



{"id":2493,"date":"2007-12-09T00:00:00","date_gmt":"2007-12-08T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2493"},"modified":"2009-06-10T15:34:19","modified_gmt":"2009-06-10T13:34:19","slug":"ecobilans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2493","title":{"rendered":"Ils mesurent l\u2019impact \u00e9cologique des entreprises"},"content":{"rendered":"<p>A peine cr\u00e9\u00e9e, la jeune entreprise Ecointesys Life Cycle Systems ne cache pas ses ambitions mondiales: les responsables de cette spin-off de l\u2019EPFL estiment qu\u2019ils sont d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, par leur cr\u00e9dibilit\u00e9, parmi les meilleurs sp\u00e9cialistes de l\u2019\u00e9tablissement d\u2019\u00e9cobilans, une activit\u00e9 en pleine expansion avec la prise de conscience des p\u00e9rils environnementaux. Si l\u2019effectif actuel est de quatre personnes, il devrait rapidement cro\u00eetre pour faire face \u00e0 la demande.<\/p>\n<p>Ecobilan? Cette m\u00e9thode mesure l\u2019impact sur l\u2019environnement d\u2019un produit ou d\u2019un service pendant tout son cycle de vie, de l\u2019extraction des ressources \u00e0 l\u2019\u00e9limination des d\u00e9chets. Elle d\u00e9passe donc largement l\u2019activit\u00e9 de l\u2019entreprise.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas rare, par exemple, qu\u2019un produit comme une ampoule ait un impact bien sup\u00e9rieur lors de l\u2019utilisation que pendant sa production. L\u2019entreprise doit en tenir compte lorsqu\u2019elle \u00e9value ses performances environnementales et qu\u2019elle cherche \u00e0 les am\u00e9liorer. <\/p>\n<p>Apr\u00e8s quinze mois d\u2019existence, Ecointesys a d\u00e9j\u00e0 parmi ses clients des marques qui feraient r\u00eaver bien des entreprises en d\u00e9marrage: Nestl\u00e9, Swisscom, Merck-Serono. France T\u00e9l\u00e9com, la Conf\u00e9d\u00e9ration suisse, la Ville de Gen\u00e8ve, l\u2019Etat de Vaud\u2026 <\/p>\n<p>\u00abIl y a une tr\u00e8s forte demande, commente le directeur, Yves Loerincik. Les clients viennent \u00e0 nous sans que nous ayons besoin de les d\u00e9marcher.\u00bb Ecointesys affronte certes la concurrence de consultants proposant \u00e9galement des \u00e9cobilans, mais \u00abnous avons l\u2019avantage d\u2019\u00eatre reconnus pour notre background et notre expertise scientifique\u00bb.<\/p>\n<p>Car l\u2019\u00e9quipe d\u2019Ecointesys ne tombe pas de la derni\u00e8re pluie. Docteurs pour la plupart, ses membres sont issus du groupe de recherche Life Cycle Systems and Industrial Ecology de l\u2019EPFL et de l\u2019antenne romande de l\u2019entreprise Ecointesys SA.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que se sont d\u00e9velopp\u00e9s les outils les plus pointus d\u2019\u00e9tablissement d\u2019\u00e9cobilans, sous la direction d\u2019Olivier Jolliet, l\u2019un des pionniers de cette m\u00e9thode (lire interview ci-dessous). Seul l\u2019un des fondateurs, Yves Loerincik, travaille \u00e0 plein temps dans l\u2019entreprise. Mais les six autres, y compris Olivier Jolliet, mettent ponctuellement leur expertise \u00e0 la disposition de la soci\u00e9t\u00e9. <\/p>\n<p>La r\u00e9ponse du march\u00e9 n\u2019\u00e9tonne pas Yves Loerincik: \u00abQui peut encore dire que la prise de conscience \u00e9cologique n\u2019est qu\u2019une mode? Depuis plusieurs ann\u00e9es, les entreprises ont compris qu\u2019elles devaient empoigner le probl\u00e8me. L\u2019approche peut \u00eatre \u00e9thique. Elle est aussi souvent li\u00e9e \u00e0 la strat\u00e9gie de communication de l\u2019entreprise, qui va \u00e0 la rencontre de la demande des consommateurs. La plupart du temps, il y a un m\u00e9lange des deux.\u00bb<\/p>\n<p>Les entreprises s\u2019aper\u00e7oivent aussi que la d\u00e9marche li\u00e9e \u00e0 un \u00e9cobilan constitue un puissant moyen de motiver les collaborateurs. Elles cherchent aussi \u00e0 limiter leurs co\u00fbts (\u00e9nergie, d\u00e9chets \u00e0 \u00e9liminer, etc.). Et plus g\u00e9n\u00e9ralement, elles pr\u00e9parent l\u2019avenir: \u00abJe suis persuad\u00e9 que dans dix ou quinze ans, affirme Yves Loerincik, les entreprises devront publier une comptabilit\u00e9 environnementale. A plus long terme,  leurs imp\u00f4ts pourraient en d\u00e9pendre.\u00bb<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui d\u00e9j\u00e0, de nombreux investisseurs jugent les soci\u00e9t\u00e9s selon de tels crit\u00e8res. \u00abTout le monde veut avoir une vision des impacts.\u00bb Une vision que, pr\u00e9cis\u00e9ment, les \u00e9cobilans offrent.<\/p>\n<p>Les \u00e9cobilans d\u2019Ecointesys mettent en \u00e9vidence quatre indicateurs cl\u00e9s: les impacts sur la sant\u00e9 humaine, sur la qualit\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8mes, sur les ressources et sur le climat. Un diagnostic synth\u00e9tique qui facilite l\u2019analyse et la prise de d\u00e9cision par les entreprises.<\/p>\n<p>Celles-ci, surtout les PME, peuvent en outre acqu\u00e9rir sur internet un logiciel nomm\u00e9 \u00abgreen-e\u00bb leur permettant, apr\u00e8s formation, d\u2019\u00e9tablir leur propre \u00e9cobilan et de le voir \u00e9voluer au fil des ans. L\u00e0 encore, le site de production n\u2019est qu\u2019un des \u00e9l\u00e9ments pris en compte, aux c\u00f4t\u00e9s des fournisseurs, des d\u00e9chets et de l\u2019utilisation des produits par les clients.<\/p>\n<p>Chez Ecointesys, un \u00e9cobilan sur un produit peut co\u00fbter, en fonction de la taille de l\u2019entreprise et de la complexit\u00e9 du travail, entre 3000 et 150 000 francs. Pour un \u00e9cobilan d\u2019entreprise, il faut compter entre 10 000 et 60 000 francs.<\/p>\n<p>Pendant leurs \u00e9tudes et leurs travaux de recherche, les fondateurs d\u2019Ecointesys \u00e9taient bien loin de penser qu\u2019ils allaient un jour faire de leur savoir un business.<\/p>\n<p>\u00abNous travaillions presque par id\u00e9al, se souvient Yves Loerincik. Nous \u00e9tions tous passionn\u00e9s d\u2019environnement et persuad\u00e9s qu\u2019il fallait faire avancer les choses. Aujourd\u2019hui, la prise de conscience est tellement forte qu\u2019il est devenu possible de gagner de l\u2019argent gr\u00e2ce \u00e0 notre expertise. Cela dit, notre motivation de d\u00e9part est demeur\u00e9e: nous voulons agir pour \u00e9viter que nous nous trouvions un jour au pied du mur.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<ul><font size=1>Une version de cet article est parue dans le magazine <a href=http:\/\/www.reflexmagazine.ch target=_blank class=std>Reflex<\/a>, qui consacre un dossier sp\u00e9cial \u00e0 la Suisse et ses initiatives environnementales. En vente en kiosques et <a href=http:\/\/www.reflexmagazine.ch\/order.asp target=_blank class=std>ici<\/a>.<\/p>\n<p>Un cadeau id\u00e9al: un <a href=http:\/\/www.reflexmagazine.ch\/abo.asp target=_blank class=std>abonnement<\/a> \u00e0 Reflex, le magazine suisse de la science et de l&rsquo;innovation. Le destinataire recevra les six prochains num\u00e9ros \u00e0 la maison. Vous ne payez que 40 francs.<\/font><\/ul>\n<p><b>\u00abUn v\u00e9ritable boom aux Etats-Unis\u00bb<\/b><\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir donn\u00e9 des impulsions d\u00e9cisives au d\u00e9veloppement des \u00e9cobilans \u00e0 l\u2019EPFL, Olivier Jolliet est maintenant professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Michigan (Etats-Unis), o\u00f9 il poursuit ses travaux. De ce poste d\u2019observation, il constate un v\u00e9ritable boom des \u00e9cobilans sous la pression des consommateurs. Mais les sp\u00e9cialistes comp\u00e9tents, dont il fait partie, sont rares. Interview.<\/p>\n<p><b>Quand les \u00e9cobilans sont-il n\u00e9s? <\/b><\/p>\n<p>Le premier a \u00e9t\u00e9 command\u00e9 par Coca-Cola en 1969. La multinationale voulait conna\u00eetre l\u2019impact des d\u00e9chets qu\u2019elle produisait sous forme de bouteilles. Mais les vrais pionniers ont \u00e9t\u00e9 les Pays-Bas, le Danemark et la Suisse, qui a jou\u00e9 un r\u00f4le important gr\u00e2ce aux impulsions donn\u00e9es par l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019environnement. Les ann\u00e9es 1990 ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par un perfectionnement et une syst\u00e9matisation des m\u00e9thodes.<\/p>\n<p><b>Et quels sont les pays qui utilisent le plus l\u2019outil de l\u2019\u00e9cobilan aujourd\u2019hui?<\/b><\/p>\n<p>D\u2019abord le Japon, car cette m\u00e9thode correspond bien \u00e0 la mentalit\u00e9 industrielle japonaise d\u2019optimisation. Ensuite, la Su\u00e8de, le Danemark, la Hollande et la Suisse. Actuellement, on assiste \u00e0 un v\u00e9ritable boom aux Etats-Unis. La pression des consommateurs, relay\u00e9e par les distributeurs, oblige les producteurs \u00e0 agir. Ici comme ailleurs, les clients ne se contentent plus qu\u2019on leur dise qu\u2019un bien est durable. Ils veulent qu\u2019on le leur prouve. <\/p>\n<p><b>Quels sont les atouts d\u2019Ecointesys? <\/b><\/p>\n<p>L\u2019entreprise se trouve \u00e0 l\u2019interface d\u2019un milieu acad\u00e9mique et des entreprises. Elle dispose ainsi de m\u00e9thodes particuli\u00e8rement innovantes et fiables. Elle met \u00e0 disposition des outils quantifi\u00e9s. Enfin, elle est en mesure de r\u00e9aliser des \u00e9cobilans de l\u2019ensemble d\u2019une entreprise, et non seulement de ce qui y est produit.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<ul><font size=1>Une version de cet article est parue dans le magazine <a href=http:\/\/www.reflexmagazine.ch target=_blank class=std>Reflex<\/a>, qui consacre un dossier sp\u00e9cial \u00e0 la Suisse et ses initiatives environnementales. En vente en kiosques et <a href=http:\/\/www.reflexmagazine.ch\/order.asp target=_blank class=std>ici<\/a>.<\/p>\n<p>Un cadeau id\u00e9al: un <a href=http:\/\/www.reflexmagazine.ch\/abo.asp target=_blank class=std>abonnement<\/a> \u00e0 Reflex, le magazine suisse de la science et de l&rsquo;innovation. Le destinataire recevra les six prochains num\u00e9ros \u00e0 la maison. Vous ne payez que 40 francs.<\/font><\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un modeste bureau lausannois est devenu le champion des \u00e9cobilans. Il est aujourd&rsquo;hui mandat\u00e9 par des g\u00e9ants tels que Nestl\u00e9 ou France T\u00e9l\u00e9com. Mais \u00e0 quoi servent vraiment ces \u00e9tudes environnementales?  <\/p>\n","protected":false},"author":2543,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-2493","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2493","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2543"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2493"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2493\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2493"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2493"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2493"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}