



{"id":2239,"date":"2006-12-18T00:00:00","date_gmt":"2006-12-17T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2239"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"geolocalisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2239","title":{"rendered":"Les cyberenqu\u00eates de la police suisse"},"content":{"rendered":"<p>Il est bien loin le temps des policiers \u00e0 la Belmondo, avec fourgonnettes banalis\u00e9es au coin de la rue, magn\u00e9tophone \u00e0 bandes et \u00e9couteurs sur les oreilles. A l\u2019\u00e8re de l\u2019internet et du mobile, les \u00e9coutes sont devenues num\u00e9riques et passent aussi par des analyses de flux de donn\u00e9es informatiques. Tandis que la localisation g\u00e9ographique des appels s\u2019effectue d\u00e9sormais aussi bien en temps r\u00e9el que r\u00e9troactivement par les op\u00e9rateurs mobiles.<\/p>\n<p>Certes, les \u00e9coutes de conversations t\u00e9l\u00e9phoniques s\u2019utilisent toujours (en 2005, les op\u00e9rateurs suisses ont effectu\u00e9 2\u2019100 mises sur \u00e9coute pour la police). Mais, et c\u2019est un gros avantage, les r\u00e9seaux sans-fil offrent des outils pr\u00e9cieux dans la lutte contre la criminalit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00abDu c\u00f4t\u00e9 policier, l\u2019\u00e9volution technologique a n\u00e9cessit\u00e9 l\u2019acquisition de nouvelles comp\u00e9tences de pointe, ainsi que des investissements importants, explique Olivier Ribaux, professeur \u00e0 l\u2019\u00e9cole des sciences criminelles de Lausanne. Mais en \u00e9change, les analyses de donn\u00e9es informatiques livrent de nouvelles informations.\u00bb<\/p>\n<p>Par exemple celles des op\u00e9rateurs mobiles qui doivent conserver l\u00e9galement, pendant six mois, l\u2019ensemble des donn\u00e9es relatives aux communications (c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019heure, la dur\u00e9e et les num\u00e9ros appel\u00e9s, mais aussi la cellule qui a enregistr\u00e9 l\u2019appel, ainsi que l\u2019angle de liaison vers l\u2019appareil mobile connect\u00e9). De quoi localiser n\u2019importe quel usager mobile, y compris r\u00e9troactivement.<br \/>\n<font size=2><\/p>\n<ul>Cet article fait partie d&rsquo;un dossier du magazine <a href=http:\/\/www.reflexmagazine.ch target=_blank class=std>Reflex<\/a> consacr\u00e9 \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 technologique.<font><\/ul>\n<p>L\u2019an dernier, la police suisse a effectu\u00e9 plus de 5000 demandes r\u00e9troactives aupr\u00e8s des op\u00e9rateurs, ce qui engendre des co\u00fbts importants puisque chaque demande est factur\u00e9e plusieurs centaines de francs (le tarif suisse est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 en comparaison europ\u00e9enne).<\/p>\n<p>\u00abLa g\u00e9olocalisation est \u00e9videmment un outil pr\u00e9cieux, mais nous r\u00e9alisons que de nombreux criminels savent qu\u2019elle est devenue possible et s\u2019en pr\u00e9munissent, en utilisant des t\u00e9l\u00e9phones de tiers, ou en s\u2019abonnant sous une fausse identit\u00e9, poursuit Olivier Ribaux. On doit d\u00e9sormais s\u2019identifier pour acqu\u00e9rir une carte SIM, mais on peut s\u2019abonner au mobile dans un supermarch\u00e9, et la caissi\u00e8re ne sera pas forc\u00e9ment tr\u00e8s regardante sur l\u2019authenticit\u00e9 d\u2019une pi\u00e8ce d\u2019identit\u00e9, en particuliers aux heures de pointe. Raison pour laquelle on parle beaucoup de l\u2019installation d\u2019identificateurs biom\u00e9triques dans les mobiles. Non seulement pour prot\u00e9ger l\u2019usager contre le vol, mais aussi pour faciliter le travail de la police lors des enqu\u00eates.\u00bb<\/p>\n<p>La traque aux criminels s\u2019effectue aussi directement sur internet. L\u2019accent a \u00e9t\u00e9 mis sur la lutte contre la pornographie enfantine, \u00e9tablie comme une priorit\u00e9 par la Conf\u00e9d\u00e9ration. La douzaine d\u2019enqu\u00eateurs f\u00e9d\u00e9raux du SCOCI (Service national de coordination de la lutte contre la criminalit\u00e9 sur internet) analyse les donn\u00e9es afin d\u2019identifier et de localiser p\u00e9dophiles et autre cybercriminels.<\/p>\n<p>\u00abLe service effectue de la surveillance sur les tchats et les sites, et suite aux d\u00e9nonciations des internautes \u00e0 partir du site <a href=http:\/\/www.cybercrime.admin.ch target=_blank class=std>www.cybercrime.admin.ch<\/a>\u00bb, explique Guido Balmer, porte-parole du SCOCI.<\/p>\n<p>Ce service f\u00e9d\u00e9ral n\u2019utilise cependant pas de m\u00e9thodes d\u2019infiltration, qui ne peuvent \u00eatre employ\u00e9es que par des policiers, sur autorisation d\u2019un juge. Les adresses IP des internautes soup\u00e7onn\u00e9s par le SCOCI sont cependant identifi\u00e9es aupr\u00e8s des fournisseurs d\u2019acc\u00e8s, puis le dossier est transmis \u00e0 la police cantonale concern\u00e9e. En 2005, sur les 7\u2019345 cas signal\u00e9s par les internautes, 480 ont d\u00e9bouch\u00e9 sur une enqu\u00eate polici\u00e8re. Dans un grand nombre de cas (89%), ces enqu\u00eates virtuelles signal\u00e9es ont donn\u00e9 lieu \u00e0 des perquisitions dans le monde r\u00e9el.<\/p>\n<p>Des perquisitions pas toujours heureuses\u2026 \u00abDans les cas de t\u00e9l\u00e9chargement d\u2019images p\u00e9dophiles par exemple, l\u2019anonymat des connexions peut poser probl\u00e8me, rel\u00e8ve Olivier Ribaux. On peut imaginer que la police, qui surveille en permanence ce trafic de donn\u00e9es criminelles, soup\u00e7onne \u00e0 tort une personne dont la ligne Wifi a \u00e9t\u00e9 squatt\u00e9e par un voisin. Avec des cons\u00e9quences tr\u00e8s d\u00e9sagr\u00e9ables pour l\u2019innocent qui subit une visite domiciliaire de la police t\u00f4t le matin, ainsi qu\u2019une saisie de son mat\u00e9riel.\u00bb<\/p>\n<p>En quinze ans, l\u2019informatique a pris une place centrale dans les enqu\u00eates polici\u00e8res. \u00abLors des perquisitions, la saisie des ordinateurs et des t\u00e9l\u00e9phones mobiles est devenue syst\u00e9matique pour tout type d\u2019affaire, explique Jean Treccani, juge d\u2019instruction du canton de Vaud. Les policiers disposent d\u00e9sormais d\u2019un arsenal technique qui permet d\u2019analyser les donn\u00e9es, m\u00eame effac\u00e9es, des disques durs. Mais la bataille est toujours in\u00e9gale. Gr\u00e2ce au mobile et \u00e0 l\u2019internet, le criminel est devenu plus mobile, plus anonyme, plus organis\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>En face, les autorit\u00e9s polici\u00e8res et judiciaires ne suivent pas toujours, notamment parce que la Suisse n\u2019a pas ratifi\u00e9 la Convention internationale sur la cybercriminalit\u00e9. \u00abDu coup, sur le plan international, nous devons passer par des canaux hyperlents, tout \u00e0 fait incompatibles avec internet, poursuit le juge. Le d\u00e9linquant communique \u00e0 la vitesse de la lumi\u00e8re partout sur la plan\u00e8te, nous circulons par lettre, par des canaux diplomatiques, un pays apr\u00e8s l\u2019autre&#8230;\u00bb<\/p>\n<p>La justice se heurte par ailleurs r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 des questions de protection de la sph\u00e8re priv\u00e9e. Apr\u00e8s un hold-up \u00e0 Lausanne, le juge Treccani avait demand\u00e9 le relev\u00e9 des 1\u2019000 num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phones qui avaient transit\u00e9 par la cellule \u00e0 travers laquelle le malfrat communiquait. Et avait d\u00e9clench\u00e9 une pol\u00e9mique m\u00e9diatique, certains y voyant une atteinte \u00e0 la vie priv\u00e9e des citoyens.<\/p>\n<p>\u00abPourtant, la justice ne s\u2019int\u00e9ressait qu\u2019\u00e0 un num\u00e9ro fran\u00e7ais bien pr\u00e9cis, facile \u00e0 identifier dans la masse, et n\u2019aurait rien fait des 999 autres, dit le juge. Mais le sujet est rest\u00e9 sensible en Suisse, notamment depuis l\u2019affaire des fiches.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nLe 5 juillet 2003, Yvan Colonna a \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9 \u00e0 Paris sous escorte polici\u00e8re rapproch\u00e9e. Recherch\u00e9 pour le meurtre du pr\u00e9fet Erignac, il avait \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 dans une bergerie corse gr\u00e2ce \u00e0 la g\u00e9olocalisation de son t\u00e9l\u00e9phone mobile.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nLire aussi le <a href=http:\/\/www.reflexmagazine.ch target=_blank class=std>site<\/a> du magazine Reflex.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si la technologie aide les criminels \u00e0 s\u2019organiser, elle offre aussi de nouveaux moyens pour les traquer. Le t\u00e9l\u00e9phone mobile, notamment, s\u2019av\u00e8re tr\u00e8s utile. Un article du magazine Reflex.<\/p>\n","protected":false},"author":22,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-2239","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technophile","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2239","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/22"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2239"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2239\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2239"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2239"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2239"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}