



{"id":244,"date":"1999-11-09T00:00:00","date_gmt":"1999-11-08T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=244"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"presse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=244","title":{"rendered":"Dimanche: les vraies raisons qui expliquent l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des \u00e9diteurs"},"content":{"rendered":"<p>Alors que le premier num\u00e9ro de dimanche.ch est attendu pour le 28 novembre, les contours de la presse romande rappellent ceux de la presse al\u00e9manique en 1987. Le SonntagsBlick r\u00e8gne alors seul sur le march\u00e9 dominical. Le groupe zurichois Ringier en est l\u2019heureux \u00e9diteur. Au quartier g\u00e9n\u00e9ral de la Dufourstrasse, on affiche un sourire amus\u00e9 lorsque TA-Media, l\u2019\u00e9diteur du Tages Anzeiger, se met en t\u00eate de lancer un titre concurrent dans le segment sup\u00e9rieur, la SonntagsZeitung. <\/p>\n<p>Douze ans plus tard, la SonntagsZeitung n\u2019a pas seulement surv\u00e9cu: elle a trouv\u00e9 un nouveau public tout en grignotant le lectorat de son concurrent. Son tirage est encore de 115&rsquo;000 exemplaires inf\u00e9rieur \u00e0 celui du SonntagsBlick (332&rsquo;000 exemplaires), mais elle empoche plus de 60% du volume publicitaire. Le titre a peut-\u00eatre moins de lecteurs, mais les siens ont davantage d\u2019argent \u00e0 d\u00e9penser que ceux du SonntagsBlick. Un argument non n\u00e9gligeable pour les annonceurs. D\u00e9tail piquant, c\u2019est Ringier, l\u2019\u00e9diteur qui jouissait autrefois d\u2019un monopole avec le SonntagsBlick, qui s\u2019attaque aujourd\u2019hui en Suisse romande au monopole que d\u00e9tient Edipresse avec Le Matin Dimanche.<\/p>\n<p>Bien que tapageuse, la guerre des scoops que se livrent les deux titres al\u00e9maniques n\u2019est pas d\u00e9terminante en termes commerciaux. Les ventes ne sont pas dop\u00e9es par les r\u00e9v\u00e9lations saignantes, observe Raymond L\u00fcdy, r\u00e9dacteur en chef de Media Trend Journal. Les informations exclusives contribuent surtout \u00e0 l\u2019image du titre et sont donc parculi\u00e8rement importantes pour le SonntagsBlick, qui se veut un journal tr\u00e8s r\u00e9actif \u00e0 l\u2019actualit\u00e9. <\/p>\n<p>Les scoops peuvent m\u00eame \u00eatre contre-productifs, poursuit Raymond L\u00fcdy. La SonntagsZeitung a enregistr\u00e9 de nombreux d\u00e9sabonnements de la part de lecteurs choqu\u00e9s par \u00ab\u00a0l\u2019affaire Jagmetti\u00a0\u00bb. En janvier 1997, le journal avait publi\u00e9 des notes confidentielles \u00e9crites par l\u2019ambassadeur suisse aux Etats-Unis, au plus fort de la crise des fonds juifs. Dans celles-ci, Carlo Jagmetti utilisait notamment le terme de \u00ab\u00a0guerre\u00a0\u00bb. Une semaine \u00e0 peine apr\u00e8s la publication de l&rsquo;article, l\u2019ambassadeur avait d\u00fb quitter son poste.<\/p>\n<p>Le succ\u00e8s de la presse dominicale est spectaculaire en Suisse al\u00e9manique. Depuis 1990, le volume des annonces a progress\u00e9 de 45%. Sur l\u2019ensemble des publicit\u00e9s qui paraissent dans la presse, la part de march\u00e9 des journaux du dimanche a presque doubl\u00e9 en huit ans, passant de 2,2 \u00e0 4,1%. M\u00eame tendance du c\u00f4t\u00e9 du tirage: le SonntagsBlick et la SonntagsZeitung affichent ensemble une progression de 14,4% \u00e0 550&rsquo;000 exemplaires. <\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s l\u2019analyse de Ueli Custer dans l&rsquo;\u00e9dition de novembre de <a href=\"http:\/\/www.mediatrend.ch\" target=_blank>Mediatrend<\/a>, il y a en Suisse romande un fort potentiel pour la presse dominicale. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 90, le tirage cumul\u00e9 de La Suisse Dimanche et du Matin Dimanche a presque atteint 300&rsquo;000 exemplaires. Or, le tirage du Matin Dimanche, depuis qu\u2019il est seul sur le march\u00e9, culmine aux alentours de 225&rsquo;000 exemplaires. La diff\u00e9rence entre les deux chiffres indique qu\u2019il y aurait &#8211; en th\u00e9orie &#8211; un potentiel de 70&rsquo;000 exemplaires pour d\u2019autres titres dominicaux. La proportion de foyers romands qui lisent la presse du dimanche a chut\u00e9 de quatre sur dix (1990), lorsqu\u2019il y avait deux titres, \u00e0 trois sur dix (1998) quand il n\u2019y en a plus qu\u2019un seul.<\/p>\n<p>En Suisse romande, le volume des annonces n\u2019a jamais retrouv\u00e9 le niveau de 1993, lorsqu\u2019elles se partageaient entre Le Matin Dimanche et La Suisse Dimanche. Avec la disparition du quotidien genevois en 1994, le volume a r\u00e9gress\u00e9 de plus de 20% et il a stagn\u00e9 jusqu\u2019en 1997. Puis, avec l\u2019apparition d\u2019Info Dimanche, tout imparfait qu\u2019il f\u00fbt, le volume total est presque remont\u00e9 au niveau de 1993. Tout se passe comme si un nouveau titre g\u00e9n\u00e9rait automatiquement une quantit\u00e9 suppl\u00e9mentaire de lecteurs et d\u2019annonces.<\/p>\n<p>Les chiffres de la REMP (Recherches et \u00e9tudes de m\u00e9dias publicitaires) montrent que le SonntagsBlick touche un public ayant suivi la scolarit\u00e9 obligatoire, tandis que la SonntagsZeitung s\u2019adresse \u00e0 un lectorat de formation sup\u00e9rieure. Le Matin Dimanche ratisse plus large. Ce sont les lecteurs de formation interm\u00e9diaire qui montrent le plus d\u2019affinit\u00e9s avec le titre. Le lectorat de la scolarit\u00e9 obligatoire s\u2019y reconna\u00eet moins. Il serait d\u00e8s lors abusif d\u2019assimiler Le Matin Dimanche \u00e0 un journal de boulevard du type du SonntagsBlick. <\/p>\n<p>Reste que la couverture du Matin Dimanche semblera lacunaire aux annonceurs qui ciblent les consommateurs \u00e0 haut revenu. Et cela malgr\u00e9 un taux de p\u00e9n\u00e9tration de 50%. En outre, l\u2019extinction de La Suisse laisse un vide \u00e0 Gen\u00e8ve, o\u00f9 le taux de p\u00e9n\u00e9tration du Matin Dimanche n\u2019est que de 33%, contre 62% dans le Valais.<\/p>\n<p>On le sait, dimanche.ch proposera l\u2019adaptation d\u2019articles de son titre-fr\u00e8re, le SonntagsBlick. Paradoxe: il lui faudra s\u00e9duire un lectorat au sein des classes sup\u00e9rieures sur la base d\u2019un mat\u00e9riel destin\u00e9 \u00e0 un tout autre public. <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nMary Vacharidis, journaliste, est domicili\u00e9e \u00e0 Zurich. Elle travaille pour la T\u00e9l\u00e9vision suisse romande et collabore r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Largeur.com.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le nouveau journal dominical de Ringier, qui para\u00eetra \u00e0 la fin du mois, dispose d&rsquo;un tr\u00e8s fort potentiel. En Suisse al\u00e9manique, la part de march\u00e9 de la presse du dimanche a presque doubl\u00e9 en huit ans.<\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-244","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/244","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=244"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/244\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=244"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=244"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=244"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}