



{"id":2523,"date":"2008-01-23T00:00:00","date_gmt":"2008-01-22T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2523"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"habitat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2523","title":{"rendered":"Squatters de luxe"},"content":{"rendered":"<p>Six mois dans un pub d\u00e9saffect\u00e9, puis six autres dans un ancien commissariat de police, avant d\u2019atterrir dans la salle de classe d\u2019une \u00e9cole ou dans une chapelle: c\u2019est le nouveau mode d\u2019habitation des branch\u00e9s urbains.<\/p>\n<p>Flexible, inhabituel et surtout tr\u00e8s bon march\u00e9. Jo\u00ebl, sociologue et journaliste vaudois install\u00e9 \u00e0 Londres, s\u2019appr\u00eatait \u00e0 quitter la ville en raison des loyers exorbitants: \u00abJusqu\u2019\u00e0 ce que je trouve ce plan qui a tout arrang\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Le plan, c\u2019est une ing\u00e9nieuse \u00e9quation \u00abwin-win\u00bb \u00e0 trois termes. Soit une soci\u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e, nomm\u00e9e Camelot Property, qui se charge de rep\u00e9rer des lieux inhabit\u00e9s en attente de r\u00e9novation ou de destruction. A leurs propri\u00e9taires, elle propose un contrat de gardiennage.<\/p>\n<p>En \u00e9change d\u2019environ 150 livres par mois (quelque 400 francs), elle assure la surveillance du b\u00e2timent d\u00e9saffect\u00e9, le pr\u00e9venant de tout acte de vandalisme ou d\u2019occupation ill\u00e9gitime par des squatters.<\/p>\n<p>Sauf que les gardiens que place Camelot ne sont pas des professionnels de la s\u00e9curit\u00e9, mais bien des candidats au logement comme Jo\u00ebl, qui paie un petit loyer.<\/p>\n<p>\u00abPour 200 livres, je peux vivre dans un appartement d\u2019une maison victorienne qui me co\u00fbterait trois fois plus cher sur le march\u00e9 immobilier traditionnel\u00bb, raconte-t-il.<\/p>\n<p>En vigueur depuis 2002 sur les rives de la Tamise, le concept de Camelot Property conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 une longue histoire aux Pays-Bas o\u00f9 pr\u00e8s de 8&rsquo;000 personnes vivent comme gardiens de propri\u00e9t\u00e9. Le succ\u00e8s est tel que la soci\u00e9t\u00e9 s\u2019est depuis install\u00e9e en Belgique, en Irlande et en Angleterre. John Mills, son directeur britannique, estime que dans ce pays, le potentiel est d\u2019environ 35&rsquo;000 logements. <\/p>\n<p>Si les conditions financi\u00e8res sont d\u00e9terminantes pour beaucoup des clients de Camelot, l\u2019originalit\u00e9 des espaces propos\u00e9s joue aussi un r\u00f4le dans sa r\u00e9ussite: \u00abOn trouve des trucs d\u2019enfer comme des lofts au bord de la Tamise ou des usines compl\u00e8tement dingues\u00bb, assure Jo\u00ebl.<\/p>\n<p>Reste alors \u00e0 faire quelques transformations pour rendre le lieu habitable, seul le minimum comme l\u2019eau courante et l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 \u00e9tant assur\u00e9s. Mais la clef de ces lieux de vie improbables n\u2019est pas confi\u00e9e \u00e0 n\u2019importe qui: \u00abIls font une s\u00e9lection. Le candidat doit justifier d\u2019un emploi fixe et de fiches de salaires sur les douze derniers mois. Les enfants et les animaux de compagnie sont interdits.\u00bb<\/p>\n<p>Un inspecteur de l\u2019agence v\u00e9rifie en outre que le gardien s\u2019acquitte de sa t\u00e2che de protection et ne concoure pas \u00e0 la destruction du b\u00e2timent qu\u2019il occupe.<\/p>\n<p>En clair, Camelot ne s\u2019adresse pas aux pauvres, ni aux squatters, mais plut\u00f4t \u00e0 la frange la plus boh\u00e8me des bobos. Le contrat de gardiennage stipule d\u2019ailleurs que le contractant s\u2019engage \u00e0 quitter les lieux dans un laps de temps d\u2019un mois si le propri\u00e9taire d\u00e9sire reprendre possession de son bien.<\/p>\n<p>L\u2019entreprise pr\u00e9voit de s\u2019\u00e9tendre prochainement en France. Quant \u00e0 la Suisse, elle ne serait pas la derni\u00e8re de ses priorit\u00e9s, dixit un de ses employ\u00e9s belges. <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo du 17 janvier 2008.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Habiter dans une \u00e9glise vide ou un entrep\u00f4t industriel: la formule se d\u00e9veloppe dans divers pays europ\u00e9ens. En attendant la France et la Suisse.<\/p>\n","protected":false},"author":19343,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2523","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2523","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19343"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2523"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2523\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2523"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2523"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2523"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}