



{"id":2536,"date":"2008-02-11T00:00:00","date_gmt":"2008-02-10T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2536"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"histoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2536","title":{"rendered":"Annemarie Schwarzenbach, un destin suisse"},"content":{"rendered":"<p>Personne en France n\u2019ignore qu\u2019un train peut en cacher un autre. Il en va parfois de m\u00eame pour les livres. Ainsi qui aurait cru que derri\u00e8re un titre comme \u00ab<a href=http:\/\/www.swissinfo.ch\/fre\/magazine\/detail\/Alexis_Schwarzenbach_de_parents_connus.html?siteSect=108&#038;sid=8660573&#038;cKey=1201942885000&#038;ty=st  target=_blank class=std>Maman, tu dois lire mon livre<\/a>\u00bb d\u2019Alexis Schwarzenbach se cache une fresque \u00e9tonnante d\u00e9crivant une certaine bourgeoisie zurichoise pendant la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle?<\/p>\n<p>M\u00eame le sous-titre \u00abAnnemarie Schwarzenbach, sa m\u00e8re et sa grand-m\u00e8re\u00bb ne d\u00e9voile pas grand chose du contenu de l\u2019ouvrage. On pense \u00e0 une vague incursion dans la famille d\u2019une \u00e9crivaine qui conna\u00eet depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es une gloire posthume et dont on c\u00e9l\u00e8bre cette ann\u00e9e le centenaire de la naissance. Quelle erreur!<\/p>\n<p>Annemarie Schwarzenbach, qui v\u00e9cut de 1908 \u00e0 1942, est certes la figure centrale de l\u2019ouvrage. Mais il suffit de pr\u00e9ciser que l\u2019auteur commence son r\u00e9cit en 1883 et le termine en 1959 pour souligner le fait que cette figure centrale, sa br\u00e8ve existence, la cohorte de ses malheurs apparaissent presque comme un pr\u00e9texte. En excellent historien, Alexis Schwarzenbach utilise la vie de sa grand-tante, sa notori\u00e9t\u00e9 tardive, pour brosser le portrait de deux familles alli\u00e9es, les Wille et les Schwarzenbach, qui eurent un poids consid\u00e9rable sur la politique, l\u2019\u00e9conomie, la culture de la Suisse.<\/p>\n<p>Si, \u00e0 la lecture, on ne fait qu\u2019effleurer en 1935 le jeune fasciste James Schwarzenbach dont les initiatives x\u00e9nophobes couperont le pays en deux vers 1970, les Wille p\u00e8re et fils sont pr\u00e9sent\u00e9s dans toute l\u2019\u00e9tendue de leur comportements pro-prussien pour le p\u00e8re et pro-hitl\u00e9rien pour le fils. <\/p>\n<p>Or <a href=http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ulrich_Wille target=_blank class=std>Ulrich Wille<\/a> p\u00e8re (1848-1925) fut g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019arm\u00e9e suisse pendant la guerre de 14-18 alors qu\u2019Ulrich Wille fils (1877-1959), colonel-commandant de corps en 1939 puis chef de l\u2019instruction, intrigua \u00e0 tel point en faveur du IIIe Reich que le g\u00e9n\u00e9ral Guisan le licencia fin 1942. <\/p>\n<p>Clara Wille (1851-1946), femme du g\u00e9n\u00e9ral et grand-m\u00e8re d\u2019Annemarie, \u00e9tait une von Bismarck, cousine du chancelier allemand. Femme de t\u00eate, elle r\u00e9gna pendant des d\u00e9cennies sur une famille qui comptait cinq enfants et une vingtaine de petits-enfants.<\/p>\n<p>En 1912, elle connut sa plus grande r\u00e9ussite sociale en accueillant \u00e0 Zurich l\u2019empereur Guillaume II venu en Suisse assister \u00e0 des man\u0153uvres organis\u00e9es par son mari. Pour l\u2019occasion, sa fille Ren\u00e9e (1883-1959), m\u00e8re d\u2019Annemarie, pr\u00eata sa belle cal\u00e8che pour les d\u00e9placements du Kaiser. C\u2019est celle qui figure dans tous les livres d\u2019histoire. <\/p>\n<p>Une autre visite allait marquer durablement les familles Wille et Schwarzenbach, celle d\u2019Adolf Hitler. <\/p>\n<p><font size=2><\/p>\n<ul>\u00abFin ao\u00fbt 1923, [Hitler] entreprit donc personnellement un voyage en Suisse, en compagnie d\u2019Emil Gansser. C\u2019est ainsi qu\u2019il rendit notamment visite aux parents de Ren\u00e9e, \u00e0 Mariafeld [r\u00e9sidence du g\u00e9n\u00e9ral Wille \u2013 ndlr]. Clara Wille trouva \u00abHittler [sic] extr\u00eamement sympathique! Il fr\u00e9mit tout entier quand il parle. Il parle magnifiquement. Ulrich Wille, en revanche ne semble pas avoir \u00e9t\u00e9 aussi enthousiasm\u00e9 par la voix du visiteur. Sa petite-fille Annemarie se souvint plus tard que son grand-p\u00e8re, apr\u00e8s la rencontre, avait dit: \u2018Pour l\u2019amour de Dieu, pourquoi cet homme doit-il crier tout le temps?\u2019 Les id\u00e9es politiques de Hitler d\u00e9plaisaient \u00e0 Ulrich Wille, non moins que sa voix.\u00bb<\/ul>\n<p><\/font><\/p>\n<p>Sa femme le suivit dans sa m\u00e9fiance et fixa ses espoirs sur Mussolini qui, selon elle, avait vraiment la carrure d\u2019un homme d\u2019Etat et la prestance d\u2019un chef. Ulrich junior, malgr\u00e9 son p\u00e8re, fut toujours favorable aux nazis. Lors du m\u00eame voyage, Hitler s\u2019arr\u00eata aussi chez lui et devant un petit cercle d\u2019invit\u00e9s pronon\u00e7a un discours programme qui fit tomber les billets de banque dans son escarcelle.<\/p>\n<p>Ulrich junior le rencontra encore apr\u00e8s sa prise de pouvoir. Ami de Rudolf Hess, cet officier sup\u00e9rieur de l\u2019arm\u00e9e suisse passe une soir\u00e9e chez lui \u00e0 Munich en mars 1934. Un invit\u00e9 surprise les rejoint pour partager le repas: le chancelier Adolf Hitler. Des ann\u00e9es apr\u00e8s la guerre de 1939, il envoie toujours des salutations au prisonnier de Spandau.<\/p>\n<p>Alors que les Wille vivaient surtout de leur salaire, Ren\u00e9e \u00e9tait devenue richissime par son mariage avec Alfred Schwarzenbach (1876-1940), coh\u00e9ritier de l\u2019empire industriel familial en 1904 d\u00e9j\u00e0, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 28 ans. C\u2019est l\u2019occasion pour l\u2019historien de raconter la saga de ses anc\u00eatres soyeux zurichois:<\/p>\n<p><font size=2><\/p>\n<ul>\u00abVers la fin du si\u00e8cle, la production de la soie se mit \u00e0 passer \u00e0 vue d\u2019\u0153il, du tissage manuel aux m\u00e9tiers m\u00e9caniques, et Robert Schwarzenbach, heureux propri\u00e9taire de la maison depuis 1889, fonda des filiales en Italie, en France, en Allemagne et aux USA, et ouvrit des bureaux de vente \u00e0 Londres, Lyon, Berlin, New York et Milan. En 1870, l\u2019entreprise employait environ 1000 tisserands dans diff\u00e9rents villages dispers\u00e9s autour du lac de Zurich. La Soci\u00e9t\u00e9 Robert Schwarzenbach &#038; Co, au moment des fian\u00e7ailles de Ren\u00e9e, en 1903, \u00e9tait devenue l\u2019une des plus importantes entreprises de textiles du monde. Elle occupait, sur toute la plan\u00e8te, plus de 10000 ouvriers.\u00bb<\/ul>\n<p><\/font><\/p>\n<p>Le p\u00e8re d\u2019Annemarie et ses fr\u00e8res d\u00e9veloppent encore l\u2019affaire, surtout aux Etats-Unis, accumulent une fortune colossale et vivent comme des pachas (mais \u00e0 la zurichoise, en protestants). La Premi\u00e8re Guerre mondiale stoppe la croissance: produit de luxe, la soie peine \u00e0 trouver une client\u00e8le, puis les incertitudes de l\u2019entre-deux-guerres et la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale provoquent le lent d\u00e9clin de l\u2019entreprise.<\/p>\n<p>Si les hommes vivent \u00e0 l\u2019arm\u00e9e ou font des affaires, les femmes, elles, se consacrent \u00e0 des activit\u00e9s sociales, culturelles ou sportives. Cela nous entra\u00eene dans la bonne soci\u00e9t\u00e9 zurichoise o\u00f9 les Schwarzenbach venus de la campagne doivent jouer des coudes pour se faire admettre par la bourgeoisie citadine. Cela se joue dans le soutien \u00e0 l\u2019op\u00e9ra ou \u00e0 l\u2019orchestre symphonique, par l\u2019organisation de f\u00eates somptueuses o\u00f9 l\u2019on croise Richard Strauss, Wilhelm Furtw\u00e4ngler ou Siegfried Wagner. On se d\u00e9tend par les chevauch\u00e9es \u00e0 cheval dans les for\u00eats proches et en participant \u00e0 des concours hippiques. On parcourt l\u2019Europe de palaces en palaces. <\/p>\n<p>La plume d\u2019Alexis Schwarzenbach, pr\u00e9cise, document\u00e9e, inquisitoriale presque, nous restitue ainsi des d\u00e9cennies de la vie d\u2019une grande famille de la grande bourgeoisie toute enti\u00e8re tourn\u00e9e non vers Berne, mais vers l\u2019Allemagne. <\/p>\n<p>Et Annemarie? direz-vous. Elle appara\u00eet \u00e0 son heure, page 168, au sortir de la petite enfance. Soumise \u00e0 une m\u00e8re tyrannique, intransigeante, \u00e0 l\u2019homosexualit\u00e9 refoul\u00e9e, elle conna\u00eet d\u00e8s son adolescence une extr\u00eame difficult\u00e9 \u00e0 se r\u00e9aliser dans son milieu. <\/p>\n<p>Son petit-neveu d\u00e9crit en d\u00e9tail les relations conflictuelles entre la fille et sa m\u00e8re sous l\u2019\u0153il d\u00e9sapprobateur de la grand-m\u00e8re (la g\u00e9n\u00e9rale) envers sa fille et empathique envers sa petite fille. Le conflit entre Annemarie et ses parents se cristallise sur le rejet d\u2019Hitler et du nazisme qu\u2019elle trouve r\u00e9pugnants. La m\u00e8re pour sa part est convaincue que sa petite subit de mauvaises influences, notamment celle d\u2019Erika Mann, fille de l\u2019\u00e9crivain Thomas Mann. Femme de th\u00e9\u00e2tre, antinazie militante, homosexuelle et morphinomane, Erika fascine Annemarie, mais refuse d\u2019en faire sa partenaire. En dehors de la famille, elle para\u00eet \u00eatre la personne qui ait le plus compt\u00e9 dans la vie de l\u2019\u00e9crivaine.<\/p>\n<p>Les admirateurs d\u2019Annemarie Schwarzenbach connaissent ses d\u00e9rives, ses fuites \u00e9perdues \u00e0 travers les continents, ses amours d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es pour des femmes insaisissables. Ils connaissent aussi son addiction \u00e0 la morphine, ses probl\u00e8mes psychiques, la succession de ses internements en cliniques psychiatriques. L\u2019auteur a fouill\u00e9 partout, examin\u00e9 les dossiers m\u00e9dicaux (dont les curieuses th\u00e9rapies du docteur Oscar Forel \u00e0 Prangins), analys\u00e9 le mariage rat\u00e9 avec un diplomate fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Il y a juste un homme dont il ne parle pas, c\u2019est <a href=http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Claude_Bourdet target=_blank class=std>Claude Bourdet<\/a> (1909-1996). Devenu, suite \u00e0 son engagement de r\u00e9sistant, un journaliste et politicien fran\u00e7ais de renom (cofondateur dans les ann\u00e9es 1950 du journal France-Observateur et du Parti socialiste unifi\u00e9), il commen\u00e7a par \u00e9tudier la physique au Poly de Zurich. Il fait la connaissance d\u2019Annemarie en 1930 et tombe amoureux fou de cette femme \u00e9trange. Plus tard il se souviendra:<\/p>\n<p><font size=2><\/p>\n<ul>\u00abC\u2019\u00e9tait une grande jeune fille d\u00e9licate et athl\u00e9tique \u00e0 la fois, aux allures un peu gauches ou viriles; sa voix \u00e9tait basse et douce, un peu bris\u00e9e, son regard bleu infiniment doux lui aussi, et de m\u00eame comme bris\u00e9, ou \u00ab\u00a0reluctant\u00a0\u00bb. (\u2026) Je fus du premier jour \u00e9bloui, mis\u00e9rablement frapp\u00e9 comme quelqu\u2019un qui se sent tout \u00e0 fait incapable d\u2019atteindre ce qui lui para\u00eet plus d\u00e9sirable que tout.\u00bb<\/ul>\n<p><\/font><\/p>\n<p>A sa mort, ses h\u00e9ritiers ont trouv\u00e9 un lot de lettres qu\u2019Annemarie lui avait adress\u00e9es entre 1931 et 1938 et que les Editions Zo\u00e9 publient aujourd\u2019hui en un petit livre remarquablement r\u00e9ussi. <\/p>\n<p>Passer comme je l\u2019ai fait de la lecture de l\u2019ouvrage d\u2019Alexis Schwarzenbach \u00e0 celle de ces lettres procure un grand bonheur. Car la femme d\u00e9crite par l\u2019un devient tout \u00e0 coup vivante en s\u2019adressant \u00e0 l\u2019autre. Les faux pas, les h\u00e9sitations, la douleur, la chaleur, les rendez-vous manqu\u00e9s, les pri\u00e8res, les impr\u00e9cations, les c\u00e2lineries, le charme enfin d\u2019une femme extraordinaire vous saisissent comme si elle \u00e9tait devant vous. Pauvre Bourdet, qu\u2019est-ce qu\u2019il a d\u00fb endurer! <\/p>\n<p><font size=2><\/p>\n<ul>\u00abJe ne l\u2019ai embrass\u00e9e qu\u2019une fois, un soir dans sa Mercedes, je revenais avec elle de je ne sais o\u00f9, c\u2019\u00e9tait la nuit \u2013 elle arr\u00eata la voiture, c\u2019\u00e9tait dans une rue du Haut-Zurich, elle se tourna vers moi, il y avait un r\u00e9verb\u00e8re qui nous \u00e9clairait \u00e0 travers le pare-brise, elle me tendit d\u2019elle-m\u00eame ses l\u00e8vres, et m\u2019embrassa vraiment, ses cheveux me caressaient la joue \u2013 je n\u2019oublierai jamais ses cheveux \u00e0 travers lesquels brillait la lumi\u00e8re du r\u00e9verb\u00e8re. Ce jour-l\u00e0, et depuis lors, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e0 elle pour toujours, et pourtant plus jamais je ne l\u2019ai embrass\u00e9e.\u00bb<\/ul>\n<p><\/font><\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nAlexis Schwarzenbach: \u00abMAMAN, TU DOIS LIRE MON LIVRE. ANNEMARIE SCHWARZENBACH, SA MERE ET SA GRAND-MERE\u00bb, traduit de l\u2019allemand par Etienne Barilier, <a href=http:\/\/www.editionsmetropolis.ch\/Catalogue\/Catalogue.html target=_blank class=std>Editions Metropolis<\/a>, Gen\u00e8ve, 422 pages, 55 illustrations hors texte.<\/p>\n<p>Annemarie Schwarzenbach: \u00abLETTRES A CLAUDE BOURDET 1931-1938\u00bb, \u00e9dition \u00e9tablie, traduite et annot\u00e9e par Dominique Laure Miermont, <a href=http:\/\/www.editionszoe.ch\/ target=_blank class=std>Zo\u00e9<\/a>, Gen\u00e8ve, 186 pages, 10 illustrations hors texte.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019amie d\u2019Ella Maillart aurait eu cent ans cette ann\u00e9e. Deux livres racontent la vie de cette \u00e9crivaine devenue c\u00e9l\u00e8bre cinquante ans apr\u00e8s sa mort. En toile de fond, une grande bourgeoisie zurichoise richissime et pronazie.<\/p>\n","protected":false},"author":26,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2536","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2536","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/26"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2536"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2536\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2536"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2536"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2536"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}