



{"id":2220,"date":"2006-11-22T00:00:00","date_gmt":"2006-11-21T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2220"},"modified":"2017-07-12T11:26:34","modified_gmt":"2017-07-12T09:26:34","slug":"noms-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2220","title":{"rendered":"Cachez ces Calmy-Rey et ces Brunschwig Graf"},"content":{"rendered":"<p>\u00abOn va de plus en plus vers le matriarcat.\u00bb Pas de panique, l\u2019affirmation est du conseiller national UDC Oskar Freysinger, donc plus proche du fantasme viril que de la saine r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Cette angoisse du m\u00e2le nationaliste d\u00e9coule d\u2019un projet de loi portant sur un sujet en apparence anodin, mais en r\u00e9alit\u00e9 plut\u00f4t explosif et qui touche \u00e0 quelque chose de profond dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9: le nom de famille et sa transmission. <\/p>\n<p>Une premi\u00e8re tentative de modification avait d\u2019ailleurs \u00e9chou\u00e9, fait rarissime, lors de la votation finale devant les chambres en 2001. La situation actuelle est connue: depuis 1988, l\u2019\u00e9pouse peut soit prendre le nom de son mari, soit garder son nom et l\u2019accoler \u00e0 celui du dit mari, avec ou non tiret -\u2013 d\u2019o\u00f9 ces interminables Micheline Calmy-Rey et autres longuettes Martine Brunschwig Graf. <\/p>\n<p>Quant aux enfants, en principe, ils portent le nom du p\u00e8re. Les couples ont cependant la possibilit\u00e9, s\u2019ils peuvent invoquer \u00abde justes motifs\u00bb, d\u2019adopter le nom de la femme. Mais cette l\u00e9gislation suisse a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e par la cour europ\u00e9enne des bien nomm\u00e9s droits de l\u2019homme, car elle ne respectait pas le principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9, l\u2019homme n\u2019ayant, lui, pas la possibilit\u00e9 d\u2019opter pour le double nom &#8212; genre Oskar Freysinger H\u00e9ritier, ou Oskar H\u00e9ritier-Freysinger.<\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 la tentative de r\u00e9vision de 2001, et celle aujourd\u2019hui qui pointe le bout de son nez, au travers d\u2019une sous-commission pr\u00e9sid\u00e9e par le conseiller national genevois Carlo Sommaruga (PS).<\/p>\n<p>Avec une solution assez drastique: la femme et le mari pourront chacun garder leur nom ou choisir de prendre en commun un des deux patronymes. Finies donc les appellations \u00e0 tiroir. Martine Brunschwig Graf s\u2019est d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 d\u00e9sol\u00e9e de voir son sigle MBG r\u00e9duit \u00e0 un fade MB. <\/p>\n<p>Pour les enfants, m\u00eame libert\u00e9: les parents pourront choisir lequel des patronymes leur transmettre avec, en cas de d\u00e9saccord, la loi qui tranchera pour le nom de la m\u00e8re.<\/p>\n<p>Le projet de 2001 pr\u00e9voyait que c\u2019\u00e9tait l\u2019autorit\u00e9 tut\u00e9laire qui devait trancher en cas de d\u00e9saccord. Cette disposition avait fait capoter le vote, une majorit\u00e9 de d\u00e9put\u00e9s estimant finalement que le nom \u00e0 transmettre aux enfants ne devait s\u2019apparenter \u00e0 une partie de poker ou \u00e0 un bras de fer, et que tous les moutards devaient \u00eatre \u00e9gaux devant la g\u00e9n\u00e9alogie. <\/p>\n<p>Cette fois, \u00e0 nouveau, les oppositions sont vives, avec des lignes de batailles peu fr\u00e9quentes ces derni\u00e8res ann\u00e9es et qui montrent que cet objet l\u00e0 est bien un OVNI politique: plut\u00f4t en faveur de la r\u00e9forme, on trouve radicaux et socialistes, plut\u00f4t contre, les catholiques du PDC et les \u00abpatriarques\u00bb de l\u2019UDC. <\/p>\n<p>Avec peut-\u00eatre aussi un certain f\u00e9minisme d\u00e9pit\u00e9 de voir ni\u00e9e la richesse de l\u2019\u00e9pouse double face. Un appauvrissement que Martine Brunschwig Graf, encore, stigmatise en prenant l\u2019exemple de sa coll\u00e8gue Calmy-Rey: \u00abPour d\u00e9livrer un message f\u00e9ministe, elle devrait choisir d\u2019\u00eatre Madame Rey. Comme des milliers d\u2019autres. Si au contraire elle pr\u00e9f\u00e9rait devenir Madame Calmy, seul le lien avec son mari serait pr\u00e9pond\u00e9rant.\u00bb <\/p>\n<p>Et d\u2019estimer que le nouveau projet constituerait, en ce sens, plut\u00f4t un recul. <\/p>\n<p>A contrario, certains le trouvent trop r\u00e9volutionnaire, comme la PDC fribourgeoise Th\u00e9r\u00e8se Meyer, qui estime important que les familles aient \u00abun nom de ralliement\u00bb et qui serait plut\u00f4t en faveur d\u2019une solution qu\u2019elle avait d\u00e9fendue en 2001: l\u2019obligation pour les conjoints au moment du mariage de se choisir un patronyme commun, qu\u2019il soit du mari ou de la femme. <\/p>\n<p>Enfin, on touche aussi \u00e0 un principe sacr\u00e9: la lign\u00e9e paternelle qui permettait d\u2019identifier les familles \u00e0 travers les g\u00e9n\u00e9rations. Les partisans de la r\u00e9forme, tel le radical Jean-Paul Glasson, font valoir que ce principe de lin\u00e9arit\u00e9 paternelle est d\u00e9j\u00e0 fort mis \u00e0 mal par le nombre exponentiel de divorces et de familles recompos\u00e9es. <\/p>\n<p>Mais certains psychanalystes objectent que le libre choix du nom de famille \u00e0 transmettre \u00e0 l\u2019enfant pourrait s\u2019av\u00e9rer une source de traumatismes divers, chacun des conjoints se sentant pi\u00e9g\u00e9s par la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 ses propres parents, et par les rapports de force entre les deux familles. En ce sens le double nom donn\u00e9 d\u00e8s la naissance s\u2019av\u00e8rerait \u00e0 la fois plus \u00e9quitable et plus exact. <\/p>\n<p>Et puis il y a l\u2019exemple paradoxal des Etats-Unis, o\u00f9 chacun est \u00e0 peu pr\u00e8s libre de changer de nom \u00e0 sa guise, o\u00f9 la moiti\u00e9 la population ne porte plus le nom de ses anc\u00eatres, mais o\u00f9 la recherche g\u00e9n\u00e9alogique, rendue pourtant tr\u00e8s al\u00e9atoire par la disparition du patronyme paternel, est devenue un sport quasi national. <\/p>\n<p>Conclusion? Elle revient \u00e0 Martine Brunschwig Graf, toujours, qui pronostique, sans trop de risque, que les d\u00e9bats vont s\u2019enliser. <\/p>\n<p>Petit post-scriptum: le fils a\u00een\u00e9 d\u2019une candidate non mari\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique fran\u00e7aise et qui s\u2019occupe de son blog, s\u2019appelle Thomas Hollande.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Refus\u00e9e par les chambres en 2001, la r\u00e9forme des noms de famille et de leur transmission refait surface. Avec la suppression envisag\u00e9e du double patronyme pour les femmes, au profit du libre choix. Pagaille en perspective sous la coupole. <\/p>\n","protected":false},"author":19223,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[1298],"class_list":["post-2220","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-glocal","tag-chroniques","glocal"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2220","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19223"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2220"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2220\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5477,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2220\/revisions\/5477"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2220"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2220"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2220"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}