



{"id":2505,"date":"2007-12-26T00:00:00","date_gmt":"2007-12-25T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2505"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"ski","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2505","title":{"rendered":"St\u00f6ckli slalome entre la concurrence"},"content":{"rendered":"<p>Beni St\u00f6ckli est un entrepreneur qui respire. Contrairement au catastrophique hiver 2006, la neige est cette saison au rendez-vous dans les Alpes pour les f\u00eates de fin d\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident et directeur g\u00e9n\u00e9ral de la marque de ski lucernoise St\u00f6ckli peut d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 annoncer une progression de 5 \u00e0 10% de son volume de vente par rapport \u00e0 2006-2007. De quoi am\u00e9liorer encore le bilan du fabricant de ski, num\u00e9ro un suisse de la branche, dont le chiffre d\u2019affaire a quintupl\u00e9 en quinze ans, passant de 10 \u00e0 50 millions avec des exportations dans trente-deux pays.<\/p>\n<p>Au cours de l\u2019hiver 2006-2007, St\u00f6ckli avait \u00e9coul\u00e9 plus de 50\u2019000 paires de lattes dont 40% \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Il maintenait ainsi son niveau des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes alors m\u00eame que les leaders du march\u00e9 accusaient le coup des mauvaises conditions d\u2019enneigement. En Suisse, la branche enregistrait son plus mauvais exercice de ses vingt derni\u00e8res ann\u00e9es avec un maigre r\u00e9sultat de 250&rsquo;000 paires vendues, soit une baisse de 20% par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Le groupe finlandais Amer, qui poss\u00e8de Atomic et Salomon, supprimait un sixi\u00e8me de ses effectifs en Autriche, le personnel d\u2019Atomic tombant \u00e0 400 employ\u00e9s.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cette bonne sant\u00e9 et une diversification r\u00e9ussie dans les accessoires de sports d\u2019hiver et le v\u00e9lo, St\u00f6ckli qui emploie 200 personnes reste le petit poucet d\u2019une branche domin\u00e9e par les grands groupes multinationaux. Rossignol-Dynastar, le num\u00e9ro un du secteur qui appartient au groupe d\u2019\u00e9quipement sportif Quiksilver, repr\u00e9sente 30% du march\u00e9. La firme fran\u00e7aise devance Amer, deuxi\u00e8me avec environ 25% du g\u00e2teau mondial, suivent Fischer, V\u00f6lkl, K2 et Head. A elles seules, ces majors du ski fabriquent 75 \u00e0 80% de la production mondiale.<\/p>\n<p>Elles entretiennent leur h\u00e9g\u00e9monie en \u00e9quipant les meilleurs skieurs professionnels. Des vainqueurs qui embrassent leurs lattes \u00e0 la fin de leur descente victorieuse: une image d\u2019Epinal des aires d\u2019arriv\u00e9es de la Coupe du Monde et un outil promotionnel efficace pour les marques repr\u00e9sent\u00e9es sur le podium.<\/p>\n<p>St\u00f6ckli a bien compris cette opportunit\u00e9. Son arriv\u00e9e en 1994 sur la Coupe du Monde par l\u2019interm\u00e9diaire du g\u00e9antiste suisse Urs K\u00e4lin, puis de Paul Acolla et de Tobias Gr\u00fcnenfelder, a co\u00efncid\u00e9 avec sa rapide croissance: \u00abCette pr\u00e9sence est essentielle pour assurer la visibilit\u00e9 de notre marque, elle remplace valablement la publicit\u00e9. En plus, cela motive nos d\u00e9veloppeurs \u00e0 produire des skis toujours plus performants\u00bb, assure le directeur.<\/p>\n<p>Avec un budget annuel d\u2019un peu plus de 1 millions pour le ski de comp\u00e9tition, St\u00f6ckli ne peut s\u2019offrir les stars du cirque blanc comme Didier Cuche, mais elle mise sur les jeunes qui montent en grade comme le Genevois Olivier Brand, vainqueur de la Coupe d\u2019Europe de Super-G l\u2019an dernier.<\/p>\n<p>La success story de St\u00f6ckli ne s\u2019explique pas enti\u00e8rement par ses r\u00e9sultats en Coupe du Monde, elle se fonde aussi sur une strat\u00e9gie de distribution unique en Suisse, bas\u00e9e sur la verticalit\u00e9 et l\u2019exclusivit\u00e9. \u00abNous poss\u00e9dons onze magasins \u00e0 notre effigie qui font de la vente directe en plaine comme \u00e0 St-L\u00e9gier dans le canton de Vaud. En station, nous assurons \u00e0 nos partenaires l\u2019exclusivit\u00e9 dans leur vall\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ce syst\u00e8me sans interm\u00e9diaire, la marque peut pratiquer des prix attrayants: sans fixation, une paire co\u00fbte de 399 \u00e0 849 francs en fonction du mod\u00e8le. \u00abPour la m\u00eame qualit\u00e9, St\u00f6ckli propose des skis moins chers que la concurrence \u00e9trang\u00e8re qui doit passer par des importateurs\u00bb, confirme J\u00e9r\u00f4me Favre, propri\u00e9taire du magasin Univers Sport \u00e0 Gen\u00e8ve dont la moiti\u00e9 des ventes de skis sont assur\u00e9es par la marque lucernoise. <\/p>\n<p>Cette politique de proximit\u00e9 a permis \u00e0 St\u00f6ckli de s\u2019installer durablement sur le march\u00e9 suisse alors que les autres marques helv\u00e9tiques comme Authier ont d\u00fb renoncer face \u00e0 la concurrence mondialis\u00e9e quand celle-ci s\u2019est intensifi\u00e9e dans les ann\u00e9es 90. <\/p>\n<p>L\u2019histoire de St\u00f6ckli remonte \u00e0 1935, lorsque Josef St\u00f6ckli lance sa Skifabrik St\u00f6ckli \u00e0 Wolhusen. A l\u2019\u00e9poque, la petite manufacture \u00e9volue d\u00e9j\u00e0 dans un march\u00e9 tr\u00e8s concurrentiel puisqu\u2019on compte une trentaine de fabriques de ski dans le pays. Pendant plus de cinquante ans, elle reste confin\u00e9e dans sa r\u00e9gion lucernoise jusqu\u2019\u00e0 son entr\u00e9e sur la Coupe du Monde qui lui offre un statut national, puis international.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, 40% de ses skis partent \u00e0 l\u2019exportation, une part en augmentation. Cette p\u00e9n\u00e9tration plan\u00e9taire profite du label Swiss Made, mais aussi d\u2019une bonne r\u00e9putation dans les magazines sp\u00e9cialis\u00e9s. \u00abIls sont tr\u00e8s bien sortis dans nos tests cette ann\u00e9e, acquiesce Laurent Belluard, r\u00e9dacteur en chef du mensuel fran\u00e7ais Skieur Magazine. C\u2019est un ski qui avait par le pass\u00e9 une r\u00e9putation de difficult\u00e9 et d\u2019intransigeance. On le comparait \u00e0 une mule. Les d\u00e9veloppeurs de St\u00f6ckli l\u2019ont nettement am\u00e9lior\u00e9 dans un souci de confort sans perte de performance pour autant.\u00bb<\/p>\n<p>Positionn\u00e9 pour la piste et la comp\u00e9tition plut\u00f4t que le freestyle, St\u00f6ckli tente \u00e9galement de corriger ce d\u00e9s\u00e9quilibre depuis deux saisons: \u00abMais le design p\u00eache un peu dans ce domaine. Au niveau cosm\u00e9tique, St\u00f6ckli ne s\u00e9duit pas vraiment les freeriders en d\u00e9pit de la qualit\u00e9 de leurs produits\u00bb, remarque Laurent Belluard.<\/p>\n<p>La s\u00e9rie limit\u00e9e Alinghi de l\u2019an dernier, un ski asym\u00e9trique d\u00e9velopp\u00e9 en compagnie du freerider Dominique Perret et des designers du d\u00e9fi helv\u00e9tique, a pourtant fait un joli coup de pub \u00e0 l\u2019entreprise dans ce domaine. St\u00f6ckli renouvelle d\u2019ailleurs l\u2019exp\u00e9rience cette ann\u00e9e avec 600 exemplaires propos\u00e9s au prix de 1200 francs.  <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><b>St\u00f6ckli n\u2019est plus tout seul<\/b><br \/>\nDeux autres marques de ski suisses essaient de se frayer un chemin sur la neige de nos montagnes. Fond\u00e9e \u00e0 Disentis dans les Grisons, Zai vise le secteur du luxe avec des \u00e9quipements complets (skis, fixations et b\u00e2tons) allant de 3&rsquo;300 jusqu\u2019\u00e0 5&rsquo;500 francs pour leur mod\u00e8le exclusif en pierre qui offrirait, selon le directeur de Zai, \u00abune stabilit\u00e9 exceptionnelle sur la neige\u00bb.<\/p>\n<p>Ce fabricant de niche, n\u00e9 en 2003, a \u00e9coul\u00e9 l\u2019an dernier 850 paires \u00e0 travers le monde. Bas\u00e9e \u00e0 Vevey, la marque Movement fait mieux puisqu\u2019elle a vendu 15\u2019000 paires l\u2019an dernier. Ses directeurs sont des anciens de la marque de snowboard Wild Duck. Ils privil\u00e9gient uniquement l\u2019aspect fun et freestyle. Au contraire de Zai et St\u00f6ckli, qui fabriquent en Suisse, la manufacture Movement emploie une centaine de personne en Italie. <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans L\u2019Hebdo du 20 d\u00e9cembre 2007.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La marque suisse de ski peut se f\u00e9liciter d\u2019une progression \u00e0 deux chiffres. 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