



{"id":2266,"date":"2007-01-29T00:00:00","date_gmt":"2007-01-28T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2266"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"travail","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2266","title":{"rendered":"Quand les seniors font plus fort"},"content":{"rendered":"<p>Les seniors sont un fardeau sur le march\u00e9 de l&#8217;emploi: ils co\u00fbtent cher en charges sociales et en salaire, leurs aptitudes baissent et ils peinent \u00e0 acqu\u00e9rir de nouvelles comp\u00e9tences. On ne cesse de l&rsquo;entendre. De plus, les vieux sont de plus en plus nombreux: fin 2005, les plus de 64 ans repr\u00e9sentaient 16% des personnes r\u00e9sidant en Suisse; d&rsquo;ici \u00e0 2035, ils seront 25%, selon l&rsquo;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique. Il va donc bien falloir leur trouver du travail, surtout si les propositions de relever l&rsquo;\u00e2ge de la retraite pour financer l&rsquo;AVS aboutissent.<\/p>\n<p>Heureusement, il existe des domaines o\u00f9 le fait d&rsquo;\u00eatre un senior repr\u00e9sente un atout. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des branches o\u00f9 il faut avoir une longue exp\u00e9rience pour \u00eatre efficace, des secteurs o\u00f9 la rel\u00e8ve peine \u00e0 venir, suscitant une p\u00e9nurie de la main-d&rsquo;oeuvre ou des savoirs anciens qui se perdent. De m\u00eame, dans le domaine de l&rsquo;action sociale, les retrait\u00e9s motiv\u00e9s, et avec du temps \u00e0 disposition, peuvent apporter une contribution bienvenue. L&rsquo;Hebdo a identifi\u00e9 les principaux m\u00e9tiers o\u00f9 les employ\u00e9s aux tempes grisonnantes gardent la cote.<\/p>\n<p><b>Le gestionnaire de fortune<\/b><\/p>\n<p>La gestion de fortune favorise les collaborateurs d&rsquo;un certain \u00e2ge. \u00abPour asseoir leur pr\u00e9sence sur les march\u00e9s existants, o\u00f9 il s&rsquo;agit de fid\u00e9liser la client\u00e8le, les banques pr\u00e9f\u00e8rent quelqu&rsquo;un de pos\u00e9 avec un r\u00e9seau de relations et une anciennet\u00e9, gage de cr\u00e9dibilit\u00e9, note Julien Bonvin, consultant aupr\u00e8s du cabinet de recrutement Human Asset. A l&rsquo;inverse, pour les nouveaux march\u00e9s comme la Russie, elles privil\u00e9gient les jeunes, plus offensifs.\u00bb Ces seniors arrivent en outre avec un fichier de clients d\u00e9j\u00e0 constitu\u00e9, un avantage certain pour la banque. \u00abLa gestion de fortune s&rsquo;adresse \u00e0 une client\u00e8le relativement \u00e2g\u00e9e qui, pour parler de pr\u00e9voyance vieillesse ou de pr\u00e9paration \u00e0 la retraite, pr\u00e9f\u00e8re avoir affaire \u00e0 quelqu&rsquo;un du m\u00eame \u00e2ge, avec un regard similaire sur la vie\u00bb, ajoute Ruth Derrer-Balladore, responsable du march\u00e9 du travail aupr\u00e8s de l&rsquo;Union patronale suisse (UPS).<\/p>\n<p><b>Le manager de crise<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;entreprise qui cherche \u00e0 sortir d&rsquo;une situation de crise fait appel \u00e0 un gestionnaire exp\u00e9riment\u00e9. \u00abUn manager confront\u00e9 \u00e0 sa premi\u00e8re crise va paniquer, rel\u00e8ve Ruth Derrer-Balladore. Celui qui a d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu deux ou trois fois ce genre de cas va prendre le temps de r\u00e9fl\u00e9chir et r\u00e9agir de fa\u00e7on adapt\u00e9e.\u00bb La gestion de crise se fait sur mandat. \u00abCes personnes interviennent pendant un laps de temps donn\u00e9, de six mois \u00e0 deux ans, pour assurer l&rsquo;int\u00e9rim suite \u00e0 la d\u00e9mission d&rsquo;un CEO ou pour encadrer une transition. Pour cela, il faut un gros bagage et une tr\u00e8s large palette de comp\u00e9tences\u00bb, souligne Julien Bonvin. Lors de la gr\u00e8ve chez Swissmetal en 2006, Berne avait ainsi fait appel \u00e0 l&rsquo;industriel jurassien Rolf Bloch, 75 ans, comme m\u00e9diateur.<\/p>\n<p><b>Le responsable RH<\/b><\/p>\n<p>La longue exp\u00e9rience des seniors constitue un atout dans les ressources humaines. \u00abLorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de r\u00e9orienter une carri\u00e8re ou d&rsquo;encadrer une reconversion professionnelle, l&#8217;employ\u00e9 qui est d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 par toutes sortes d&rsquo;activit\u00e9s aura la connaissance et la l\u00e9gitimit\u00e9 n\u00e9cessaires face au client\u00bb, note Julien Bonvin. \u00abJ&rsquo;ai constat\u00e9 que les seniors s&rsquo;adaptent plus rapidement, car ils ont d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu pas mal de crises\u00bb, rench\u00e9rit Stephane Genova, propri\u00e9taire du cabinet de recrutement Job Selection. Il vient d&rsquo;ailleurs d&rsquo;engager un responsable des RH de plus de 60 ans (lire t\u00e9moignage plus bas).<\/p>\n<p><b>L&rsquo;ing\u00e9nieur<\/b><\/p>\n<p>Ne trouvant pas d&rsquo;ing\u00e9nieurs qualifi\u00e9s, la soci\u00e9t\u00e9 allemande Fahrion Engineering a d\u00e9cid\u00e9 de recruter des sp\u00e9cialistes entre 45 et 65 ans. \u00abUn jeune ing\u00e9nieur a besoin de dix \u00e0 quinze ans avant d&rsquo;\u00eatre op\u00e9rationnel sur un gros projet, comme la construction d&rsquo;un a\u00e9roport. En revanche, on peut le confier \u00e0 un senior au bout de trois ans\u00bb, d\u00e9taille Ruth Derrer-Balladore. Dans le domaine du nucl\u00e9aire aussi, les collaborateurs \u00e2g\u00e9s sont pr\u00e9cieux. \u00abNous sommes \u00e0 court d&rsquo;ing\u00e9nieurs ma\u00eetrisant ces technologies, indique Charles B\u00e9laz, directeur de Manpower Suisse. Depuis vingt ans, ce secteur subit une sorte de moratoire, plus personne ne s&rsquo;y forme.\u00bb M\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne pour les grands ouvrages: \u00abIl manque des gens sachant construire des ponts, notamment \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Les seniors, qui n&rsquo;ont plus d&rsquo;enfants en bas \u00e2ge, partent plus facilement.\u00bb<\/p>\n<p><b>Le consultant<\/b><\/p>\n<p>Les seniors font de bons consultants. \u00abNos 350 membres \u00e2g\u00e9s de 55 \u00e0 70 ans donnent des conseils dans tous les domaines de l&rsquo;entreprise: la cr\u00e9ation, la gestion, la fusion, le redressement, la transmission\u00bb, explique Dominique Noir, coresponsable d&rsquo;Adlatus, un r\u00e9seau d&rsquo;ex-cadres de haut niveau. Leur atout: \u00abLe banquier qui sait que son client est coach\u00e9 par l&rsquo;ex-directeur des finances de Nestl\u00e9 aura davantage confiance.\u00bb Chez Top Fifty, les 400 conseillers de plus de 50 ans \u00abne n\u00e9cessitent pas de phase d&rsquo;apprentissage et ne cherchent pas \u00e0 faire carri\u00e8re chez le client\u00bb, explique Philippe Erard, l&rsquo;un des dirigeants. Certaines soci\u00e9t\u00e9s ont elles-m\u00eames compris l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de \u00abrecycler\u00bb leurs cadres. Chez ABB, les managers de plus de 60 ans sont transf\u00e9r\u00e9s dans la firme de consulting ind\u00e9pendante Consenec. Aux CFF, les cadres sup\u00e9rieurs rejoignent \u00e0 59 ans un \u00abConsulting Group\u00bb.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;ouvrier sp\u00e9cialis\u00e9<\/b><\/p>\n<p>Certaines branches, tr\u00e8s sp\u00e9cialis\u00e9es et misant peu sur la force physique, n\u00e9cessitent des ouvriers avec une grande exp\u00e9rience. Au syndicat Unia, on cite les m\u00e9tiers d&rsquo;\u00e9tancheur, de parqueteur ou de carreleur, \u00abdes professions \u00e0 forte sp\u00e9cialisation\u00bb. Tony Pereiro, directeur adjoint d&rsquo;Adecco Suisse, rel\u00e8ve quant \u00e0 lui que \u00ables ferblantiers, charpentiers ou horlogers d&rsquo;un certain \u00e2ge sont tr\u00e8s recherch\u00e9s\u00bb. Il rappelle qu&rsquo;au Japon, en France et en Grande-Bretagne des agences de travail temporaire ciblant les plus de 55 ans ont vu le jour. \u00abC&rsquo;est un march\u00e9 porteur.\u00bb De plus, \u00abces savoir-faire anciens ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9laiss\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es par les jeunes et il y a donc un v\u00e9ritable manque de main-d&rsquo;oeuvre.\u00bb<\/p>\n<p><b>Le politicien<\/b><\/p>\n<p>Pour faire de la politique, mieux vaut ne pas \u00eatre trop jeune. \u00abAvec l&rsquo;\u00e2ge, je ma\u00eetrise mieux les dossiers, j&rsquo;ai une meilleure perception des rapports de force et j&rsquo;ai acquis l&rsquo;habitude de croiser le fer, indique Jacques-Simon Eggly, doyen du Conseil national avec 64 ans. Le lib\u00e9ral genevois cite le cas de l&rsquo;ex-conseill\u00e8re f\u00e9d\u00e9rale Ruth Metzler, 35 ans au moment de son investiture, \u00abqui manquait d&rsquo;exp\u00e9rience politique\u00bb. Conscient de cette situation, le Conseil suisse des activit\u00e9s de jeunesse a mis sur pied un programme de mentorat: les politiciennes exp\u00e9riment\u00e9es accompagnent les plus jeunes, leur permettant de rencontrer des personnes influentes et de se constituer un r\u00e9seau de relations.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;assistant \u00e0 la petite enfance<\/b><\/p>\n<p>Les seniors ont un r\u00f4le social \u00e0 jouer en se mettant b\u00e9n\u00e9volement au service de la petite enfance. A l&rsquo;Atelier-Vie, une garderie genevoise, des retrait\u00e9s s&rsquo;occupent des enfants un apr\u00e8s-midi par semaine. La cr\u00e8che La Chenille \u00e0 Lausanne fait de m\u00eame (lire t\u00e9moignage plus loin). Au Mouret (FR), \u00e0 Ani\u00e8res (GE) et \u00e0 La Chaux-de-Fonds, des institutions r\u00e9unissent sous un m\u00eame toit un foyer pour personnes \u00e2g\u00e9es et un jardin d&rsquo;enfants. Certaines classes zurichoises, saint-galloises et grisonnes re\u00e7oivent la visite d&rsquo;un a\u00een\u00e9 une fois par semaine. \u00abLe senior ne remplace pas l&rsquo;instituteur, il aide simplement l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 faire des calculs ou \u00e0 lire dans un coin. Il y a moins de pression dans la relation, car il est plus disponible que le ma\u00eetre et ne met pas de notes\u00bb, raconte Pascale Sidler-Angehrn, ex-institutrice \u00e0 l&rsquo;origine du projet. Une initiative similaire a \u00e9t\u00e9 mise sur pied en 2002 \u00e0 Bex.<\/p>\n<p><b>Le coach pour ch\u00f4meurs<\/b><\/p>\n<p>Le savoir-faire des a\u00een\u00e9s peut servir aux ch\u00f4meurs. \u00abLes ORP nous envoient des sans-emploi qui veulent cr\u00e9er une entreprise, note Dominique Noir d&rsquo;Adlatus. En Valais, nous en avons conseill\u00e9 plus de 400.\u00bb Les a\u00een\u00e9s peuvent \u00e9galement aider les jeunes \u00e0 trouver un apprentissage. Le Centre vaudois d&rsquo;aide \u00e0 la jeunesse propose ainsi \u00e0 des retrait\u00e9s de la banque, des assurances, du b\u00e2timent ou du graphisme de parrainer un jeune en qu\u00eate d&#8217;emploi. Innovage, un projet pilote lanc\u00e9 fin 2006 dans quatre villes suisses, pr\u00e9voit, lui, que des seniors hautement qualifi\u00e9s de plus de 55 ans coachent des jeunes en recherche de place d&rsquo;apprentissage. \u00abUn architecte \u00e0 la retraite pourra par exemple introduire une personne dans la construction gr\u00e2ce \u00e0 son carnet d&rsquo;adresses\u00bb, d\u00e9taille pour sa part Daniel Ardiot, le pr\u00e9sident de l&rsquo;association valaisanne Adire, qui regroupe une vingtaine de coachs seniors.<\/p>\n<p><b>Le mentor<\/b><\/p>\n<p>Constatant qu&rsquo;elles perdaient de pr\u00e9cieuses connaissances au fur et \u00e0 mesure que leurs collaborateurs partaient \u00e0 la retraite, certaines entreprises ont mis en place des programmes de mentorat pour assurer la transmission des comp\u00e9tences. \u00abNous voulons garder le savoir-faire au sein de l&rsquo;entreprise\u00bb, souligne-t-on ainsi \u00e0 La Poste. Elle a donc introduit des \u00e9quipes mixtes m\u00ealant les jeunes et les seniors. Chez Siemens Suisse, on privil\u00e9gie \u00e9galement le brassage. \u00abNous avons constat\u00e9 que les teams mixtes fonctionnent mieux. Les plus \u00e2g\u00e9s ont une vision d&rsquo;ensemble, un certain calme, que les jeunes, plus dynamiques, n&rsquo;ont pas\u00bb, explique Nadine Rymann, porte-parole. Les CFF et Novartis disposent eux aussi de programmes de parrainage.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<font size=2><b>\u00abJ&rsquo;avais envie du d\u00e9fi\u00bb<\/b><\/p>\n<p>Jean-Luc Prioult a 60 ans et vient d&rsquo;op\u00e9rer une reconversion professionnelle majeure. Il y a trois mois, il a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 par le cabinet de recrutement genevois Job Selection, apr\u00e8s une longue carri\u00e8re d&rsquo;entrepreneur en France et en Chine. De retour de Hong Kong, il a v\u00e9cu un moment charni\u00e8re: \u00abJ&rsquo;ai h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 prendre ma retraite, avant de d\u00e9cider de terminer ma carri\u00e8re dans les ressources humaines. J&rsquo;avais envie du d\u00e9fi.\u00bb Il lui faudra \u00abtout reprendre \u00e0 z\u00e9ro\u00bb, faire de la prospection, se former aux nouveux outils informatiques. \u00abSi je ne me d\u00e9passe pas, je ne serai pas rentable et mon sup\u00e9rieur regrettera d&rsquo;avoir engag\u00e9 un senior.\u00bb Il conna\u00eet cependant ses atouts. \u00abMon exp\u00e9rience internationale, mon r\u00e9seau et mon entregent repr\u00e9sentent des avantages. J&rsquo;ai beaucoup engag\u00e9, licenci\u00e9 aussi, au cours de ma carri\u00e8re. Sans oublier que j&rsquo;arrive d\u00e9j\u00e0 avec des contacts et du business.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<b>\u00abJe n&rsquo;ai plus grand-chose \u00e0 prouver\u00bb<\/b><\/p>\n<p>En 2003, Alain Curchod a 62 ans. Il occupe la fonction de directeur du marketing pour Henniez depuis dix-huit ans. Il d\u00e9cide alors de se mettre \u00e0 la \u00abretraite active\u00bb en rejoignant Adlatus, un r\u00e9seau d&rsquo;ex-cadres sup\u00e9rieurs qui exercent une activit\u00e9 de consultant pour les entreprises. Depuis quatre ans, le Vaudois aligne donc les mandats de conseil en marketing strat\u00e9gique et en vente. Il voit une diff\u00e9rence majeure avec sa vie professionnelle d&rsquo;antan: \u00abJ&rsquo;agis dans une ambiance d\u00e9tendue et hors syst\u00e8me. Mes ambitions sont derri\u00e8re moi, je n&rsquo;ai plus grand-chose \u00e0 prouver.\u00bb Son \u00e2ge le sert. \u00abEn quarante ans, j&rsquo;ai fait pas mal d&rsquo;erreurs, et je sais donc comment les \u00e9viter. Quant \u00e0 mes cheveux gris, ils rassurent, ils me conf\u00e8rent une l\u00e9gitimit\u00e9. J&rsquo;ai aussi davantage de disponibilit\u00e9 de temps et d&rsquo;esprit.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<b>\u00abJe suis celle qui raconte les histoires\u00bb<\/b><\/p>\n<p>A 69 ans, Odile Pizzoglio est une grand-m\u00e8re active: le mardi, elle travaille dans une cr\u00e8che et le dimanche elle fait de l&rsquo;animation dans un EMS. \u00abJe me vois comme un panier rempli de tous les fruits de la vie. Arriv\u00e9e \u00e0 la retraite, j&rsquo;ai eu envie de les partager\u00bb, raconte cette ancienne secr\u00e9taire au CHUV. Elle s&rsquo;adresse alors aux deux institutions lausannoises qui l&rsquo;accueillent \u00ab\u00e0 bras ouverts\u00bb. Elle ne souhaite pas \u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e, \u00abcar le travail, il faut le laisser aux jeunes\u00bb. A l&rsquo;EMS, elle organise des promenades, des chants ou des jeux. Elle a un statut diff\u00e9rent des infirmi\u00e8res: \u00abJe n&rsquo;accomplis jamais d&rsquo;acte m\u00e9dicalis\u00e9 et je me r\u00e9f\u00e8re toujours \u00e0 un professionnel, par exemple si un patient diab\u00e9tique veut un caf\u00e9.\u00bb A la cr\u00e8che, les enfants font eux aussi la diff\u00e9rence avec les \u00e9ducatrices. \u00abJe suis celle qui raconte les histoires, j&rsquo;ai un r\u00f4le de grand-m\u00e8re.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<b>\u00abJ&rsquo;ai pris de l&rsquo;exp\u00e9rience avec les ann\u00e9es\u00bb<\/b><\/p>\n<p>Jos\u00e9 Mendez a 14 ans lorsqu&rsquo;il d\u00e9bute sur son premier chantier, dans son Espagne natale. \u00abJe n&rsquo;ai pas fait d&rsquo;apprentissage, j&rsquo;ai tout appris sur le tas\u00bb, raconte cet \u00e9tancheur qualifi\u00e9 de 58 ans. Arriv\u00e9 en Suisse, il rejoint l&rsquo;entreprise lausannoise G. Dentan, o\u00f9 il se trouve toujours. Au d\u00e9but, il \u00abfait les gros chantiers comme aide-\u00e9tancheur\u00bb. Peu \u00e0 peu, il apprend le m\u00e9tier. \u00abJ&rsquo;ai pris de l&rsquo;exp\u00e9rience avec les ann\u00e9es.\u00bb A pr\u00e9sent, il est essentiellement employ\u00e9 sur les ouvrages de taille r\u00e9duite. Son patron Alain Joseph pr\u00e9f\u00e8re en effet envoyer ses employ\u00e9s de plus de 50 ans l\u00e0 o\u00f9 leur exp\u00e9rience sera mise \u00e0 profit: \u00abLa recherche d&rsquo;infiltrations sur un toit ou la r\u00e9fection d&rsquo;une terrasse, par exemple, n\u00e9cessitent une grande finesse de m\u00e9tier.\u00bb Il en profite alors pour les faire accompagner par des jeunes pour qu&rsquo;ils les forment.<\/font><\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo du 25 janvier 2007<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les collaborateurs \u00e2g\u00e9s sont souvent victimes du jeunisme qui r\u00e8gne dans les entreprises. Leur exp\u00e9rience reste cependant pr\u00e9cieuse dans de nombreux secteurs. Voici lesquels.<\/p>\n","protected":false},"author":19062,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-2266","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2266","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19062"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2266"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2266\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2266"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2266"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2266"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}