



{"id":2265,"date":"2007-01-28T00:00:00","date_gmt":"2007-01-27T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2265"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"20 ans apres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2265","title":{"rendered":"Les Mauriciennes de nos campagnes"},"content":{"rendered":"<p> \u00abJ&rsquo;ai gard\u00e9 de bons contacts avec mon ex-mari, c&rsquo;est tout ce que j&rsquo;ai \u00e0 dire. Ma fille fait des \u00e9tudes, je veux rester le plus discr\u00e8te possible.\u00bb Par l&rsquo;interphone, devant sa maison, l&rsquo;ex-femme mauricienne d&rsquo;un paysan vaudois cong\u00e9die le journaliste curieux. Par t\u00e9l\u00e9phone, ce sont les maris qui jouent les cerb\u00e8res: \u00abUn reportage sur les femmes mauriciennes? Non merci, \u00e7a ne l&rsquo;int\u00e9resse pas\u00bb, d\u00e9cr\u00e8te un paysan fribourgeois sans demander l&rsquo;avis de sa compagne.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 80, nombreuses sont pourtant les Mauriciennes qui se sont affich\u00e9es dans Le Sillon romand (aujourd&rsquo;hui Terre et Nature) ou L&rsquo;illustr\u00e9, photo \u00e0 l&rsquo;appui, pour trouver un mari en Suisse &#8211; le plus souvent, un agriculteur. Elles \u00e9taient, \u00e0 cette \u00e9poque, les seules immigr\u00e9es que le pays acceptait sur son sol. Tr\u00e8s vite, soeurs, cousines et voisines mauriciennes ont transform\u00e9 le bouche \u00e0 oreille en ph\u00e9nom\u00e8ne de soci\u00e9t\u00e9, suscitant les discussions de la laiterie \u00e0 l&rsquo;auberge communale. Ces bataillons d\u00e9barquaient arm\u00e9s de puissants outils de s\u00e9duction: elles parlaient fran\u00e7ais, elles charriaient une r\u00e9putation de filles soumises, mais surtout c&rsquo;\u00e9tait leur couleur de peau qui charmait leurs \u00e9poux: \u00abElles \u00e9taient belles et souvent les paysans ne regardaient pas plus loin\u00bb, remarque Maxime d&rsquo;Avrincourt, pilier de la communaut\u00e9, arriv\u00e9 de l&rsquo;\u00eele en 1974.<\/p>\n<p>\u00abRomands d&rsquo;amour\u00bb La r\u00e9ticence des Mauriciennes \u00e0 \u00e9voquer leur histoire devant un journaliste ne vient pas du hasard. Plus de vingt ans apr\u00e8s sa diffusion, les esprits sont toujours \u00e9chaud\u00e9s par un reportage quasi l\u00e9gendaire de Temps pr\u00e9sent. Romands d&rsquo;amour, film de Jos\u00e9 et Jean-Louis Roy, a durablement \u00e9tabli une image peu flatteuse de la femme mauricienne, \u00e0 la recherche de l&rsquo;eldorado par mari suisse interpos\u00e9. Les na\u00efves perles noires qui apparaissaient dans le documentaire devaient partager le lit conjugal avec des paysans vaudois ou fribourgeois bourrus, plus enclins \u00e0 les employer comme boniches qu&rsquo;\u00e0 les choyer. Choc des cultures, craquelures dans le Swiss dream, le documentaire d\u00e9crivait une r\u00e9alit\u00e9 rurale plut\u00f4t sulfureuse.<\/p>\n<p>Une image pour le moins caricaturale aux yeux des Mauriciens de Suisse, agac\u00e9s par ce st\u00e9r\u00e9otype de la gourde v\u00e9nale. \u00abOn en a gard\u00e9 un arri\u00e8re-go\u00fbt d\u00e9sagr\u00e9able, t\u00e9moigne Maxime d&rsquo;Avrincourt. Le reportage des fr\u00e8res Roy ne montrait que les pires aspects de ces couples mixtes, \u00e9ludant tous les c\u00f4t\u00e9s positifs.\u00bb<\/p>\n<p>Jos\u00e9 Roy s&rsquo;avoue surpris que son film demeure ainsi grav\u00e9 dans les m\u00e9moires: \u00abC&rsquo;est un hommage que vous me rendez. Vingt ans plus tard, je pensais qu&rsquo;on l&rsquo;aurait oubli\u00e9 en d\u00e9pit de l&rsquo;\u00e9norme impact \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.\u00bb<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la m\u00e9fiance, le film a aussi \u00e9veill\u00e9 une conscience communautaire. L&rsquo;Association des Mauriciens de Gen\u00e8ve revendique cet \u00e9v\u00e9nement fondateur sur la page d&rsquo;accueil de son site internet: \u00abIl y a eu le triste \u00e9pisode m\u00e9diatique de Romands d&rsquo;amour (&#8230;). La communaut\u00e9 mauricienne d\u00e9cida alors de r\u00e9agir afin de donner une image plus r\u00e9aliste et plus positive de son pays\u00bb, \u00e9crit-elle. Agent de voyages sp\u00e9cialis\u00e9 dans les s\u00e9jours pour immigr\u00e9s vers l&rsquo;\u00eele de l&rsquo;oc\u00e9an Indien et animateur de soir\u00e9es dansantes mauriciennes dans sa commune de Baulmes et \u00e0 Yverdon, Maxime d&rsquo;Avrincourt, le \u00abtonton\u00bb de la communaut\u00e9, conna\u00eet tous les protagonistes de cette diaspora.<\/p>\n<p>Il admet que les mariages arrang\u00e9s avec des Suisses font partie de l&rsquo;histoire migratoire de l&rsquo;\u00eele de l&rsquo;oc\u00e9an Indien: \u00abA nos soir\u00e9es viennent beaucoup de couples mixtes. En Suisse, il n&rsquo;y a pas de Mauriciens, il n&rsquo;y a que des Mauriciennes.\u00bb Presque conclues \u00e0 l&rsquo;aveuglette, ces unions \u00e9taient rarement le r\u00e9sultat de coups de foudre. \u00abJe suis venue en vacances en Suisse et il a bien fallu que je me marie pour y rester\u00bb, avoue franchement Marie-France Pittet, qui a \u00e9pous\u00e9 un paysan vaudois en 1986 (lire ci-contre).<\/p>\n<p>Les chiffres de l&rsquo;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique nuancent les impressions du tonton: sur les 922 ressortissants mauriciens r\u00e9sidant en Suisse, on d\u00e9nombrait 57% de femmes en 2005. Le d\u00e9s\u00e9quilibre est plus net en ce qui concerne les naturalisations, avec un rapport de 84% \u00e0 l&rsquo;avantage des femmes sur les 659 cas r\u00e9pertori\u00e9s par le recensement de l&rsquo;an 2000. Aujourd&rsquo;hui, parce que le niveau de vie a consid\u00e9rablement augment\u00e9 sur l&rsquo;\u00cele et parce que la nouvelle l\u00e9gislation n&rsquo;offre le passeport \u00e0 croix blanche qu&rsquo;apr\u00e8s cinq ans de vie commune, ce type de mariage est devenu beaucoup plus rare: entre 1991 et 2005, leur nombre a chut\u00e9 de 65%.<\/p>\n<p>Romands d&rsquo;amour d\u00e9voilait la difficile acclimatation et le semi-esclavage de certaines \u00e9pouses. On se souvient particuli\u00e8rement du personnage d&rsquo;Elsie. Une s\u00e9quence entr\u00e9e dans l&rsquo;imaginaire collectif la montrait en train de frotter le dos de son b\u00fbcheron de mari, v\u00e9ritable pacha vaudois se royaumant dans son bain. \u00abIl n&rsquo;y avait l\u00e0 rien de normal, se courrouce Maxime d&rsquo;Avrincourt. A Maurice, les femmes ne baignent jamais leur compagnon!\u00bb<\/p>\n<p>Ce mariage n&rsquo;a logiquement pas r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du temps. \u00abAujourd&rsquo;hui elle refait discr\u00e8tement sa vie avec un ami et tente d&rsquo;oublier les souffrances caus\u00e9es par son premier mariage et par le film\u00bb, nous confie un proche.<\/p>\n<p>La moiti\u00e9 des couples du documentaire environ auraient divorc\u00e9. Un taux relativement bas &#8211; la moyenne suisse! &#8211; en regard des origines peu romantiques de ces \u00e9pousailles. Pourquoi les Mauriciennes n&rsquo;ont-elles pas toutes quitt\u00e9 leur mari, une fois la nationalit\u00e9 suisse obtenue? \u00abLe truc qui nous sauve, c&rsquo;est notre sens de la famille, notre \u00e9thique. Chez nous, le divorce est un tabou et un d\u00e9shonneur\u00bb, avance Maxime d&rsquo;Avrincourt. C&rsquo;est d&rsquo;autant plus vrai que la majorit\u00e9 des femmes qui ont \u00e9migr\u00e9 en Suisse appartiennent \u00e0 l&rsquo;ethnie noire et catholique de Maurice, la plus traditionaliste de l&rsquo;\u00eele.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est surtout le manque de relais et de formation professionnelle qui a cantonn\u00e9 ces femmes dans leur r\u00f4le d&rsquo;\u00e9pouse. Isol\u00e9es \u00e0 la campagne, il leur \u00e9tait difficile de refaire leur vie et de trouver un emploi. Alors, nombreuses sont celles qui ont opt\u00e9 pour un emprisonnement volontaire. \u00abQuand elles sont arriv\u00e9es ici, elles ne connaissaient rien ni personne, donc elles sont rest\u00e9es dans leur foyer. Elles ont jou\u00e9 le jeu.\u00bb Un jeu diff\u00e9rent de celui que pratiquent les filles de l&rsquo;Est, qui d\u00e9sormais s\u00e9duisent les c\u00e9libataires helv\u00e9tiques.<\/p>\n<p>La Suisse conna\u00eet un boom consid\u00e9rable des \u00e9pousailles conclues avec des Ukrainiennes, des Russes, des Roumaines ou encore des Tch\u00e8ques. Ces filles ont g\u00e9n\u00e9ralement accompli des \u00e9tudes, surfent sur le net et \u00e9pousent de jeunes cadres sup\u00e9rieurs urbains. Ce ne sont plus les laiss\u00e9s-pour-compte du march\u00e9 matrimonial qui vont chiner leur bonheur \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, mais les golden boys qui passent des alliances aux doigts d&rsquo;\u00abalter \u00e9gales\u00bb.<\/p>\n<p>Parmi les Mauriciennes arriv\u00e9es dans les ann\u00e9es 80, certaines ont pris le large, sont parties se cacher dans l&rsquo;anonymat de nos villes. Elles travaillent comme infirmi\u00e8res, comme serveuses, comme vendeuses, comme aides de soins \u00e0 domicile &#8211; se sont bien int\u00e9gr\u00e9es. D&rsquo;autres, d\u00e9courag\u00e9es ou simplement trop \u00e2g\u00e9es pour tout recommencer, sont rentr\u00e9es \u00e0 Maurice apr\u00e8s leur s\u00e9paration. Enfin, il y a celles qui poursuivent l&rsquo;aventure, comme Marie-Jos\u00e9e et Cynqu\u00ebrra. Des histoires derri\u00e8re lesquelles semble avoir point\u00e9 quelque chose qui ressemble \u00e0 de l&rsquo;amour. Enfin.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<font size=2><b>\u00abJe n&rsquo;\u00e9tais pas faite pour la campagne\u00bb<\/b><\/p>\n<p>Marie-France Pittet a pass\u00e9 neuf ans en Suisse (de 1986 \u00e0 1995), neuf ans \u00e0 se morfondre dans une ferme isol\u00e9e de Poliez-le-Grand (Vaud). \u00abDes fois, je me demande: qu&rsquo;est-ce que j&rsquo;ai bien pu faire de ma vie?\u00bb Pourtant, Marie-France ne reproche pas grand-chose \u00e0 son ex-mari. \u00abC&rsquo;est surtout la malchance qui est responsable. Il n&rsquo;\u00e9tait pas m\u00e9chant, mais il ne pensait qu&rsquo;au travail, aux vaches et \u00e0 la ferme. Moi je restais seule toute la journ\u00e9e alors que j&rsquo;aime discuter, rencontrer des gens. J&rsquo;aurais voulu travailler hors du domicile, mais il fallait lui pr\u00e9parer \u00e0 manger, aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9curie.\u00bb Depuis dix ans, elle vit \u00e0 nouveau au milieu des siens, \u00e0 Rose Hill, une petite ville de Maurice. \u00abBien s\u00fbr, c&rsquo;est assez difficile financi\u00e8rement, car je suis trop \u00e2g\u00e9e pour trouver un emploi, alors je d\u00e9pends de ma famille. Mais au moins je suis entour\u00e9e.\u00bb Elle r\u00eave parfois encore de la Suisse. \u00abSi j&rsquo;avais v\u00e9cu en ville, les choses auraient s\u00fbrement \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rentes, mais \u00e0 54 ans, on ne refait plus sa vie\u00bb, regrette-t-elle.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<b>\u00abOn nous reprochait de voler les maris des Suissesses\u00bb<\/b><\/p>\n<p>Jocelyne a foul\u00e9 pour la premi\u00e8re fois le sol suisse en 1993, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 13 ans. Sept ans apr\u00e8s sa m\u00e8re, qui a rencontr\u00e9 et \u00e9pous\u00e9 un paysan de la r\u00e9gion d&rsquo;Yverdon alors qu&rsquo;elle servait dans un restaurant. Un cas d&rsquo;\u00e9cole: les m\u00e8res c\u00e9libataires partaient d&rsquo;abord en \u00e9claireuses, laissant \u00e0 leur famille la charge des enfants, le temps de se marier. Aujourd&rsquo;hui, Jocelyne ne d\u00e9sire qu&rsquo;une chose: rentrer \u00e0 Maurice. \u00abJe n&rsquo;ai pas vraiment eu le temps de faire grand-chose de ma vie depuis que je suis ici et je ne supporte plus les hivers rigoureux. Je pense que chacun devrait rester chez soi, dans son pays.\u00bb Elle ne craint pas la solitude, ni l&rsquo;ennui, les grands ennemis des transplant\u00e9s. Divorc\u00e9e d&rsquo;un Mauricien qu&rsquo;elle a rencontr\u00e9 en Suisse, elle explique qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait jamais pu \u00e9pouser un Helv\u00e8te: \u00abOn nous reprochait de voler les maris des Suissesses, de ne pas avoir \u00e0 faire de gros efforts de s\u00e9duction parce que notre peau mate suffit \u00e0 ensorceler les hommes.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<b>\u00abNous sommes tomb\u00e9s amoureux l&rsquo;un de l&rsquo;autre\u00bb<\/b><\/p>\n<p>Cynqu\u00ebrra y tient beaucoup: elle s&rsquo;est mari\u00e9e par amour. Au contraire des mariages \u00e9clair qu&rsquo;ont connus la plupart des Mauriciennes, elle a pris son temps pour \u00eatre s\u00fbre de choisir le bon pr\u00e9tendant. \u00abJ&rsquo;ai rencontr\u00e9 mon mari alors qu&rsquo;il \u00e9tait en vacances \u00e0 Maurice. Nous sommes tomb\u00e9s amoureux l&rsquo;un de l&rsquo;autre. Il est revenu trois fois me rendre visite sur une p\u00e9riode de deux ans, apr\u00e8s quoi nous avons d\u00e9cid\u00e9 de nous marier en Suisse.\u00bb En voyant Romands d&rsquo;amour, elle a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s surprise: \u00abJe ne savais m\u00eame pas que ce genre de commerce existait.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<b>\u00abMon premier souvenir, c&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;il fallait porter des bas\u00bb<\/b><\/p>\n<p>A c\u00f4t\u00e9 des nombreux couples qui n&rsquo;ont pas surv\u00e9cu \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du temps, le cas de Marie-Jos\u00e9e et Camille Meylan fait office d&rsquo;exception: vingt ans qu&rsquo;ils partagent leur vie \u00e0 Villars-Tiercelin, dans le Gros-de-Vaud. Leur recette? \u00abJe ne la contredis pas trop, sinon elle se f\u00e2che. Si je lui avais tenu t\u00eate, elle serait partie\u00bb, r\u00e9sume Camille, 58 ans. Le timide mari avoue qu&rsquo;avant cette rencontre, il ne \u00abfr\u00e9quentait pas beaucoup par ici\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abJe faisais partie d&rsquo;une amicale, raconte-t-il. Nous sommes partis \u00e0 la Foire de Paris et \u00e0 Bangkok. Un jour, l&rsquo;un de nos camarades m&rsquo;a dit qu&rsquo;une cousine de sa femme mauricienne voulait venir en Suisse.\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s trois semaines \u00e0 Maurice, il se fiance avec Marie-Jos\u00e9e, ladite cousine. Elle d\u00e9barque un an plus tard, au printemps 1986, dans la ferme familiale. \u00abMon premier souvenir, c&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;il fallait porter des bas\u00bb, se rappelle avec effroi cette derni\u00e8re. Elle a quitt\u00e9 l&rsquo;\u00eele Maurice pour \u00e9voluer plus librement: \u00abDans ma famille, tr\u00e8s catholique, on se voussoie. A l&rsquo;heure actuelle, c&rsquo;est toujours ma m\u00e8re qui dirige tout.\u00bb<\/p>\n<p>En Suisse, Marie-Jos\u00e9e m\u00e8ne une vie tranquille de petite employ\u00e9e de la Migros, tout comme son mari qui n&rsquo;a pas repris l&rsquo;exploitation agricole. Ils ont amass\u00e9 un petit capital, achet\u00e9 un terrain \u00e0 Maurice, qui a pris de la valeur. Dans le village, ils ne voient pas grand monde. \u00abNotre cercle d&rsquo;amis se limite \u00e0 des coll\u00e8gues \u00e9trangers, des Portugais surtout.\u00bb Camille reconna\u00eet que son mariage exotique l&rsquo;a \u00e9loign\u00e9 de sa famille: \u00abA la confirmation de notre fille, seuls quelques cousins \u00e9taient pr\u00e9sents.\u00bb<\/p>\n<p>La belle-m\u00e8re qui partage la maison avec le couple \u00abn&rsquo;a que le droit de se taire\u00bb. En cuisine les deux femmes ne se querellent pas trop, mais appr\u00e9cient la concurrence culinaire. L&rsquo;a\u00een\u00e9e des deux n&rsquo;a en revanche jamais pu avaler les currys de sa belle-fille, ni \u00abtout ce riz qu&rsquo;ils mangent&#8230;\u00bb.<\/font><\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo du 25 janvier 2007.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elles avaient d\u00e9barqu\u00e9 en Suisse dans les ann\u00e9es 80 pour \u00e9pouser nos agriculteurs. Vingt ans apr\u00e8s, certaines d&rsquo;entre elles ont compl\u00e8tement chang\u00e9 de vie, d&rsquo;autres vivent en parfaite harmonie avec l&rsquo;homme qu&rsquo;elles ont \u00e9pous\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aveugle. <\/p>\n","protected":false},"author":19343,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2265","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2265","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19343"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2265"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2265\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2265"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2265"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2265"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}