



{"id":2353,"date":"2007-06-06T00:00:00","date_gmt":"2007-06-05T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2353"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"agroalimentaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2353","title":{"rendered":"Des aliments irradi\u00e9s (enfin) dans nos assiettes"},"content":{"rendered":"<p>Vous prendrez bien un peu d\u2019herbes irradi\u00e9es dans votre potage? L\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OFSP) vient d\u2019autoriser une m\u00e9thode garantissant une conservation optimale des \u00e9pices s\u00e9ch\u00e9es sans rien alt\u00e9rer \u00e0 leur saveur. Son principe? Un traitement par irradiation.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019entreprise soleuroise Studer Draht und Kabelwerk AG qui a obtenu fin mai l\u2019autorisation d\u2019irradier ces denr\u00e9es par son unit\u00e9 ind\u00e9pendante Studer Hard, sp\u00e9cialis\u00e9e dans la st\u00e9rilisation par irradiation de mat\u00e9riel m\u00e9dical et pharmaceutique depuis 1991. <\/p>\n<p>La demande avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e en 2002. \u00abNous voulions poss\u00e9der les m\u00eames comp\u00e9tences et responsabilit\u00e9s que nos concurrents en France, en Italie et ailleurs en Europe, explique Hans J\u00f6rg Hartmann, directeur technique de Studer Hard. Mais pour l\u2019instant, nous ne savons pas encore si nous allons avoir des commandes.\u00bb<\/p>\n<p>Toute la question est l\u00e0. Les Suisses se laisseront-ils convaincre par cette technologie qui, malgr\u00e9 d\u2019ind\u00e9niables qualit\u00e9s pour l\u2019industrie agroalimentaire, \u00e9voque encore et toujours Tchernobyl, ses champignons et fruits des bois devenus hautement radioactifs? <\/p>\n<p>Dans certains pays, l\u2019irradiation de denr\u00e9es alimentaires pour des raisons sanitaires ou pour \u00e9viter que le produit ne se d\u00e9t\u00e9riore trop rapidement est une pratique courante depuis de nombreuses ann\u00e9es. Au Canada, on irradie les pommes de terre, pour emp\u00eacher leurs germes de se d\u00e9velopper, depuis 1960, et aux Etats-Unis depuis 1964. <\/p>\n<p>La Russie utilise ce traitement pour prolonger la dur\u00e9e de conservation de nombreux produits carn\u00e9s depuis la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 60. En Argentine, ce sont les fraises qu\u2019on irradie depuis 1989 dans ce m\u00eame but, et la pratique est \u00e9galement appliqu\u00e9e par le Costa Rica aux mangues et aux papayes depuis 1994. <\/p>\n<p>Plus proche de nous, la France a re\u00e7u en 1990 l\u2019autorisation d\u2019irradier la viande de volaille afin de limiter son taux de microbes, tandis que depuis 1992  les Pays-Bas irradient des denr\u00e9es comme crevettes et cuisses de grenouilles pour r\u00e9duire les micro-organismes pathog\u00e8nes. Enfin, d\u2019autres pays ont \u00e9tabli r\u00e9cemment une liste de denr\u00e9es alimentaires pouvant recevoir un traitement aux rayons ionisants, notamment l\u2019Afrique du Sud en 2002, la Belgique en 2004, et le Mexique en 2005. <\/p>\n<p>Loin d\u2019\u00eatre exhaustive, la liste est encore longue.<\/p>\n<p>En Suisse, les produits irradi\u00e9s autoris\u00e9s par l\u2019OFSP devront obligatoirement porter la mention \u00abtrait\u00e9 aux rayons ionisants\u00bb ou \u00abirradi\u00e9\u00bb sur leur emballage afin d\u2019\u00eatre clairement identifiables pour le consommateur. Quant \u00e0 Studer Hard, elle devra rendre chaque ann\u00e9e un rapport \u00e0 l\u2019OFSP sur la sorte et la quantit\u00e9 d\u2019herbes et d\u2019\u00e9pices irradi\u00e9es. <\/p>\n<p>Nul doute que les grands distributeurs resteront cependant prudents. En 2003, la d\u00e9couverte d\u2019\u00e9pices irradi\u00e9es dans des soupes asiatiques produites en Cor\u00e9e et distribu\u00e9es chez Migros avait provoqu\u00e9 une forte secousse. Le produit avait \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement retir\u00e9 de la vente et le g\u00e9ant de la distribution a choisi de rester prudent. \u00abLa d\u00e9cision de l\u2019OFSP ne va pas changer nos dispositions. Les denr\u00e9es irradi\u00e9es ne sont pas autoris\u00e9es chez Migros\u00bb, affirme sa porte parole Monika Weibel. M\u00eame son de cloche chez son concurrent: \u00abCoop ne planifie pas d\u2019utiliser cette possibilit\u00e9, dit Takashi Sugimoto, porte parole. Nous pensons que le consommateur suisse pr\u00e9f\u00e8re les m\u00e9thodes de conservation traditionnelles.\u00bb <\/p>\n<p>Cette position n\u2019\u00e9tonne gu\u00e8re Michael Beer, chef de la division s\u00e9curit\u00e9 alimentaire \u00e0 l\u2019OFSP. \u00abEn nous basant sur des \u00e9tudes approfondies men\u00e9es par l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9, la Communaut\u00e9 Europ\u00e9enne et la Suisse, nous savons \u00e0 que le type de radiations qui seront appliqu\u00e9es aux herbes et \u00e9pices s\u00e9ch\u00e9es par l\u2019entreprise Studer Hard sont sans danger. Mais je comprends que ce soit quelque chose de difficile \u00e0 concevoir pour le consommateur vu la connotation n\u00e9gative associ\u00e9e aux rayons ionisants.\u00bb<\/p>\n<p>Dommage pourtant, car l\u2019irradiation appara\u00eet comme la meilleure m\u00e9thode de traitement possible contre les bact\u00e9ries des herbes et \u00e9pices s\u00e9ch\u00e9es. \u00abIl n\u2019est pas facile de traiter ce genre de denr\u00e9es sans leur causer une l\u00e9g\u00e8re d\u00e9gradation. Un traitement chimique est possible, mais il laisse des r\u00e9sidus dans le produit, tandis qu\u2019un traitement par vapeur a tendance \u00e0 appauvrir leur ar\u00f4me, explique Michael Beer. Le traitement par irradiation ne laisse quant \u00e0 lui aucune trace nocive tout en pr\u00e9servant la saveur\u00bb. <\/p>\n<p>C\u2019est d\u2019ailleurs probablement dans sa discr\u00e9tion que r\u00e9side le probl\u00e8me d\u2019acceptation de cette technologie. \u00abL\u2019irradiation n\u2019est d\u00e9tectable par aucun de nos cinq sens. C\u2019est justement cela qui inqui\u00e8te les gens\u00bb, conclut Hans J\u00f6rg Hartmann.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une soci\u00e9t\u00e9 soleuroise vient de recevoir l\u2019autorisation de traiter par irradiation des herbes et \u00e9pices s\u00e9ch\u00e9es. Une pratique contest\u00e9e en Suisse, alors que d\u2019autres pays irradient fraises, pommes de terre ou cuisses de grenouilles depuis plus de 20 ans.<\/p>\n","protected":false},"author":19284,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2353","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2353","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19284"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2353"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2353\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2353"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2353"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2353"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}