana, Gstaad ou sur les bords du lac L\u00e9man, \u00e0 Montreux. Si le prix moyen des r\u00e9sidences propos\u00e9es par la g\u00e9rance est d\u2019un million de francs, il s\u2019\u00e9l\u00e8ve parfois bien au-del\u00e0.<\/p>\n<p>A ce petit jeu, la maison de Johnny Hallyday \u00e0 Gstaad, achet\u00e9e et r\u00e9nov\u00e9e pour environ 3 millions d\u2019euros, fait bien p\u00e2le figure. Pure International vient de vendre un chalet de 700m2 \u00e0 Saint Moritz pour 35 millions de francs. <\/p>\n<p>Mais, l\u00e0 encore, plus qu\u2019une simple propri\u00e9t\u00e9, les clients attendent des agences immobili\u00e8res de prestige qu\u2019elles leur offrent de nombreux services. \u00abNous leur fournissons toutes sortes de conseils pratiques; qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de leur proposer une banque, de les conseiller sur les statuts fiscaux ou de trouver une \u00e9cole pour le petit dernier, note Tessa Chaffey. Nous travaillons aussi avec une d\u00e9coratrice d\u2019int\u00e9rieur, pour combler toutes leurs envies.\u00bb<\/p>\n<p>G\u00e9n\u00e9ralement, les demandes d\u2019am\u00e9nagement restent classiques: spa, jacuzzi, salles de jeux et baignoire au centre d\u2019une pi\u00e8ce\u2026 Mais, certains ont des exigences plus particuli\u00e8res.<\/p>\n<p>\u00abUn client voulait absolument des interrupteurs qu\u2019il avait vu en Am\u00e9rique du Sud, raconte Tessa Chaffey. Nous les avons fait venir et nous les avons adapt\u00e9s aux prises de courant suisses. Cela a co\u00fbt\u00e9 cher &#8212; tr\u00e8s cher m\u00eame, pour des interrupteurs.\u00bb L\u2019unique est \u00e0 ce prix.<\/p>\n<p>\u00abLes grandes fortunes cherchent \u00e0 poss\u00e9der ce qui se fait de mieux, ce que personne d\u2019autre ne d\u00e9tient\u00bb, observe Milton Pedraza, du Luxury Institute. Ce besoin explique en partie la r\u00e9ussite d\u2019une marque comme Golay Spierer. Pour 8&rsquo;000 \u00e0 300&rsquo;000 francs, l\u2019horloger de Carouge fabrique une montre unique, dessin\u00e9e par les soins du client. La confection dure de 8 \u00e0 18 mois. Mais, pour les ultrariches, qui ont l\u2019habitude d\u2019avoir tout, tout de suite, patienter est parfois le luxe ultime. \u00abL\u2019un d\u2019eux m\u2019a r\u00e9cemment confi\u00e9 sa joie de se sentir pendant cette longue attente comme un enfant de dix ans devant un catalogue de jouets\u00bb, raconte Christophe Golay, cofondateur de la marque. <\/p>\n<p>La possession de chefs d\u2019\u0153uvres est \u00e9galement une marque de reconnaissance. Viktor Vekselberg, encore lui, s\u2019est offert une petite folie: neuf \u0152ufs de Faberg\u00e9 pour 120 millions de francs suisses. Expos\u00e9s un temps \u00e0 Zurich, ils sont d\u00e9sormais \u00e0 Moscou.<\/p>\n<p>Le 17 septembre dernier, son compatriote Alicher Ousmanov a achet\u00e9 en bloc \u00e0 Londres les 450 \u0153uvres d&rsquo;art russe qui font partie de la collection du violoncelliste Mstislav Rostropovitch. Montant de la transaction: 86 millions de francs.<\/p>\n<p>\u00abCe type d\u2019op\u00e9ration reste tout de m\u00eame un ph\u00e9nom\u00e8ne assez rare\u00bb, souligne Caroline Lang, directrice de Sotheby\u2019s \u00e0 Gen\u00e8ve. En mai dernier, \u00e0 Gen\u00e8ve, \u00ables diamants Donnersmarck\u00bb ont \u00e9t\u00e9 adjug\u00e9s pour la somme de 9,67 millions de francs.<\/p>\n<p>Au total, en 2006, les ventes aux ench\u00e8res de Sotheby\u2019s en Suisse (bijoux, montres, art suisse), ont rapport\u00e9 124 millions de francs, soit une progression d\u2019environ 32% par rapport \u00e0 2005. \u00abPour 2007, nous avons d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 des ventes aux ench\u00e8res pour 90 millions, soit une augmentation de 48% par rapport \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode en 2006\u00bb, se f\u00e9licite Caroline Lang. <\/p>\n<p>S\u2019ils accumulent les \u0153uvres d\u2019art, les ultrariches aiment aussi donner. A l\u2019instar de Bill et Melinda Gates, dont la fondation a pour objectif d&rsquo;apporter \u00e0 la population mondiale des solutions en mati\u00e8re de sant\u00e9, les grandes fortunes se veulent de plus en plus g\u00e9n\u00e9reuses.<\/p>\n<p>Preuve que l\u2019activit\u00e9 philanthropique se d\u00e9veloppe, la premi\u00e8re banque mondiale de gestion de fortune priv\u00e9e a cr\u00e9\u00e9, en 2005, UBS Philanthropy Services. Cette division s\u2019adresse aux \u00abkey clients\u00bb, qui disposent d&rsquo;une fortune au moins \u00e9gale \u00e0 50 millions de francs. <\/p>\n<p>\u2019ex-patron d\u2019UBS, Peter Wuffli, et son \u00e9pouse, Susanna, ont d\u2019ailleurs eux-m\u00eames des activit\u00e9s charitables. Ils ont de cr\u00e9\u00e9, en d\u00e9cembre 2006, la fondation Elea for Ethics in Globalisation, qui vise \u00e0 apporter une contribution \u00e0 la compr\u00e9hension des d\u00e9fis g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par la globalisation de l&rsquo;\u00e9conomie. <\/p>\n<p>Un exemple qui n\u2019est pas une exception. En novembre dernier, Adolphe Merkle, l&rsquo;ancien patron de l&rsquo;entreprise de haute technologie fribourgeoise, Vibro-Meter, a fait une donation de 100 millions de francs \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Fribourg. Cette contribution sans pr\u00e9c\u00e9dent est destin\u00e9e \u00e0 un nouvel institut consacr\u00e9 aux nanomat\u00e9riaux.<\/p>\n<p>Au total, selon le World Wealth Report, r\u00e9alis\u00e9 par Capgemini et la banque d\u2019affaires Merrill Lynch Bank SA, 11% des millionnaires ont des activit\u00e9s philanthropiques. Ils consacrent 7% de leur richesse \u00e0 ces causes. Les ultrariches (plus de 30 millions de dollars de fortune) sont plus nombreux \u00e0 donner et ils donnent plus: 17% d\u2019entre eux s\u2019investissent dans des activit\u00e9s caritatives auxquelles ils consacrent 10% de leur richesse. Au total, cela \u00e9quivaut \u00e0 quelque 285 milliards de dollars par an.<\/p>\n<p>Par comparaison, les personnes les moins riches consacrent chaque ann\u00e9e moins de 1,5% de leurs revenus \u00e0 ce type d\u2019activit\u00e9s. Qui a dit que les riches n\u2019\u00e9taient pas g\u00e9n\u00e9reux?<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<font size=2><b>Qu\u2019est ce qu\u2019un ultrariche?<\/b><\/p>\n<p>M\u00eame pour les banques priv\u00e9es, la notion d\u2019ultrariches, ou ultra High Net Worth Individuals dans leur jargon, est une notion assez floue. Pour Merrill Lynch Bank (Suisse) SA, il s\u2019agit des clients disposant de plus de 30 millions de dollars am\u00e9ricain (soit 35 millions de francs) sur leur compte. Pour la BNP, le terme est plus \u00e9litiste encore: la banque fran\u00e7aise place la barre \u00e0 292 millions de francs.<\/p>\n<p>\u00abLe terme de uHNWI ne veut pas dire grand chose, explique Ricardo Payro, porte-parole de la banque priv\u00e9e Syz &#038; Co. Chez nous, il correspond aux clients qui p\u00e8sent plus de 30 millions de francs.\u00bb<\/p>\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, ces tr\u00e8s grosses fortunes sont de plus en plus nombreuses. Selon la bible en la mati\u00e8re, le World Wealth Report 2007 r\u00e9alis\u00e9 par Capgemini et la banque d\u2019affaires Merrill Lynch, le nombre de millionnaires dans le monde s\u2019est \u00e9tabli \u00e0 9,5 millions en 2006, en progression de 8,3%, par rapport \u00e0 2005.<\/p>\n<p>Parmi eux, les uHNWI sont 94&rsquo;970, en progression de 11,3% en un an. En valeur, cette \u00e9lite mondiale de la richesse affiche une croissance impressionnante de 16,8%. Elle accumule sur ses comptes en banque pr\u00e8s de 13,1 trillions de dollars, soit un tiers du magot plan\u00e9taire.<\/p>\n<p>Si plus de 60% des ultrariches sont Europ\u00e9ens ou Am\u00e9ricains, leur origine se diversifie. L&rsquo;Inde et Singapour sont les pays qui enregistrent la plus forte croissance de gens fortun\u00e9s, avec des hausses de 20,5% et 21,2%, suivis par Ta\u00efwan, la Chine et l&rsquo;Indon\u00e9sie.<\/p>\n<p>La Suisse, elle aussi, a son lot de grandes fortunes. Au total, le pays compte 200\u2019380 millionnaires. Leur nombre a progress\u00e9 de 5,1% en 2006, une croissance nettement inf\u00e9rieure \u00e0 la moyenne mondiale (8,3%). Lot de consolation: la Suisse demeure le pays o\u00f9 la densit\u00e9 de millionnaire est la plus importante. Un r\u00e9sident sur 37 poss\u00e8de son million, contre un sur 165 en France voisine\u2026 <\/p>\n<p>Les ultrariches, eux, sont nettement plus rares. \u00abNous ne recensons pas pr\u00e9cis\u00e9ment leur nombre en Suisse\u00bb, pr\u00e9cise la banque d\u2019affaires Merrill Lynch. Mais, compte tenu de la moyenne europ\u00e9enne, on peut estimer que les individus pesant plus de 30 millions de dollars, sont quelques milliers sur le territoire helv\u00e9tique. <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><b>Qui sont les ultra-riches <\/p>\n<p>1.\tH\u00e9ritiers et entrepreneurs<\/b><\/p>\n<p>Ernesto Bertarelli (10 milliards)<\/p>\n<p>Lily Safra, veuve du banquier Edmond Safra (4 milliards)<\/p>\n<p>Gianluigi Aponte, MCS, transport maritime (4 milliards)<\/p>\n<p>Benjamin de Rothschild, de la banque homonyme (2 milliards)<\/p>\n<p>Famille Maus, des magasins Manor (2 milliards)<\/p>\n<p>Famille Firmenich, parfums (4 milliards)<\/p>\n<p>Paul-Georges Despature, textile, Damartex (800 millions)<\/p>\n<p>Jean-Paul et Monique Barbier-Mueller, Soci\u00e9t\u00e9 Priv\u00e9e de G\u00e9rance (700 millions)<\/p>\n<p>Andr\u00e9 Kudelski (400 millions)<\/p>\n<p>Charles-Henri Sabet, banque Synthesis (300 millions)<\/p>\n<p>Henri-Ferdinand Lavanchy, Adia (300 millions)<\/p>\n<p>Daniel Borel, Logitech (200 millions)<\/p>\n<p><b>2. Expatri\u00e9s<\/b><\/p>\n<p>Ingvar Kamprad, Su\u00e8de, fondateur d\u2019Ikea (25 milliards)<\/p>\n<p>Spiro Latsis, Gr\u00e8ce, armateur (13 milliards)<\/p>\n<p>Birgit Rausing, Su\u00e8de, emballages (11 milliards)<\/p>\n<p>Bruce Rappaport, Etats-Unis, finance (1,5 milliards)<\/p>\n<p>Vyacheslav Kantor, Russie, industrie chimique (1,4 milliard)<\/p>\n<p>Didier Primat, France, industrie p\u00e9troli\u00e8re (2,3 milliards)<\/p>\n<p>Laurence Graff, G.-B., joaillerie (400 millions)<\/p>\n<p>Michael Schumacher, Allemagne, pilote automobile (700 millions)<\/p>\n<p>Jacques Villeneuve, Canada, pilote automobile (200 millions)<\/p>\n<p>Sources: Bilanz, Forbes.<\/font><\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nCollaboration Catherine Cochard et Sylvain Men\u00e9trey.<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo du 7 f\u00e9vrier 2008.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise financi\u00e8re ne passera pas par elles. De plus en plus nombreuses, les grandes fortunes font tourner l\u2019\u00e9conomie l\u00e9manique. Mais comment d\u00e9pensent-elles leurs millions? Enqu\u00eate.<\/p>\n","protected":false},"author":19489,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-2547","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2547","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19489"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2547"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2547\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2547"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2547"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2547"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}