



{"id":2251,"date":"2007-01-09T00:00:00","date_gmt":"2007-01-08T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2251"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"ouverture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2251","title":{"rendered":"La culture, pilier \u00e9conomique d\u2019un monde globalis\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Qui a dit que la mode \u00e9tait frivole? Qui a hurl\u00e9 au gaspillage en d\u00e9couvrant les montants allou\u00e9s \u00e0 l\u2019art et \u00e0 la cr\u00e9ation? Aujourd\u2019hui, ces activit\u00e9s font partie d\u2019un vaste ensemble repr\u00e9sentant 4 \u00e0 8% de la force de travail des pays capitalistes les plus avanc\u00e9s, et parfois m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 25 \u00e0 30% dans de grandes m\u00e9tropoles comme Londres ou Paris. Un ensemble auquel on doit une multitude d\u2019emplois hautement qualifi\u00e9s et \u00e0 salaires \u00e9lev\u00e9s, dont la croissance est tr\u00e8s soutenue, et qui constitue l\u2019un des pans les plus dynamiques du capitalisme moderne.<\/p>\n<p>Cet ensemble, c\u2019est l\u2019\u00e9conomie culturelle, qui regroupe des activit\u00e9s aussi disparates que l\u2019industrie cin\u00e9matographique, la musique, la publicit\u00e9, la mode, et sur lesquelles repose aujourd\u2019hui l\u2019\u00e9conomie de nombreuses villes et r\u00e9gions. Allen J. Scott, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Californie \u00e0 Los Angeles, est l\u2019un des sp\u00e9cialistes mondiaux de ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Laur\u00e9at du prix Vautrin Lud 2003, l\u2019\u00e9quivalent du Prix Nobel de g\u00e9ographie, il accept\u00e9 de r\u00e9pondre aux questions de <a href=http:\/\/www.reflexmagazine.ch class=std>Reflex<\/a>. <\/p>\n<p>Pour Allen J. Scott, si l\u2019\u00e9conomie culturelle conna\u00eet aujourd\u2019hui un tel essor, c\u2019est en raison d\u2019une explosion de la demande de produits culturels servant au divertissement (DVD, cin\u00e9ma, t\u00e9l\u00e9vision, festivals), mais aussi parce que, d\u00e9sormais, m\u00eame les biens les plus utilitaires se voient attribuer une dimension culturelle et symbolique, facteur d\u2019affirmation personnelle et de distinction sociale.<\/p>\n<p>\u00abUne partie croissante de la culture que nous consommons est produite par des firmes soumises \u00e0 des crit\u00e8res de rentabilit\u00e9, constate-t-il. De m\u00eame, un nombre de plus en plus grand de produits font l\u2019objet d\u2019une intense mise en valeur de leurs composantes esth\u00e9tiques et s\u00e9mio\u00adtiques. Et m\u00eame des objets utilitaires comme les spectacles, les voitures, ou les ustensiles de cuisine sont d\u2019une mani\u00e8re grandissante sujets \u00e0 cette intensification de leurs attributs symboliques\u00bb.<\/p>\n<p>Mais si elle r\u00e9pond \u00e0 une nouvelle demande des consommateurs, cette affirmation de la dimension culturelle des biens parfois les plus fonctionnels sert aussi les int\u00e9r\u00eats des producteurs, en leur permettant de se profiler face \u00e0 une concurrence exacerb\u00e9e et de s\u2019adapter aux pressions qu\u2019elle exerce sur les prix.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019une des mani\u00e8res de r\u00e9pondre \u00e0 la concurrence sur les prix est d\u2019octroyer aux produits un cachet qui les distingue qualitativement et de mani\u00e8re unique de produits similaires fabriqu\u00e9s par d\u2019autres firmes, rel\u00e8ve Allen Scott. C\u2019est ce qui a traditionnellement permis aux fabricants de produits de luxe, comme Herm\u00e8s ou Rolls Royce, de transformer des produits a priori ordinaires comme des foulards ou des voitures en marqueurs sociaux culturellement charg\u00e9s.\u00bb En Suisse, l\u2019industrie horlog\u00e8re est peut-\u00eatre l\u2019exemple le plus repr\u00e9sentatif de cette strat\u00e9gie commerciale. \u00abLes montres deviennent au bout du compte aussi bien une forme d\u2019ornement corporel qu\u2019un instrument servant \u00e0 donner l\u2019heure.\u00bb <\/p>\n<p>A ces logiques \u00e9conomiques et identitaires s\u2019ajoute une logique g\u00e9ographique. En effet, la production de biens et services culturels se concentre dans des lieux bien particuliers, et avant tout au sein des plus grandes m\u00e9tropoles mondiales, Los Angeles, New York, Londres, Paris, Milan, Sydney et Tokyo, mais aussi d\u00e9sormais dans les principales villes de pays \u00e9mergents, comme P\u00e9kin, Shanghai, S\u00e9oul, Mexico ou Rio de Janeiro.<\/p>\n<p>Elle y forme m\u00eame parfois des quartiers clairement tourn\u00e9s vers un type d\u2019industrie sp\u00e9cifique, o\u00f9 s\u2019agglom\u00e8rent produc\u00adteurs, sous-traitants, presse sp\u00e9cialis\u00e9e ou lieux de formation. Hollywood ou le Garment District new-yorkais, quartier de la mode, en sont des exemples embl\u00e9matiques. En termes scientifiques, on parle alors de districts industriels, ou clusters.<\/p>\n<p>Si une telle proximit\u00e9 des composantes d\u2019une m\u00eame industrie culturelle peut sembler anachronique \u00e0 l\u2019heure des nouvelles technologies de l\u2019information, elle s\u2019explique par les avantages qu\u2019elle procure aux producteurs.<\/p>\n<p>\u00abLes raisons de cette concentration de la production culturelle dans les grandes villes sont relativement complexes, admet Allen J. Scott. La concentration est due en partie \u00e0 la pr\u00e9sence dans ces villes d\u2019\u00e9lites culturelles et \u00e0 l\u2019existence de longue date d\u2019activit\u00e9s culturelles traditionnelles. Une autre partie de l\u2019explication r\u00e9side dans la tendance des producteurs de ces industries \u00e0 s\u2019agglom\u00e9rer en raison de leurs nombreux liens fonctionnels et de leur d\u00e9pendance envers des bassins de main d\u2019\u0153uvre hautement qualifi\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>En effet, les districts industriels sont travers\u00e9s par des r\u00e9seaux entrem\u00eal\u00e9s et foisonnants d\u2019acteurs sp\u00e9cialis\u00e9s mais compl\u00e9mentaires, tour \u00e0 tour activ\u00e9s puis \u00e9teints, construits puis dissous, au gr\u00e9 des projets \u00e0 r\u00e9aliser et de leur avancement. Un mod\u00e8le d\u2019organisation flexible, qui multiplie les occasions de coop\u00e9ration, et appelle au regroupement spatial.<\/p>\n<p>\u00abConsid\u00e9rez la fa\u00e7on dont un film est typiquement r\u00e9alis\u00e9 de nos jours \u00e0 Hollywood, dit Allen Scott (qui vient d\u2019ailleurs de publier un ouvrage sur le sujet, \u00abOn Hollywood\u00bb). Des centaines de firmes sp\u00e9cialis\u00e9es, de travailleurs et d\u2019ind\u00e9pendants sont rassembl\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9tapes du processus de production, afin d\u2019apporter leur contribution particuli\u00e8re. Par cons\u00e9quent, le film est produit au moyen d\u2019un r\u00e9seau multifacettes de diff\u00e9rents participants, avec une soci\u00e9t\u00e9 de production qui fournit des services de coordination pour le projet entier. Lorsque le film est termin\u00e9, le r\u00e9seau se dissout, pour r\u00e9appara\u00eetre sous une autre forme, avec d\u2019autres combinaisons de participants, en relation avec un autre projet.\u00bb <\/p>\n<p>Mais au-del\u00e0 des b\u00e9n\u00e9fices li\u00e9s \u00e0 l\u2019agglom\u00e9ration spatiale, certains lieux offrent un avantage suppl\u00e9mentaire aux producteurs qui s\u2019y trouvent, en raison de leur histoire, de leur savoir-faire et de la r\u00e9putation de leurs produits. \u00abTout comme chaque firme diff\u00e9rencie ses produits de mani\u00e8re sp\u00e9cifique, les produits sont fr\u00e9quemment diff\u00e9renci\u00e9s en fonction des lieux dont ils sont originaires\u00bb, remarque Allen Scott. De quoi \u00e9tablir, pour certains p\u00f4les de l\u2019\u00e9conomie culturelle, des positions de quasi monopole.<\/p>\n<p>\u00abLes produits de ces lieux peuvent \u00eatre imit\u00e9s, mais il manque toujours \u00e0 ces imitations l\u2019aura traditionnelle qui entoure l\u2019original, et pour laquelle les consommateurs sont pr\u00eats \u00e0 d\u00e9penser sans compter. Par cons\u00e9quent, lorsque la r\u00e9putation d\u2019un lieu pour l\u2019ex\u00e9cution et la qualit\u00e9 se d\u00e9veloppe avec le temps, cela conf\u00e8re un avantage concurrentiel distinctif aux producteurs de ce lieu et cet avantage est souvent la source de profits \u00e9conomiques consid\u00e9rables.\u00bb La montre Swiss Made, la mode parisienne sont dans ce cas. Et les exemples peuvent \u00eatre multipli\u00e9s.<\/p>\n<p>Traditionnellement, les grands centres de l\u2019\u00e9conomie culturelle \u00e9taient la chasse gard\u00e9e des pays capitalistes les plus avanc\u00e9s, qui diffusaient leurs produits \u00e0 une \u00e9chelle mondiale. Dans certains secteurs, on \u00e9voque m\u00eame toujours avec inqui\u00e9tude l\u2019existence d\u2019un imp\u00e9rialisme culturel am\u00e9ricain, appel\u00e9 \u00e0 s\u2019imposer partout de mani\u00e8re h\u00e9g\u00e9monique.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui pourtant, une nouvelle donne prend le dessus. Elle aboutit \u00e0 la mise en place d\u2019un mod\u00e8le beaucoup plus complexe et polycentrique, dans lequel de nouveaux districts culturels apparaissent dans de nombreuses parties du monde, et se montrent capables de disputer les march\u00e9s mondiaux.<\/p>\n<p>Le paysage changeant du cin\u00e9ma mondial illustre cette transformation de mani\u00e8re spectaculaire. \u00abIl y a trente ans, la pr\u00e9dominance de Hollywood \u00e9tait pratiquement incontest\u00e9e. Aujourd\u2019hui, elle est contest\u00e9e de toutes parts, depuis l\u2019Europe, le Japon, la Chine, l\u2019Inde, l\u2019Am\u00e9rique latine, et d\u2019autres parties du monde. Des d\u00e9fis semblables peuvent \u00eatre observ\u00e9s dans la production de programmes t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s et dans l\u2019industrie musicale\u00bb, souligne Allen Scott.<\/p>\n<p>Si une telle \u00e9volution a \u00e9t\u00e9 permise, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 une ma\u00eetrise des syst\u00e8mes de distribution et de marketing par les nouveaux producteurs, habiles \u00e0 exploiter une demande de biens culturels de plus en plus divers et \u00e9clectiques. Mais aussi au prix d\u2019une adaptation des produits culturels \u00e0 une client\u00e8le-cible \u00e9largie. \u00abLa cl\u00e9 consiste \u00e0 tirer avantage de types particuliers d\u2019atouts culturels indig\u00e8nes, mais de r\u00e9gler minutieusement le produit final de fa\u00e7on \u00e0 ce qu\u2019il puisse \u00eatre d\u00e9cod\u00e9 culturellement et ses messages assimil\u00e9s par les person\u00adnes appartenant \u00e0 d\u2019autres cultures. La strat\u00e9gie d\u00e9velopp\u00e9e par le cin\u00e9ma de Bollywood \u00e0 l\u2019\u00e9gard des march\u00e9s mondiaux est un cas remarquable de la mani\u00e8re dont cette sorte de compromis culturel peut accro\u00eetre le succ\u00e8s commercial et l\u2019influence culturelle.\u00bb <\/p>\n<p>Faut-il donc craindre un d\u00e9clin des centres de production culturelle traditionnels au profit de r\u00e9gions au b\u00e9n\u00e9fice de co\u00fbts de production plus faibles? L\u2019industrie de l\u2019habillement de New York, Paris ou Milan, est-elle condamn\u00e9e \u00e0 une \u00e9rosion plus ou moins rapide? \u00abLes activit\u00e9s de production de niveau sup\u00e9rieur dans l\u2019\u00e9conomie culturelle d\u2019aujourd\u2019hui restent jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent relativement r\u00e9sistantes au processus de d\u00e9localisation\u00bb, constate Allen Scott.<\/p>\n<p>\u00abCela s\u2019explique, encore une fois, par le fait que les grandes agglom\u00e9rations poss\u00e8dent les avantages comp\u00e9titifs indispensables au maintien des bases de cr\u00e9ation, d\u2019innovation et de financement de ce type de production. Par cons\u00e9quent, bien que les emplois \u00e0 bas salaires et \u00e0 faibles qualifications diminuent dans les industries du v\u00eatement de Paris et de New York, les emplois de niveau sup\u00e9rieur augmentent en fait \u00e0 l\u2019heure actuelle\u00bb.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 moyen terme, la comp\u00e9tition deviendra beaucoup plus s\u00e9v\u00e8re. \u00abLes risques de concurrence pour des lieux comme Paris et New York vont beaucoup s\u2019intensifier lorsque des pays comme la Chine ou l\u2019Inde commenceront \u00e0 produire leurs propres produits culturels de haute qualit\u00e9 dans des quantit\u00e9s significatives pour les march\u00e9s mondiaux, pr\u00e9dit Allen Scott, et ces pays progressent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cet \u00e9gard.\u00bb<\/p>\n<p>En somme, une \u00e9volution semblable \u00e0 celle que l\u2019on observe dans d\u2019autres industries, comme l\u2019informatique ou l\u2019\u00e9lectrom\u00e9nager, avec l\u2019apparition de marques chinoises \u00e0 l\u2019ambition globale. Afin de prot\u00e9ger les industries culturelles de la concurrence internationale, les strat\u00e9gies les plus efficaces sont \u00abcelles qui \u00e9tayent le fonctionnement socio-\u00e9conomique collectif du district, par exemple \u00e0 travers la formation professionnelle, des programmes d\u2019exportation, ou la recherche sur les technologies employ\u00e9es\u00bb, rel\u00e8ve le g\u00e9ographe.<\/p>\n<p>En revanche, il \u00e9met de s\u00e9rieux doutes sur la pertinence de certaines politiques protectionnistes, et en particulier sur la c\u00e9l\u00e8bre \u00abexception culturelle fran\u00e7aise\u00bb, qui \u00e9voque pour lui les tranch\u00e9es durant la premi\u00e8re guerre mondiale: une retraite progressive et douloureuse \u00e0 mesure que l\u2019ennemi avance. Pour lui, cette politique souffre d\u2019une mauvaise distribution des ressources, notamment dans le cin\u00e9ma. \u00abIl serait beaucoup plus efficace pour les Fran\u00e7ais de r\u00e9duire leur soutien public \u00e0 la production en tant que telle et de d\u00e9vier ces fonds vers la distribution globale et le marketing, qui sont les v\u00e9ritables talons d\u2019Achille du cin\u00e9ma fran\u00e7ais\u00bb. Un point \u00e0 m\u00e9diter \u00e0 la prochaine Nuit des C\u00e9sars.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nPatrick Boillat, g\u00e9ographe, est collaborateur scientifique \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment Bollywood et le design scandinave r\u00e9ussissent-ils \u00e0 s\u2019exporter \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire? Sp\u00e9cialiste mondial de ce ph\u00e9nom\u00e8ne, le g\u00e9ographe Allen J. Scott en d\u00e9voile les ressorts pour le magazine Reflex.<\/p>\n","protected":false},"author":19287,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2251","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2251","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19287"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2251"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2251\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2251"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2251"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2251"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}