



{"id":2231,"date":"2006-12-06T00:00:00","date_gmt":"2006-12-05T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2231"},"modified":"2017-07-12T11:26:33","modified_gmt":"2017-07-12T09:26:33","slug":"lupus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2231","title":{"rendered":"Batailles pour un loup dans les montagnes"},"content":{"rendered":"<p>Ainsi donc le loup est entr\u00e9 dans la bergerie. A moins que ce ne soit l\u2019innocent agneau qu\u2019on ait vu se fourvoyer dans la tani\u00e8re des grands pr\u00e9dateurs. Toujours est-t-il que, mardi, Christoph Blocher \u00e9tait \u00e0 Bruxelles. Au c\u0153ur donc de cette Europe honnie, pour discuter le bout de gras Schengen avec ses coll\u00e8gues des Etats membres. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois et il n\u2019en est pas revenu: il a dit sa surprise de constater un vrai climat d\u2019ouverture dans les n\u00e9gociations et la possibilit\u00e9 pour chaque \u00e9tat de faire valoir ses int\u00e9r\u00eats. <\/p>\n<p>Notons que dans le m\u00eame temps, \u00e0 Berne, lors de l\u2019ouverture de la session d\u2019hiver, l\u2019UDC sommait le Conseil f\u00e9d\u00e9ral de r\u00e9agir \u00e0 \u00abl\u2019intol\u00e9rable pression\u00bb de cette m\u00eame Union europ\u00e9enne qui entend remettre en cause la concurrence fiscale entre les cantons, ing\u00e9nieux syst\u00e8me permettant d\u2019attirer dans le paradis conf\u00e9d\u00e9ral de nombreux contribuables europ\u00e9ens et pas parmi les plus d\u00e9munis.<\/p>\n<p>Il y a pourtant, au chapitre des intol\u00e9rable pressions venues d\u2019ailleurs, un sujet bien plus grave, ou qui du moins passionne autrement le bon peuple, au point que tout un chacun poss\u00e8de un avis tranch\u00e9, violent, \u00e9motionnel sur la question, m\u00eame si c\u2019est pour dire , avec la plus ferme conviction, la plus autoritaire intransigeance et des tr\u00e9molos de col\u00e8re dans la voix, que cette question-l\u00e0 n\u2019a strictement aucune importance, ne m\u00e9rite pas le plus petit examen et qu\u2019en d\u00e9battre si abondamment est la preuve d\u00e9finitive du d\u00e9clin in\u00e9luctable de notre civilisation. On veut parler, \u00e9videmment, du loup, qui a cet automne, encore une fois, marqu\u00e9 puissamment son territoire m\u00e9diatique, gr\u00e2ce aux deux individus abattus en Valais. <\/p>\n<p>Or donc la Suisse a demand\u00e9 une modification de la convention dite paradoxalement de Berne, puisque la Conf\u00e9d\u00e9ration est d\u00e9positaire du texte, et qu\u2019ont sign\u00e9es, depuis 20 ans, 45 \u00e9tats. Une convention qui concerne, comme on sait, la protection des esp\u00e8ces menac\u00e9es. Parmi lesquels \u00e9videmment messire Loup. La Suisse, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, l\u2019avait sign\u00e9e les yeux ferm\u00e9es: facile, pas l\u2019ombre alors sur l\u2019Alpe du moindre grand m\u00e9chant loup. <\/p>\n<p>Mais depuis la fameuse traque de la b\u00eate d\u2019Entremont en 1995, men\u00e9e sous les flashs des photographes et les cam\u00e9ras des t\u00e9l\u00e9visions d\u2019ici et d\u2019ailleurs par le vaillant chef du service valaisan de la chasse, l\u2019aujourd\u2019hui retrait\u00e9 Narcisse Seppey, les sales b\u00eates reviennent. Au compte goutte certes, comme pour narguer la population montagnarde, un par un, \u00e0 la queue leu leu. On en tue un, en voici un autre qui pointe son museau sanguinolent d\u00e9j\u00e0 des futurs carnages. <\/p>\n<p>La premi\u00e8re r\u00e9plique du pr\u00e9dateur humain est venue non pas du Valais, mais des Grisons avec une motion en 2001 du conseiller aux Etats d\u00e9mocrate-chr\u00e9tien Theo Maissen, demandant que la protection du loup soit abrog\u00e9e. Attaque conclue donc par cette demande adress\u00e9e au comit\u00e9 directeur de la convention de Berne. Qui vient de dire niet: pas de chasse au loup g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. <\/p>\n<p>Le nouveau chef du service f\u00e9d\u00e9ral de la chasse, Reinhardt Schnidrig, bien valaisan lui, avait pourtant expliqu\u00e9 que si, effectivement, on pouvait aujourd\u2019hui g\u00e9rer les quelque loups s\u2019aventurant dans nos fronti\u00e8res, puisque la Convention autorise l\u2019abattage d\u2019un animal ayant atteint un certain cota de d\u00e9pr\u00e9dations, il fallait pourtant anticiper sur un retour plus massif du canid\u00e9.<\/p>\n<p>Cette demande de retirer son statut d\u2019animal prot\u00e9g\u00e9 semble constituer, de la part des adversaires du loup, une sorte d\u2019aveu. Jusqu\u2019ici les chasseurs, les moutonniers, les politiciens montagnards expliquaient qu\u2019il n\u2019y avait pas de retour du loup, que la pr\u00e9sence de quelques individus isol\u00e9s \u00e9tait une anomalie \u00e0 \u00e9radiquer, et que ces loups-l\u00e0 avaient peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 artificiellement r\u00e9introduits par des \u00e9colos fanatiques. On se retrouve donc avec deux camps enferm\u00e9s dans leurs contradictions: des organisations comme le WWF qui soutiennent mordicus, \u00e0 n\u2019importe quelles conditions, une protection totale d\u2019un animal dont l\u2019existence n\u2019est pas franchement menac\u00e9e au niveau mondial, et des responsables politiques qui d\u00e9cr\u00e8tent, investis d\u2019on ne sait trop quel pouvoir divin sur la cr\u00e9ation, qu\u2019il n y\u2019a pas de place pour le loup dans les Alpes. Mais qu\u2019il y aurait une, par contre, pour une activit\u00e9 \u00e9conomique qui a pourtant fait la preuve de son d\u00e9clin: l\u2019\u00e9levage des moutons laiss\u00e9s seuls en libert\u00e9 dans les montagnes, parce que ce pastoralisme l\u00e0 n\u2019est plus rentable que sans pasteur. <\/p>\n<p>Avec, en bruit de fond, des batailles de mots proprement surr\u00e9alistes. Outre la vieille le dogme ressass\u00e9 de la sup\u00e9riorit\u00e9 et donc du droit de vie et de mort du carnivore humain sur les autres esp\u00e8ces, outre le devoir et la fiert\u00e9 revendiqu\u00e9e pour l\u2019homme d\u2019\u00eatre un loup pour le loup, on assiste \u00e0 un f\u00e9roce affrontement de sensibleries exclusives. Ici c\u2019est la directrice de MIS Trend Marie-H\u00e9l\u00e8ne Miauton qui d\u00e9crit la souffrance de l\u2019agneau croqu\u00e9, \u00able supplice de morsures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es\u00bb, s\u2019\u00e9pouvante \u00abdu d\u00e9chiquetage de ses chairs et de l&rsquo;\u00e9gorgement ultime alors que la Convention europ\u00e9enne sur la protection des animaux d&rsquo;abattage stipule qu&rsquo;il soit \u00abplong\u00e9 dans un \u00e9tat d&rsquo;inconscience maintenu jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;intervention de la mort\u00bb. <\/p>\n<p>L\u00e0, c\u2019est une lectrice de 24 Heures, souhaitant, au contraire, voir le canton de Vaud assurer une ferme protection du loup: \u00ab s\u2019il arrive, qu\u2019il soit le bienvenu. Donnons \u00e0 ce magnifique animal sa chance de vivre mieux qu\u2019en Valais\u00bb. <\/p>\n<p>Alors que dire, que faire? Peut-\u00eatre comme le biologiste &#8212; valaisan &#8212; Rapha\u00ebl Arlettaz, professeur \u00e0 l\u2019institut zoologique de l\u2019Universit\u00e9 de Berne, renvoyer tout le monde &#8212; \u00e9cologistes et conseillers d\u2019Etat valaisans, loups et moutons &#8212; dos \u00e0 dos. En rappelant que l\u2019abattage du loup, tel qu\u2019il est perp\u00e9tr\u00e9 aujourd\u2019hui en Valais, selon le principe pr\u00e9vu par la Convention de Berne et le concept f\u00e9d\u00e9ral dit \u00abconcept loup\u00bb (condamnation du pr\u00e9dateur apr\u00e8s tant de moutons \u00e9gorg\u00e9s) aboutit, en \u00e9liminant les individus les plus agressifs et en ne laissant survivre que les rus\u00e9s et les prudents, aux effets contraires \u00e0 ceux esp\u00e9r\u00e9s: favoriser l\u2019implantation massive de l\u2019animal sur nos jolis monts. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des \u00e9cologistes qui veulent prot\u00e9ger mordicus un animal gu\u00e8re menac\u00e9, des politiciens qui d\u00e9cr\u00e8tent, de droit divin, qu\u2019il n\u2019y a pas de place pour le loup dans les Alpes: au secours, le retour de la b\u00eate d\u00e9cha\u00eene des r\u00e9actions primitives, voire primaires!<\/p>\n","protected":false},"author":19223,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[1298],"class_list":["post-2231","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-glocal","tag-chroniques","glocal"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2231","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19223"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2231"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2231\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5475,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2231\/revisions\/5475"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2231"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2231"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2231"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}