



{"id":2230,"date":"2006-12-05T00:00:00","date_gmt":"2006-12-04T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2230"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"connaisseurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2230","title":{"rendered":"Champagne, ce qu\u2019il faut savoir"},"content":{"rendered":"<p>Dans ce monde de bulles festives, soyons d\u00e9finitivement perso. Du p\u00e9teux pour Grand Prix de Formule 1, il y en a, il y en aura toujours. Des mousseux, des cr\u00e9mants, des proseccos, des p\u00e9tillants, des spumantes, pareil. Avec m\u00eame le risque, plus rare, de tomber sur des vins de qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Mais si on veut du champagne, et du bon, il doit venir de Champagne, de nulle part ailleurs, et savoir se tenir aussi bien \u00e0 table qu\u2019au bar. Et l\u00e0, pas de miracle, il faut en payer le prix.<\/p>\n<p>Les grandes maisons, on dirait presque les majors pour faire moderne, inondent le march\u00e9 de produits convenables (c\u2019est bient\u00f4t No\u00ebl, soyons gentils) et de cuv\u00e9es de prestige. A chacun d\u2019y trouver son bonheur selon ses go\u00fbts et ses aspirations. Il faudrait quand m\u00eame suivre quelques pr\u00e9ceptes pour \u00e9viter les d\u00e9sillusions.<\/p>\n<p>Comme tout autre vin, on devrait d\u00e9guster son champagne avant de l\u2019acheter. Difficile dans les grandes surfaces, sauf promotion particuli\u00e8re, plus fr\u00e9quent dans les maisons de vin. Sinon, se fier \u00e0 une marque qui nous a plu. Ensuite, il faut se m\u00e9fier d\u2019un prix trop modique comme d\u2019une moule qui ne s\u2019ouvre pas.<\/p>\n<p>Enfin, sachant que le champagne, plus que tout autre vin, craint et la chaleur et la lumi\u00e8re, on \u00e9vitera de le choisir l\u00e0 o\u00f9 il tr\u00f4ne bien droit sur son cul (de bouteille) et depuis des jours en plein n\u00e9on. Quitte \u00e0 demander une bouteille \u00e9ventuellement mieux prot\u00e9g\u00e9e, planqu\u00e9e dans la r\u00e9serve ou \u00e0 opter pour un flacon prot\u00e9g\u00e9 dans une bo\u00eete cylindrique: certaines marques, comme Nicolas Feuillatte, ont adopt\u00e9 cette formule depuis des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Sachez encore qu\u2019un champagne mill\u00e9sim\u00e9 doit \u00eatre \u00e9labor\u00e9 avec les raisins de l\u2019ann\u00e9e cit\u00e9e, qu\u2019un blanc de noir est obtenu avec des c\u00e9pages rouges (pinot noir, pinot meunier) imm\u00e9diatement press\u00e9s pour \u00e9viter qu\u2019ils ne prennent couleurs, un blanc de blanc de chardonnay pur, et un ros\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralement par adjonction de vin rouge \u00e0 l\u2019assemblage originel.<\/p>\n<p>Enfin, la note perso, ou plut\u00f4t les notes, celles prises \u00e0 l\u2019occasion de d\u00e9gustations r\u00e9centes. Trois champagnes en \u00e9mergent, exceptionnels, envo\u00fbtants, bien typ\u00e9s, expressifs, dignes, vraiment, de ces f\u00eates (et des autres).<\/p>\n<p>Il y a, d\u2019abord, ce brut nature, c\u2019est-\u00e0-dire sans ajout de sucre, \u00e0 base de pinot noir, uniquement, \u00e0 teneur de soufre minimale, d\u00e9gust\u00e9 un soir de folie chez Nicolas Le Bec, \u00e0 Lyon, sign\u00e9 Drappier, une maison qui conquiert progressivement le march\u00e9 suisse avec des cuv\u00e9es renversantes. Tout en fra\u00eecheur, ce brut nature offre un nez de petits fruits avec des notes de coing et d\u2019\u00e9pices en bouche. Une pure merveille qui pourrait accompagner tout un repas. <\/p>\n<p>Chez Drappier, septante-cinq hectares de vignoble, on proc\u00e8de encore \u00e0 la prise de mousse, au remuage manuel et au d\u00e9gorgement de chaque bouteille prise individuellement, d\u00e9tails techniques moins importants que le credo de la maison qui ne cherche pas l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 \u00e0 tous crins, au contraire: chaque cuv\u00e9e doit pouvoir s\u2019exprimer.<\/p>\n<p>Dans la gamme, on en rel\u00e8vera trois particuli\u00e8rement remarquables: la Grande Sendr\u00e9e 1999, un champagne riche et \u00e9l\u00e9gant qui peut accompagner tout un repas, sa version 2000 (ann\u00e9e exceptionnelle) en ros\u00e9 et le blanc de blancs 1995, un trio \u00e0 prix relativement modestes pour une telle qualit\u00e9 (une cinquantaine de francs).<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de Lanson, l\u2019\u00e9motion est n\u00e9e, un soir de c\u00e9l\u00e9bration, du mariage de sa Noble Cuv\u00e9e 1981 et d\u2019un agneau du Haut-Valais, ou plut\u00f4t d\u2019un rack et d\u2019un navarin minute du d\u00e9licieux animal. Il y avait dans la rencontre de ce vin ample et suave, toast\u00e9 et miell\u00e9, long en bouche avec une belle amertume en finale, et de cette viande tendre et go\u00fbteuse, joliment relev\u00e9e, quelque chose de magique, d\u2019extra-terrestre et de sublime.<\/p>\n<p>Comme si, soudain, le champagne prenait une nouvelle dimension. Il n\u2019y a peut-\u00eatre plus de flacon de cette cuv\u00e9e mill\u00e9sim\u00e9e, du moins sur le march\u00e9, mais on peut se dire qu\u2019une maison qui r\u00e9ussit pareil miracle, une fois, doit pouvoir le r\u00e9p\u00e9ter. On trouvera donc son bonheur d\u00e9j\u00e0 parmi les Intemporelles, signatures de la maison en diff\u00e9rentes variantes, mais encore mieux parmi les mill\u00e9sim\u00e9s aujourd\u2019hui disponibles, dont les plus prestigieux 1976, 1988 et 1990.<\/p>\n<p>Krug, enfin, qu\u2019on ne pr\u00e9sente plus, a lanc\u00e9, peu avant l\u2019\u00e9t\u00e9, son grand mill\u00e9sime 1995. Comme chacun sait, l\u2019\u00e9v\u00e9nement est exceptionnel car il n\u2019a lieu que les ann\u00e9es\u2026exceptionnelles. Selon R\u00e9mi Krug, il rappellerait le 1969 et le 1979 que les moins de vingt ans ne peuvent pas conna\u00eetre, mais on en c\u00e9l\u00e9brait d\u00e9j\u00e0 la maturit\u00e9 et la d\u00e9licatesse.<\/p>\n<p>Nez de fleurs blanches, bouche de miel et d\u2019amandes, riche finale et fra\u00eecheur d\u00e9licate, cet fin assemblage de chardonnay et de pinot noir relev\u00e9 d\u2019une pinc\u00e9e de pinot meunier r\u00e9sument une assez belle ann\u00e9e 1995. On peut le boire l\u00e0, maintenant, et certainement dans vingt ans, aussi.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est la saison des bulles. Comment choisir ad\u00e9quatement son mousseux? Conseils, et s\u00e9lection de quelques maisons de choix, et de mill\u00e9simes d\u2019exception.<\/p>\n","protected":false},"author":19127,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2230","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2230","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19127"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2230"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2230\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2230"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2230"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2230"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}