



{"id":2454,"date":"2007-10-15T00:00:00","date_gmt":"2007-10-14T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2454"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"lewis hamilton","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2454","title":{"rendered":"Gentleman driver"},"content":{"rendered":"<p>Avant m\u00eame de disputer le moindre Grand Prix, Lewis Hamilton faisait d\u00e9j\u00e0 figure d&rsquo;exception dans le milieu tr\u00e8s codifi\u00e9 de la Formule 1.<\/p>\n<p>Le jeune Britannique (22 ans), n\u00e9 en Angleterre d&rsquo;un p\u00e8re originaire de Trinit\u00e9 et Tobago et d&rsquo;une m\u00e8re anglaise, devenait le premier pilote \u00abblack\u00bb de l\u2019histoire de la F1. Bouff\u00e9e d&rsquo;exotisme au coeur des paddocks&#8230;<\/p>\n<p>Pour couronner le tout, Hamilton s&rsquo;installait d&#8217;embl\u00e9e dans le baquet d\u2019une McLaren\/Mercedes, l\u2019une des \u00e9curies les plus prestigieuses du plateau. S\u2019agissait-il d\u2019un coup de pub ou l\u2019annonce d\u2019un vrai talent?<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse a fus\u00e9 d\u00e8s le premier Grand Prix (3e place), et plus personne n&rsquo;\u00e9voque aujourd&rsquo;hui la couleur de peau du jeune prodige. Tout le monde, en revanche, s&rsquo;extasie sur ses incroyables performances. \u00abJe veux gagner mais il faut \u00eatre r\u00e9aliste, pronostiquait pourtant Hamilton avant le d\u00e9but de la saison. Si je peux monter sur le podium cette premi\u00e8re ann\u00e9e, se serait d\u00e9j\u00e0 fou!\u00bb <\/p>\n<p>R\u00e9sultat des courses, apr\u00e8s 11 Grands Prix disput\u00e9s, le jeune co\u00e9quipier de l\u2019Espagnol Fernando Alonso, champion du monde en titre, occupe la t\u00eate du classement des pilotes (avec pas moins de 10 podiums, dont trois victoires).<\/p>\n<p>Du jamais vu! Car si tous les sp\u00e9cialistes attendaient Hamilton en embuscade, aucun n\u2019avait pr\u00e9dit un tel d\u00e9but de saison. \u00abOn savait qu\u2019un jour ou l\u2019autre il prendrait le d\u00e9part d\u2019un Grand Prix. Mais ce qu\u2019il fait l\u00e0 est tout simplement exceptionnel\u00bb, reconnaissait le Fran\u00e7ais Alain Prost, quadruple champion du monde de la discipline, dans Paris Match. A titre de comparaison, l\u2019illustre Ayrton Senna avait remport\u00e9 son premier succ\u00e8s deux ans seulement apr\u00e8s ses d\u00e9buts en F1. <\/p>\n<p>El\u00e8ve surdou\u00e9, Lewis Hamilton n&rsquo;a quasiment jamais connu autre chose que le succ\u00e8s. Champion d&rsquo;Europe et vainqueur de la Coupe du monde de kart en 2000, champion de Formule Renault britannique en 2003, champion de F3 Euroseries en 2005, puis vainqueur du championnat de GP2 \u2013 l&rsquo;ultime marche avant la F1 \u2013 en 2006, le pilote britannique a imm\u00e9diatement confirm\u00e9 son \u00e9norme potentiel une fois arriv\u00e9 en F1.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, il affiche une maturit\u00e9 et un charisme exceptionnel. Et malgr\u00e9 la pression et l&rsquo;agitation qui r\u00e8gne autour de sa personne, le jeune homme a conserv\u00e9 le calme, la simplicit\u00e9 et le sourire de ses d\u00e9buts.<\/p>\n<p>\u00abJ&rsquo;essaie toujours de garder la ma\u00eetrise de moi. Je me concentre sur mon boulot et c&rsquo;est tout\u00bb, disait-il dans Le Matin Dimanche.<\/p>\n<p>\u00abLe plus impressionnant avec Hamilton, c&rsquo;est qu&rsquo;il ne commet jamais la moindre faute. Il est vraiment tr\u00e8s solide\u00bb, fait remarquer Nicolas Prost, fils d&rsquo;Alain, et pilote de course en cat\u00e9gorie GT1. \u00abLa confiance qu&rsquo;il a en lui est vraiment ph\u00e9nom\u00e9nale. C&rsquo;est un sacr\u00e9 atout dans ce m\u00e9tier, estime aussi Martin Whitmarsh\u00bb, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;\u00e9curie McLaren.<\/p>\n<p>De semaines en semaines, les \u00e9loges se multiplient dans le paddock, et jusque chez Williams, o\u00f9 le boss &#8212; qui, pourtant, en a vu d&rsquo;autre &#8212; ne cache plus son admiration: \u00abJ&rsquo;ai du mal a lui trouver un d\u00e9faut, dit ainsi Frank Williams. En fait, je n&rsquo;ai jamais vu de pilote comme lui auparavant. Et en plus, il est sympa!\u00bb<\/p>\n<p>La saga Hamilton, c&rsquo;est d&rsquo;abord une histoire de famille. Le p\u00e8re, Anthony, sp\u00e9cialiste en informatique, employ\u00e9 du m\u00e9tro londonien, d\u00e9pense toutes ses \u00e9conomies pour que son fils puisse piloter.<\/p>\n<p>\u00abJ&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 regarder la F1 \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 6 ans, racontait Lewis \u00e0 la presse anglaise. Mes parents \u00e9taient divorc\u00e9s, je passais mes week-ends avec mon p\u00e8re et on regardait les Grand Prix.\u00bb Deux ans plus tard, apr\u00e8s avoir remarqu\u00e9 l&rsquo;extraordinaire coordination de mouvements dont faisait preuve son rejeton avec des voitures t\u00e9l\u00e9command\u00e9es, Anthony Hamilton d\u00e9cide de l&rsquo;installer au volant d&rsquo;un kart. <\/p>\n<p>La suite de l&rsquo;histoire est d\u00e9j\u00e0 l\u00e9gendaire, au point que la recrue de McLaren commence \u00e0 se lasser de la raconter: \u00abEn 1995, \u00e0 dix ans, je suis devenu le plus jeune champion de kart d&rsquo;Angleterre. A ce titre, j&rsquo;ai re\u00e7u un prix. Ron Dennis (ndlr: le patron de l&rsquo;\u00e9curie McLaren) \u00e9tait pr\u00e9sent et je suis all\u00e9 demander un autographe. Je lui ai aussi dit que je souhaitais le contacter plus tard, que mon d\u00e9sir \u00e9tait de courir pour lui un jour. Il m&rsquo;a simplement r\u00e9pondu, \u2018Ok, t\u00e9l\u00e9phone-moi dans neuf ans. On verra ce qu&rsquo;on peut faire\u2019.\u00bb<\/p>\n<p>Interpell\u00e9 par le culot et le talent du jeune Hamilton, Ron Dennis n&rsquo;attendra pas si longtemps. Quelques mois apr\u00e8s cet \u00e9pisode, il prend contact avec son p\u00e8re pour lui proposer son aide.<\/p>\n<p>\u00abRon Dennis s&rsquo;est pris d&rsquo;affection pour Lewis, raconte Alain Prost. Au point que tout le monde pensait qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de son neveu. Il l&rsquo;a conseill\u00e9, et surtout financ\u00e9, sans savoir qu&rsquo;il arriverait un jour \u00e0 un tel niveau.\u00bb En \u00e9change de son soutien, le patron de McLaren mettra n\u00e9anmoins une pression immense sur le jeune Hamilton: l&rsquo;exigence de r\u00e9sultats, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole comme sur la piste. <\/p>\n<p>Douze ans apr\u00e8s la premi\u00e8re rencontre entre l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve et son mentor, le bilan a d\u00e9pass\u00e9 toutes les attentes. Epoustouflant sur la piste, la recrue de McLaren s\u00e9duit aussi par sa personnalit\u00e9. Gar\u00e7on courtois et poli, dot\u00e9 d&rsquo;un charme d\u00e9vastateur, il enflamme les foules au-del\u00e0 des cercles d&rsquo;initi\u00e9s, au point que certains observateurs s&rsquo;agacent de ne pas trouver de d\u00e9faut \u00e0 ce nouveau h\u00e9ros. <\/p>\n<p>En Grande-Bretagne, o\u00f9 Hamilton incarne l&rsquo;unique espoir de titre mondial depuis Damon Hill en 1996, les audiences TV explosent: les week-ends de Grand Prix, la cha\u00eene ITV enregistre ainsi des audiences qui d\u00e9passent les 7 millions de t\u00e9l\u00e9spectateurs.  <\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;heure actuelle, Hamilton dispose pourtant d&rsquo;un salaire d\u00e9risoire en regard de son co\u00e9quipier. Alors que Fernando Alonso touche 42 millions de dollars par an, le nouveau venu se contente du dixi\u00e8me de cette somme. Sur la piste, la rivalit\u00e9 tourne n\u00e9anmoins \u00e0 l&rsquo;avantage du cadet. Depuis quelques semaines, la bonne entente initiale qui r\u00e9gnait entre les deux hommes a d&rsquo;ailleurs commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9t\u00e9riorer s\u00e9rieusement rappelant, d\u00e9j\u00e0, les grandes heures des duels Prost &#8211; Lauda, puis Prost \u2013 Senna, dans la m\u00eame \u00e9curie. <\/p>\n<p>Avant le d\u00e9but de la saison, le v\u00e9t\u00e9ran David Coulthard (neuf saisons chez McLaren) promettait pourtant un apprentissage douloureux au prot\u00e9g\u00e9 de Ron Dennis: \u00abC&rsquo;est une erreur de le lancer si t\u00f4t en F1, \u00e9crivait-il dans la chronique qu\u2019il tient dans News of the World. La carri\u00e8re de Lewis Hamilton pourrait \u00eatre d\u00e9truite avant qu&rsquo;il ait eu la moindre opportunit\u00e9 de se d\u00e9velopper. La premi\u00e8re personne \u00e0 laquelle vous \u00eates compar\u00e9 est votre co\u00e9quipier. Si Lewis supporte mal la comparaison avec Alonso, cela le d\u00e9molira mentalement.\u00bb On en est loin&#8230;<\/p>\n<p>Nicolas Prost tente une explication: \u00abIl faut remettre les choses dans leur contexte. Hamilton ne sort pas de nulle part. Il conna\u00eet la plupart des circuits pour y avoir roul\u00e9 en F3 ou en GP2. Et puis, il a toujours \u00e9t\u00e9 aid\u00e9 par McLaren qui dispose d&rsquo;un simulateur extr\u00eamement perfectionn\u00e9, \u00e0 25 millions d\u2019euros, pour l&rsquo;entra\u00eenement des pilotes. Mais il est clair que la rivalit\u00e9 avec Alonso va augmenter de course en course&#8230;\u00bb<\/p>\n<p>Autre facteur essentiel, la composante psychologique, \u00ab80% de la performance d&rsquo;un pilote\u00bb, estime Alain Prost. Or, Alonso se plaint de plus en plus de l&rsquo;encadrement au sein du team britannique, trop favorable \u00e0 Hamilton, selon l&rsquo;Espagnol. <\/p>\n<p>Mais peut-\u00eatre le Britannique tire-t-il sa force de plus loin. Tr\u00e8s discret sur sa vie priv\u00e9e (on lui conna\u00eet cependant une relation avec une jolie \u00e9tudiante, Jodia Ma, une chinoise de Hong-Kong), Lewis Hamilton peut cependant parler des heures de son fr\u00e8re Nicholas, handicap\u00e9 moteur, qui le suit sur tous les circuits.<\/p>\n<p>\u00abC&rsquo;est dur \u00e0 dire, mais c&rsquo;est aussi l&rsquo;accident de son fr\u00e8re qui le fait courir plus vite\u00bb, assure Alain Prost, dont le propre fr\u00e8re Daniel est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 d&rsquo;une longue maladie en 1986. \u00abQuand on conna\u00eet ce genre de chose, on ne voit plus la vie de la m\u00eame mani\u00e8re. Lewis a une vraie joie de vivre. Il est tout simplement heureux d&rsquo;\u00eatre la o\u00f9 il est. Et \u00e7a se voit sur la piste.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<b>Objectif suisse sur le champion<\/b><\/p>\n<p><font size=2><b>PAR SYLVAIN MENETREY<\/p>\n<p>A l\u2019occasion d\u2019un shooting pour une marque de montres, le photographe neuch\u00e2telois Jo\u00ebl von Allmen a rencontr\u00e9 Lewis Hamilton. Il raconte \u00e0 Trajectoire l\u2019enthousiasme du jeune champion en croissance.<\/b><\/p>\n<p>\u00abJe sais qu\u2019il n\u2019aime pas qu\u2019on le compare \u00e0 Tiger Woods, mais j\u2019ai lu quelque chose d\u2019analogue dans ses yeux. J\u2019ai tout de suite devin\u00e9 qu\u2019il allait tout gagner\u00bb, confie Jo\u00ebl von Allmen. Le photographe neuch\u00e2telois est bien plac\u00e9 pour porter ce genre de jugement. Il a photographi\u00e9 quelques-uns des sportifs les plus talentueux de la plan\u00e8te pour les campagnes publicitaires des grandes marques horlog\u00e8res. C\u2019est pour la manufacture de montres de sport Tag Heuer qu\u2019il a rencontr\u00e9 Lewis Hamilton au quartier g\u00e9n\u00e9ral de McLaren \u00e0 Londres en janvier dernier. Un shooting de prestige \u00e0 plusieurs centaines de milliers de francs qui r\u00e9unissait aussi le camarade d\u2019\u00e9curie du prodige anglais, le champion du monde espagnol Fernando Alonso. <\/p>\n<p>Deux s\u00e9ances en studio de quatre heures avec chacun des protagonistes. Autant dire interdiction de se planter. \u00abMon \u00e2ge, mon exp\u00e9rience et mon contact m\u2019aident beaucoup dans ce genre de situation o\u00f9 une pression incroyable repose sur mes \u00e9paules\u00bb, explique le Neuch\u00e2telois de 47 ans. \u00abParler avec le c\u0153ur\u00bb, tel est sa m\u00e9thode pour entrer dans l\u2019intimit\u00e9 de ses mod\u00e8les et r\u00e9v\u00e9ler la v\u00e9rit\u00e9 plus fragile de l\u2019homme derri\u00e8re le masque de champion. Chez Lewis Hamilton, il constate \u00abune politesse, un respect et un plaisir \u00e0 \u00eatre photographi\u00e9 non pas narcissique, mais comme faisant partie int\u00e9grante de son job de pilote de F1.\u00bb Tout l\u2019oppos\u00e9 d\u2019un Fernando Alonso, tendu, transpirant et plut\u00f4t mal \u00e0 l\u2019aise face \u00e0 l\u2019objectif. \u00abHamilton poss\u00e8de d\u2019une part l\u2019enthousiasme et la fra\u00eecheur de la jeunesse, d\u2019autre part un s\u00e9rieux et une minutie de dingue.\u00bb <\/p>\n<p>Jo\u00ebl von Allmen s\u2019avoue fier d\u2019avoir photographi\u00e9 le premier coureur de couleur de toute l\u2019histoire de la F1. \u00abEt d\u2019un point de vue esth\u00e9tique, les peaux noirs r\u00e9fl\u00e9chissent mieux les lumi\u00e8res que les blanches. Lewis est vraiment un beau mec. Il a une plastique \u00e9tonnante: son visage, son nez et sa bouche sont extraordinaires.\u00bb<\/p>\n<p>Question beaut\u00e9, le photographe n\u2019en est pas \u00e0 son galop d\u2019essai. Il a d\u00e9j\u00e0 immortalis\u00e9 les portraits de la super-mod\u00e8le Eva Herzigova et des actrices Uma Thurman, Maggie Cheung et Gong Li. \u00abPhotographier des personnalit\u00e9s a redynamis\u00e9 ma pratique du m\u00e9tier, j\u2019en avais marre des mannequins.\u00bb Il appr\u00e9cie plus que tout capter \u00abl\u2019instant magique\u00bb, cette petite particule de seconde durant laquelle lumi\u00e8re, regard et expression se conjuguent pour livrer la v\u00e9rit\u00e9 d\u2019un personnage. Un miracle \u00e0 d\u00e9busquer \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du strict cahier des charges de la communication qui exige des mod\u00e8les reconnaissables et d\u00e9termin\u00e9s plut\u00f4t que souriants, des photos studios et une \u00e9quipe qui, selon les shootings, peut compter jusqu\u2019\u00e0 une vingtaine de personnes. Jo\u00ebl von Allmen ne se plaint pas de cette machinerie lourde. Au contraire, la d\u00e9mesure aiguillonne ce fanatique de l\u2019image. <\/p>\n<p>A peine marche-t-il qu\u2019il joue d\u00e9j\u00e0 avec l\u2019appareil de son grand-p\u00e8re. A dix ans, il s\u2019exerce avec sa premi\u00e8re chambre noire, s\u2019enthousiasme pour la prise de vue puis le traitement d\u2019images. Motivation suppl\u00e9mentaire: lors d\u2019un atelier photographique, ses clich\u00e9s de poup\u00e9es pendues \u00e0 des hame\u00e7ons gagnent le prix de l\u2019\u00e9cole. Son certificat en poche, il entame sans se poser trop de questions un apprentissage de photographe, mais les photos-passeport et les reproductions de m\u00e9dailles ont t\u00f4t fait de le lasser. <\/p>\n<p>Apr\u00e8s un passage \u00e0 Boston &#8212; o\u00f9 il confectionne des voiles de comp\u00e9tition pendant quatre mois &#8211;, le Neuch\u00e2telois retrouve les rivages neuch\u00e2telois et du m\u00eame coup ceux de la photographie qu\u2019il pratique alors en ind\u00e9pendant. De publicit\u00e9s pour des bo\u00eetes de thon en photos d\u2019\u0153uvres d\u2019art, il gagne \u2013 p\u00e9niblement \u2013 sa vie. Mais le destin lui sourit au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, un jour qu\u2019il vogue sur le lac de Neuch\u00e2tel. \u00abOn m\u2019a propos\u00e9 par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un vieil ami de photographier des montres Omega. J\u2019ai mis un pied dans l\u2019univers horloger ce jour-l\u00e0 et je ne l\u2019ai plus jamais quitt\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Rapidement il devient le chouchou des marques de montres qui adorent valoriser leurs produits avec son style \u00e0 la fois \u00e9pur\u00e9 et l\u00e9ch\u00e9. Une \u00abpatte\u00bb qui rappelle le photographe am\u00e9ricain Richard Avedon, l\u2019un de ses mod\u00e8les aux c\u00f4t\u00e9s de Robert Mapplethorpe. <\/p>\n<p>Il rapatrie \u00e0 Neuch\u00e2tel de nombreux contrats auparavant d\u00e9localis\u00e9s \u00e0 Paris ou \u00e0 Londres, faute de moyens techniques dans la r\u00e9gion. Install\u00e9e dans un ancien site industriel Suchard \u00e0 deux pas du lac, son entreprise d\u2019une douzaine de personnes g\u00e9n\u00e8re un chiffre d\u2019affaires de plusieurs millions de francs par ann\u00e9e. Prises de vue, graphisme, retouche, la cr\u00e9ation converge toute enti\u00e8re vers le glamour, la pr\u00e9cision et la performance. Des mots qu\u2019on pourrait aussi attribuer au rookie Lewis Hamilton. Parfois, les trajectoires des champions se croisent.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<b>Le retour de McLaren<\/b><\/p>\n<p>McLaren, l&rsquo;une des \u00e9curies les plus prestigieuses et les plus embl\u00e9matiques de l&rsquo;histoire de la Formule 1. Sa domination outrageuse, dans les ann\u00e9es 80, est encore dans toutes les m\u00e9moires. L&rsquo;arriv\u00e9e aux commandes de Ron Dennis co\u00efncide \u00e0 cette \u00e9poque avec celle de nouveaux ing\u00e9nieurs et motoristes (Porsche de 1984 \u00e0 1987, puis Honda de 1988 \u00e0 1992) et, surtout, de pilotes devenus l\u00e9gendaires tels Alain Prost ou Ayrton Senna. Une d\u00e9cennie fastueuse o\u00f9 l&rsquo;\u00e9curie britannique empochera le titre pilote \u00e0 cinq reprises, avec Niki Lauda en 1984, Prost en 1985, 1986, et 1989, et Senna en 1988, ann\u00e9e o\u00f9 le br\u00e9silien rejoint l&rsquo;\u00e9quipe avec, \u00e0 la cl\u00e9, 15 courses remport\u00e9e par le fameux duo sur les 16 que compte alors le championnat.  <\/p>\n<p>Les ann\u00e9es 90 s&rsquo;annoncent d&#8217;embl\u00e9e plus difficiles avec la mont\u00e9e en puissance, puis la mainmise, de l&rsquo;\u00e9curie Williams. En 1995, McLaren d\u00e9bute son partenariat avec le g\u00e9ant allemand Mercedes-Benz. Il faut cependant attendre l&rsquo;ann\u00e9e 1998 avant de voir les fl\u00e8ches d&rsquo;argent, emmen\u00e9es par David Coulthard et Mika Hakkinen, revenir au premier plan. McLaren s&rsquo;adjuge le titre constructeur et Hakkinen remporte le championnat, performance qu&rsquo;il r\u00e9\u00e9dite en 1999.<br \/>\nS&rsquo;ensuit une travers\u00e9e du d\u00e9sert&#8230; Sept longue ann\u00e9es marqu\u00e9es par la domination sans partage de Ferrari et de Michael Schumacher.  <\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 pilotes, la saison en cours est marqu\u00e9e par l&rsquo;arriv\u00e9e du champion du monde en titre Fernando Alonso, transfuge de Renault, et du surprenant Lewis Hamilton, prot\u00e9g\u00e9 de longue date de Ron Dennis. \u00ab Un duo extraordinaire \u00bb, selon Jacques Deschenaux, qui commente les Grand Prix sur la TSR. \u00abL\u2019exp\u00e9rience Alonso, notamment, a \u00e9norm\u00e9ment aid\u00e9 au d\u00e9veloppement m\u00e9canique. L\u2019Espagnol a certainement permis \u00e0 McLaren de gagner une demie seconde au tour. \u00bb<\/p>\n<p>Sur le plan m\u00e9canique, les fl\u00e8ches d\u2019argent s\u2019av\u00e8rent d&rsquo;une fiabilit\u00e9 exemplaire, une qualit\u00e9 qui leur avait fait d\u00e9faut ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Et \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du chronom\u00e8tre, la nouvelle monoplace, baptis\u00e9e MP4-22, domine la concurrence, montant en puissance depuis le d\u00e9but de la saison. McLaren totalise d\u00e9sormais 11 points d&rsquo;avance sur Ferrari.<\/p>\n<p>La conception de la MP4-22 remonte \u00e0 d\u00e9cembre 2005, avant m\u00eame que la voiture pr\u00e9c\u00e9dente, la MP4-21, ait sign\u00e9 ses premiers tours de roues. Durant tout ce temps, l\u2019adaptation aux pneus uniques, fournis par Bridgestone, aura polaris\u00e9 les recherches des ing\u00e9nieurs de Woking et Stuttgart. \u00abLors des saisons pr\u00e9c\u00e9dentes, McLaren a souvent rat\u00e9 ses ch\u00e2ssis, rel\u00e8ve le journaliste sportif Jacques Deschenaux. Et puis, le bin\u00f4me form\u00e9 par Kimi R\u00e4ikk\u00f6nen et Pablo Montoya, deux individualistes au pilotage tr\u00e8s diff\u00e9rent, n\u2019\u00e9tait pas du tout compl\u00e9mentaire.\u00bb<\/p>\n<p>En 2005, la MP4-20 s\u2019\u00e9tait montr\u00e9e la plus rapide, mais pas la plus fiable. En 2006, la MP4-21 avait connu le probl\u00e8me inverse. Avec la MP4-22, McLaren a retrouv\u00e9 la bonne alchimie.<\/font><\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans le magazine Trajectoire d&rsquo;automne 2007.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nouveau talent de la F1, star adul\u00e9e en Grande-Bretagne, Lewis Hamilton d\u00e9tonne dans l&rsquo;univers des Grands Prix, o\u00f9 son charisme et sa disponibilit\u00e9 \u00e9merveillent. En t\u00eate du championnat du monde, le pilote peut viser le titre d\u00e8s sa premi\u00e8re saison.<\/p>\n","protected":false},"author":19406,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2454","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2454","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19406"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2454"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2454\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2454"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2454"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2454"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}