



{"id":2537,"date":"2008-02-12T00:00:00","date_gmt":"2008-02-11T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2537"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"biochimie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2537","title":{"rendered":"Un nouvel espoir dans lutte contre la malaria"},"content":{"rendered":"<p>Pr\u00e8s de 300 millions de malades, 1 million de d\u00e9c\u00e8s par an. La malaria, aussi appel\u00e9e paludisme, est la maladie parasitaire la plus r\u00e9pandue au monde &#8212; l\u2019ennemi public num\u00e9ro 1 des zones tropicales. Si des traitements curatifs existent, les chercheurs du monde entier \u00e9chouent encore et toujours \u00e0 \u00e9laborer un vaccin.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude, men\u00e9e dans un laboratoire de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne et publi\u00e9e cet \u00e9t\u00e9 dans la revue sp\u00e9cialis\u00e9e Plos One, pourrait changer la donne. L\u2019\u00e9quipe du professeur Giampietro Corradin du d\u00e9partement de biochimie est parvenue \u00e0 isoler et \u00e0 synth\u00e9tiser en moins de deux mois une centaine de candidats vaccins contre la maladie. <\/p>\n<p>\u00abNous avons choisi de cibler des fragments de prot\u00e9ines du parasite &#8212; des peptides &#8212; b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une structure particuli\u00e8re en forme d\u2019h\u00e9lices entrem\u00eal\u00e9es (structure ?-helical coiled-coil). Ils pr\u00e9sentent l\u2019int\u00e9r\u00eat de rester tr\u00e8s stables au cours du cycle parasitaire\u00bb, explique le professeur Corradin.<\/p>\n<p>En effet, le principal probl\u00e8me pour l\u2019\u00e9laboration d\u2019un vaccin contre le parasite palud\u00e9en est la multiplicit\u00e9 des formes qu\u2019il prend et que prennent ses prot\u00e9ines durant sa vie. Le parasite est d\u2019abord pr\u00e9sent dans les glandes salivaires d\u2019un moustique, l\u2019anoph\u00e8le. Puis, suite \u00e0 une piq\u00fbre, il p\u00e9n\u00e8tre le corps humain. Il circule alors dans les vaisseaux pour rejoindre le foie, o\u00f9 il se multiplie de mani\u00e8re asexu\u00e9e.<\/p>\n<p>Quand il se lib\u00e8re de l\u2019organe h\u00e9patique, il retourne dans le sang infecter et d\u00e9truire les globules rouges, provoquant la maladie. \u00abA chacune de ces \u00e9tapes, il a des formes diff\u00e9rentes. Pire, ses prot\u00e9ines sont polymorphes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un m\u00eame stade\u00bb, explique Giampietro Corradin. <\/p>\n<p>Afin de contourner cette difficult\u00e9, il fallait donc trouver un segment constant de prot\u00e9ines, et s&rsquo;en servir pour d\u00e9velopper un vaccin. Gr\u00e2ce \u00e0 la bioinformatique, son \u00e9quipe a identifi\u00e9 des fragments de prot\u00e9ines du parasite, lorsqu\u2019il est dans le sang, pr\u00e9sentant une h\u00e9lice comparable \u00e0 celle de l\u2019ADN (mais avec trois brins).<\/p>\n<p>\u00abCes h\u00e9lices sont connues pour garder une structure constante, quelle que soit la forme globale de la prot\u00e9ine\u00bb, indique Giampietro Corradin.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quipe a synth\u00e9tis\u00e9 chimiquement une centaine de ces peptides. R\u00e9sultat: sur 18 test\u00e9s in vitro, une dizaine s\u2019av\u00e8rent \u00eatre la cible d\u2019anticorps capables d\u2019inhiber la croissance du parasite.<\/p>\n<p>Dans le corps humain, la r\u00e9action devrait \u00eatre la m\u00eame. \u00abOn esp\u00e8re qu\u2019apr\u00e8s inoculation de l\u2019un de ces peptides, l\u2019organisme se mettra \u00e0 synth\u00e9tiser des anticorps sp\u00e9cifiques, explique Giampietro Corradin. En cas d\u2019infection par le parasite de la malaria, ces anticorps d\u00e9truiraient les globules rouges infect\u00e9s, et tueraient par cons\u00e9quent le parasite.\u00bb<\/p>\n<p>Cette possibilit\u00e9 ouvre la voie \u00e0 des tests in vivo sur des volontaires. \u00abNous sommes pr\u00eats \u00e0 d\u00e9buter la phase I du d\u00e9veloppement d\u2019un vaccin\u00bb, pr\u00e9cise le professeur Corradin.<\/p>\n<p>Probl\u00e8me: ces recherches co\u00fbtent cher. Pr\u00e8s d\u2019un million et demi de francs. \u00abM\u00eame si les choses se sont am\u00e9lior\u00e9es depuis quelques ann\u00e9es, avec notamment la fondation de Melinda et Bill Gates, il est toujours difficile de trouver ce genre de financements, rapporte Giampietro Corradin. Nous sommes actuellement en discussion avec le Malaria Vaccine Institute (lire dessous, ndlr) et nous allons \u00e9galement envoyer notre dossier \u00e0 la Commission europ\u00e9enne.\u00bb<\/p>\n<p>En attendant une r\u00e9ponse positive, Giampietro Corradin et son \u00e9quipe tentent d\u2019identifier d\u2019autres candidats vaccins.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><b>\u00abLe paludisme est une maladie de pauvres\u00bb<\/b><\/p>\n<p>Quatre questions au docteur Christian Loucq, directeur du Malaria Vaccine Initiative (MVI) \u00e0 Seattle (Etats-Unis). Ce programme mondial a pour objectif d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9veloppement de candidats vaccins et d&rsquo;assurer leur diffusion dans les pays en d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p><b>Pourquoi est-il si difficile de cr\u00e9er un vaccin contre la malaria?<\/b><\/p>\n<p>Un parasite est un organisme complexe avec un cycle et plusieurs formes. Plasmodium falciparum (le parasite responsable de la malaria, ndlr) a ainsi r\u00e9ussi \u00e0 survivre depuis de nombreuses ann\u00e9es en d\u00e9jouant les d\u00e9fenses immunitaires humaines. Par ailleurs, la maladie est end\u00e9mique dans des r\u00e9gions o\u00f9 le march\u00e9 est tr\u00e8s limit\u00e9, ce qui n\u2019attire pas les investisseurs potentiels. Le paludisme est aujourd\u2019hui une maladie des pauvres.<\/p>\n<p><b>On a longtemps reproch\u00e9 \u00e0 l\u2019industrie pharmaceutique de ne pas s\u2019int\u00e9resser \u00e0 cette maladie \u00abpeu rentable\u00bb. Avez-vous l\u2019impression que leur attitude a chang\u00e9?<\/b><\/p>\n<p>Oui, mais il reste encore beaucoup \u00e0 faire. A ce niveau, notre partenariat avec GlaxoSmithKline est exemplaire. Par ailleurs, d\u2019autres \u00abgrands\u00bb montrent un int\u00e9r\u00eat croissant (Sanofi Pasteur) pour la recherche d\u2019un vaccin.<\/p>\n<p><b>Quels sont les moyens de financement du MVI?<\/b><\/p>\n<p>Seul un financement ext\u00e9rieur pouvait devenir le catalyseur d\u2019un tel d\u00e9veloppement, parce qu\u2019il n\u2019y a pas r\u00e9ellement de march\u00e9 pour un vaccin contre le paludisme. C\u2019est dans ce but que fut cr\u00e9\u00e9 MVI en 1999. Nous recevons d\u00e9sormais des fonds de plusieurs sources. Le principal donneur est la Fondation Bill et Melinda Gates. Mais, il y a aussi l&rsquo;USAID, Exxon Mobile et des donneurs priv\u00e9s.<\/p>\n<p><b>Quelles avanc\u00e9es th\u00e9rapeutiques le MVI a-t-il permis?<\/b><\/p>\n<p>Un vaccin am\u00e9ricain est actuellement test\u00e9 en phase II de d\u00e9veloppement et devrait bient\u00f4t entrer en phase III. Cette partie du d\u00e9veloppement tr\u00e8s co\u00fbteuse sera largement financ\u00e9e par un don de la Fondation Gates. On peut dire que, gr\u00e2ce \u00e0 ces financements, nous n\u2019avons jamais \u00e9t\u00e9 aussi pr\u00e8s de mettre au point un vaccin contre le paludisme. Nous pouvons d\u00e9sormais raisonnablement esp\u00e9rer une mise sur le march\u00e9 pour 2020-2025, avec une efficacit\u00e9 de 80%.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans le magazine Reflex de janvier 2008.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une \u00e9quipe de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne a d\u00e9velopp\u00e9, en collaboration internationale, une m\u00e9thode prometteuse qui pourrait ouvrir la voie \u00e0 un vaccin contre la plus r\u00e9pandue des maladies parasitaires.<\/p>\n","protected":false},"author":19489,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2537","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2537","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19489"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2537"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2537\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2537"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2537"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2537"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}