



{"id":2406,"date":"2007-08-12T00:00:00","date_gmt":"2007-08-11T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2406"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"societe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2406","title":{"rendered":"La fin des tribus"},"content":{"rendered":"<p>Il n\u2019y a pas si longtemps, l\u2019adolescent rebelle avait le choix. Il pouvait devenir altermondialiste, gothique, \u00e9colo, m\u00e9tal, rappeur, punk, etc. <\/p>\n<p>Chacune de ces tribus lui offrait le service complet: un look sur mesure, des cong\u00e9n\u00e8res rapidement identifiables et quelques r\u00e9f\u00e9rences culturelles coh\u00e9rentes, parfois m\u00eame un positionnement politique. Tout \u00e9tait clair et rassurant: il suffisait de choisir sa famille.<\/p>\n<p>Ce syst\u00e8me a vol\u00e9 en \u00e9clats. On croise aujourd\u2019hui des punks capitalistes, des branch\u00e9s qui id\u00e9alisent les beaufs, des gauchistes qui votent Sarkozy, des skaters glamour, et beaucoup de fashion victims tendance d\u00e9veloppement durable. Que s\u2019est-il pass\u00e9?<\/p>\n<p>\u00abOn s\u2019aper\u00e7oit depuis quelques ann\u00e9es que les fronti\u00e8res se brouillent: les gens ne se comportent plus de mani\u00e8re homog\u00e8ne par rapport \u00e0 leur milieu\u00bb, dit G\u00e9rald Le Meur, 47 ans, directeur de l\u2019agence Zenithmedia \u00e0 Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p>En 2001, le publicitaire avait lanc\u00e9 une \u00e9tude qui classait les 15-24 ans en neuf tribus distinctes (hip-hop, glam, n\u00e9obabas, amateurs de sensations fortes, zen, postmodernes, roots, contestataires et \u00abbiz\u00bb). L\u2019\u00e9volution de chaque cat\u00e9gorie a ensuite \u00e9t\u00e9 analys\u00e9e au cours des ans, notamment selon son rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de consommation.<\/p>\n<p>\u00abOr, nous constatons que, aujourd\u2019hui, \u00e7a navigue beaucoup d\u2019un groupe \u00e0 l\u2019autre, dit G\u00e9rald Le Meur. Les gens peuvent se reconna\u00eetre simultan\u00e9ment dans les mouvements glam, roots et anarchique, par exemple. On trouve tout et son contraire.\u00bb<\/p>\n<p>En 2007, on peut militer dans la droite lib\u00e9rale sans cesser de fr\u00e9quenter les lieux de rock alternatif; travailler dans une banque la semaine et se balader le week-end en Harley Davidson avec barbe et tatouages; ou encore officier comme DJ house la nuit et en tant qu\u2019avocat d\u2019affaires la journ\u00e9e (lire les portraits ci-dessous).<\/p>\n<p>C\u2019est devenu banal de le dire: depuis le piercing nasal jusqu\u2019\u00e0 l\u2019accessoire bondage, les signes d\u2019appartenance ont perdu leur sens. \u00abAujourd\u2019hui, les tribus ont les m\u00eames attributs\u00bb, se plaint le dessinateur Cabu, qui ne sait plus comment caricaturer ses fameux beaufs, dans Le Nouvel Obs. \u00abRiches, pauvres: tout le monde est en jeans. Il y a une banalisation des accessoires qui, autrefois, diff\u00e9renciaient les classes sociales.\u00bb<\/p>\n<p>Les classes d\u2019\u00e2ge se sont \u00e9galement affranchies des caract\u00e9ristiques qui leur \u00e9taient traditionnellement associ\u00e9es: les grands-m\u00e8res s\u2019habillent comme leurs filles, voire comme leurs petites-filles.<\/p>\n<p>M\u00eame les r\u00e9f\u00e9rences sexuelles sont devenues floues. Dans les parades technos, les gar\u00e7ons torse nu qui se d\u00e9hanchent en minishort dor\u00e9 sont souvent 100% h\u00e9t\u00e9ro.<\/p>\n<p>\u00abLa communaut\u00e9 gay n\u2019est plus cloisonn\u00e9e comme elle a pu l\u2019\u00eatre, et c\u2019est une bonne chose, estime Arnaud Gallay, r\u00e9dacteur en chef de 360\u00b0, magazine genevois LGBT (lesbien gay bi trans). Notre association avait justement \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour briser les barri\u00e8res. Nous organisons des soir\u00e9es o\u00f9 les gens de toute orientation sexuelle sont les bienvenus. Sur le plan des attitudes, on observe un chass\u00e9-crois\u00e9 entre gays et h\u00e9t\u00e9ros et on peut parfois avoir l\u2019impression que l\u2019exhibitionnisme a chang\u00e9 de camp.\u00bb<\/p>\n<p>Cet effondrement des barri\u00e8res est tr\u00e8s frappant dans le domaine musical, morcel\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment en une multitude de tribus ennemies. Un amateur d\u2019\u00e9lectro minimale ne pouvait pas aimer les guitares, un gothique aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00eatre crucifi\u00e9 plut\u00f4t que vu avec un disque de salsa.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re ces int\u00e9grismes se cachait souvent la peur de para\u00eetre incons\u00e9quent. Aujourd\u2019hui, la g\u00e9n\u00e9ration iPod m\u00e9lange all\u00e9grement les genres, et la ringardise est pass\u00e9e de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019internet, et particuli\u00e8rement les logiciels peer-to-peer, ont fait sauter les derni\u00e8res r\u00e9sistances. En permettant le t\u00e9l\u00e9chargement gratuit et illimit\u00e9, ils ont encourag\u00e9 les m\u00e9langes. Des DJ iconoclastes se sont mis<br \/>\n\u00e0 organiser des mariages contre nature. Le heavy metal de Twisted Sister est subitement devenu compatible avec les vocalises d\u2019Yma Sumac.<\/p>\n<p>Les carambolages num\u00e9riques nomm\u00e9s mashups (deux titres issus de styles tr\u00e8s diff\u00e9rents sont superpos\u00e9s pour recomposer un morceau hybride), ont encore acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 l\u2019effondrement des barri\u00e8res esth\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, les codes vestimentaires ont aussi \u00e9t\u00e9 pass\u00e9s \u00e0 la moulinette du copier-coller: vintage, luxe, ethno, clinquant, les looks se combinent d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019infini. \u00abJ\u2019ai de plus en plus de peine \u00e0 rep\u00e9rer les<br \/>\nbons clients qui se pr\u00e9sentent \u00e0 ma porte, confie le physionomiste d\u2019un club genevois. Avec l\u2019arriv\u00e9e de Zara et des contrefa\u00e7ons, n\u2019importe qui peut se composer un look de riche.\u00bb<\/p>\n<p>La journaliste Val\u00e9rie Fournier, auteur il y a dix ans des Nouvelles tribus urbaines (Editions Georg), appelle cela \u00able grand supermarch\u00e9 des styles\u00bb: \u00abLes accessoires originaux qu\u2019il fallait aller d\u00e9nicher \u00e0 Londres sont maintenant vendus par les grandes cha\u00eenes et ne veulent plus rien dire. L\u2019\u00e9conomie globalis\u00e9e a tout r\u00e9cup\u00e9r\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Le moindre mouvement d\u2019avant-garde se trouve aussit\u00f4t court-circuit\u00e9 par l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019industrie, qui le diffuse en masse. On maximise les march\u00e9s de niche. La culture underground passe instantan\u00e9ment dans la consommation tout public.<\/p>\n<p>Alors, que reste-t-il \u00e0 l\u2019adolescent rebelle pour affirmer sa singularit\u00e9? L\u2019engagement politique?<\/p>\n<p>Encore faut-il qu\u2019il reconnaisse son camp. Car, l\u00e0 aussi, les fronti\u00e8res se brouillent. A Gen\u00e8ve par exemple, le pr\u00e9sident des Verts, Antonio Hodgers, s\u2019est alli\u00e9 l\u2019an dernier \u00e0 son rival radical Pierre Maudet pour proposer 13 mesures portant sur les finances, l\u2019emploi et le logement. Les tribus id\u00e9ologiques seraient-elles aussi pass\u00e9es de mode?<\/p>\n<p>\u00abNotre g\u00e9n\u00e9ration a tendance \u00e0 moins fonder son identit\u00e9 politique sur l\u2019antagonisme gauche-droite que celle de nos parents, qui avait grandi \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la guerre froide et du choc frontal entre le capitalisme et le communisme, note Antonio Hodgers. Aujourd\u2019hui, on ne se positionne plus simplement comme un point sur un axe allant de l\u2019extr\u00eame gauche \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite, car de nombreuses autres dimensions &#8212; comme le modernisme vs le conservatisme &#8212; sont venues se greffer dessus.\u00bb<\/p>\n<p>La Vaudoise Isabelle Chevalley, pr\u00e9sidente du mouvement Ecologie lib\u00e9rale, incarne bien cette recomposition des id\u00e9ologies. \u00abQuand on se trouve face \u00e0 une urgence, dit-elle, comme actuellement dans le cas de l\u2019environnement, on prend les bonnes id\u00e9es d\u2019o\u00f9 qu\u2019elles viennent, que ce soit de gauche ou de droite.\u00bb<\/p>\n<p>Une sorte de troisi\u00e8me voie, \u00e0 l\u2019image de la politique d\u00e9fendue pendant dix ans en Grande-Bretagne par le gouvernement de Tony Blair.<\/p>\n<p>Selon le publicitaire G\u00e9rald Le Meur, \u00abnous sommes entr\u00e9s dans l\u2019\u00e8re du pragmatisme. On retrouve cela tr\u00e8s clairement dans la politique de Nicolas Sarkozy, qui engage des politiciens de gauche: il demande \u00e0 \u00eatre jug\u00e9 selon ses r\u00e9sultats, un point c\u2019est tout.\u00bb<\/p>\n<p>Isabelle Chevalley pense, elle, qu\u2019\u00ab\u00e0 l\u2019avenir, on verra appara\u00eetre davantage de mouvements d\u00e9fendant des int\u00e9r\u00eats sectoriels: l\u2019environnement, les locataires, etc., auxquels les \u00e9lecteurs adh\u00e9reront en fonction de leurs int\u00e9r\u00eats personnels. Ils tendront \u00e0 remplacer les partis, qui ont pour vocation de se prononcer sur tous les domaines.\u00bb<\/p>\n<p>On peut se r\u00e9jouir de cet effacement des barri\u00e8res id\u00e9ologiques: cela encourage la mixit\u00e9, le brassage d\u2019individus d\u2019horizons divers. Mais on peut aussi s\u2019inqui\u00e9ter de la disparition de rep\u00e8res tr\u00e8s structurants pour une bonne partie de la population.<\/p>\n<p>\u00abJe ne suis pas convaincu que ce soit une bonne chose si les gens se cr\u00e9ent une identit\u00e9 politique sur mesure en picorant des id\u00e9es dans un parti ou l\u2019autre, note Antonio Hodgers. Certaines formations portent un projet de soci\u00e9t\u00e9 coh\u00e9rent qui doit \u00eatre pris dans son ensemble.\u00bb<\/p>\n<p>Les jeunes fragilis\u00e9s par un parcours chaotique en souffrent particuli\u00e8rement. Humberto Lopes, 32 ans, \u00e9ducateur de rue \u00e0 Gen\u00e8ve, a remarqu\u00e9 que les adolescents en marge ne savent plus \u00e0 quel groupement se vouer. Ils se r\u00e9unissent en microtribus temporaires, dont ils changent comme de look.<\/p>\n<p>Si, auparavant, une appartenance pouvait durer toute une vie, la tendance est d\u00e9sormais \u00e0 la qu\u00eate fr\u00e9n\u00e9tique d\u2019identit\u00e9, au zapping culturel ou politique. A droite, ils se disent aujourd\u2019hui \u00abidentitaires\u00bb (patriotes) ou skins. A gauche, ils s\u2019appellent \u00absharp\u00bb (skinheads against racial prejudice) et \u00abantifa\u00bb (antifascistes).<\/p>\n<p>\u00abCertains adolescents peuvent passer tr\u00e8s rapidement d\u2019un groupe \u00e0 l\u2019autre et les sous-groupes se multiplient, ce qui devient complexe\u00bb, dit Humberto Lopes. L\u2019id\u00e9ologie prend moins de place qu\u2019avant, c\u2019est surtout une histoire de style ou de mode.\u00bb<\/p>\n<p>La plupart de ces jeunes sont issus de familles \u00e9clat\u00e9es. Ils ont besoin de se sentir appartenir \u00e0 un groupe coh\u00e9rent. \u00abC\u2019est une qu\u00eate d\u2019identit\u00e9. Ils se cherchent une autre famille dans la rue.\u00bb Et ne la trouvent pas.<\/p>\n<p>:::<\/p>\n<p><b>Appartenances multiples<\/b>. On peut \u00eatre \u00e0 la fois DJ et avocat; biker et banquier; proche des milieux punk et vice-pr\u00e9sident du parti La Droite Lib\u00e9rale. Portraits.<\/p>\n<p><center><img src=http:\/\/largeur.com\/images\/large130807art3.jpg><\/center><br \/>\n<b>1. \u00abJe n\u2019ai pas envie de choisir\u00bb<\/b><\/p>\n<p>Konstantin von Zwehl travaille \u00e0 100% au d\u00e9partement juridique de la Banque HSBC, \u00e0 Gen\u00e8ve. Il y dirige un service de quatre personnes. Son temps libre, il le passe derri\u00e8re les platines sous le nom de <a href=http:\/\/www.djminimee.com target=_blank class=std>DJ Minimee<\/a>.<\/p>\n<p>\u00abJe mixe r\u00e9guli\u00e8rement dans des soir\u00e9es priv\u00e9es et au moins une fois par mois lors d\u2019un \u00e9v\u00e9nement. Si n\u00e9cessaire, je prends un cong\u00e9\u00bb, raconte cet avocat de 36 ans. Cela fait six ans qu\u2019il officie en tant que DJ. Un loisir qui tranche avec la traditionnelle partie de golf du banquier lambda, mais qu\u2019on ne lui reproche pas dans son milieu professionnel.<\/p>\n<p>\u00abMes sup\u00e9rieurs connaissent mon activit\u00e9 de DJ, et ils l\u2019acceptent bien. Ils trouvent positif que j\u2019exprime ainsi ma cr\u00e9ativit\u00e9. J\u2019ai l\u2019impression que les entreprises s\u2019ouvrent depuis quelques ann\u00e9es: on reconna\u00eet que les employ\u00e9s ne sont pas forc\u00e9ment satisfaits dans leur travail quotidien et on accepte leur activit\u00e9 annexe dans la mesure o\u00f9 elle ne nuit pas \u00e0 la firme. Du coup, les gens se permettent d\u2019embrasser des projets qu\u2019ils n\u2019auraient pas os\u00e9 envisager auparavant.\u00bb<\/p>\n<p>Dans le monde de la nuit, il ne se sent pas en d\u00e9calage. \u00abAvoir une activit\u00e9 d\u2019avocat la journ\u00e9e me permet de garder une certaine fra\u00eecheur dans mon approche du mix. C\u2019est un avantage par rapport aux DJ professionnels, menac\u00e9s par la routine.\u00bb<\/p>\n<p>Konstantin von Zwehl a trouv\u00e9 son \u00e9quilibre dans cet entre-deux. \u00abJe n\u2019ai pas envie de choisir entre DJ et avocat. Si je devais renoncer \u00e0 l\u2019une des deux activit\u00e9s, je serais frustr\u00e9. Heureusement, ces barri\u00e8res sont en train de tomber. Sur le plan politique \u00e9galement, les gens ne veulent plus s\u2019enfermer dans la droite ou la gauche: ils choisissent selon leurs crit\u00e8res personnels. L\u2019esprit de tribu est en train de dispara\u00eetre et c\u2019est une bonne chose.\u00bb<\/p>\n<p>:::<\/p>\n<p><b>2. \u00abJe n\u2019aime pas le mot tribu\u00bb<\/b><\/p>\n<p><center><img src=http:\/\/largeur.com\/images\/large130807art2.jpg><\/center><\/p>\n<p>Adolescent, Pierre-Yves Piccand faisait partie d\u2019une vraie tribu: celle des skaters, dont il avait adopt\u00e9 le look et la musique. \u00abDu hip-hop, le Wu-Tang Clan\u00bb. Aujourd\u2019hui, la trentaine tout juste entam\u00e9e, il a rejoint un autre bord, celui des bikers.<\/p>\n<p>\u00abLe week-end, je fais de la b\u00e9cane: j\u2019ai deux Harley Davidson, dont une de 1946. Ce que j\u2019aime l\u00e0-dedans, c\u2019est l\u2019esprit de la fin des sixties, le film \u00abHells Angels on Wheels\u00bb. Je fais aussi partie d\u2019un <a href=http:\/\/www.thecheatersgang.com target=_blank class=std>club<\/a> de voitures hot rods avec quelques amis.\u00bb<\/p>\n<p>Grande diff\u00e9rence avec sa passion de jeunesse, il ne con\u00e7oit plus cette appartenance comme le seul facteur d\u00e9finissant son identit\u00e9. \u00abJe ne consid\u00e8re pas les bikers comme une communaut\u00e9. D\u2019ailleurs, je n\u2019aime pas le mot \u00abtribu\u00bb, je suis beaucoup plus individualiste.\u00bb<\/p>\n<p>La journ\u00e9e, il se glisse en effet dans une tout autre peau: celle de trader dans une banque genevoise. Cette double all\u00e9geance lui para\u00eet toute naturelle. \u00abJe n\u2019ai jamais eu de probl\u00e8me au travail par rapport \u00e0 mon look de biker. Cela ne me d\u00e9range pas de mettre un costard-cravate. C\u2019est un uniforme. En \u00e9t\u00e9, je porte des manches longues, on ne voit pas mes tatouages sur les bras.\u00bb<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de son employeur, on ne para\u00eet pas non plus s\u2019en offusquer. \u00abJe n\u2019ai jamais cach\u00e9 que j\u2019aimais bricoler les motos et les voitures, raconte Pierre-Yves Piccand. Je l\u2019avais d\u2019ailleurs mentionn\u00e9 dans mon CV, et on ne m\u2019a jamais fait de remarques.\u00bb<\/p>\n<p>:::<\/p>\n<p><b>3. \u00abJe suis \u00e0 droite mais j\u2019ai aussi des attaches dans le milieu punk\u00bb<\/b><\/p>\n<p><center><img src=http:\/\/largeur.com\/images\/large130807art1.jpg><\/center><\/p>\n<p>Il sort une bonbonne de son sac et l\u2019observe attentivement. \u00abC\u2019est du gaz lacrymog\u00e8ne. Je l\u2019ai ramass\u00e9e dans la rue apr\u00e8s l\u2019\u00e9vacuation du squat Rhino\u00bb, explique Niels Ackermann, 20 ans. Il veut se renseigner pour savoir si elle a des propri\u00e9t\u00e9s \u00abcach\u00e9es\u00bb, \u00e0 l\u2019image de la balle colorante envoy\u00e9e par un policier genevois sur une manifestante en 2003.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tudiant en \u00e9conomie et vice-pr\u00e9sident du parti genevois La Droite lib\u00e9rale a en effet une passion pour la libert\u00e9 sous toutes ses formes: \u00abPropri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e sur ce que je produis mais aussi droit de disposer de mon corps comme je l\u2019entends\u00bb.<\/p>\n<p>Avant de cofonder en 2006 sa propre formation politique avec l\u2019ex-pr\u00e9sident des Lib\u00e9raux genevois Blaise-Alexandre Le Comte, il s\u2019int\u00e9resse aux partis existants, mais ne s\u2019y reconna\u00eet pas. Et pour cause: le jeune homme concilie des all\u00e9geances venues tant de la gauche que de la droite. Il a d\u00e9couvert la politique lors des manifestations anti-G8 en 2002.<\/p>\n<p>\u00abJ\u2019ai rencontr\u00e9 des groupes d\u2019extr\u00eame gauche, ce qui m\u2019a fait d\u00e9couvrir le milieu punk et la notion d\u2019anarchisme.\u00bb Tr\u00e8s vite, il ne se sent pas \u00e0 sa place \u00e0 gauche: \u00abJe suis issu de la classe moyenne, je suis travailleur et je n\u2019aime pas que l\u2019Etat s\u2019insinue dans la vie priv\u00e9e des gens.\u00bb<\/p>\n<p>Il rejoint donc la droite, mais conserve ses attaches dans le milieu associatif et garde quelques ambigu\u00eft\u00e9s, sur le mouvement squat par exemple: \u00abJe soutiens la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, mais je ne suis pas contre le fait que des gens d\u00e9sargent\u00e9s vivent dans des maisons inoccup\u00e9es, pour autant qu\u2019ils fassent preuve de respect envers le propri\u00e9taire.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article, \u00e9crit avec Julie Zaugg, est parue dans L&rsquo;Hebdo du 2 ao\u00fbt 2008.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La division de la soci\u00e9t\u00e9 en cellules herm\u00e9tiques a vol\u00e9 en \u00e9clats. Les r\u00e9flexes claniques ont c\u00e9d\u00e9 la place au pragmatisme et aux appartenances multiples. La faute \u00e0 Tony Blair, \u00e0 l\u2019\u00e9conomie globalis\u00e9e ou \u00e0 l\u2019iPod?<\/p>\n","protected":false},"author":28,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2406","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2406","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/28"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2406"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2406\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2406"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2406"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2406"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}